19 janvier 2017

Les Hauts d'Issy - balade nostalgie 1962-1982


Notre Historimien Michel a fait une petite vidéo sur les Hauts d'Issy, principalement le quartier des Épinettes. Un "nez en l'air" avant l'heure puisque nous voilà plongés dans les années 1960, avec des photos fixes et animées en noir et blanc, puis les années 1970 tout en couleurs. N'hésitez pas à faire pareil pour enrichir les archives de notre commune. Allez vite sur https://youtu.be/b26fkxtInUA



18 janvier 2017

Le général Glavany est décédé

Dernière minute…

Le général Glavany dont nous avons publié un portrait  http://www.historim.fr/search?q=Glavany  est décédé.
Ses obsèques auront lieu à l'église Saint-Benoît, 35 rue Séverine, Issy-les-Moulineaux, le jeudi 19 janvier, à 15h15. Venez lui rendre un dernier hommage. PCB

Coll. particulière

15 janvier 2017

Valeria Lumbroso - professionnelle isséenne des médias

Valeria Lumbroso © Sébastien Ménager

Valeria Lumbroso productrice et réalisatrice talentueuse de documentaires a manifesté un goût précoce pour l’art et le théâtre. Dans son enfance, elle a vécu dans différents pays et a beaucoup voyagé. Cela lui a donné une curiosité pour autrui pleine d’humanisme. Elle réside avec ses proches dans la commune depuis le début des années 2000.


Professionnelle des médias
Elle réalise ses premiers documentaires au début des années 1990 : Le Siècle Stanislavski, Nationalismes, Les dérives du rock et On Broadway ont été diffusés sur Arte, Samuel Beckett sur France 3. En 1996, elle rejoint Bernard Choquet pour développer la société de production Guilgamesh * : « Nous nous sommes inspirés de la plus ancienne épopée car on voulait raconter des histoires originales ». Ils prennent des bureaux au centre-ville d’Issy-les-Moulineaux, à côté de France 5, peu de temps avant l’arrivée d’Arte dans la commune.

Après la série Cassiopée sur l’astronomie autour d’Hubert Reeves pour France 2, ils écrivent et produisent La Saga des Nobels pour France 5 pour montrer « la créativité, la recherche et le dévouement chez les artistes et les scientifiques ». Avec cette collection, ils reçoivent le prix du Sénat dans la catégorie « Histoire des sciences » en 1997.
Leurs productions incluent le documentaire Chronique d’un ange gardien sur le SPHP (Service de Protection des Hautes Personnalités) diffusé dans la soirée Thema d’Arte : Les gardes du corps en 1998.
Un siècle de découvertes est l’adaptation française d’une série documentaire américaine « qu’il fallait compléter par les découvertes de chercheurs européens comme Marie Curie qui eut deux prix Nobel ». Cet ensemble reçut le prix du film historique d’Orsay en 2001.
La saga des communications secrètes fait aussi partie de leurs quatre-vingts productions documentaires pour les chaînes France 2, France 3, France 5 et Arte ; ces deux dernières ayant un siège isséen.

En 2001, est tournée une première série pour Les Maternelles : La planète des enfants sur leurs relations amicales. Elle est suivie en 2004 par une collection pour Arte : L’Enfance pas à pas sur les étapes du développement. « Ce travail d’équipe a réuni plusieurs auteurs, réalisateurs et conseillers scientifiques. S’intéresser au jeune enfant permet de mieux savoir ce qu’est l’être humain. La question de l’imitation est importante car c’est une façon de communiquer avant le langage. La chercheuse Jacqueline Nadel a montré que les enfants de moins de 2 ans jouent “sans conflit“ pendant 45 minutes si chacun a la possibilité d’imiter l’autre et d’être imité à son tour, avec des jouets en double exemplaire. »
Ces séries ont été vendues à l’international et sont, par exemple, extrêmement appréciées au Québec ! Certains tournages eurent lieu dans des crèches, des écoles, des colonies et des centres de loisirs isséens.

L’entreprise est vendue en 2004 et Valeria Lumbroso poursuit alors son parcours audiovisuel en travaillant pour différentes sociétés de production. Elle est pendant quelque temps responsable des documentaires « Sciences et connaissances » au sein de la chaîne M 6. Ensuite, elle revient à la réalisation avec deux autres séries documentaires pour l’émission Les Maternelles : Les premiers liens en 2008 et Amitiés entre enfants l’année suivante.

Autre réalisation passionnante en 2012, le film Planète Autisme dans lequel Jacqueline Nadel montre l’importance de l’imitation synchrone pour les enfants autistes. « Ils apprennent ainsi les pré-requis de la parole et de la communication. Ils ont plaisir à l’interaction. Peu de films traitent du développement de ces enfants. ». Le documentaire a été diffusé sur France 5, tout comme Les premiers pas vers l’autre qu’elle a tourné pendant toute une année scolaire dans une école de la commune « pour capter ce moment où les enfants commencent à prendre en compte le point de vue de l’autre ».

En 2013, Bernard Choquet fonde une nouvelle société à Issy-les-Moulineaux : Créalis Médias à l’origine de la première plate-forme de diffusion de colloques en ligne www.colloque-tv.com. En parallèle, Valeria poursuit deux réalisations avec le web documentaire : Le Monde de l’Autisme 2014 pour TV5 Monde, et le documentaire Entre toi et moi l’empathie [fascinant !] pour France 5 en 2015. 
Ensemble, ils veulent « créer un mouvement autour de l’enfant » en diffusant des colloques sur le handicap, la psychologie de l’enfant, la psychiatrie… L’ANECAMSP (centres d’accueil d’enfants handicapés de moins de 6 ans), l’ANCRA (Association des Centres Ressource Autisme), l’ARIP (association de pédopsychiatres) ou encore le COPES (association de psychanalystes) leur confient la mise en ligne de colloques « aux intervenants prestigieux ». On peut consulter en accès libre le web documentaire Le Monde de l’Autisme. « De la science en lien avec des méthodes innovantes et des expériences interactives pour se mettre dans la peau d’une personne autiste. »

Isséenne
Parlant de sa commune où elle vit avec sa famille et où elle travaille, Valeria en dit : « ville agréable à vivre, un centre-ville de province collé à Paris. Je fais tout à pied. ». Elle constate la superposition de plusieurs univers : « Quand nous sommes arrivés, il y avait beaucoup de personnes âgées, une bonne mixité sociale. Depuis, de nombreuses familles se sont installées. On y croise des enfants, des ados, des jeunes un peu partout. C’est aussi une ville de médias avec France 5 et Arte ».

L'été dans le parc de l'île Saint-Germain. © A. Bétry

Elle apprécie le parc de l’Île Saint-Germain (ci-dessus) ainsi que la toute récente piscine AquaZena dans l’éco- quartier du Fort, quand elle arrive à avoir un peu de loisir ! 

Que Valeria Lumbroso soit chaleureusement remerciée pour avoir consacré une partie de son temps pourtant compté à nous recevoir, Monique et moi pour recueillir son témoignage ! Elle a été d’une aide efficace pour faire respecter la chronologie des productions de grande qualité dont elle nous a parlé avec une passion contagieuse.

* Pour mémoire, Gilgamesh - qui a inspiré le nom de la société de Valeria Lumbroso et de Bernard Choquet  - est le roi légendaire d’Ourouk (Wahra de nos jours en Iraq sur l’Euphrate, au sud de Bagdad). Les poèmes épiques narrant ses aventures furent écrits au XVIIIe av. J.-C. Parmi ses exploits : la lutte contre la déesse Ishtar (Astarté pour les Grecs) et la quête de la plante de jouvence volée par un serpent, ce qui le rend à nouveau mortel. 

10 janvier 2017

Orange quitte Issy-les-Moulineaux en 2016

Orange, CNET, PTT… Cet important centre de recherches dans le domaine 
des télécommunications français a quitté la commune après plusieurs décennies de présence au centre de la ville. Les travaux de démolition doivent débuter ce mois-ci. Le permis de démolir indique une superficie de plus 
de 3 hectares (30 189 m2) et 42 373 m2 de bâtiments. 
Retour sur cette extraordinaire aventure technologique.

Bâtiments, rue du Général Leclerc. On distingue à gauche la salle de conférences sur plan carré dont la façade est ornée de lamelles filtrant la lumière (s’inspirant du Corbusier pour la Cité radieuse à Marseille). Elle se situe  à l’emplacement de l’ancienne Quincaillerie de la Mairie (années 1930). Les topiaires du jardin de 2001 sont dans des bacs posés sur rails pour les faire coulisser le long des allées. Au fond, les bureaux datent des années 1950. © A. Bétry

Entrée av. Gal Leclerc. © P. Maestracci

L'emplacement
Pendant longtemps, des champs étaient exploités à cet endroit, le long de la Grande-Route devenue route nationale n° 189 au XIXe siècle. Cette partie de la rue Renan est renommée rue du Général Leclerc après 1945 lorsque les PTT (Postes, Télégraphe et Téléphone ) y installèrent leurs chercheurs.
Au XVIIIe siècle, de belles propriétés s'élèvent sur les champs appartenant au sous-fief du Bois-Vert que le financier Beaujon achète en 1760 et revend en 1784. Au XIXe siècle, le parc est loti et coupé en diagonale par l’avenue de la République. Cela explique la forme du terrain d’Orange : un rectangle à pans coupés entre les rues du Général Leclerc (longueur de 120 m.), Horace Vernet (longueur 200 m.), avenue de la République (150 m.) et rue Victor Hugo (300 m.). Guillout, une usine de biscuiterie s’installe sur le terrain et une partie de la rue Hoche est intégrée à l’ensemble. En 1946,  un laboratoire de recherche des PTT s’y installe. De nouveaux bâtiments en forme de U sont construits dans les années 1950 puis dans les années 1960. Le dernier aménagement est celui du jardin et d’une salle de conférences sur la rue du Général Leclerc en 2001.

L'entreprise
Les PTT installent un centre de télégraphie en 1946 puis le CNET (Centre National d’Études des Télécommunications) qui devient ensuite la propriété de France Télécom. Celle-ci est renommée Orange lors de la scission des activités des PTT. Ce centre de recherche est connu maintenant sous le nom d’Orange Labs. Les locaux de CNET-Lannion (Côtes d’Armor) ont été construits au cours des années 1960 pour compléter le CNET-Issy.
Des découvertes fondamentales y ont été menées faisant de ce centre un des pôles mondiaux des télécommunications.

Les recherches

La reconstruction. À la Libération, le réseau est en grande partie à reconstruire. D’abord en utilisant les techniques et modèles connus (Rotary, Strogger) basés sur des contacteurs électriques pour partie produits sous licence. Ensuite, l’évolution s’est faite grâce à des relais électro-mécaniques puis électriques dont les prototypes furent élaborés ou testés au CNET. C’est l’époque par exemple du Pentacompta. Au début des années 1960, la pénurie est telle face à la demande que des « professions prioritaires » comme celle des médecins, pouvaient attendre plusieurs mois avant d’obtenir une ligne !. Une partie du réseau sur le territoire et à l’international nécessitait l’intervention d’opératrices pour obtenir son correspondant. Le sketch de Fernand Raynaud, « le 22 à Asnières », est particulièrement éclairant sur le sujet.

Le plan téléphone. Si le sketch fait rire une partie du pays, il n’en est pas de même pour le gouvernement de la toute jeune Ve République du général de Gaulle. L’État décide d’un Plan téléphone pour résorber le retard et répondre à l’explosion des demandes. Cette mission est confiée aux PTT qui ont reçu des moyens financiers importants. Une association technique entre le CNET et des industriels est mise en place pour favoriser la recherche, financer des prototypes (au CNET ou chez les industriels), les faire valider par le CNET et, pour certains, les essayer dans le réseau. Toute une série de prototypes testés par le CNET sont apparus avec des noms évocateurs : Socrate, Platon, Ramsès, Aristote… Parallèlement, les progrès de l’électronique et de l’informatique  favorisent l’évolution de l’architecture des centraux téléphoniques.

Entrée avenue de la République. Elle donne accès au parking installé
sur l’ancienne portion du parc des Oiseaux.  Les bâtiments
datent des années 1960. © A. Bétry

La Modulation à Impulsions Codées (MIC). Cette invention, mise au point dans le cadre du Plan téléphone, repose sur quatre principes. Mesurer la fréquence vocale d’une conversation téléphonique à intervalles réguliers pour échantillonner, coder la fréquence mesurée, transporter l’information sous forme numérique et reproduire à l’autre extrémité la fréquence à partir de la mesure. Cette technique permet de faire passer 32 conversations simultanées sur une liaison (MIC 32 voies) tandis que l’oreille humaine ne perçoit pas la manipulation. Cette invention a ensuite été normalisée par les instances internationales des Télécommunications basées à Genève puis s’est répandue dans le monde entier : MIC 24 voies en Amérique du Nord, MIC 32 ailleurs. Le CNET est alors devenu un leader de réputation mondiale de la téléphonie numérique.
Les progrès de l’électronique et de l’informatique ont permis de concevoir et de tester des architectures redondantes et sécurisées. Le cahier des charges à respecter imposait une panne totale du central seulement tous les 17 ans ! Le déploiement fut impressionnant ; chaque industriel ouvrait pratiquement chaque année une nouvelle usine de fabrication de matériel. Des milliers de bâtis téléphoniques (Armoires normalisées « Socotel ») étaient réceptionnés, validés par les PTT et installés.
Dans la seconde moitié des années 1970, l’ensemble du réseau est numérisé et la France dispose des équipements les plus modernes au monde. On peut estimer que de 1100 à 1200 centraux ont été ainsi connectés en France.
De nombreuses autres expériences sont menées par le CNET durant cette période comme les postes de visiophonie individuels reliant Issy et Lannion, ancêtres de la visioconférence ou les essais d’utilisation de la fibre optique.
Les PTT avec le CNET vont aider les industriels à vendre leur technologie à l’étranger. Il en résulte plus tard des accords de licence importants : l’Inde au milieu des années 80 ou la région de Pékin.


Minitel : un clavier, un écran, des caractères noirs sur fond blanc !
Aucune image. © P. Maestraccci
Le Minitel. Au début des années 1980, les annuaires papier édités chaque année ne permettent plus de répondre aux changements fréquents ni à l’accroissement des clients. France Telecom estime qu’il faudrait plusieurs dizaines de milliers de postes d’opérateurs pour le renseignement téléphonique. Le projet du Minitel lancé en 1982 consiste à adjoindre aux centraux numériques des « concentrateurs » spécifiques et de connecter sur le téléphone de l’usager un petit terminal qui affiche uniquement des caractères. Les vitesses sont différenciées : 60 caractères par seconde vers le serveur, correspondant à la frappe sur le clavier du terminal et 1100 caractères par seconde pour l’affichage. À noter que cette asymétrie se retrouve plus tard dans l’ADSL (Asymetric Data Subscriber Line, ligne utilisateur asymétrique pour le transfert de données). Pour les serveurs, des disques informatiques innovants sont conçus pour améliorer les temps de réponse (disques dits associatifs). Ces petits terminaux ont été distribués gratuitement aux usagers. Le fait que l’accès aux renseignements téléphoniques soit gratuit assure le succès de l’opération. Les usines qui fabriquaient les bâtis téléphoniques ont été reconverties en partie pour sortir les concentrateurs numériques. Elles ont fermé en grande partie les unes après les autres après la fin de l’opération.
La grande surprise des spécialistes du domaine a été l’éclosion, on peut même parler d’explosion, des « offres » autour du Minitel. Le mode de rémunérations de ces services était original. France Télécom percevait une redevance qui était ensuite partagée avec le propriétaire de l’application « accédée » suivant un contrat différent d’un service à l’autre. Ce mode de rémunération fait encore rêver les opérateurs confrontés à la gratuité d’Internet pour rentabiliser d’énormes investissements.
Il était possible de visualiser une foule de renseignements ( horaires SNCF ou d’avion ) mais également de commander des articles en ligne (VPC). Certains de ces services ont passé l’an 2000 et le Minitel a été arrêté en 2014.
Il y eut quelques tentatives pour exporter le Minitel mais ceci est resté une belle avancée technique franco-française. Il fallut attendre l’arrivée de services équivalents sur Internet mais dans la seconde moitié des années 1990. Certaines entreprises avaient même mis en place des connexions Minitel vers leurs application internes. Il était possible par exemple d’accéder à sa boîte à lettres dans la messagerie de l’entreprise. Les messageries étaient à l’époque en format « caractères ». Un Minitel permettant d’afficher 80 colonnes soit 80 caractères /ligne (au lieu de 40 pour le terminal initial) avait été développé pour faciliter ces utilisations.

Les bureaux vus de la rue de la Biscuiterie, nom donné en souvenir de
l’entreprise Guillout installée autrefois sur le terrain. © P. Maestracci

Vers le haut débit.
Les années passent. Les premières expérimentations de réseaux à base de fibres optiques sont menées tout d’abord dans un quartier de Vélizy puis sur la ville de Biarritz. Ceci débouche sur les services de VOD (Vidéo à la demande). Plus tard, France Telecom réalise le « Plan câble » qui propose aux utilisateurs une connexion coaxiale pour les services de télévision à la demande. Les équipements sont repris plus tard par Numericable et servent encore.
Les liens entre centraux sont renforcés par la mise en place d’artères en fibre optique. France Telecom  rentabilise les travaux de génie civil en installant dans une tranchée ouverte des fibres en grand nombre. Ceci servira plus tard pour Internet et le GSM.

Les réseaux voix/données. Les transferts de données se faisaient par modems dont la vitesse était de 9,6 Kb ou 19,2Kb avec des liaisons de qualité. France Telecom déploie le RNIS (Réseau Numérique à Intégration de Service) qui offre une liaison pour les données à 64 Kb et deux liaisons téléphoniques à 16 Kb. Ce service est utilisé par les PME mais également par les grandes entreprises pour les configurations en « mode dégradé ». D’autres services spécialisés sont proposés ; par exemple, les liaisons dédiées avec raccordement de bout en bout entre les deux extrémités. Plus tard, dans les années 1990, des boucles très haut débit à base de fibres optiques permettent l’interconnexion de centres informatiques. Des connexions utilisant le protocole ATM (Asynchronus Transmission Mode) inventé au CNET sont également proposés essentiellement aux entreprises.

Internet-Réseau IP (Internet Protocol)
La grande aventure de la fin du XXe siècle est l’introduction, l’extension et la généralisation d’Internet, tant sur le plan des réseaux que surtout celui des services offerts. Le protocole IP s’impose dans les domaines de l’informatique et du téléphone. Ceci est rendu possible par l’accroissement des débits des réseaux.
Bi-bop a Lula et ITINERIS. On sait peu que le GSM eut un « ancêtre » appelé Bi-Bop a Lula. Le projet Marathon en 1982 aboutit au Bi-Bop a Lula déployé dans plusieurs arrondissements parisiens de 1993 à 1998. Il permettait d’appeler et de se faire appeler mais lorsque la conversation était établie, il fallait rester à portée de la borne sous peine d’interruption.. La possibilité de passer d’une borne à l’autre sans interrompre la conversation ou la transmission de données est à la base du GSM. France Telecom a commercialisé ITINERIS.
L’État a vendu des fréquences pour le déploiement à 3 puis 4 opérateurs. Ceux-ci ont installé des milliers d’antennes pour couvrir une bonne partie du territoire. Plusieurs générations se sont succédé : G2, G3, G4 avec des couvertures différentes selon les opérateurs. La G5 est en cours de définition dans les laboratoires.

L’ère du smartphone. Il est devenu possible de tout faire avec son smartphone. Un problème important reste la fiabilité et la véracité de tout ce qu’Internet véhicule sans oublier les problèmes de sécurité. 

La bataille des applications et des contenus. Les opérateurs doivent faire face à des investissements énormes pour améliorer leur réseau, installer les nouvelles générations 4G et bientôt 5G, et répondre à l’accroissements des demandes en volume. Nous sommes entrés dans uns véritable révolution numérique. Les laboratoires, dont Orange Labs, sont au cœur de cette bataille. 


Vue générale des bâtiments prise rue du Général Leclerc. © A. Bétry
En conclusion. Les télécommunications sont en évolution permanente et les laboratoires RD (Recherche et Développement ) ont une place fondamentale dans ce domaine. Ce qui précède n’évoque qu’une partie de tous les inventions et développements réalisés au CNET dans les deux centres isséen et breton. Après soixante-dix ans passés dans la commune, le CNET-Orange Labs vient de rejoindre un complexe ultra-moderne ouvert par Orange à Châtillon. 

Permis de démolir. © A. Bétry




Permis de démolir… mais pas d'oublier ! Il serait souhaitable que ces extraordinaires inventions qui ont faitd’Issy-les Moulineaux un pôle mondial des télécommunications des XXe et XXIe siècles restent dans les mémoires. Historim y travaille.
J-M. et P. Maestracci

Retrouvez le témoignage de Jean Boyer qui y a travaillé :

6 janvier 2017

Noratlas 1949 - Issy-les-Moulineaux

Nous avons déjà évoqué l’installation à Issy de l’usine Caudron en 1915 (http://www.historim.fr/2015/11/les-freres-caudron-issy.html). Devenue Caudron-Renault en 1933, elle est nationalisée en 1945 au sein de la SNCAN mais toujours présente à Issy. Un Isséen, ancien de cette entreprise – devenue Nord-Aviation puis Aérospatiale à Chatillon - et passionné d’aviation, nous raconte comment le terrain d’Issy a vu naître en 1949 le premier Nord 2500 Noratlas, nouvel avion de transport destiné à l’Armée de l’air.

La genèse.
Le 16 avril 1945, la Préfecture de police annonce que le ministère de l’Air réquisitionne l’usine Caudron en attendant sa « nationalisation ». Le 24 octobre, l’absorption de Caudron-Renault par la SNCAN (société nationale des constructions aéronautiques du nord) est réalisée.


Usine d'Issy-les-Moulineaux, côté piste.

En 1947, la Direction Technique Industrielle (DTI) émet un cahier des charges pour l'étude d'un avion de moyen tonnage et de conception nouvelle permettant une grande souplesse d'utilisation. La SNCAN répond à la demande de l’Armée de l’air en présentant le Nord 2500, étudié dans les bureaux d’études situés à Issy.

Jean Calvy.
L'ingénieur Jean Calvy (à gauche) propose une formule d'avion à ailes hautes, à fuselage central ouvrant vers l'arrière et à deux poutres supportant les empennages, bimoteur équipé de Gnôme-et-Rhône 14R de 1 600 ch de puissance au décollage, entraînant des hélices tripales à pas variable (dessin ci-joint).





La DTI commande à la SNCAN deux prototypes le 27 avril 1948. Le premier est construit dans l'usine d'Issy-les Moulineaux, sous la direction de Louis Coroller (ci-dessous), directeur général technique. 1200 personnes travaillent alors à la SNCAN d’Issy, au 52 rue Guynemer, face à la maison de retraite des Petits Ménages.

Louis Coroller.
En juin 1949, l'avion est sorti sur le tarmac de l'usine et présenté à la presse (ci-dessous).

Le terrain d’Issy ne permettant pas le décollage du prototype, il est démonté début juillet en plusieurs parties et prend la route pour l’aérodrome de Melun-Villaroche. Là, il est remonté et contrôlé par l’usine SNCAN implantée sur ce terrain.



Présentation sur le tarmac d'Issy, en juin 1949.  Le Nord 2500 01 hélice tripale. 

Les visiteurs affluent.

Immatriculé F-WFKL, il effectue des points fixes et réalise le 10 septembre 1949 à 17h son premier vol de 18 minutes, après un décollage sur 400 m, piloté par Claude Chautemps, chef des essais en vol de la SNCAN, assisté de Georges Détré, chef pilote.


Le 01 avec sa première porte arrière. © Aviation Magazine

Le deuxième prototype, désigné Nord 2501 et immatriculé F-WFUN, sort peu après, doté de deux moteurs anglais Bristol Hercules type 739, de 2.040 ch au décollage, faisant tourner une hélice quadripale Rotol. Il fait son premier vol le 20 novembre 1950. Cet appareil s'écrasera durant un meeting le 6 juillet 1952 à Lyon-Bron, tuant ses cinq occupants dont la célèbre aviatrice Maryse Bastié.

Le 01 avec sa porte arrière en coquille. © Aviation Magazine

Pas de construction en série à Issy
Une première commande de 192 avions est notifiée par l’armée de l’Air le 10 juillet 1951 et le premier avion de série vole aux Mureaux le 24 novembre 1952, piloté par Georges Détré. Livré le 12 juin 1953, le Nord 2501 est officiellement baptisé Noratlas, et familièrement appelé « La Grise ».
Mais si le terrain d’Issy est encore adapté aux avions – plus petits - construits ou entretenus jusque-là par la SNCAN, tels le Simoun ou le Junkers 52, la fabrication en série du nouvel avion ne peut être envisagée à Issy, la piste en herbe étant trop courte, entourée de constructions et ne permettant pas une approche ou une montée sur de longues distances. Le Noratlas va donc être construit dans plusieurs usines du groupe, avec un assemblage final d’abord aux Mureaux puis à Bourges.

Transport de parachutistes.
Dès le 22 novembre 1948, la préfecture de Police écrivait, à propos de la SNCAN à Issy : « Cette usine est en cours de transformation. Les fabrications de série vont disparaître. A l’avenir, cette usine se consacrera uniquement à l’étude de prototypes. Il y a encore à l’étude actuellement un prototype d’avion de transport à deux  fuselages. En résumé, il y aura diminution de la partie fabrication".

Le 30 mai 1950, la SNCAN quitte Issy et vend les usines à la société Sadir-Carpentier, intégrée à CSF en 1957, devenant Thomson-CSF en 1968. Les locaux sont fermés à la fin des années 1980.
Au total, 426 exemplaires vont être construits, en France et en Allemagne, toutes variantes confondues. Israël et le Portugal en seront également des utilisateurs importants. Transport de troupes, de jeeps et de blindés légers, le Noratlas va être engagé à la fin de la guerre d'Indochine, à Suez, en Algérie, au Tchad en 1984, ainsi qu’en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau par les Portugais. Dans l’armée de l’Air, le retrait effectif interviendra le 26 octobre 1989 après 40 ans de bons et loyaux services.
Bernard Connétable 

Le Noratlas en vol.

4 janvier 2017

Réponse - À qui appartient ce soulier ?



Vous avez trouvé ! Ce soulier est celui du roi de cœur, une peinture murale (ci-dessous) située sur  l’immeuble du 59 de la rue du Général Leclerc. Cette peinture date de 1986, il y a donc trente ans que ce roi de jeu de cartes attire l’attention sur le tout proche Musée Français de la Carte à Jouer, rue Auguste Gervais. 

Mur peint, 59 rue du Général Leclerc, Issy-les-Moulineaux. © P. Maestracci.

Description : La figure est découpée en neuf morceaux présentant un personnage les bras levés. Son costume en forme de tabard (cotte des hérauts d’armes) est orné du côté droit par des cœurs et du côté gauche par les armoiries de la commune (un avion et des moulins à vent). La couronne en revanche fort discrète se fait bandeau.

L'artiste : Cette peinture murale est la reproduction de la peinture de Jacques Auriac, surtout connu pour ses affiches. Né à Paris en 1922, il meurt en 2003 dans la Manche où il résidait depuis plusieurs années. Cet artiste sortit de l’école des Beaux-Arts de Paris en 1943. Son premier projet d’affiche date de 1950 pour une exposition des Chambres de Métier à Paris. Il travaille ensuite pour la SNCF, certains ministères, en particulier pour la lutte contre le tabagisme. Il symbolise pour Larousse les pages d’un livre disposées en demi-cercle. Pour Bally, il superpose des lignes colorées suggérant une chaussure en mouvement, donc en marche.
En 1986, Jacques Auriac est Isséen ; il habite sur la même avenue que Matisse en son temps. Il peint ce roi de cœur pour le Musée Français de la Carte à Jouer ainsi qu’un jeu de cartes et une affiche. Le musée lui consacra une belle exposition en 2000 et une autre en 2007.
Jacques Auriac reçut de nombreux hommages : deux fois la médaille d’or de la Meilleure affiche, le Grand Prix national de l’Affiche. Ses œuvres ont été exposées à Paris (Musée des Arts Décoratifs) ainsi qu’à l’étranger.
Un grand merci à Lydia qui a eu la gentillesse de me prêter sa précieuse documentation pour ce Nez en l’air. P. Maestracci.

29 décembre 2016

Santini, Alexis - décembre 1956

Le 22 décembre 1956, il y a donc soixante ans, deux jeunes alpinistes, Jean Vincendon,  24 ans, étudiant parisien expérimenté à Fontainebleau, et François Henry, Bruxellois de 23 ans sans grande expérience, hormis les Ardennes, décident de passer Noël en altitude dans le massif du Mont Blanc. Mais ils se trouvent  bloqués par le froid et la neige. Dans la vallée de Chamonix, la nouvelle se propage mais personne ne bouge, ce genre de course en haute altitude ne se pratiquant pas l’hiver ; de plus l’itinéraire et la destination des deux garçons sont inconnus. Secrètement, ils ont préparé cette course afin qu’à leur retour, ils puissent être les premiers à avoir fait la Brenva, le but de leur expédition, en hiver ! Mais s’aventurer l’hiver en montagne, en milieu hostile, ne s’improvise pas ou, du moins, se prépare. 
Le célèbre Walter Bonatti croise la route des deux égarés, et passe une soirée avec eux. Le guide italien leur propose de suivre la trace de sa cordée, et prendre le chemin du retour. Malgré ses recommandations, les jeunes aventuriers décident de poursuivre leur expédition et braver les mauvaises conditions météo. Le temps presse. Dans la vallée, on s'organise. Des reconnaissances sont faites en hélicoptère. 

Reportage paru dans le Paris Match du 12 janvier 1957. A gauche, le commandant Santini dont le visage et les mains sont atteints de gelures. A droite, l'évacuation des deux pilotes en Alouette. Coll. Alain Bétry.

Finalement, le 31 décembre, une cordée de guides volontaires décide de rejoindre les deux naufragés pendant qu'un hélicoptère militaire Sikorsky tente de se poser près d'eux. 
Et c'est un nouveau drame. L’engin se crashe près des deux naufragés (ci-dessus). A son bord, deux pilotes dont le commandant Alexis Santini, et deux alpinistes secouristes : Honoré Bonnet et Charles Germain. Ils sont indemnes mais commotionnés. Ils sont rejoints par la cordée. Tous se trouvent, à leur tour, bloqués en altitude. Trois nuits de froid durant lesquelles la nouvelle équipe transporte les deux jeunes gens, agonisants, dans la carlingue de l’hélicoptère, à l'abri du vent, puis gagne tant bien que mal le refuge Vallot en attendant une météo meilleure. La température ambiante atteint les – 30°. 
Enfin, le 3 janvier, deux Alouette réussissent à se poser et évacuer en priorité les deux pilotes du Sikorsky ; puis les guides de Chamonix. Les corps des deux jeunes, quant à eux, seront récupérés en mars 1957.

De nombreuses personnes ont participé au péril de leurs vies, à cette tentative de sauvetage. Parmi eux :
- Louis Piraly et Jacques Petetin, pilotes de la première reconnaissance, comme observateurs.
- André Blanc et Alexis Santini, les pilotes du Sikorsky S58 crashé. Très choqué et blessé, le premier subira plusieurs mois d’hospitalisation.
- Gilbert Chappaz, Honoré Bonnet, Jean Minster, Bernard Romand, Charles Germain et Jean-Marie Novel, guides déposés par Jacques Petetin, pilote d’un second Sikorsky S55.

La carcasse du Sikorsky. Reportage René Vital/Paris Match. Coll. Alain Bétry.
Pour information, le capitaine Alexis Santini est l’oncle de notre député-maire actuel André Santini, depuis plus de trente ans. Valérie André, son épouse présente lors de ce sauvetage alpin, médecin militaire et pilote d’hélicoptère, titulaire de nombreuses "evasan" en Indochine puis en Algérie, est la première femme devenue général de l’Armée française. AB.

23 décembre 2016

Jeu - À qui appartient donc ce soulier ?

Voici le temps des vacances… Pour ceux qui restent à Issy, 
un petit nez en l'air sera le bienvenu.



Quelle jolie bottine ! mais d'où vient-elle et à qui appartient-elle ? Cherchez bien. Vous avez quelques jours avant la réponse… le 4 janvier au soir.
Passez un bon Noël !