26 mai 2020

Les animaux d'Issy… non confinés

Pendant la période de confinement, certains animaux ont été plus visibles et audibles. Les chiens permettaient à leurs maîtres de faire le tour du quartier plusieurs fois par jour. Les oiseaux chantaient sans craindre la concurrence bruyante du trafic automobile et les poissons évoluaient tranquillement dans la Seine. Il ne faudrait pas oublier les plus petits : mouches et moucherons, guêpes, fourmis etc. Quant aux rats, ils ont toujours fui les chantiers en cours mais ne risquent pas encore de sortir des égouts en pleine journée comme ils le font parfois les nuits d’été. Si quatre cabinets vétérinaires isséens soignent nos compagnons à quatre pattes, d’autres animaux ne sont là que pour se faire admirer en restant sagement au même endroit.

Le renard… et les raisins.

Il y a en effet plusieurs sculptures éparpillées dans la ville. Vous avez des fourmis dans les jambes ? Alors c'est le moment. Voici quelques exemples, dans un ordre chronologique, que l’on a pu découvrir dans la série "Nez en l’air" sur le site, et qui seront ravis de vous revoir !


Datant du début du XXe siècle, un immeuble Belle époque, place de la République, illustre une fable de La Fontaine : Le renard et les raisins. « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats » (ci-contre).


De la même période date la fontaine de la place de la Fontaine créée par l’architecte Delaire en 1914. Celui-ci avait prévu une tête de dauphin pour l’écoulement de l’eau du ruisseau passant par Vanves. Lors de la rénovation, la tête du cétacé a été remplacée par une tête de lion, certes roi des animaux. (ci-dessous).

La fontaine avant…
… et après !


















Pendant les années Trente, un groupe sculpté Le Repos du soir présente une famille paysanne en sabots avec le fidèle chien à leurs pieds. Cet ensemble placé devant la Résidence Lasserre a déménagé en même temps et se trouve présentement à l’angle de la rue Séverine et de l’allée de la Chapelle Saint-Sauveur.

Le chien du Repos du soir.
Dans le quartier des Hauts d’Issy, une sculpture métallique d’oiseaux orne l’entrée du Collège de la Paix (ci-dessous), 66 avenue du même nom. Il s’agit évidemment de colombes, symboles de la Paix, d’autant plus appréciées après la Seconde Guerre mondiale. Le collège doit d’ailleurs être transféré dans de nouveaux locaux en construction près de l’entrée principale de l’écoquartier, rue du Fort. Il doit accueillir ensuite les écoliers des Épinettes dont les bâtiments doivent être refaits.

Les oiseaux du collège de la Paix.
Enfin, il faut aller admirer le superbe Merle moqueur (ci-dessous) de Christian Renonciat, installé sur une place de l’écoquartier du Fort depuis 2015, juste en face du centre culturel Le Temps des Cerises.

Le Merle moqueur
N.B. Dans la seconde moitié du XXe siècle, une « canisette » (ci-dessous)  fut installée pour le confort des toutous à l’intersection des rues Séverine et Courteline. N’ayant eu guère le succès escompté pour épargner les trottoirs et les souliers des passants, elle a assez rapidement disparu… mais cela méritait d'être signalé !

La "canisette" disparue.
Bonne promenade animalière ! Texte et photographies, P. Maestracci

24 mai 2020

Réponse - E.S. ou S.E. ? Des lettres bien énigmatiques

Vous avez trouvé ce que représentent ces deux lettres. 
En fait il s'agit d'un S et d'un E.


Ce monogramme assez grand est sculpté sur la porte en bois latérale de l’église Saint-Étienne (ci-dessous) qui date du XVIIe siècle. 

Porte latérale du flanc sud de l'église.


Cette porte se trouve au sud sur le cours de la Reine Margot. Le parvis (dérivé du mot Paradis) à l’ouest est situé sur un trottoir en pente, place de l’Église. Il faut gravir des marches en deux temps pour accéder au parvis puis à la porte de l’église donnant sur le narthex. Une ouverture latérale a donc été aménagée sur le flanc sud avec une rampe d’accès pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant.







Vue de l’église Saint-Etienne (ci-dessous) au début du cours de la reine Margot. La rampe d’accès pour fauteuils roulants mène à la porte percée dans la deuxième travée, entre deux contreforts.


Photos et texte P. Maestracci.

21 mai 2020

Jeu - E.S. ou S.E. ? Des lettres bien énigmatiques

Partons le "nez en l'air", à la découverte de notre commune, en ce long week-end de l'Ascension. Un peu de liberté, de fraîcheur, de curiosité ! Promis, ce monogramme se trouve dans Issy-les-Moulineaux… à moins de 100 kilomètres ! Mais où ?

© P. Maestracci

Réponse le 24 mai, 18 h.

19 mai 2020

Michel Piccoli à Issy-les-Moulineaux

Le 12 mai 2020, Michel Piccoli (1925-2020), un grand comédien qui a marqué le cinéma français, s'est éteint. Il a tourné avec les plus grands metteurs en scène qui l’ont mis, admirablement, en valeur, particulièrement Claude Sautet et Costa-Gavras.
Révélé par le Mépris (1963) de Jean-Luc Godard, il a enchaîné, par la suite, nombre de films, avec une apothéose au cours des années soixante-dix et quatre-vingt.

Pourquoi parle-t-on, dans ces colonnes, de cet immense acteur ?

Michel Piccoli dans la 404 (extrait du film Max et les ferrailleurs).
Il est venu, en 1970, tourner une petite scène du film Max et les ferrailleurs dans un bistrot de la rue Rouget-de-Lisle. Dans cette courte séquence (1 minute), juste à la fin du film, il était accompagné de Romy Schneider (ci-dessous) qui le regardait partir, dans une 404 (ci-dessus), encadré par deux personnes. Par la durée de la séquence et ses divers plans, il était impossible de situer le lieu de tournage et, encore moins, de savoir que c’était un bistrot. Ce sont les mystères du cinéma.

Romy Schneider le regarde partir (extrait du film Max et les ferrailleurs)
A cette époque (1970), les bistrots, étaient au nombre de quatre. Le plus connu, au coin des rues Jules Ferry et Rouget-de-Lisle, était le Café de l’Aviation (ci-dessous) où se retrouvaient les ouvriers qui embauchaient et débauchaient de la Blanchisserie de Grenelle toute proche.

Le Café de l'Aviation, à Issy-les-Moulineaux,
avant sa démolition. © M. Julien
Dans cette manière de faire, beaucoup de séquences « anonymes » furent tournées à Issy pour différents films. La proximité des studios de Boulogne y était pour beaucoup. Michel Julien.

18 mai 2020

Issy - Histoire de la rue Vaudétard

Reprenons la découverte des rues de notre commune avec notre Historimienne Pascale. Nous voici, cette fois, dans la rue Vaudétard, dans le quartier les Varennes. Cette rue du Centre-Ville relie le boulevard Gambetta à la courte rue Voltaire. Longue de 420 mètres, elle a subi de nombreuses transformations au cours des siècles.

Historique
En 1807, elle n’est constituée que d’un modeste tronçon entre la rue Minard (rue de la Glaisière à l’époque) et la rue du Général Leclerc (Grande-Rue) puis au XIXe siècle, par un autre tronçon, au-delà de cette Grande-Rue.
Ce n’est qu’au XXe siècle que la rue fut prolongée d’un côté en direction du boulevard Gambetta, sur le tracé de la limite de l’ancienne propriété des Vaudétard et, de l’autre, vers la rue Voltaire avec un tracé sinueux. Lors de la restructuration des locaux de l’établissement scolaire Saint-Nicolas à la fin du XXe siècle, la rue fut élargie grâce à la démolition d’une maison dont l’entrée se situait rue du Général Leclerc. 

Le nom
L’origine du nom Vaudétard rappelle celui de la plus ancienne famille isséenne connue. Les Vaudétard étaient au Moyen Âge les vassaux de l’abbaye Saint-Magloire (rue Saint-Denis à Paris) pour laquelle ils géraient plusieurs fiefs dont le sous-fief du Bois-Vert mais aussi le fief indépendant de Villepreux. En 1538, faute d’héritier mâle, la famille doit rétrocéder ses fiefs isséens à l’abbaye. Leur propriété (entre les rues Vaudétard, Général Leclerc, Victor Hugo et Guynemer) revint à la famille de La Haye (vous savez chez qui fut donnée la Pastorale d'Issy en 1659, celle qu'Historim a "ressuscitée" et que vous pouvez écouter sur le site).  Ensuite, elle appartint au général Menou puis à l’établissement scolaire La Salle-Saint Nicolas au XIXe siècle.

Établissement La Salle-Saint-Nicolas, côté rue Minard.
Aujourd'hui
La rue Vaudétard est surtout bordée d’immeubles résidentiels construits à partir des années 1970 sauf l’Hôtel Moderne plus ancien à deux étages et promis à la démolition comme le restaurant au rez-de-chaussée. Par ailleurs, on y trouve deux établissements religieux et un centre pour l’enfance

Le premier est l'Établissement La Salle-Saint-Nicolas (n°6 et n°8)
L’ensemble date de la fin du XXe siècle (ci-contre). Au-delà de la grille, la cour est encadrée, à gauche, par un préau vitré et, à droite, par l’Auditorium dont on aperçoit la forme arrondie (entrée séparée au n°6 de la rue). L’Auditorium est relié aux bâtiments scolaires à l’arrière-plan par un préau avec des colonnettes Eiffel récupérées lors de la destruction des vieux bâtiments. La grue au loin se trouve sur le chantier imposant du Cœur de Ville. 

Le deuxième édifice religieux est le Séminaire Saint-Sulpice, entre les rues du Général Leclerc et Minard, le long de la plus ancienne portion de la rue Vaudétard.

Chapelle du Séminaire Saint-Sulpice.
La chapelle (ci-dessus) fut reconstruite en 1898 sur le modèle de la chapelle royale de Versailles après les ravages dus aux combats de la Commune de Paris. Au premier plan, un mur ancien en pierre rétrécit considérablement le trottoir gauche. Il protège un jardin à l’arrière d’un immeuble d’habitation dont l’entrée donne sur la rue de Vanves. 

Centre Marie Marvingt.
Le centre de la petite enfance Marie Marvingt (n°19) est le troisième établissement de cette rue Minard.

Ce centre (à droite) est composé d’une crèche et d’une école maternelle. C’est un bâtiment en béton à la structure asymétrique avec deux entrées. Il remplace la plus ancienne école isséenne construite dès 1850 près de la première mairie de 1857 (actuel parvis Corentin Celton) ainsi qu’une crèche qui existait tout près au début du XXe siècle. Rappelons que Marie Marvingt (1875-1963), surnommée "la fiancée du danger", fut une grande sportive et, surtout, une pionnière de l’aviation avec un premier vol en 1915.

Texte et photos P. Maestracci

14 mai 2020

"La Tireuse de cartes" au Musée d'Issy

Ça y est… on peut ressortir de chez soi et, depuis mercredi 13 mai 2020, le Musée français de la carte à jouer, 16 rue Auguste Gervais, à Issy, a rouvert ses portes aux horaires habituels. Sous certaines conditions bien sûr : visite individuelle, gel désinfectant à l'entrée, parcours fléché… et port du masque recommandé.
Vous pourrez y admirer de visu - au moins jusqu'au 7 juin - les chefs-d'œuvre de l'exposition Cartomancie que l'on vous a déjà présentés en visite virtuelle (http://www.historim.fr/2020/04/la-cartomancie-visite-virtuelle-de.html).

Arrêtons-nous sur le tableau qui se trouve à l'entrée, cette étonnante Tireuse de cartes (ci-dessous). Il s'agit d'une huile sur bois d'après le peintre et graveur hollandais Lucas van Leyden - ou Lucas de Leyde -  (1494-1533). Cette œuvre a quitté les collections du Musée d'art de Nantes pour notre Musée isséen, le temps de l'exposition… mais pas que puisqu'elle y restera en dépôt pour au moins trois ans.

La Tireuse de cartes (école flamande, fin XVIe-début XVIIe siècle). 
Dans le premier Catalogue des tableaux et statues du musée de la ville de Nantes, daté de 1833, le tableau qui ne porte alors aucun titre, est d'abord attribué à Van Eyck puis à l'école flamande. En 1876, on lui donne un nom : La Demande en mariage ; en 1913, il devient La Devineresse, et enfin, après 1930, La Tireuse de cartes.
Cette interprétation (tardive) s'est probablement imposée parce que la scène ne montre pas clairement une partie de cartes et que la cartomancie - "la divinisation par les cartes" - à cette époque fait partie de l'environnement culturel. Cependant, il faut noter, qu'à l'heure actuelle, l'on ne connaît pas de représentation sur ce sujet antérieure à la deuxième moitié du XVIIIe siècle…
Alors pas une minute à perdre… Direction le Musée français de la carte à jouer http://www.museecarteajouer.com/infos-pratiques/

Un grand merci à Gwenaël Beuchet, commissaire de l'exposition, pour ces explications.
PCB

10 mai 2020

Issy : fête au château des Conti

11 mai 2020, premier jour de déconfinement… progressif. Allons célébrer cela au château des Conti (ci-dessous), chez Marie-Thérèse de Bourbon Condé, la veuve du Grand Conti, mort en 1709. Ce ne sera ni la première ni la dernière fête donnée dans cette magnifique propriété.

Le château de Conti et son domaine.
Coll. du Musée français de la carte à jouer, Issy. © A. Bétry

La duchesse de Berry. © XDR
Ce 29 juillet 1716,  Marie-Thérèse reçoit donc la duchesse de Berry (1695-1719), née Marie-Louise Elisabeth d’Orléans, fille de Philippe d’Orléans, futur régent de Louis XV. C'est un drôle de personnage (ci-contre). Elle épouse le 5 juillet 1710 Charles de France, duc de Berry, un mariage complètement raté. Le couple dépense sans compter. La duchesse qui aime se faire appeler « Mademoiselle », multiplie les grossesses et, malheureusement, les fausses-couches…puis, veuve en 1714, collectionne les amants.



Elle mène grand train au Palais du Luxembourg, n’hésitant pas à faire la fête, comme le relate Le Nouveau Mercure Galant, d’août 1716. Ce mensuel fondé (ci-contre) par Jean Donneau de Visé en 1672 devient Mercure de France en 1724 et sera publié jusqu’en… 1965 !

« Le 29 du mois passé, Mme la duchesse de Berri se rendit à 7 heures du soir à la belle maison de la princesse de Conty, à Issy [Le château acheté par feu son mari en 1699]. A son arrivée, les eaux fraîches et les glaces lui furent servies… Elle se promena dans des calèches magnifiques sur les terrasses du jardin [dont faisait partie l’actuel parc Henri Barbusse, dessiné par André Le Notre, jardinier de Louis XIV] ; de là elle alla au Pavillon d’où elle passa dans une superbe grotte où elle entendit fraîchement et commodément un concert qui fut particulièrement exécuté par nos plus savants musiciens…

« A 10 heures on servit le souper… je ne trouve point dans la liste des grands cuisiniers de l’ancien temps, d’homme qui ait excellé dans cet art comme le savant Borniche, contrôleur de la bouche de Mme la princesse de Conty : il fit servir ce soir-là à Mme la duchesse de Berri le plus splendide et le plus délicat repas qu’on puisse imaginer. [Dommage que le menu ne soit pas parvenu jusqu’à nous !]

Marie-Thérèse, veuve du Grand Conti. ©XDR
« A minuit on commença à tirer un feu d’artifice magnifique qu’on avait construit dans la plaine… Ainsi finit cette fête au grand contentement de l’auguste princesse à qui elle fut donnée et au gré de Mme la princesse de Conty (ci-contre) dont la magnificence surpassa tout ce qu’on avait jusqu’à présent vu de plus éclatant dans ce genre » [Il va falloir attendre pour le feu d'artifice !].

Ainsi se termine l'article ; malheureusement il n'est pas signé. On ne sait donc pas quel heureux "journaliste" était présent ce soir-là… PCB.


7 mai 2020

Épidémies… et puis vaccins ?

Les épidémies se sont succédé dans l'Histoire : la peste noire de 1342-1357, les pestes de 1606 et de 1720, le choléra en 1832, la grippe espagnole en 1918-19… et chaque fois le confinement ou la quarantaine, la recherche d'un vaccin… et même l'attestation obligatoire de circulation (ci-dessous).



1720… la peste, venue de Marseille - d'ailleurs on parle lors de cette épidémie de "la peste de Marseille - sévit dans toute la Provence et fera en quelques mois
100 000 morts dans la région. On met alors en place un système de confinement et d'attestation pour circuler comme le montre ce document. Il permet à un certain Alexandre Coulomb de quitter son domicile de Remoulins - où "il n'y a aucun soupçon de mal contagieux" pour se rendre à Blauzac (les deux communes se situent dans le Gard).


Et les vaccins ? 
Alors que la recherche d’un vaccin contre le Covid-19 est lancée dans le monde entier, revenons sur l'histoire des vaccins. Le mot vaccin provient du mot vaccinus qui signifie « de la vache » (vacca) » en latin. Le premier vaccin fut découvert par Édouard Jenner (1749-1826), médecin britannique (ci-dessous).

Celui-ci avait remarqué que les personnes infectées par le cow-pox (en anglais vache-maladie contagieuse) n’attrapaient jamais la redoutable et souvent mortelle variole. Il commença ses essais dès 1796 en inoculant le cow-pox à certains patients, ce qui provoquait l’apparition de pustules sur la peau. D’abord purulentes, elles séchaient ensuite avant de tomber. Jenner écrit un ouvrage de référence : Enquête sur les causes et les effets de la vaccine de la variole, publié en 1798. En France, la première vaccination est pratiquée en 1800. 
Pratiquement un siècle après Jenner, Pasteur met au point le vaccin contre la rage après avoir trouvé celui contre la maladie du charbon en 1881.

1902, Issy-les-Moulineaux
En 1902, à Issy-les-Moulineaux, la vaccination contre la variole est proposée gratuitement.
166 Isséens en bénéficient dont 113 pour la première fois.

Vaccination gratuite contre la variole en 1902

                              Hommes                                  Femmes                      Total
1ère fois                  51                                              62                             113
Renouvellement     27                                               26                               53

Le corps médical de la commune est alors composé de six médecins, autant de pharmaciens et quatre sages-femmes.
Vivement que l'on trouve un vaccin contre le Covid 19… mais les résultats sont attendus au mieux en 2021, disent les scientifiques. Alors, en attendant, pensez aux gestes barrières. P. Maestracci