11 juillet 2018

Abécédaire d'Issy - B, comme Bouddha

Le maire de Leshan devant le bouddha du parc
Rodin. © A. Bétry

B, comme Bouddha


Nom masculin, vient du sanskrit « éveillé »

Le bouddha est une personne qui, notamment par sa sagesse, a réalisé « l’éveil ». Le plus connu des bouddhas est Siddhartha Gautama (vers 506 av. J.-C.-vers 452 av. J.-C.), le fondateur du bouddhisme. Pour voir des bouddhas, pas besoin de prendre un avion pour l’Asie… Issy-les-Moulineaux a, depuis l’été 2017, son bouddha. Il se trouve dans le parc Rodin et domine la ville. Il garde même un œil sur la tour Eiffel. Cadeau du maire de Leshan (ci-dessus), venu en personne à Issy, (rappelons que Leshan, capitale du Sichuan, est notre ville chinoise jumelle), il représente en petit - 2 mètres de haut quand même - leur grand bouddha assis qui lui, classé Patrimoine mondial de l’Unesco, mesure 71 mètres de hauteur. Il est fait en plastique renforcé (le même matériau utilisé dans la construction des A380 - encore des avions !). Prenez les escalators, boulevard Rodin : une prouesse technologique : 80 mètres en zigzag sur 25 mètres de dénivelés, qui vous conduiront devant le bouddha. PCB



4 juillet 2018

Abécédaire d'Issy - A, comme Avion

Profitons de cet été pour partir à la découverte de mots qui - tout en nous faisant voyager - évoquent l'histoire de notre ville d'Issy-les-Moulineaux. Un abécédaire amusant et, parfois surprenant !



A, comme Avion

Nom masculin ; vient du latin avis (qui signifie oiseau) ; synonyme d'aéronef.

Issy-les-Moulineaux est considéré comme le berceau de l’aviation en France et il ne faut pas l’oublier. Même si, pour partir en voyage aujourd'hui, il faut se rendre à Orly ou à Roissy-Charles de Gaulle !
Le premier avion à décoller du champ de manœuvres, le terrain d’aviation d’Issy, est celui de l’aviateur d’origine roumaine, Trajan Vuia, le 7 octobre 1906 : hauteur du vol 1 mètre ; longueur du vol : 12 mètres. L’année suivante, le 12 juin 1907, Santos Dumont met au point la « Demoiselle », un monoplan qui vole à une hauteur de 10 à 15 mètres, sur une distance de 500 mètres. C’est l’avion sur lequel Roland Garros apprend à voler. Le 13 janvier 1908, Henry Farman sur un avion des frères Voisin réussit le premier kilomètre en circuit fermé… un exploit. Désormais les avions tournent ! Et c’est bien pratique pour de grandes distances. Comme ce 21 mai 1911, lorsque s’élancent du terrain devant une foule immense les meilleurs aviateurs au monde pour la course Paris-Madrid. Alors pas étonnant que les armoiries de la ville possèdent un avion et que la devise « Habeo semper alas » signifie « J’ai des ailes à jamais » ! PCB

29 juin 2018

Arnaud Beltrame

Depuis 2012, la Direction générale de la Gendarmerie nationale (la DGGN) est installée à Issy-les-Moulineaux, dans le quartier du Fort. C'est donc tout naturellement que la ville d'Issy rend hommage au  colonel Arnaud Beltrame, officier de la Gendarmerie nationale, tombé en service commandé le vendredi 23 mars 2018, à Trèbes (Aude). L'actuel chemin des Courtines, promenade piétonnière qui fait le tour de Fort, portera désormais son nom. 

Arnaud Beltrame. © XDR © A. Bétry
Le 28 mars 2018, le président de la République Emmanuel Macron l'évoquait ainsi :
".../... Au cœur de tout vrai courage se trouve une grande force morale. Elle ne se discute pas, elle pousse à agir. Avant même ce 23 mars, le lieutenant-colonel Beltrame était de ces fils que la France s'honore de compter dans ses rangs. L'hommage que la patrie lui rend en ce jour, nous le rendons aussi aux actions remarquables qui avaient jalonné sa carrière, comme elles jalonnent la vie de tant de ses camarades au sein de nos armées.
Dès sa sortie de l'école Saint-Cyr, il avait choisi la gendarmerie. Il en avait fait sa seconde famille, parce qu'elle était proche de la vie de ses concitoyens, et qu'elle exigeait de lui, chaque jour, l'excellence.
Une gendarmerie qui paie chaque année son tribut à la sécurité et à la protection des Français. Une gendarmerie qui, cette fois encore, s'est illustrée par sa maîtrise et sa force.../..."

 Rendez-vous le mardi 3 juillet, à 11 h, Rue du Fort, à l'entrée du Fort.
Venez nombreux à cette cérémonie.

25 juin 2018

Charles Gros,à Issy, 25 juin 1835


J.-A. Gros (1771-1835), autorportrait.
Jean-Antoine Gros (ci-contre), né à Paris en 1771, est un célèbre peintre d’histoire. D’abord formé par ses parents, tous deux peintres, il entre ensuite dans l’atelier de David. Sous le Directoire, il est incorporé à l’armée et rencontre à Nice Joséphine Bonaparte, puis son mari à Milan. Devenu officier d’état-major, il suit la campagne d’Italie de Bonaparte en 1796/97 et assiste aux batailles. 

Ses tableaux

Ce témoin direct peint en 1801 Bonaparte au pont d’Arcole puis les Pestiférés de Jaffa en 1804 quelques années après la campagne d’Égypte. Son tableau le plus poignant est celui de la Bataille d’Eylau de 1807 (ci-dessous). L’œuvre, peinte surtout dans les tons de blanc et de gris, met en valeur l’empereur dans un paysage polaire sans négliger l’horreur du combat. Le tableau présenté au Salon en 1808 lui vaut d’y être décoré par Napoléon 1er. On peut l'admirer aujourd'hui au Musée du Louvre.

La Bataille d'Eylau,  Jean-Antoine Gros.  XDR

Sous la Restauration, Gros, membre de l’Institut et professeur aux Beaux-Arts reçoit des commandes prestigieuses. Il peint de 1821 à 1824 une fresque représentant Sainte-Geneviève en compagnie de Clovis et Henri IV dans la coupole du Panthéon. Ensuite, il décore le musée Charles X consacré aux antiquités égyptiennes au Louvre (aile Sully). Par ailleurs, la Grande galerie du musée expose certains de ses tableaux parmi les plus célèbres. 
Décoré de la Légion d’Honneur en 1823 sous Louis XVIII, Gros est fait baron par Charles X. Tous ces honneurs ne le consolent pas de la critique de ses tableaux peints après 1825 en plein essor de la peinture romantique. En 1835, son ultime travail, Hercule écrasant Diomède est fortement décrié.

Les dernières heures du peintre à Issy

Le 25 juin de la même année, il longe la Seine à Paris puis à Issy avant de se diriger vers Meudon. Dans les environs du Bas-Meudon, on retrouve son corps dans l’eau où il s’est noyé. Dans son chapeau, une lettre explique son geste désespéré : « las de la vie et trahi par les dernières facultés ». P. Maestracci

Merci à mon amie Jacqueline qui m’a prêté le livre fascinant de Jean-Paul Kauffmann, Outre-Terre, (Équateurs Littérature, 2016). Ce livre est en partie consacré à la bataille d’Eylau et donc, au baron Gros.

23 juin 2018

Journée de l'archéologie à Issy - parcours des Monuments aux morts

Cette visite complète celle des tombes militaires de la Grande Guerre qui a eu lieu le 16 juin, toujours en parallèle avec les Journées Nationales de l’Archéologie.

Ce dimanche 17 juin 2018, le groupe a suivi avec le plus grand intérêt le guide, M. Florian Goutagneux du Musée Français de la Carte à Jouer qui en a conçu l’itinéraire et que nous remercions pour son travail. Le rendez-vous était fixé place du 11 novembre 1918, place qui porte ce nom depuis 1966.


Place du 11 novembre 1918.

Stèle place
du 11 Novembre 1918
© A. Bétry
La date du 11 novembre 1918 a été choisie par le général Foch pour signer l’armistice à Rethondes. C’est aussi le jour de la Saint-Martin, évêque de Tours au IVe siècle et apôtre des Gaules. Sa chape conservée à Tours est à l’origine du mot « chapelle ».

Le monument de la place (ci-contre) fut érigé en 2008 pour le 90e anniversaire de la fin de la guerre. Il est très sobre avec une stèle polie de granit sombre. Le portrait d’un soldat portant un casque Adrian sans indication de son arme symbolise tous les soldats. Il surmonte l’inscription : 
« Honneur aux Poilus 1914-1918 ». Ce terme de Poilu passe d’un registre familier à une symbolique élogieuse. Il est surtout utilisé après la guerre. Devant la stèle, l’environnement végétal reflète un nouveau souci de décor proche de la nature. Et tous les 11 novembre, une gerbe y est déposée.


Église Saint-Étienne

Un vitrail rarissime par son thème se situe dans le bas-côté gauche de l’église. L’artiste Chanterelle l’a dessiné pour le maître verrier Houille. Son financement fut assuré par souscription auprès des paroissiens ; les sommes versées s’échelonnent de 2 à 500 francs. L’inauguration officielle eut lieu en décembre 1920, soit un an après le traité de paix signé à Versailles en 1919. Elle se place dans un contexte de reconquête de la banlieue par l’Église après la Grande Guerre. L’église isséenne Sainte-Lucie en est un autre exemple.

Vitrail de l'église Saint-Etienne
© P. Maestracci
En bas du vitrail (ci-contre), une inscription latine Pro Deo, Pro Patria. 1914-1918 (Pour Dieu, pour la Patrie) est placée sous un soldat mort. Il porte un uniforme bleu horizon avec son arme posée le long du corps. Un aumônier militaire et un infirmier viennent de l’assister dans son agonie.
Au deuxième plan, on distingue des survivants dans une tranchée et à gauche, le support d’une grosse gamelle pour la soupe.
En arrière-plan, on distingue la cathédrale de Reims en train de brûler après avoir été bombardée par l’armée allemande.
Tout en haut, l’archange Saint Michel apporte la palme du martyre ainsi qu’une couronne de laurier. Cela symbolise le soldat mort en chrétien et en héros.


Monument aux Séminaristes morts

Il se trouve un peu à l’écart dans la parc Saint Jean-Paul II qui appartient au Séminaire Saint-Sulpice. Ce parc est loué par bail emphytéotique à la commune. C’est une œuvre taillée dans du calcaire en forme d’exèdre sur un modèle antique (ci-dessous). Le sculpteur est Henri Léon Gréber. 

Monument aux Séminaristes dans le Parc Saint-Jean-Paul II.
© P. Maestracci
Les références religieuses sont nombreuses comme la forme arrondie du chœur d’une église. Au centre, se dresse un modèle de calvaire breton avec le Christ au centre et les deux Larrons placés en oblique de part et d’autre. « C’est la problématique affective de la douleur ». La croix est surmontée d’un arc ogival, caractéristique du gothique flamboyant. La base de la colonne christique représente la Vierge, Saint Jean et Marie-Madeleine. Elle domine une citation latine : Quorum nomina scripta sunt in coelio Ceux dont les noms sont écrits sont au Ciel).
Sur la dalle du sol, on peut lire une autre inscription latine : Deciderunt Fortes in praelio ( Courageux, ils sont morts au combat).
Les noms des séminaristes sont gravés sur toute la partie concave avec quelques ajouts ultérieurs après identification des corps. Les noms des donateurs sont gravés sur la partie convexe. La phrase Donavit Amicus noster (Notre ami a donné) surmonte le nom de Mgr Chebli, archevêque de Beyrouth.

Monument aux Morts, square de la République

Monument aux Morts, Square de la République. © A. Bétry

Situé square de la République, le principal monument aux Morts de la commune (ci-dessus) représente une dimension mythologique du combat entre Hercule et l’hydre de Lerne, le Bien contre le Mal. Il fut érigé "à la mémoire des combattants et de toutes victimes des guerres". 

C'est ainsi que se terminent ces deux journées-hommages consacrées aux Poilus de la Grande Guerre à Issy. P. Maestracci

20 juin 2018

Journée de l'archéologie à Issy - visite du cimetière avec Historim

Dans le cadre des Journées Nationales de l’Archéologie consacrées à la Grande Guerre, Historim a proposé une visite des monuments et sépultures militaires au cimetière rue de l’Égalité, complétée par une exposition à la médiathèque du Temps des Cerises.

En ce samedi 16 juin 2018, le groupe était composé d’une quinzaine de personnes ainsi que Mme Helary-Olivier, maire-adjointe chargée des Affaires militaires qui nous a fait l’honneur et le plaisir de sa présence. Notre Historimienne Pascale présenta rapidement le cimetière - le quatrième de la commune - inauguré en 1864 sur un terrain appelé La Plante-Marande et agrandi à plusieurs reprises.

Monument aux morts de 14-18, au cimetière communal d'Issy.
© P. Maestracci
Puis, ce fut la visite proprement dite qui débuta Allée Cassiopée par le monument aux Morts de 1914-1918, l’œuvre du sculpteur Fernand Dubois en 1924 (ci-dessus). Une héros/soldat mort repose sous un suaire. Une pleureuse, sa veuve, est submergée par la douleur. Le Monument fut érigé par souscription publique. Au dos, une citation de Louis Pasteur exalte la vie.

Tombeau d'Auguste Gervais, maire d'Issy de 1903 à 1908. © J.G. Parmentier
Un peu plus loin, à l’angle de la division 14, se dresse le tombeau d’Auguste Gervais (ci-dessus). Cet homme politique important fut maire de la commune de 1903 à 1908. Membre de la commission de l’Armée, il meurt en 1917 lors d’un accident automobile, de retour d’une tournée d’inspection sur le front.

Tombe de M. et Mme Astoul.
© J.G. Parmentier


Non loin, à l’angle de la division 13, la stèle de la tombe de M. et Mme Astoul évoque la mémoire de leur fils Louis Astoul mort au Chemin des Dames en 1917 (ci-contre). 

Puis, près du Carré militaire, sont évoqués les dix-huit Isséens mobilisés en 1914 (cf site d’Historim 11 juin 2018). Leur âge variait de 16 à 45 ans. Le tiers d’entre eux est mort à la guerre entre 1914 et 1917.

Le Carré militaire 
Il se trouve en face de la division 24 dans un angle du cimetière (à droite de l’entrée).
Le monument aux Militaires morts pour la France est composé d’une stèle de haute taille et d’un caveau collectif. Les listes de noms sont classées de la guerre de 14/18 à celle de l’Extrême-Orient. Le nombre de morts enterrés là s’explique par les décès des soldats dans les hôpitaux militaires proches car les morts sur les champs de bataille sont enterrés près des zones de combat ou ils ont disparu (670 000 environ dont on retrouve parfois les corps de nos jours). Lors de la Grande Guerre, les hôpitaux militaires étaient les Petits-Ménages (maintenant hôpital Corentin Celton), Saint-Nicolas réquisitionné aussi où fut testée, pour la première fois, l’ambrine pour les brûlures (merci à Jean-Gilles qui nous a donné le nom et la composition de ce médicament). L’hôpital militaire Percy à Clamart est aussi tout proche du cimetière. 
Pour en savoir plus sur les hôpitaux militaires, retrouvez-nous sur le site en novembre prochain.



On compte 507 corps enterrés, des hommes mais aussi quelques infirmières. Les 183 noms de militaires morts dans les hôpitaux de 1914 à 1918 montrent un nombre croissant de décès dont la moitié environ en 1918 et 1919. Dès 1917, le nombre de soldats venus de l’Empire (AEF-AOF, Algérie, Indochine etc.) est de plus en plus important. 62% des militaires sont nés en métropole et 38% viennent de l’Empire. Autour du monument, il y a de nombreuses tombes individuelles signalées par des croix mais aussi par le croissant musulman.


Témoignage de Paul
Lors d’un décès d’un soldat, le maire était chargé d’annoncer l’atroce nouvelle à la famille. Paul, un Isséen qui porte le nom de son grand-père mort dans la Somme le 9 novembre 1916, a accepté la communication du texte suivant : « Monsieur le Maire, J’ai la tristesse de venir vous demander de bien vouloir vous charger d’une douloureuse mission. L’un de nos canonniers appartenant à votre commune est mort glorieusement à son poste de combat le 9 novembre à 11 heures du matin. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir prévenir sa famille, en particulier sa femme, Madame Petetin Paul avec tous les ménagements possibles. Paul PETETIN était l’un de nos meilleurs canonniers. Je suis tout attristé, Monsieur le Maire, de vous confier cette mission, mais dans la certitude que vous l’accomplirez avec douceur et habileté. Je vous remercie de tout cœur ! Signé : Lieutenant Beriot. ». L’autre grand-père de Paul , soldat sur le front d’Orient est mort pour la France le 10 ou 11 novembre 1918 ; il fut enterré au cimetière militaire français à Belgrade.

Pour rendre hommage à tous les militaires qui ont péri lors des guerres suivantes, a été cité le nom de René Parrain qui repose dans le caveau collectif. Cet Isséen s’est engagé et est mort en 1948 en Indochine peu de temps avant de pouvoir rentrer. Sa famille vient encore se recueillir devant le monument funéraire.

Exposition au Temps des Cerises
La visite du groupe s’est poursuivie au Fort à la médiathèque du Temps des Cerises où est présentée jusqu’au 13 juillet, une exposition sur la guerre de 1914-1918. Des panneaux montrent les résultats des fouilles archéologiques. Des vitrines présentent des objets selon plusieurs thèmes : les armes, la vie quotidienne, l’artisanat, les moyens de communication etc. 

Casque Adrian. © XDR
Un Historimien a expliqué ce qu’était le casque français Adrian (ci-contre). Plusieurs objets ont été prêtés par des Historimiens. Une visière en cuivre placée sur un képi fut portée par le beau-père d’Éliane lors du Défilé de la Victoire le 14 juillet 1919. Un cendrier fait à partir d’un obus est gravé pour montrer un canon de 75 et ses servants. Des croix de guerre sont placées dans une autre vitrine. Enfin plusieurs cartes postales furent adressées à une commerçante, sorte de « une marraine de guerre » Madame Lefèvre, 79 rue Renan (Centre administratif Municipal de nos jours).

Un grand merci à ceux qui ont prêté des souvenirs de famille ainsi qu’à Madame Lydia Boutier et à son mari Maurice Boutier pour leur précieuse documentation sur les tombes du cimetière communal. 
Merci aussi à l’association Le Souvenir Français qui perpétue le souvenir des morts et entretient les tomes. Sa branche isséenne est fort active  http://www.souvenirfrancais-issy.com . Le nom de l’association a été donné à la place près du cimetière. P. Maestracci


17 juin 2018

Historim en visite dans l'Île Saint-Germain - Issy

Deux guides enthousiastes Josette et Françoise ont accompagné une quinzaine de membres de l’association dans une promenade érudite dans l’île. Elles ont ainsi retracé les formidables transformations de ce quartier insulaire et un peu secret.

Historique de l'île Saint-Germain

Josette, plans à l’appui, commence par retracer l’histoire de l’île depuis le VIe siècle quand elle devint la propriété de l’abbaye de Saint-Germain des Prés. Il y avait à l’origine, entre les deux bras de la Seine, plusieurs îlots dont certains noms sont connus : île Chabanne, île du Grand Dauphin… Jusqu’au XIXe siècle, l’accès ne se faisait qu’en bateau. L’occupation par les hommes évolua au cours des siècles : d’abord l'agriculture sur ces terres humides, puis l’industrialisation et l'apparition de maisons modestes dès la première partie du XIXe siècle
L’île Saint-Germain fut alors divisée en deux parties distinctes dont on retrouve encore aujourd’hui les traces. 

Partie nord de l'île Saint-Germain, transformé en parc. ©  A.Bétry

La partie nord, en amont, fut occupée par une verrerie puis des bâtiments de l’Exposition universelle de 1867 (que nous avons évoqué http://www.historim.fr/search?q=exposition+universelle) avant d’être longtemps occupée par un camp militaire. C’est de nos jours pour l’essentiel un parc (ci-dessus). Des projets de lotissement résidentiel sur toute l’île au XIXe siècle n’ont jamais abouti.

La partie sud, en aval, commence alors à se peupler. Des gens modestes venus d’horizons divers, y construisent des maisons sans grands moyens. C’est ainsi que se côtoient des Arméniens, des Espagnols, des Italiens, des Russes, des Chinois etc. Il y avait environ 5000 habitants mais pas d’école. Des villas résidentielles apparaissent aussi et, de nos jours, il y a encore une grande juxtaposition d’habitats variés et d’immeubles de bureaux, des maisons-ateliers dont les couloirs sont décorés (ci-dessous). Plusieurs architectes connus y ont œuvré tels Philippe Starck ou Jean Nouvel.

Mosaïque dans le couloir d'une
maison-atelier. © Liliane.
Souvenirs, souvenirs…

Françoise dont les parents possédaient une épicerie-buvette rue Jean-Pierre Timbaud (boulevard des Iles aujourd’hui) raconte son enfance dont elle garde de très beaux souvenirs (que vous avez pu découvrir  http://www.historim.fr/2012/06/ile-saint-germain-souvenirs-de.html). Il y avait plusieurs magasins d’un côté de la rue face au camp militaire dont l’accès était interdit. Les fêtes étaient nombreuses avec fanfares et parades. Lors des crues de la Seine, elle allait voir au bout de l’île face à l’île Seguin alors que, d’ordinaire, cet endroit n’était guère fréquenté.

Josette a reconstitué sur un plan l’emplacement des commerces, ferrailleurs inclus, et a présenté des photographies des années 1930 qui font partie des collections du Musée Français de la Carte à Jouer. En outre, elle a recueilli les témoignages d’anciens habitants.


Le circuit de la visite

La promenade commence avenue du Bas-Meudon. Celle-ci est en pleine transformation mais il reste encore les devantures d’anciennes boutiques comme la boucherie, le cours des halles et la blanchisserie. Le bar "chez Belkacem", lui, est toujours en activité. De plus, trois belles villas de la fin du XIXe siècle survivent ; elles se cachent au fond des allées perpendiculaires, comme la Villa Louis, cette villa bourgeoise située dans un parc de logements HLM (ci-dessous).


Villa Louis, 62 avenue du Bas-Meudon. © Michel  Julien
Au bout de l’avenue, se trouve l’accès discret vers les Jardins familiaux, proches de la Villa de la famille Trouvé, que les Historimiens ont eu la chance de visiter  (http://www.historim.fr/search?q=Jardins+familiaux) en petits comités.

Maison à la façade bleue, rue Pierre Poli. © Liliane
Le retour se fait par la rue Pierre Poli (du nom d’un résistant). Là encore, la diversité architecturale est grande avec de petites maisons agrandies au fur et à mesure des besoins des familles, des entrepôts, surmontés d'habitations, (ci-dessus), des maisons savamment restaurées, ou ultra-contemporaines, dont les cours cachées recèlent des trésors.

Du Street art au fond d'une cour.
© M. Julien
     

     Comme cette fresque Street art (ci-contre), 
     située au fond de la cour d'une maison près du 
     petit bras de la Seine. 










        Encore un grand merci à nos guides 
       émérites de la part  du groupe. 
         P. Maestracci








14 juin 2018

Journées nationales de l'archéologie - Hommage aux Poilus

Comme nous vous l'avons annoncé, Historim propose à tous les Isséens 
deux circuits-promenades à travers la ville
à la découverte des lieux de mémoire de la Grande Guerre.


Samedi 16 juin, 15 heures
devant le cimetière, rue de l'Égalité

Pascale vous fera découvrir le carré militaire et les trois Monuments aux morts du cimetière. Puis par le passage des casemates, vous vous rendrez aux Temps des Cerises pour y admirer un certain nombre d'objets prêtés par des Isséens, certains venus tout droit des tranchées où combattirent leurs aïeuls.


Carré militaire du cimetière. © A. Bétry

Dimanche 17 juin, 15 heures
devant la stèle du poilu, place du 11 novembre 1918

Florian vous attendra, place du 11 novembre, c'est-à-dire au carrefour des rues d'Alembert, de l'abbé Grégoire et d'Auguste Gervais. Direction l'église Saint-Etienne, puis le parc Saint Jean-Paul II. Arrêt au Musée français de la carte à jouer pour y découvrir lettres, cartes et jeux de la Grande Guerre. Avant de terminer place de la République au Monument aux morts.

Place du 11 novembre. © A. Bétry

On  le rappelle, ces deux circuits-promenades sont ouverts à tous. 
On vous attend.