15 avril 2026

Le stand de tir devenu ZAC Rodin


A la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, Issy-les-Moulineaux, encore largement campagnarde, accueillait une installation de tir aux pigeons fondée par la maison Gastinne-Renette, un armurier parisien réputé. 

Stand de tir 1963
Palissades, rue d'Erevan



Cette installation se trouvait dans les Hauts d’Issy, sur un vaste terrain situé entre les rues d’Erevan (anciennement rue du Plateau) et de l’Égalité. Les tirs se faisaient du sud vers le nord en direction d’un espace boisé le long du boulevard Rodin. De hautes palissades en bois protégeaient le voisinage (voir photo ci-dessus).



À cette époque, le tir aux pigeons était une activité sportive populaire, souvent liée aux sociétés de tir et aux concours réguliers, avec des résultats publiés dans la presse locale.
Lors des Jeux olympiques d’été de 1924 à Paris, Issy-les-Moulineaux a accueilli l’épreuve de tir aux pigeons d’argile (pas sur des pigeons vivants) dans le stade des Épinettes.
Cette épreuve faisait partie du programme « tir aux armes de chasse » parmi d’autres disciplines, et opposa plusieurs nations entre le 21 et le 29 juin 1924.
L’équipe américaine remporta l’épreuve par équipes. Le Hongrois Gyula Halasy fut victorieux en individuel.
Le tir aux pigeons d’argile fut ensuite progressivement remplacé par des disciplines plus modernes (comme le ball-trap) et ne figure plus dans le programme olympique après 1968.

Une ancienne habitante du sentier des Epinettes raconte : « Dans les années cinquante, il fallait voir les autos luxueuses, des américaines qui stationnaient dans la rue … Dès que mon grand-père entendait les plombs retombaient sur le toit ou dans les gouttières, il sortait de chez lui et surveillait le ciel. Il lui est arrivé plusieurs fois de retrouver des pigeons blessés, qu’il s’empressait de récupérer afin de pouvoir les manger. »
Après l’abandon progressif de l’activité, le lieu devint un terrain vague, même si des vestiges du tir aux pigeons restaient visibles dans les années cinquante (douilles, morceaux de pigeons d’argile) avant d’être définitivement transformé par l’urbanisation dans les années soixante-dix.
Ce terrain n’existe plus aujourd’hui. La catastrophe de juin 1961 a accéléré son abandon. Il a été urbanisé après son abandon progressif et les vestiges ont disparu en 1974 avec la construction de tours et d’immeubles.

Dans le catalogue d’armes de la société Gastinne-Renette, une page entière est consacrée à leur école de chasse d’Issy avec, en évidence, le moyen de s’y rendre : sur la ligne électrique Paris-Invalides à Meudon-Val-Fleury, à 2 km de Paris.

Voici le contenu de celle-ci :

 L’école de chasse est à la porte même de Paris et d’un accès facile aux automobilistes. Il est même possible de s’y rendre également par chemin de fer ou par le métropolitain (station Mairie d’Issy). Le parcours de chasse a été tracé dans un terrain d’une contenance de 7 hectares, légèrement vallonné dans certaines parties et très accidenté dans d’autres.
Les amateurs peuvent s’exercer utilement à la chasse devant eux en tirant les lapins sortant du terrier ou sautant les allées et les oiseaux artificiels filant devant eux ou passant en travers. Des oiseaux venant à tire-d’aile de derrière les collines ou vigoureusement lancés de la tour seront pour eux d’un excellent entraînement pour le tir en battue. Tous les tirs de chasse se trouvent représentés.

Un personnel expérimenté est à demeure à l’établissement et est à même de donner tous les conseils nécessaires. Aux débutants sont donnés les plus grands conseils de prudence ; ils apprennent vite à se servir convenablement et avec profit d’une arme de chasse. Tous les tireurs y trouvent l’avantage de pouvoir essayer successivement, autant de fois qu’ils le désirent, un oiseau difficile.
Par mesure de sécurité les munitions du tir sont imposées.
En raison du grand nombre de tireurs et des réunions de Sociétés, il est recommandé de toujours prendre rendez-vous par téléphone, avant de se rendre au tir d’Issy.

 

TIR AU PIGEON ET AU BALL-TRAP
Attenant à l’Ecole de Chasse est installé :
1° Un tir au pigeon vivant et aux électrocibles ZZ qui jouit d’une vue très étendue et qui est, par sa position et son altitude, très propice au vol des rapide des oiseaux.
2° Un tir au pigeon d’argile avec fosse réglementaire de 15 mètres spécialement disposée pour l’entraînement des Jeux olympiques.
C’est le rendez-vous des principales sociétés sportives de Paris.

Michel Julien





12 avril 2026

Succès d'Educap City 2026

Merci encore et bravo pour votre engagement.


Tout s'est bien passé avec des moments parfois chargés mais souvent intéressants. Notre animatrice Ana a été remarquable alors qu'elle n'a été prévenue que le matin même.


Nous avons reçu 73 équipes (sur 200), ce qui est nettement plus que les années précédentes.







5 avril 2026

Educap city 2026

 


Rappel Educap city, le 11 avril 2026

Toute la ville grouille d'enfants activés par le rendez-vous annuel d'un millier de participants.
Par équipe de six jeunes accompagnés d'un adulte, ils vont de 10 h à 16 heures parcourir les différentes étapes d'un immense jeu avec les questionnaires établis par les divers associations ou partenaires de notre ville.

Le samedi 11 avril, c'est pour la plupart d'entre nous jour de repos et de détente. Nous risquons de croiser nombre de ces jeunes âgés de 9 à 13 ans. Animés par l'envie de gagner des points au final de l'épreuve, ils risquent inconsciemment de prendre des risques. Aussi, nous Isséens, automobiles, vélos, trotinettes, essayons encore plus qu'à l'habitude, de modérer nos vitesses afin que la fête se passe sans problème.

En fin d'après-midi, tout le monde et vous Isséens, nous nous retrouverons place Corentin Celton pour célébrer ce moment annuel de joie et de plaisir.
Certains des enfants participants sont certainement vos enfants, vos petits-enfants ou vos voisins de palier.

Alors, une ultime consigne PRUDENCE.
Laïcité : apprendre à vivre ensemble
Merci à tous


Historim sera présent 
 à l’intersection des rues Vaudétard et Général Leclerc, sur le trottoir attenant au Séminaire.

29 mars 2026

Héliport d'Issy-Valérie André

 Balade autour de l’héliport de Paris-Issy-Valérie André, 28 mars 2026.

 

La visite commence porte de Sèvres où se trouve l’entrée de l’héliport. Ce vaste terrain dans le XVe arrondissement de Paris a subi de nombreuses transformations. Longtemps il y eut des jardins maraîchers dans cette zone inondable jusqu’en 1891 date à laquelle l’Armée y installe une zone de manœuvres. Au début du XXe siècle, des pionniers de l’aviation s’y entraînent. Le terrain est acheté par la ville de Paris en 1925 et en 1967, ce terrain d’aviation devient l’héliport de Paris-Issy. En 2022, ce nom est complété par celui de l’Isséenne Valérie André médecin, parachutiste, pilote d’hélicoptère et général (au masculin) lors de son centième anniversaire.

Devant l’héligare, une sculpture de Landowski rend hommage au premier kilomètre en circuit fermé de l’aviateur Henri Farman en 1908.




Le parcours contourne l’héliport pour retrouver les tables émaillées de l’histoire de l’aviation sur ce terrain longtemps isséen. La devise de la ville Habeo semper alas (j’ai toujours des ailes) y fait allusion. Les tables créées par Patricia Bétry (présidente de l’association jusqu’en 2025) ont chacune un thème avec un texte bilingue.




L’allée Maryse Bastié rend hommage à une aviatrice remarquable. Rue Guynemer (aviateur mort au combat en 1917), ont été installées une table sur les frères Caudron, constructeurs d’avions et plus loin, une autre sur des pionnières de l’aviation comme Marie Marvingt. 



Au rond-point Victor Hugo, une table est consacrée à Henri Farman. Boulevard des Frères Voisin, une table leur est dédiée juste en face de l’emplacement de leurs usines (disparues) en bordure du terrain de l’héliport ; plus loin devant le Palais des Sports, une table porte sur les courses comme le Paris-Madrid en 1911.



Boulevard Gallieni, une table évoque les dirigeables dont certains ont survolé les terrains maraîchers au XIXe siècle. Le siège social d’Eutelstat, entreprise européenne de satellites se trouve également sur ce boulevard. Enfin, rue Farman, la dernière table émaillée met en valeur les hélicoptères dont certains continuent à être utilisés pour des raisons sanitaires et stratégiques sur l’héliport Valérie André.

 P. Maestracci

Images : Michel Julien

27 mars 2026

Agrafes de la Belle Epoque

Nez en l’air 

 

En architecture, une agrafe est un crampon en métal qui sert à fixer des éléments en pierre ou des briques sur une façade. Mais cela peut également être un ornement supplémentaire. C’est le cas pour des bâtiments construits à la Belle Époque dans la commune.



Certaines agrafes sont purement décoratives comme celles de l’immeuble situé 52 rue du Gouverneur Général Éboué.

D’autres  prennent la forme d’initiales formant un sigle. La Manufacture des Tabacs sur l’esplanade du même nom fut inaugurée en 1904. Le sigle M et T (Manufacture des Tabacs) existe toujours mais il est en partie dissimulé par les gouttières.




Autre exemple, le sigle I et M (pour Issy-les-Moulineaux) est visible sur un bâtiment municipal au 4 de la rue du Général Leclerc. Il fut construit par l’architecte E. Delaire en 1910 : c’est l’Espace Savary occupé de nos jours par l’Éducation Nationale ainsi que par plusieurs associations dont celle des Anciens Combattants.

1° Immeuble 52 rue du Gouverneur Général Éboué. Agrafes décoratives.
2° Manufacture des Tabacs, esplanade de la Manufacture. Sigle M et T.


 Texte et photographies : P. Maestracci


 

 












23 mars 2026

Municipales 2026

Pour un huitième mandat, depuis 1980, notre maire André Santini, à l’âge de 85 ans, remet le couvert.
Président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris. 

Hospitalisé en octobre 2025 à la suite d’une chute, André Santini n’a dès lors plus fait d’apparition publique. Ce que n’ont pas manqué de remarquer ses administrés. Son équipe, elle, assurait qu’ilgérait les affaires de la commune, malgré sa convalescence. « Je sais que mon absence inhabituelle a pu surprendre, concède-t-il dans son courrier.  g
J’ai dû prendre soin de ma santé, mais, aujourd’hui, je suis prêt. »

A. Bétry

  



 

22 mars 2026

L'Espace ICARE

 Exposition des soixante ans de l’Espace Icare


Une exposition, qui n’a duré que quelques jours mais que l’on pourra revoir au cours de l’année, a permis d’approfondir ce que l’on croyait connaître. Elle est l’œuvre de Monsieur Jean-Philippe Brun qui en est le dévoué et très efficace Directeur.



Les activités


Lors du dépôt des statuts de l’association  en préfecture le 28 février 1966, il y a 67 bénévoles pour 300 adhérents à qui on propose des activités de loisirs.
L’offre est complétée au fur et à mesure du temps. Dès 1971, sont ajoutées la formation et l’insertion grâce à des cours de français. En  1974, la première exposition artistique est présentée dans l’Espace Icare-MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) ; le collectif prend le nom d’Ik-Art en 2006 et regroupe une quinzaine d’artistes exposant à tour de rôle. En 2026, se déroulent 200 ateliers extrêmement variés chaque semaine pour les adhérents dont une large partie de mineurs.
Les premiers concerts datent des années 80 avec la création de l’association Farenheit qui date de 1984. Il y en a eu pour l’instant 250 !



Depuis 2006, il y a un projet socio-éducatif pour le handicap en partenariat avec l’ESAT (Enseignement et Service d’Aide par le Travail). En 2022, est créé le projet Émoi et moi avec des partenaires tels l’hôpital Corentin Celton ou Trisomie 92. En février 2026, un spectacle Planète 9  fort applaudi est présenté par les PEP 18 (Pupilles de l’Enseignement Public du Cher) ; c’est l’aboutissement d’un travail énorme durant deux ans pour des personnes avec un handicap mental et l’une en fauteuil roulant. Ils se produisent pour la 3e fois dans la salle de spectacle depuis 7-8 ans.

Les locaux


L’association occupe d’abord en 1966 un ancien bâtiment avec porche donnant accès à l’origine à une écurie dans la cour. Il était 45 rue du Général Leclerc et a été démoli  pour laisser place au Centre administratif municipal.
De 1971 à 2004, ce fut ensuite dans les locaux de la MJC boulevard Gambetta. Ceux-ci furent démolis pour être reconstruits par l’agence Wilmotte. Pendant cet intervalle, l’Espace Icare est hébergé 17 avenue Jean Jaurès. La 1re pierre du nouvel Espace a été posée le 11 juin 2005 par Monsieur André Santini, Maire et ancien Ministre, Monsieur Thierry Lefèvre, maire-adjoint et aussi par Monsieur Jean-Philippe Brun. L’inauguration se déroule l’année suivante avec l’ouverture de la salle de spectacle au sous-sol.





Mes remerciements sincères à Monsieur Brun, à Madame Lalu, membre du bureau et à Madame Léna Arbonnier.
Pour info : Espace Icare, 31 boulevard Gambetta, www.espace-icare.com.
 
Texte : P. Maestracci
 


 

 

 

20 mars 2026

René Quinton 2

Le 18 mars, un public nombreux et connaisseur a assisté à la conférence organisée par le Musée de la carte à Jouer et Historim, donnée par Jean-François Dray, auteur, biographe et illustrateur sur le thème " René Quinton et la Ligue nationale aérienne"  (LNA).

Après avoir rappelé le parcours scolaire, littéraire puis scientifique de René Quinton (le plasma Quinton), Jean-François Dray a démontré le rôle fondamental de René Quinton, usant de sa notoriété, dans le développement entre 1908 et 1914 de l’aviation dont il avait fait une cause nationale.


Avec la Ligue nationale aérienne dont il fut un fondateur, il favorisa la création d’aéroports, (tel Port Aviation à Viry-Châtillon), organisa des meetings (Douai, Reims ! puis en 1910, des raids (Paris - Madrid, Paris - Le Caire) dotés de prix et dont certains se faisaient au départ d’Issy-les-Moulineaux.
En 1911, il envisage le développement d’une aviation militaire et coloniale.

Malgré tous les éloges qui lui ont été adressés lors de ses obsèques et l’existence de lieux de mémoire (rues et statues) dans son village de Chaumes, René Quinton tombe dans l’oubli.

Denis Hussenot

images : Michel Julien

 

Un article récent a été publié le 1er mars dernier sur le site Historim.