22 janvier 2022

La famille Legrand, 110 ans de vie à Issy-les-Moulineaux

Aujourd'hui, 22 janvier, on célèbre la Saint-Vincent, le patron des vignerons. Cette année 2022, la famille Legrand fête ses 110 ans de vie isséenne… l'occasion de découvrir l'histoire de cette famille hors du commun.

Les vignes et le restaurant Issy Guinguette aujourd'hui.

Pierre et Alexandre Legrand
L’histoire de la famille Legrand débute avec celle de deux frères jumeaux Pierre et Alexandre. Ces deux enfants, petits derniers d’une fratrie de six, sont nés en 1888 dans une famille de commerçants de Pantin en Ile-de-France. Nés prématurés, leur mère les dépose dans des boîtes à chaussures garnies de coton pour leur tenir chaud… Ils survivent mais deviennent orphelins très jeunes et « sans le sou ». Leur oncle Antoine Descours les recueille alors. Il est frère Antoine des Écoles Chrétiennes des Francs-Bourgeois à Paris dans le IVe arrondissement. 

Pierre et Sabine.
Pierre et Alexandre, à l’âge adulte, accomplissent leurs trente-six mois de service militaire obligatoire qui s’achève en 1912. Ils ont fait la connaissance de deux sœurs à Saint-Jeures près d’Yssingeaux en Haute-Loire et ils les épousent en 1912 : Pierre s’unit à Sabine (ci-contre) et Alexandre à Marie (ci-dessous). Sabine, grand-mère d’Yves Legrand, avait dû commencer à travailler dès l’âge de 6 ans en faisant des ménages pour seconder sa mère.

Alexandre et Marie.








Toujours en 1912 à Issy-les-Moulineaux, les deux couples gèrent en commun une boutique d’épicerie alors rue Ernest-Renan, ce qui correspond au n° 1 de l’actuelle rue du Général-Leclerc (ci-dessous). Un commerce de restauration rapide s’y trouve de nos jours.
Deux ans après, Pierre et Alexandre sont rappelés par l’Armée dès le début de la Grande Guerre et restent sous les drapeaux jusqu’au bout. Leurs femmes qui gèrent le commerce pendant leur absence, craignent sans cesse de recevoir « un billet bleu » annonçant un décès, ce qui n’arriva heureusement pas. 


La Grande Épicerie en 1912,  rue Ernest-Renan

En 1915, Pierre sergent au 367e RI écrit un poème Douleur et Charité sur l’abandon dans une gare d’un enfant finalement recueilli par une religieuse. Deux alexandrins évoquent une situation tragique : 
«  L’endroit est près du front et quand le vent cesse,
On entend le canon qui détruit, tue ou blesse… »
Après les combats qui s’achèvent en 1918, les deux frères font partie de l’armée d’occupation en Allemagne jusqu’en 1919. 10 % seulement des soldats, comme eux ayant connu toute la guerre, ont pu revenir... 
En 1919 donc, les deux frères tirent à la courte paille pour savoir lequel d’entre eux doit partir car l’épicerie ne peut faire vivre deux ménages. C’est ainsi que Pierre et Sabine reprennent une épicerie parisienne rue de la Banque, avec accès à la galerie Vivienne (Paris IIe). 
Les deux épiceries isséenne et parisienne sont gérées en harmonie par les jumeaux qui se remplacent l’un l’autre lors de leurs vacances respectives. Leurs clients ne s’en aperçoivent pas et pensent qu’ils ne s’absentent jamais ! 
 
Lucien Legrand 
Fils de Pierre et de Sabine, Lucien (ci-dessous) reprend l’épicerie paternelle en 1945 avec son épouse Lucie. Leur fils Yves y fait d’ailleurs ses premiers pas et joue dans les jardins du Palais-Royal. 

Lucien, dans sa cave.
Il se souvient que ses parents tenaient « table ouverte » tant pour leur personnel que pour d’autres convives dans ce quartier de la presse et des imprimeurs, tout proche de la Bibliothèque Nationale et de la Banque de France. 
Il y avait des étudiants soviétiques, des journalistes comme Jean-François Revel et des artistes tels Pierre Arditi ou Jean Poiret. Lorsque Courtine, fameux critique gastronomique, écrivait un article élogieux dans Le Monde, « la boutique était pleine pendant trois semaines. » À l’époque, une soirée parisienne réussie devait offrir aux invités « des vins Legrand, du pain Poilâne et des fromages Androuet ! »

En 1973, dans le quartier des Moulineaux, Lucien Legrand achète des galeries souterraines vendues par la Société Française des Champignons. Il les transforme en caves pour des vins fins et ouvre en 1975 une boutique au 113 bis, avenue de Verdun (ci-dessous). Lors de l’inauguration le jour du beaujolais nouveau, plus de 2 000 invités sont présents parmi lesquels Georges Brassens, Jean Carmet ou Robert Doisneau.

La boutique, le Chemin des vignes, avenue de Verdun en 1945.
Les livraisons de vin se font par voiture à chevaux.

La boutique parisienne d’épicerie et de vins fins Legrand est reprise en 1986 par Francine, sœur de Lucien ; elle existe toujours mais est passée entre d’autres mains.
 
Yves Legrand et ses enfants
Yves Legrand insiste sur le soutien bienveillant qu’il a reçu de Monsieur Roger Le Bacon, membre de la société historique CRHIM et historien de la confrérie Saint-Vincent. 
Cette confrérie est récréée en 1998 mais existe depuis au moins le XIVe siècle. Un acte notarial du 21 octobre 1534 fait mention d’une donation à la « Confrérie de Messire Saint Vincent. »
Une superbe enluminure à la feuille d’or représentant saint Vincent fut réalisée par Maître Jean-Luc Leguay. Il faut rappeler d’ailleurs que la plus ancienne église de la commune est consacrée à deux martyrs saint Étienne et saint Vincent, patrons des vignerons. Les monogrammes SE et SV sont sculptés sur les vantaux de la porte centrale offerte à la paroisse par Louis XIV et sa mère Anne d’Autriche.

Vendanges annuelles. © PCB
Les vignes furent plantées sur le coteau en contrebas de la ligne du RER en 1989 et sont dorénavant exploitées en bio et permaculture. Il y a des études du sol et du sous-sol ainsi qu’une « bibliothèque des premiers vins. Il est possible de déguster [avec modération] de quinze à vingt millésimes. Tout est réel, authentique. »
Depuis 1993, une classe isséenne d’un CM2 participe aux vendanges en automne. Il arrive que les écoliers actuels soient les enfants des premiers petits vendangeurs (ci-dessus) !
Yves Legrand a été élu par décision du conseil municipal ISSÉEN D’OR pour 2019. Cette distinction lui fut attribuée lors des vœux de Monsieur le Maire.

A l'entrée des caves, hommage à Pierre Tosi.
Deux des enfants d’Yves Legrand ont repris le flambeau familial. 
Aude, viti-œnologue, gère les caves et la boutique (cdv@chemindesvignes.fr - 01 46 38 11 66). 
A l'entrée des caves, sous le porche, on peut admirer cette œuvre d’art (ci-contre) imaginée et réalisée en juin 2020 par son frère Mathieu et Sabaly Djedje. Avec des bûches et deux roues de carriole, ils rendent ainsi hommage à Pierre Tosi, cycliste professionnel, de 1972 à 1977, « grand sportif, homme généreux et humaniste. » 
Mathieu, cuisinier par vocation, s’occupe du restaurant au nom évocateur : Issy Guinguette (restaurant@chemindesvignes.fr 01 46 62 04 27). L’ensemble se situe au 113 bis, avenue de Verdun.

Un grand merci à Monsieur Yves Legrand qui avait déjà témoigné en 2013 sur le site d’Historim et qui, cette fois, a évoqué avec fierté et émotion l’histoire de sa famille, et nous a donné accès à des photos sorties des archives familiales. P. Maestracci

Issy Guinguette : ambiance et convivialité. © PCB


18 janvier 2022

Séverine — une rue d'Issy… et une femme engagée

La rue Séverine se situe dans le quartier Centre Ville/Corentin-Celton/Les Varennes. Elle relie les rues Ernest-Renan et Guynemer. Sur 350 mètres environ, elle ne croise que des rues plus petites qu’elle : les rues Parmentier et Courteline du côté impair, de l’autre la rue Vassal (réservée à l’entrée des véhicules pour l’hôpital Corentin-Celton) et l’allée de la Chapelle Saint-Sauveur. 
Cette rue a connu bien des transformations, comme on peut le voir sur ces deux photos (ci-dessous), depuis la construction des Petits-Ménages, sous le Second Empire, à la restructuration de l’hôpital Corentin-Celton, en passant par des constructions des années cinquante à nos jours.

Avant la démolition des bâtiments de briques de l'hôpital.

Vue actuelle, au même endroit.

Ainsi, sur la photo (ci-dessus) on aperçoit, à gauche, la résidence HLM Vassal (nom d’un médecin) et les deux immeubles résidentiels de la Villa Athéna, livrés en 2019. Le commerce à la façade sombre au rez-de-chaussée est celui du restaurant gastronomique japonais Koji, ouvert depuis le 18 février 2021. En face et en retrait derrière les arbres, se trouve l’église Saint-Benoît, construite en sous-sol en 1970, à l’emplacement d’un cimetière mérovingien puis d’édifices religieux depuis le XVIIe siècle dont la Maison des champs des Jésuites.
Une autre vue de la rue Séverine.

Sur cette autre photo (ci-contre), prise à l'angle des rues Séverine à gauche et Courteline à droite, on découvre un bel immeuble en pierre de taille de 8 étages. 
Au-delà, on aperçoit les immeubles HLM de l’ensemble Séverine datant des années cinquante. En face, la façade de la résidence Lasserre est recouverte de plaques de pierre gris foncé. Derrière celle-ci, on peut voir le bâtiment de l’école Voltaire, au-delà d’une vaste cour, et son jardin potager. 

Quant au Repos du soir, l'œuvre du sculpteur Coutheilles qui ornait la Résidence Lasserre, elle se trouve maintenant à l'angle de la rue Saint-Sauveur et de la rue Séverine, à l'entrée de la chapelle Saint-Sauveur. Pour en savoir plus sur cette sculpture, 


Séverine par Nadar.
Cette rue Séverine porte le nom d’une femme de plume, ce qui n’est pas encore si fréquent. 

Séverine (1855-1929), de son vrai nom Caroline Rémy Guebhard (ci-contre), a été une journaliste engagée. Sous un autre pseudonyme, Arthur Vingtras, elle écrivit pour des journaux tels que La France ou Le Matin. De 1886 à 1888, elle dirigea en outre le journal Le Cri du Peuple. Par la suite, elle rédigea des articles en 1920-1921 dans le journal L’Humanité
Parmi les livres dont elle est l’auteur, celui paru en 1894 a un titre fort éloquent : Notes d’une frondeuse. 

Texte et photos P. Maestracci

13 janvier 2022

Tarots enluminés, visite au Musée français de la carte à jouer d'Issy

Nous étions en petits comités, masques sur le visage et pass sanitaires en mains, pour découvrir cette exceptionnelle exposition, que l'on vous a déjà présentée. Mais ce jeudi matin 13 janvier, pour cette visite privée, nos Historimiens étaient accompagnés de Charlotte, conservateur du patrimoine, et Gwenael, attaché de conservation, deux piliers du Musée. 
Nous nous rendons au premier étage du Musée, où se tient l'exposition. Après nous avoir donné quelques repaires géographiques : le tarot est originaire d'Italie et, tout particulièrement, des cités-États que sont au XVe siècle Milan, Florence et Ferrare, trois salles que nous allons découvrir ; artistiques : le jeu de cartes et le tarot en particulier, est décoré par des peintres de talent ; historiques : c'est à partir de 1440 que le tarot gagne toute l'Italie, puis vers 1500 arrive en France, à Lyon puis à Marseille.… Une splendeur lorsque l'on pénètre dans la première salle avec ces "murs imprimés" de cartes (ci-dessous). 

Un mur de cartes à l'entrée de l'exposition. © PCB

Même spectacle dans les salles suivantes. Et puis, dans des vitrines, bien à l'abri, sont exposées des pièces maîtresses, de toute beauté qui viennent de grandes collections internationales et très rarement montrées au public. 

Le Chariot d'Issy © PCB


À commencer par "le Chariot d'Issy" (ci-contre), une carte peinte probablement à Milan, datant de 1441-44, et conservée au Musée français de la carte à jouer, notre musée, depuis son achat en 1992 ! 
Dans la partie supérieure, une jeune femme portant un globe et une épée est entourée de ses quatre servantes. Elles sont emportées dans un chariot tiré par deux chevaux que mènent deux jeunes gens, comme le montre la partie inférieure de cette carte tout en or. 



On peut admirer aussi les deux valets milanais, prêtés par le musée de Hanovre, datant de 1444-1450. Il y a le valet d'épée et le valet de deniers. Ce dernier porte dans la main gauche un disque orné du blason  des Visconti, une guivre, c'est-à-dire un serpent dressé dévorant un enfant. 

Historimiens en visite. © PCB

La visite se poursuit dans la salle dédiée à Florence avec ce Tarot dit d'Alexandre Sforza (ci-dessous) : 15 cartes accrochées au mur, qui proviennent de deux collections différentes qui ont été faites pour Alexandre Sforza, seigneur de Pesaro de 1445 à 1473.

Tarot dit d'Alexandre Sforza. © PCB

La visite se termine par les tarots de Ferrare. Les questions sont nombreuses auxquelles répondent nos deux guides avant que nous nous séparions. Un grand grand merci à Charlotte et Gwenael, sans oublier Denis pour cette matinée hors du temps ! PCB.

9 janvier 2022

Marie Sautet - obsèques nationales à Issy - janvier 1937

Marie Saute
Marie Sautet décorée. © XDR
t (Étienne de son nom de naissance) voit le jour à Metz en 1859. Elle est peu connue du grand public et, pourtant, elle a joué un rôle incroyable pendant la Première guerre mondiale. 
La jeune femme (ci-contre) est, ce que l’on appelle une marraine de guerre de pas moins de 40 régiments d’infanterie, de bataillons de chasseurs, de régiments belges, de zouaves, de spahis, d’escadrons de cavalerie, de fusiliers marins, d’hôpitaux et de camps de prisonniers. Avec l’aide de son mari, elle envoie des milliers de colis — plus de 250 000 — et de lettres aux poilus des tranchées, ce qui va ruiner le couple.
 Elle s’était déjà manifestée aux côtés de sa mère pendant la guerre de 1870 - elle n'avait que 11 ans !
Elle est décorée à maintes reprises : chevalier de la Légion d’honneur, Médaille de la Reconnaissance française, Ordre d’Élisabeth de Belgique, Médaille militaire, Médaille commémorative de la guerre de 1870 !

Son mari meurt en décembre 1935. Le 10 janvier 1937, Marie s’éteint… à Issy-les-Moulineaux, à l’hospice des Petits-Ménages. Dans sa chambre, on découvrit plus de 125 000 lettres envoyées par ceux qu'elle avait aidés toute sa vie.
Des obsèques nationales se déroulent dans l’église Saint-Étienne, financées par le président de la République Albert Lebrun lui-même. Dans le cortège qui circule dans les rues de la ville, de nombreux militaires sont présents pour lui rendre hommage ; puis elle est enterrée aux côtés de son époux au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Issy-les-Moulineaux, janvier 1937. © L'Express de Mulhouse.
Cette photo (ci-dessus) est publiée dans L’Express de Mulhouse, organe républicain indépendant, du 16 janvier 1937 avec cette légende : « D’émouvantes obsèques viennent d’être faites à Issy-les-Moulineaux à Madame Marie Sautet, caporal-chef honoraire, communément appelée la marraine des chasseurs ».

Un grand merci au Souvenir français de nous avoir fait connaître cette femme incroyable. PCB

4 janvier 2022

Omicron - un héritage des Grecs… tout comme la vigne !

Voici le monde entier sous l’emprise de Omicron, un variant du Covid bien plus contagieux que le Delta… On ne parle que de cela ! Mais que viennent donc faire les Grecs dans cette terrible épidémie ? 

Omicron, 3e ligne.
L'alphabet grec
Eh bien, omicron, tout comme delta d’ailleurs, est une lettre de l’alphabet grec. Omicron signifie en grec « le petit o », la seule lettre qui n’a pratiquement pas changé depuis ses origines phéniciennes puisque l’on est passé du dessin de l’iris de l’œil (donc rond), jusqu’au O latin, la 15e lettre de notre alphabet qui, rappelons-le, contient 26 lettres, et aussi la 4e voyelle… sur 6 ! 
Mais pourquoi donner des noms grecs à ces variants du Covid ? L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'en est expliquée en juin 2021. Il faut que les noms soient « faciles à prononcer et à retenir », mais il faut aussi absolument éviter des appellations « stigmatisantes et discriminatoires », faisant référence aux pays où les premiers cas de variant sont apparus.

© A. Bétry
La vigne et le vin
Si les Grecs, via les Romains, nous ont légué l’écriture et une partie de leur alphabet, ils nous ont transmis bien d’autres choses, dont la vigne, qui fait partie de l’histoire d’Issy-les-Moulineaux. 
Dans le sud de notre France actuelle, des Grecs venus de la ville de Phocée s’installent vers 600 av. J.-C. à Marseille, avec dans leurs bagages deux produits typiques : l’huile et le vin ! La culture de la vigne va gagner rapidement tout le pays, dont l’Ile de France… et Issy. Au 
VIe siècle, le roi Childebert donne aux moines de Saint-Germain-des-Prés un terroir viticole qui s'étend d'Issy à Suresnes, en bord de Seine. Au XIVe siècle, le domaine isséen compte 28 vignobles sur une superficie de plus de 50 hectares. Et, au début du XIXe siècle, les cadastres de l'époque impériale (1808-1812) montrent la place importante des vignobles sur le territoire isséen (ci-dessous).

Parcelle n° 4, destinée aux vignes. © XDR

Aujourd'hui, la famille Legrand continue cette longue tradition. Rendez-vous le 22 janvier, 18 h, pour découvrir cette famille.
Et pour en savoir plus sur l'invention des écritures, direction votre marchand de journaux pour acheter le dernier numéro d'Historia, de janvier 2022.  PCB

1 janvier 2022

Bonne et heureuse année 2022

Au gui l'an neuf !

Chez les Gaulois, les druides avaient fait du gui le symbole de l'éternité du monde et de l'immortalité de l'âmeDepuis, le 31 décembre à minuit, la coutume veut que l'on s'embrasse toujours sous une boule de gui pour apporter bonheur et prospérité. 

2022… nous célébrerons l'anniversaire de Gustave Eiffel, né en 1832, présent à Issy avec sa tour miniature et la Halle Eiffel, située à l'entrée du groupe Orange.

2022… nous organiserons une conférence sur l'aviateur Jules Védrines qui, en 1912, décollait d'Issy pour un tour de France promotionnel.

2022… nous fêterons les 400 ans de la naissance de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, qui fréquenta la maison des champs des jésuites à Issy, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Benoît.

2022… la Reine Margot sera à l'honneur avec l'ouverture prévue du Domaine de la Reine Margot, un établissement hôtelier 5 étoiles, mêlant gastronomie et bien-être, dans l'ancienne résidence de Marguerite de Valois, première épouse d'Henri IV.

2022… le Palais des Congrès PACI/Charles Aznavour fêtera ses 90 ans et mérite bien une petite visite guidée !

En attendant de nous y retrouver, nous vous souhaitons une belle et heureuse année. Tous nos vœux vous accompagnent ! PCB

30 décembre 2021

Historim fête ses onze ans

C'est avec un an de retard qu'Historim a fêté ses 10 ans… donc 10+1 = 11. C'est bien cela, nous avons fêté nos 11 ans au restaurant My Green Liban (ci-dessous), chez Rose, une Historimienne fidèle, et chef cuisinière de talent. 

L'entrée du restaurant. © PCB

Comme le nom du restaurant l'indique, nous avons pu découvrir, pour certains, redécouvrir, pour d'autres la cuisine libanaise (ci-dessous) avec ses taboulés, ses beignets, ses houmos, ses mini-brochettes à la viande ou au poulet… et ses desserts plus délicieux les uns que les autres.

Le buffet. © Rose

Nous étions trente-cinq Historimiennes et Historimiens en ce samedi 4 décembre 2021, masqués et vaccinés comme il se doit, à profiter de ce déjeuner convivial qui s'est terminé par une petite démonstration de danse sur une musique libanaise, à laquelle se sont joints un certain nombre de convives (ci-dessous).

Pour ceux qui n'ont pu venir, ce petit aperçu en photos et vidéos de nos agapes. Merci à tous et rendez-vous… dans 10 ans !!!! Non, on fera la fête bien plus tôt. 
En attendant de nous revoir, demain c'est le 31 décembre. Alors, bonnes fêtes de fin d'année. PCB

4 décembre 2021 - Historim fête ses 11 ans au Green Liban. © Béatrice Nicolas


26 décembre 2021

Antoine Paillard, aviateur de la Première Guerre mondiale

Et maintenant, place à une biographie d'Antoine Paillard, dictée par Raymond Rossignolami d'Antoine Paillard et ancien pilote de l’escadrille 132, à sa femme HuberteAntoine et Raymond, du même âge, étaient devenus amis à Segré (Maine-et-Loire). Le manuscrit d’Huberte, qui date de mai 1970 fut repris, vérifié et mis en forme en 2021 par leur fils Hubert, lui-même ancien pilote de l’Aéronavale. Le texte tapé et imprimé est destiné aux deux familles ainsi qu’à leurs amis et connaissances.

©XDR/Gallica BNF
Antoine Paillard (ci-contre), "7 palmes, 3 médailles, Médaille militaire et Légion d'honneur", s’engage en avril 1915 dans l’armée. 
D’abord mécanicien, puis élève-pilote, il obtient son brevet en 1916 sur un Blériot. Il est alors affecté à une escadrille de Voisin-Canon (la VC 111) pour effectuer des raids nocturnes. Il vole sur des avions Sopwith disposant d’une large autonomie et transportant 100 kg de bombes. Il bombarde par exemple la gare de Lumes près de Mézières (Charleville-Mézières) dans les Ardennes.

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 1917, il fait partie d’une escadrille de quatre avions qui doit aller bombarder (10 bombes par avion) les usines Krupp à Essen dans la Ruhr allemande. Alfred Krupp a créé une entreprise qui fabrique de redoutables canons en acier dès 1846. La cible est à largement plus de 350 km, ce qui suppose un vol de 750 km. Le réservoir contient 270 litres de carburant et n’autorise qu’un quart d’heure de retard sur l’objectif pour assurer le vol de retour. 
«  Je passe la vallée de la Ruhr et, enfin voici mon but là dans la partie ouest d’Essen… les usines Krupp… Je suis maintenant à 1200 mètres de hauteur, presque à la verticale, je fais fonctionner les six manettes des lance-bombes. » Au retour, il doit atterrir en catastrophe aux Pays-Bas, ce qui lui vaut un camp d’internement dont on l’aide à s’échapper. Quatrième aviateur français à avoir bombardé Essen, il reçoit la Médaille militaire et la Croix de guerre avec palme.

Antoine Paillard devant son avion. © XDR
En 1918, Antoine Paillard est affecté au GB 4 (Groupe de Bombardement), escadrille de bombardiers à Luxeuil (Haute-Saône). Il se lie avec le mitrailleur René Hincelin ; tous deux forment une équipe soudée et efficace qui s’entraîne sur les nouveaux Breguet. avant de harceler l’ennemi en mai, tant pour bombarder les troupes allemandes au sol, que pour combattre des Albatros puis des Fokker. « Les semaines se suivent cet été 1918, apportant chaque jour leur somme rude de missions et de danger, vols d’essai, bombardements, combats, mitraillages dans des circonstances atmosphériques détestables. »
Le 14 septembre, est lancée une offensive contre la gare de Conflans à l’intérieur des lignes allemandes « 192 bombes en même temps, s’abattent dans un sifflement terrifiant… chaque avion (au retour) ayant à ses trousses 4 ou 5 avions (Fokker) ennemis", raconte René Hincelin.

Le 1er octobre 1918,  Antoine Paillard a la permission de prendre son avion pour aller à Paris en atterrissant sur le Champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux. « Il faut un Paillard pour s’y poser, commente René Hincelin, et une audace incroyable pour en repartir tellement le terrain est exigu, entouré d’immeubles et d’usines que surmontent de hautes cheminées… Mais tout près, il y a la porte de Versailles et le métro, ajoute-t-il ». De retour à la base le même soir, Paillard et Hincelin font un bombardement nocturne sans autorisation. Cela leur vaut une mise aux arrêts avec ceux qui les ont aidés.

Après la guerre, Antoine Paillard devient pilote de ligne chez Farman puis pilote d’essai sur la ligne Paris-Saïgon. Le 30 mars 1931, à bord d’un Bernard 80, il bat le record du monde en circuit fermé (8 960 km en 59 h 13 minutes) avec son copilote, Jean Mermoz ! Il meurt quelques mois plus tard des suites d’une opération chirurgicale. Raymond Rossignol assiste à la cérémonie religieuse. « Moi, inconnu dans cette foule, de tout mon cœur, je pleurais un ami. » P. Maestracci

Un grand merci aux enfants de Raymond Rossignol pour partager ce texte magnifique consacré à un héros de l’aviation, venu juste une journée dans la commune isséenne lors d’une permission.