19 septembre 2021

Patrimoine - 2021


Comme tous les ans, Historim était là, fidèle. Et le soleil était au rendez-vous !

Le samedi 18 septembre 2021

- Au Centre national des Archives de l'Église de France en compagnie de Denis, Michel… et Valentin. Comme l'an passé, les albums de Cœurs Vaillants et de Fripounet étaient à l'honneur (ci-dessous).

Centre national des Archives de l'Église de France. © PCB

- Dans l'île Saint-Germain, avec Françoise Kimmich et un autre Michel, pour admirer, deux heures durant, les Arbres remarquables de cet îlot de verdure isséen, partiellement ensoleillé (ci-dessous).

 Passage de l'île Saint-Germain d'Issy. © Michel Julien

- Dans le Centre ville, avec Pascale, pour une promenade Belle Époque avec les immeubles Art nouveau… une grande nouveauté qui passionna les visiteurs, comme cette façade du n°31 rue Kléber, et son bas-relief du Renard et des raisins, fable de La Fontaine (ci-dessous). La Fontaine… que nous avons retrouvé le dimanche après-midi au Musée…

Façade de l'immeuble du 31 rue Kléber, à Issy. © PCB

Le Renard et les raisins. © M. Julien

Le dimanche 19 septembre 2021

Place à notre habituel après-midi au Musée français de la carte à jouer dans une ambiance XVII-XVIIIe siècles, chez les Conti : dans leur château d'Issy, bien sûr, mais aussi dans leurs résidences de Paris, de Neuilly, et même en province. Nous étions en compagnie de Voltaire, de Jean-Jacques Rousseau, mais aussi de Jean de La Fontaine, dont on fête cette année les quatre cents ans de la naissance !

Les sonneurs de Bonnelles. © A. Bétry

L'après-midi débuta par un concert de cors de chasse (ci-dessus) avec les sonneurs du Rallye Trompes de Bonnelles, venus tout droit de Rambouillet. A chaque morceau, son explication…

Florian et les Conti. © PCB

Puis ce fut autour de Florian Goutagneux et de sa conférence sur le thème : "les princes de Conti, esthètes et mécènes" dans la grande salle du sous-sol du Musée (ci-dessus).  

Avant de remonter sur la terrasse, d'écouter, de fredonner et même de chanter avec Pascale et Gérard, accompagné à l'accordéon par Michel
Il y eut bien sûr  le Corbeau et le Renard, la Cigale et la Fourmi, mais aussi d'autres fables moins connues comme la Tortue et les deux canards ! Plus de 80 personnes, bien installées sur la terrasse du Musée, ont applaudi notre trio. 

Gérard, Pascale et Michel à l'accordéon, devant une foule enthousiaste. © A. Bétry

Alors, rendez-vous l'an prochain pour de nouvelles Journées du patrimoine ? PCB 

15 septembre 2021

Jean Bart et le Grand Conti - 1697

François-Louis de Bourbon Conti (1664-1709), dit le Grand Conti, a l'occasion en 1697 de côtoyer Jean Bart (1650-1702), le célèbre corsaire au service du roi Louis XIV. Depuis 1674, ce dernier cumule les prises, attaquant les navires marchands ennemis de la France. Tant et si bien que Louis XIV l'a même anobli ! Mais c'est une tout autre histoire qui les fait se rencontrer.

Le Grand Conti, vers 1698. 


En 1696, Louis XIV projette de faire élire le Grand Conti roi de Pologne (ci-contre). Ce dernier n'en a guère envie mais désobéit-on au Roi Soleil ? Alors, lorsqu'il est élu roi de Pologne à la majorité de la Diète électorale polonaise le 27 juin 1697, Louis XIV annonce la grande nouvelle et presse le tout nouveau souverain de gagner la Pologne. 


Le Grand Conti embarque donc à Dunkerque sur une escadre commandée par… Jean Bart (ci-dessous). Six frégates quittent le port dans la nuit du 6 au 7 septembre 1697.


Statue de Jean Bart à Dunkerque. © XDR
Après avoir évité des bateaux ennemis, la flotte arrive le 15 septembre devant les côtes danoises, amies, et salue à coups de canon le roi Christian V. Le 26 septembre, l'escadre est en vue de Dantzig, le grand port polonais. 


C'est alors que le Grand Conti apprend que Frédéric Auguste de Saxe, son concurrent au trône de Pologne, s'est fait couronner, grâce à l'appui du tsar russe Pierre le Grand ! A quoi bon démarrer les hostilités ? Les tractations se font nombreuses jusqu'à ce que le Grand Conti prenne sa décision : il rentre en France. 
Le 8 novembre, Jean Bart met les voiles. L'escadre reprend la mer, atteint le port de Nieuport en Belgique le 12 décembre. Le Grand Conti continue par la route et arrive à Paris deux jours plus tard.

Cette équipée maritime sera la dernière de Jean Bart. Quant au Grand Conti, il achètera deux ans plus tard le château d'Issy (ci-dessous) et continuera de briller en société, comme le raconte Saint-Simon dans ses Mémoires : "Il se mettait sans cesse, et merveilleusement, à la portée et au niveau de tous, et parlait le langage de chacun avec une facilité non pareille. Tout en lui prenait un air aisé. Il avait la valeur des héros, leur maintien à la guerre, leur simplicité partout". 

Ce qu'il reste du château des Conti, à Issy. © P. Maestracci

C'est bien cette facette de la personnalité du Grand Conti - et de toute sa famille - que vous pourrez découvrir aux Journées du patrimoine, le dimanche 19 septembre, à partir de 14 h au Musée français de la carte à jouer. Attention cette année, pass-sanitaire et masques obligatoires.
Vous y entendrez le Rallye Trompes de Bonnelles sonner des airs composés par le Grand Conti lui-même, Florian Goutagneux évoquer les relations des Conti avec quelques personnages illustres de l'époque, comme le peintre Hyacinthe Rigaud, Voltaire, Rousseau ou Jean de La Fontaine (né il y a quatre cents ans), dont quelques fables seront chantées par notre trio, Pascale, Gérard et Michel, à l'accordéon. Un bel après-midi en perspective… bien loin de la haute mer et des corsaires ! PCB

PS. N'oubliez pas que le samedi 18 septembre, Historim vous attend, toujours dans le cadre des Journées du Patrimoine, pour une belle promenade dans Issy Belle Époque à 9 h et 10 h 30 ; aux Archives nationales de l'Église de France, de 9 h 30 à 17 h ; sur l'île Saint-Germain à 15 h. Inscriptions obligatoires à la Maison du Tourisme, 01 41 23 87 00.

11 septembre 2021

Domenica, la mémoire du quartier des Épinettes

Domenica est une Isséenne de longue date, née dans la maison familiale rue Madeleine (Erevan de nos jours). Quelques années après sa naissance, la famille emménage pas très loin dans une maison neuve.

Son enfance
La famille est d’origine italienne. Pietro le père, issu d’une famille d’agriculteurs, vient d'Atina, au sud de Rome non loin du mont Cassin. Après la Première Guerre mondiale, il vient travailler comme maçon. Il habite d’abord au Bas-Meudon, puis dans un logement « au Maroc » (surnom du quartier près de l’actuelle place Léon Blum) avant de faire venir sa femme Caterina et ses enfants quand sa situation le lui a permis. Domenica fréquente l’école maternelle Paul Bert à deux ans et demi avant d’aller à l’école de filles rue du Fort (emplacement du futur collège de la Paix). 

Domenica et sa maman. Coll. privée.
La maman ouvre un café-épicerie au rez-de-chaussée de la maison en 1931. Les décors peints sur les murs ont depuis été recouverts. Le quartier cosmopolite est habité par « des Italiens, des Français, des Espagnols, des Arméniens ». Ceux-ci faisaient sécher la laine étalée sur des matelas posés sur les trottoirs de la rue de la Défense. Quand il faisait chaud, « les portes étaient ouvertes ». Il y a beaucoup d’entraide et quand sa maman faisait de la polenta, elle  partageait avec les voisins. 
Au verso de cette photo de Domenica et de sa maman (ci-contre), Domenica a écrit : « J’ai été au grainetier chercher des graines », rue du Docteur Lombard. 

Elle évoque aussi l’épicerie À la Grâce de Dieu (ou À la Gloire de Dieu)- http://www.historim.fr/2013/09/michel-robert-souvenirs-de-lepicerie-la.html - , rue Renan (devenue rue du Général Leclerc après-guerre). La livraison se faisait en carriole tirée par un cheval. Quand la petite fille est libre, elle va à la piscine municipale (remplacée par la piscine Alfred Sevestre, article de juin 2015). Elle se souvient de son « maillot blanc… J’étais fière » Et puis de son vélo (ci-dessus) qu'elle reçoit en cadeau pour ses 6 ans ; elle exige qu'on enlève les petites roues. Et lors du premier essai, elle tombe et s'ouvre le menton !

Seconde Guerre mondiale

Lors de l’exode en juin 1940, « tout le monde a voulu partir. Je suis partie avec mon baluchon mais ma mère m’a rattrapée sur le trottoir… Les clés étaient restées sur la porte ». L’école du Fort, ayant fermé au début de la guerre, Domenica fréquente ensuite l’école La Fontaine, rue Henri Tariel, puis l’école Jules Ferry. C'est une petite fille modèle, qui porte  (ci-dessous) la veste tricotée, comme tous les ans à Pâques, par sa maman. À 14 ans, Domenica  commence à travailler. 


Domenica. Coll. privée

Le ravitaillement est difficile. Devant la charcuterie Tanguy (emplacement du Centre administratif municipal), il fallait faire la queue dès 4 heures du matin pour avoir quelque chose. Certains vont à Villacoublay acheter « du beurre, des œufs chez les paysans. ». Ils glanent aussi à Velizy dans les champs après la moisson. « On revenait avec quelques sacs [de grain], on faisait sécher et moudre ». Une fois dans les bois de Clamart, la mère de Domenica eut une amende pour avoir coupé du bois au lieu de le ramasser. Autre anecdote, la viande rouge achetée une fois se révéla être du chien que la maman refusa de manger. La famille allait aussi acheter de la paille pour garnir les matelas à la graineterie qui se situait au début de la rue du Général Leclerc (un restaurant l’a remplacée). 

Domenica exerça plusieurs métiers. Elle commence dans l’enceinte du Fort pendant la guerre : elle soude et répare des fils téléphoniques cassés. Le travail se fait de jour ou de nuit en alternant chaque semaine. Lors des alertes, tout le monde se ruait aux abris, dans le Fort puis dans les champignonnières proches. Domenica travaille ensuite près de la Gare et des Arcades à réparer des filets de camouflage. Quand elle était de travail la nuit, sa maman lui apportait son repas vers 18 heures.

Domenica évoque les grenouilles dans le parc Henri Barbusse ainsi que les gros escargots, les crapauds et les chouettes la nuit.

En août 1944, les chars de la 2e DB passent en fin de journée avant la Libération de Paris. Il y eut aussi, rue de la Défense, des femmes tondues pour avoir fréquenté des Allemands.


Après-guerre

Dans la commune, Domenica travaille à la Blanchisserie de Grenelle et, sept ans, aux usines Mazda en tant que contrôleuse de la qualité des ampoules. Cette usine remplaça l'usine des lampes Larnande (ci-dessous), située à l'angle des rues Rouget-de-Lisle et Camille Desmoulins. Elle est, par la suite, employée de bureau à La Mutuelle des Pétroles à Paris dans le VIIIe arrondissement.


Usine des lampes Larnande. Carte postale début XXe siècle.

Son mari, lui, travaille à l’usine d’aviation Nieuport boulevard Gallieni, côté Paris en face de l’actuelle rue Maurice Mallet. Ses souvenirs du Tir aux Pigeons (en haut de la rue d’Erevan) sont gourmands : on pouvait « manger des pigeons à l’œil » quand ils tombaient aux alentours. Les pigeons étaient  « bien nettoyés mais il restait des plombs ». Les pratiquants du tir aux Pigeons étaient à leur aise : «  Il y avait de la bagnole ! ». Dans les rues, passaient des marchands de glace ou de châtaignes, des rémouleurs, des vitriers « chantaient la sérénade ». Texte de P. Maestracci


C'est ainsi que se termine ce beau témoignage, commencé dans le quartier surnommé avant guerre "le Maroc" (ci-dessous), aujourd'hui en pleine métamorphose avec le chantier de la gare de la ligne 15 !

- Merci à M. Stéphane Formont, conseiller municipal délégué à la politique culturelle qui est à l’initiative de ce témoignage.

- Merci également à Franck, petit-cousin très dévoué de Domenica.


Viaduc et arcades dans le quartier surnommé "le Maroc". Carte postale début XXe siècle.

7 septembre 2021

Jean-Paul Belmondo à Issy

Ce 6 septembre 2021, le cinéma français est en deuil. Jean-Paul Belmondo (1933-2021), après une dernière pirouette, a tiré sa révérence. C’est  un grand comédien qui nous a quittés en laissant, dans le cinéma français, une empreinte durable. Les plus grands metteurs en scène l’ont dirigé. Ses prises de risque l’ont rendu populaire car il ne laissait personne d’autre que lui pour réaliser ses propres cascades. Avec A bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard, c’est la consécration. Ensuite, s’enchaînent de nombreux films jusqu’aux années 1980. Puis le retour au théâtre mais des problèmes de santé, en 2001, l’ont éloigné du spectacle.

Pierrot le Fou. © Michel Julien
En 1964, Belmondo est venu tourner une petite séquence du film Pierrot le fou de Jean-Luc Godard dans un bistrot du 287, quai de la Bataille-de-Stalingrad (qui n'existe plus). Dans cette scène (ci-dessus), qui est censée se passer en province, il arrive au volant d’une 404 rouge, accompagné d’Anna Karina et s’arrête devant ce petit bistrot pour téléphoner et en repart en jouant à l’auto-tamponneuse.

L'Animal, dans les jardins de la Solitude, à Issy. © M. Julien

Puis, en 1976, il revient tourner une scène de l’Animal (ci-dessus) de Claude Zidi avec Charles Gérard dans les jardins de la Solitude (Voir http://www.historim.fr/search?q=l%27Animal). Depuis, les jardins de la Solitude ont bien changé (Voir http://www.historim.fr/search?q=Solitude).


C’était un acteur bien sûr, mais aussi un grand sportif et la boxe sa passion. Le 30 mars 2001, il était venu inaugurer la nouvelle salle de boxe de l’Agora qui porte son nom, avenue Aristide-Briand (ci-contre). Il revenait aux sources car il avait débuté à Issy à l’Avia-Club. A cette occasion, le maire, M. Santini lui remettait la médaille d’or de la ville d’Issy-les-Moulineaux.

Le Conseil municipal du 14 octobre prochain lui rendra hommage. Et c'est bien mérité… Michel Julien.

4 septembre 2021

Les Caudron à l'honneur au Crotoy

Les Frères Caudron, Gaston et René, sont des aviateurs bien connus des Isséens puisque, en 1911, ils ouvrent une école de pilotage sur le champ de manœuvres d'Issy et, en 1914, ils implantent une usine d'avions toujours à Issy : 
http://www.historim.fr/2015/11/les-freres-caudron-issy.html

Ces deux pilotes, inventeurs, constructeurs sont originaires de la Somme. C'est au Crotoy qu'ils ont ouvert leur toute première école de pilotage. Et c'est donc tout naturellement que la ville du Crotoy leur consacre trois jours complets d'expositions, de conférences, de projections de films, de présentations de livres…

Alors n'hésitez pas, rendez-vous Salle Colette, rue Jules Verne, les vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 septembre 2021. Vous avez le temps d'y faire un saut  !  PCB

1 septembre 2021

Rendez-vous au Forum des Associations - 3 et 4 septembre 2021

Ça y est, c'est la rentrée pour les élèves… et pour les associations ! J'espère qu'Historim a réussi à vous divertir pendant ces deux mois d'été avec ses nez en l'air, l'historique de ses rues et ses présentations de livres.
Comme tous les ans, nous serons présents au Forum des Associations. Vous pourrez venir nous y retrouver, mais - attention - munis de votre pass-sanitaire et masqués !


Adresse : Palais des sports Robert Charpentier, 4-6 Bld des Frères Voisin.
Dates et horaires : vendredi 4 septembre, de 13 h à 20 h ; samedi 5 septembre, de 10 h à 18 h.

Vous pourrez y découvrir, en avant-première, notre programme de fin 2021 et nos projets pour l'année 2022.  Pascale, Jacqueline, Béatrice, Odile, mais aussi Florian, Alain, Patrick, Denis, Jean-Michel… et Patricia vous attendent. À très vite. PCB

30 août 2021

Réponse - un enchevêtrement de poutrelles


Alors, vous avez trouvé ? 

Il s'agit du toit du théâtre de marionnettes, installé dans le parc Henri Barbusse, depuis 1996, (ci-dessous) mais entièrement refait. L'inauguration a eu lieu en septembre 2020.
Ce théâtre propose une dizaine d'histoires traditionnelles dont Polichinelle est le personnage principal.

Le théâtre est fermé pendant l'été, mais dès les premiers jours de septembre, les petits pourront retrouver leur héros favori… 

Photos © Michel Julien

26 août 2021

Jeu - un enchevêtrement de poutrelles

Bizarre, bizarre… où se trouve donc cet étrange enchevêtrement de poutrelles, en bois et en métal, bien géométrique ? Cherchez bien, le nez en l'air… 

© Michel Julien

Réponse le 30 août, 18 h.