20 septembre 2018

Charles-François Bourgeois - un général d'Empire naît à Issy

Charles-François Bourgeois naît un beau matin du 8 mars 1759, à Issy. Il y est baptisé le jour même - peut-être dans l'église Saint-Étienne.

Charles-François Bourgeois. © XDR
Simple soldat, à ses débuts dans la carrière militaire, il entre dans le bataillon de volontaires de Paris, en 1792. Puis, passé adjudant-général de l'armée, il prend part à la bataille de Marengo le 14 juin 1800, commandée par le général Bonaparte.
Trois ans plus tard, le Premier consul le nomme à la tête du 1er régiment d'infanterie légère :qui participe aux campagnes d'Italie, puis d'Espagne. Il se distingue particulièrement lors de la prise de Tarragone, le 28 juin 1811.

Son engagement sans faille lui vaut les honneurs de l'Empereur. Nommé général de brigade en 1811, il reçoit le titre de baron d'Empire la même année. On le retrouve sur le champ de bataille de Waterloo, le 18 juin 1815, où il est blessé. Officier de la Légion d'honneur, il est mis à la retraite le 1er août 1815, alors que Louis XVIII revient au pouvoir (Seconde Restauration). Il meurt à Paris le 11 juillet 1821. PCB

Bataille de Waterloo, par le peintre irlandais William Sadler (1782-1839)  © XDR



17 septembre 2018

Journées nationales du Patrimoine - Historim et les Poilus - 2018

Musée français de la carte à jouer, Issy. En plein spectacle. © A. Bétry
Quel beau dimanche ce 16 septembre 2018, Journée nationale du Patrimoine, en hommage aux Poilus de la Grande Guerre. Vous étiez nombreux à venir nous rejoindre au Musée français de la carte à jouer. Le soleil brillait et nous étions bien installés sur la terrasse du Musée. Vous avez pu écouter les "munitionnettes" d'Issy-les-Moulineaux, Pascale, Monique et Jacqueline, lire ces lettres de poilus si émouvantes. Et reprendre en chœur les refrains de l'Ami Bidasse et de la Madelon, entonnés par Pascale, accompagnée d'Aurélien et de Gérard. Un grand merci à tous pour ce spectacle qui a enchanté le public.

Gérard, Pascale et Aurélien. © A. Bétry
Les munitionnettes Pascale et Jacqueline. © A. Bétry
La conférence du colonel Truttmann était fort intéressante et nous avons appris beaucoup sur Paris pendant la Grande Guerre et le rôle des forts. Paris était alors un véritable camp retranché avec ses ceintures de forteresse : la première de 15 forts, dont celui d'Issy, la plus proche ; et une seconde, plus lointaine de 18 forts dont ceux de Saint-Cyr l'École ou Douaumont par exemple.
Paris subit les tirs de la fameuse Grosse Bertha : des obus tirés à 120 km de Paris, qui montaient à 40 km d'altitude et atteignaient sa cible en 3 minutes ! Le Fort d'Issy, 5 bastions, 4 casernes, abritait des batteries de 75. Le colonel insista sur l'action des sapeurs pompiers de Paris, en 1re ligne pendant ces années de guerre, une brigade qu'il connaît bien puisqu'il y a fait carrière.

Stand Historim au Forum des Associations. ©PCB


Merci encore à ceux qui ont tenu le stand Historim au Forum des Associations  - là aussi un beau succès pendant ces deux jours de foule - On a évoqué le chiffre de 12 000 personnes en une seule journée !

Pour la 5e année consécutive, le mois de novembre sera consacré, sur notre site, à la Grande Guerre. Le thème de cette année 2018, qui marque le centenaire de la fin de la guerre : les hôpitaux d'Issy-les-Moulineaux, les progrès de la médecine, les gueules cassées. PCB

Les munitionnettes de la Journée du Patrimoine en plein chant… de coquelicots ! © A. Bétry

11 septembre 2018

Journée du patrimoine - dimanche 16 septembre 2018

Hommage aux poilus - lettres et chansons

Une animation Historim et Musée français de la carte à jouer


© A. Bétry
Le 11 novembre 1918, l’armistice est signé, les canons se taisent enfin. Au cours de ces quatre longues années de guerre, huit millions de poilus ont écrit jusqu’à six ou sept lettres ou cartes postales par jour, à leurs femmes, leurs pères, leurs enfants. Plus de quatre milliards de lettres et de cartes postales ont été acheminées par la Poste. Il y avait le courrier, mais aussi les chansons qui rythmaient la vie quotidienne des soldats engagés. C’était un moyen de se divertir mais également de se donner du courage. Ces chansons sont le miroir de leur histoire, de leur quotidien. C’est tout cet univers que l’on vous fera découvrir ce dimanche 16 septembre 2018, à travers des lettres touchantes et, parfois, étonnantes, et des chansons dont vous pourrez reprendre le refrain. Vous connaissez certainement « l’ami Bidasse » ou « la Madelon » !

L'ami Bidasse au beffroi d'Arras. © A. Bétry

Au programme

- 14h00 : début du spectacle musical (chansons et accordéon), accompagné de lecture de lettres de poilus. 

- 15h00 : conférence du colonel Michel Truttmann, « Les forts de Paris, dont celui d’Issy, pendant la Grande Guerre ». 

- 16h00-18h : retour en musique avec Pascale, Aurélien et Gérard ; moments d’émotion avec les « munitionnettes » Monique et Jacqueline… sans oublier Pascale, l’historienne attitrée d’Historim. 


Rendez-vous au Musée français de la carte à jouer, 16 rue Auguste Gervais, Issy-les-Moulineaux


Coll. Th. Gandolfo

8 septembre 2018

Issy - Le vieil autobus de la ligne 126

Ça y est ! Depuis quelques jours les enfants reprennent le chemin de l'école, qui à pied, qui en tram, qui en autobus ! Et, pas de doute, le 126 n'est plus ce qu'il était… Retour sur un passé pas si lointain.

Un bus à plateforme parisien. © XDR
« Chaque jeudi, je me rendais accompagné de mon grand-père, d’Issy-Plaine (quartier usinier d’Issy-les-Moulineaux, c’est là que s’étendait la Blanchisserie de Grenelle qui lavait les draps des hôpitaux et de nombreux hôtels ) à la patinoire de Boulogne, par le 126, un autobus à plate-forme. Son accès était marqué par une chaînette fixée par le contrôleur. Lors du démarrage, il la tirait vigoureusement…
En y repensant, je m’aperçois que j’ai sérieusement vieilli, ce type de bus a cessé toute activité il y a des lustres… » (extrait de Dicorue, Vocabulaire ordinaire et extraordinaire des lieux urbains, de Thierry Paquot, photographies de Frédéric Soltan- CNRS Éditions, Paris, 2017).
Cet extrait permet d’apprécier cet ouvrage aussi passionnant à lire que remarquablement documenté en classant les rubriques sous forme alphabétique, ici celle consacrée à l’autobus..

L’auteur, Thierry Paquot n’hésite pas à recourir à ses propres souvenirs  les rubriques Autobus, Horloge, Métro). De nos jours, il enseigne dans une université francilienne où il se rend grâce à son vélo. Ses grands-parents paternels habitaient Issy-les-Moulineaux ; son grand-père l’accompagnait dans ses activités extra-scolaires. Celles-ci furent pendant longtemps le jeudi car les jours de classe des enfants se déroulaient du lundi au samedi matin. Par la suite, le jour de congé fut déplacé le mercredi afin de mieux équilibrer la semaine.

L’autobus à plate-forme avec un contrôleur compostant un ou plusieurs tickets grâce à une petite machine avec manivelle a disparu au profit d’autobus avec entrée à l’avant et des composteurs automatiques.
La ligne 126 existe toujours et relie le Parc de Saint-Cloud à la Porte d’Orléens. Son numéro supérieur à 100 désigne forcément une ligne de banlieue. Depuis peu, des Bluebus sont en service totalement électriques et évidemment de couleur bleue ! Ils alternent avec des bus hybrides

Issy - Rue Rouget de l'Isle, vue vers le pont ferroviaire.
Carte postale, coll. Particulière

Quant au quartier Issy-Plaine, il s’agit du quartier Val-de-Seine totalement métamorphosé depuis la fin du XXe siècle. Des bureaux ont remplacé la Blanchisserie de Grenelle, dont on distingue les bâtiments sur la gauche (carte postale ci-dessus), ainsi que d’autres usines aux alentours, sans parler d’immeubles résidentiels. Rails et caténaires de tramways que l'on peut voir, ont progressivement disparu, remplacés par des bus. P. Maestracci.


3 septembre 2018

Forum des associations - 7 et 8 septembre 2018

Premier grand rendez-vous de la rentrée 


  le Forum des Associations qui se tient, comme d'habitude, au Palais des Sports Robert Charpentier, 
aux mêmes horaires que l'an passé 

vendredi 7 septembre, 13-20 h
samedi 8 septembre, 10 h-18 h




Odile, Pascale, Monique, Claude, Denis, Alain, Didier, Jacqueline, Patricia, d'autres encore vous y attendent avec plein de projets : visites privées, conférences, animation des Journées du Patrimoine… Venez nombreux !



31 août 2018

Arsène Tchakarian, le dernier du Groupe Manouchian

Arsène Tchakarian. © A. Bétry

Le 4 août 2018, Arsène Tchakarian (ci-contre), le dernier survivant du Groupe Manouchian, est mort à l’âge de 101 ans. Inhumé au cimetière d’Ivry, il a rejoint ses amis fusillés le 21 février 1944. Revenons sur leur histoire.

Qui était donc Manouchian qui donna son nom au Groupe Missak Manouchian (1906-1944) fut le chef d’un groupe de résistants étrangers. Il se réfugia quelque temps chez son frère, 25 rue de la Défense - la fameuse rue de la Dé du  quartier arménien des Hauts d'Issy.

Missak Manouchian (photo en bas), né en 1906 dans l'Empire ottoman,  a profondément été marqué par son origine arménienne, d'autant plus qu'à l'âge de neuf ans il voit ses parents et une bonne partie de sa famille massacrés par les Turcs. Il est recueilli avec son frère dans un orphelinat, en Syrie, pays sous mandat français, ce qui le conduit tout naturellement en métropole en 1925. Cet ancrage identitaire se retrouve dans son engagement politique et culturel : il fonde deux revues littéraires et rejoint le Parti Communiste Français (PCF) en 1934. Cette convergence se fait sans difficulté, car le PCF offre alors, avec l'organisation syndicale la MOI (Main-d'Œuvre Immigrée), un vecteur d'intégration dans la société française. Il prend, après la débâcle, la direction de la section arménienne de la MOI. Mais il est surtout connu pour sa résistance militaire : en février 1943, il rejoint les FTP-MOI (Francs Tireurs Partisans) et, en août, en devient responsable militaire pour la région parisienne. Après des mois de filature, le groupe est démantelé, 23 membres sont arrêtés en novembre. Jugés en février 1944, ils sont condamnés à mort le 21 février 1944 et exécutés le jour même au Mont Valérien.

©Atlante Archives.

« L'Affiche rouge » (ci-dessus) est placardée à ce moment-là.  En diffusant cette affiche de propagande, les autorité allemandes espèrent déconsidérer les actions du Groupe Manouchian auprès de la population. Contrairement au but recherché, l'affiche provoquera un mouvement de sympathie dans la population et restera comme le symbole du combat des étrangers contre l'occupant.

« Je meurs en soldat régulier de l'armée française de libération » : tels sont quelques mots de la dernière lettre que Missak Manouchian adresse à sa femme, Mélinée, avant d'être exécuté, au Mont Valérien, le 21 février 1944. Une lettre qui inspirera, comme « l'Affiche rouge », le poème d'Aragon, immortalisé par Léo Ferré (ci-dessous).  

"…Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre…"

Missak Manouchian. © A. Bétry
Ce buste (ci-dessus), œuvre de l'Isséen Michel Adjar, installé place Groupe Manouchian, dans le quartier du Fort à Issy-les-Moulineaux, rend hommage à Missak Manouchian.

27 août 2018

Jean-René Pennarun, un gendarme isséen à la Libération, août 1944

Jean-René Pennarun (1914-1984).


Jean-René Pennarun (ci-contre) participe à la lutte contre l’occupant allemand. Il est né en 1914 à Kerfeunteun en Bretagne, une commune annexée aujourd'hui à Quimper. Jugé apte au service armé en 1934, il reçoit plusieurs affectations, en particulier à la Garde républicaine. Le 26 novembre 1940, il est nommé aux Forces de la Gendarmerie de Paris Sud-Ouest. Cette légion de la Gendarmerie de Paris devient la Première Légion de Gendarmerie.

Août 1944
Les Alliés, débarqués le 6 juin en Normandie, approchent de Paris. Le gendarme Jean-René Pennarun participe aux combats à Issy-les-Moulineaux, dont celui qui se déroule sur l’île Saint-Germain (ci-dessous). Cela lui vaut une demande de citation par son supérieur hiérarchique, le lieutenant-colonel Tart, commandant la subdivision Ouest :

« A fait preuve de courage et d’abnégation, en se portant courageusement au péril ce sa vie, à hauteur de barricades pour donner le coup de feu.
A pris également une part active pour l’épuration de la circonscription, notamment des Miliciens qui se cachaient dans les immeubles.
Le samedi 26 août 1944, s’est porté à l’attaque du campement militaire de l’Ile Saint-Germain où 700 soldats allemands opposaient résistance.
Par suite de la reddition a escorté les Officiers ennemis et assuré le service d’ordre pour éviter le pillage. 


Photographie prise du pont des Peupliers sur le petit-bras  :l’île Saint-Germain 
à gauche et des usines sur le quai.(actuel de la Bataille de Stalingrad).
Après-guerre
Jean-René Pennarun, devient gendarme de 1re classe en 1952 et prend sa retraite en 1962. Lors de l’attentat perpétué à la Salle des Fêtes quelque temps auparavant, deux de ses collègues policiers sont morts.
Il se retire alors à Issy-les-Moulineaux en étant « affecté dans les réserves de la Gendarmerie ». Pendant leur enfance, il emmena souvent ses deux filles se promener sur l’île Saint-Germain en empruntant le pont des Peupliers sur le petit bras de la Seine. Il y avait à l’époque une piscine dans le fleuve et un plongeoir. Ce pont a disparu lorsqu’il fut remplacé en amont par l’actuel pont d’Issy.
Décoré de la Médaille militaire, de la Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 avec l’inscription « France Libération », il décède à Paris en 1984. 
P. Maestracci

Merci à sa fille Monique qui a confié à Historim des documents familiaux pour rendre hommage à la mémoire de son père.

Pour en savoir plus sur la Libération d'Issy-es-Moulineaux, retrouvez le Journal de Jeanine Provôt :

22 août 2018

Abécédaire - V, comme Vigne

La Confrérie Saint-Vincent d'Issy-les-Moulineaux. © A. Bétry

V, comme Vigne


Nom commun ; vient du latin vinéa qui signifie vignoble ; traduction du latin vitis - d’où l’étymologie des mots viticulture, viticole


Issy et ses vignes ! C’est une longue histoire qui remonte… au VIe siècle, à l’époque où l’Eglise développe la culture des vignes pour obéir à la règle de saint Benoît. Le moine doit cultiver la vigne pour le vin de messe mais « ne pas en boire jusqu’à satiété ; car le vin fait apostasier même les sages ».
En 528, le roi Childebert donne aux moines de Saint-Germain-des-Prés un terroir viticole, qui s’étend d’Issy à Suresnes, en bordure de Seine, pour faciliter le transport du vin. Au XIVe siècle, leur domaine isséen compte 28 vignobles sur une superficie de plus de 50 hectares. Puis, au XIXe siècle, l’industrialisation de la ville, met à mal la culture de la vigne.
Dans les années 1970, le restaurateur Yves Legrand décide, aidé par les membres de la Confrérie Saint-Vincent, de replanter, dans son domaine du quartier de la Ferme, des vignes afin de faire revivre la tradition du chardonnay et du pinot gris.
Quinze siècles plus tard, le vin d’Issy a toujours bonne réputation, un petit vin blanc primé à deux reprises, vendangé tous les ans par les enfants des écoles ! N’hésitez pas à vous rendre Chemin des vignes, déguster quelques bons crus, en souvenir de ce poète du Moyen âge qui s’extasiait : "le territoire d'Issy produit un vin égal au nectar de Rhodes et au Falerne [un vin de Campanie apprécié depuis l'Antiquité] tant vanté par Horace". À boire toujours avec modération ! PCB


Bien d’autres mots ont leur place dans cet abécédaire qui, nous l’espérons, vous a diverti cet été : Arménien, Bière, Carte à jouer, Érosion, Incendie, Gendarme, Jeux olympiques, Lys, Robot, Vitrail … Mais la rentrée approche. Alors, place à l’actualité et aux incontournables rendez-vous de septembre : Forum des Associations et  Journées du Patrimoine !