26 juillet 2026

La place des Tilleuls revisitée




La place des Tilleuls, cœur historique du quartier des hauts d’Issy, connaît une métamorphose majeure, fruit d’une démarche de concertation innovante centrée sur l’usager. Aujourd’hui le lieu retrouve sa place dans le cœur des habitants.


Au cœur de cette rénovation, la place propose une expérience sensorielle innovante. Conçue comme un parcours dédié à la découverte et à l’éveil des sens, cette réalisation invite à se reconnecter au vivant. La direction de la Ville durable a choisi des arbustes mellifères comme l’oranger du Mexique ou le céanothe pallidus, pour stimuler l’odorat et la vue. Elle a aussi sélectionné des vivaces comestibles et médicinales telles que l’achillée millefeuille, le calament ou l’herbe à curry, pour éveiller le goût. La végétation couvre-sol et d’autres arbustes sont choisis pour leur parfum, leur texture ou leurs propriétés thérapeutiques.  
Un lieu où l’on cultive non seulement du lien, mais aussi l’émerveillement de la nature, pour le plaisir des petits et grands.

14 juillet 2026

Noms de rues isséennes et villes proches


Issy-les-Moulineaux dans le département des Hauts-de-Seine est limitrophe de Paris. Depuis la Révolution jusqu’aux années 60, la ville était dans le département de la Seine avant d’être intégrée au nouveau département de la Petite couronne.



                                                         
 Plaque de la rue de Vanves



De cette proximité avec la Capitale, il existe une petite rue isséenne de Vaugirard, proche de Meudon à l’opposé de la fin de la rue de Vaugirard, la plus longue de Paris et qui finit Porte de Versailles. Mais la rue Burgun a porté longtemps le nom de rue de Paris.
D’autres rues portent le nom des autres villes limitrophes dans le même département. La rue de Vanves qui part de la place de la Fontaine est prolongée à Vanves par la rue d’Issy. Ce fut l’axe majeur entre les deux villes avant le percement du boulevard Voltaire sous le Second Empire. La rue de Meudon aux Moulineaux et l’avenue du Bas-Meudon sur l’île Saint-Germain évoquent le quartier de la Ferme appartenant à Meudon du Moyen Âge à 1893.



            
 Plaques de la rue de Paris et de la rue Marcel Burgun

                                                         


D’autres noms ont disparu, comme l’île de Billancourt en fait rattachée en 1808 et intégrée depuis à l’île Saint-Germain.

L’avenue du Général de Gaulle était autrefois appelée route de Clamart.
 
Texte et photographies : P. Maestracci

7 juillet 2026

La famille de L’Espine

Passions d’outre-Alpes d’Achille-Etna à Vincenzo Bellini

de Pierre Baland, Beit-Kifa, juin 2026 

                                                                






Ce livre publié récemment cite Issy, et plus particulièrement son château et certains de ses propriétaires. 
Au chapitre VII, l’auteur y écrit ainsi qu’Achille-Etna Michallon encore enfant fait vers 1810 « la connaissance d’un (…) amateur éclairé qui le prend en sympathie, le comte Pierre-Charles de L’Espine. (…). [Celui-ci] appartient à une vieille famille d’origine piémontaise, les Spina, installée depuis des siècles en France. Directeur de la fabrication à la Monnaie de Paris, propriétaire du château des Conti à Issy au sud de Paris, c’est un homme riche. (…) [Achille-Etna Michallon] devient un invité fréquent du château d’Issy. » 

Un peu plus loin, au Chapitre XXI, le même livre rappelle que son fils, lui vicomte de L’Espine, a ensuite été nommé maire d’Issy par le roi Charles X, « la ville où il a hérité du château de son père. C’est d’ailleurs dans ses lambris, décorés d’esquisses de Michallon et autres paysagistes, qu’il réunit ses conseils municipaux. » 

Les chapitres précédents rappellent qu’Achille-Etna Michallon (1796-1822) est un artiste peintre paysagiste enfant prodige, fils d’un sculpteur lui-même connu, qui a vécu son enfance au Louvre puis, devenu adulte, trois ans et demi à la Villa Médicis à Rome. Il fut ensuite le maître de Camille Corot !
Pour rappel, le comte de L’Espine travaillait en effet à la Monnaie de Paris, quai de Conti, dont les bâtiments de 1777 sont à l’emplacement du Grand et du Petit Hôtels de Conti. Il a acheté en 1809 la propriété isséenne que les Conti avaient possédée de 1699 à 1776. Il a fait restaurer le château (au milieu de l’actuelle rue Berthelot) et aménagé le vaste parc en jardin à l’anglaise.

La propriété fut ensuite démembrée en 1857 et les ruines du château vendues au début du XXe siècle. Il n’en subsiste plus qu’une partie de l’entrée intégrée au Musée Français de la Carte à Jouer. La collection de peintures de la famille de L’Espine est quant à elle entrée dans les collections du Louvre en 1930.

L’auteur, Pierre Baland retrace dans ce livre la vie d’artistes et personnages politiques de France et d’Italie souvent célèbres qui, le plus souvent par passion, ont choisi de vivre et travailler dans les deux pays à la fin du XVIIIe siècle ou durant les premières décennies du XIXe. Il peut s’agir de peintres comme justement Michallon, de musiciens comme Bellini et Rossini, ou d’écrivains comme Stendahl, sous oublier la célèbre cantatrice la Malibran ou la reine Marie-Amélie. Des vies fort intéressantes dans tous les cas.


Pascale Maestracci

3 juillet 2026

Rue Baudin

 

La rue Baudin, ancienne rue des Pensards, longue de 300 mètres relie la place des Tilleuls à l’avenue du Général de Gaulle. La rue donne aussi l’accès à l’impasse du même nom.



Jean-Baptiste Baudin est né en 1811 dans le département de l’Ain. Sous la Seconde République, il en devient le député à l’assemblée législative. En 1851, lors du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, il est sur une barricade de la rue Sainte-Marguerite dans le faubourg Saint-Antoine. Tenant le drapeau tricolore, il est tué par les forces de l’ordre. Son cercueil entre au Panthéon en 1889 pour le centenaire de la Révolution car il est considéré comme un « représentant du peuple ».



Un ancien relais de poste avec des écuries dans la cour au numéro 50, a été remplacé par deux immeubles résidentiels.

Au numéro 52, se trouve la maison de Jacques Madaule qui fut maire de la commune de 1949 à 1953.

De chaque côté de cette rue paisible, se succèdent maisons et immeubles résidentiels.

Merci aux Isséennes Chantal et Germaine qui m’ont amicalement parlé de cette rue.


Texte et photo : P. Maestracci

 


26 juin 2026

Cherchez la sainte !


La pointe sud de l’île Saint-Germain accueille une allée Sainte-Eudoxie qu’une récente visite d’Historim nous a d’ailleurs permis de (re)découvrir. Les plaques précisent : « V Siècle, Impératrice d’Orient ». Problème : plusieurs impératrices portent ce nom et l’Eglise compte diverses saintes qui le partagent aussi. De qui parle-t-on au juste ?


Eudoxie, qui signifie « bonne réputation », est un prénom fréquent de l’antiquité. En France, la sainte Eudoxie la plus célèbre est celle d’Héliopolis, l’actuelle Baalbek. Habitante de cette ville qui dépendait alors de Rome, païenne d’une grande beauté, elle commence sa vie comme courtisane de luxe auprès d’amants fortunés. Encore jeune, elle croise Dieu sous la forme d’un ermite chrétien, religion persécutée, puis celle de l’archange Michel en songe. Sa vie bascule. Elle se convertit, donne ses biens aux pauvres et crée une petite communauté religieuse (les monastères n’existent pas encore). Son exemple inspirant est suivi par d’autres. Les autorités romaines la rappellent à l’ordre. Les avertissements restant sans effet, elle finit ses jours décapitée. Sa fête est célébrée le 1er mars, date supposée de son martyre.

 

Mais elle a vécu aux Ier et IIe siècles de notre ère et n’a pas été impératrice. Il ne peut donc s’agir d’elle. Or c’est la seule sainte catholique de ce nom. La nôtre serait donc à chercher parmi les Eglises orthodoxes ou d’Orient, ce qui complique un peu. Ces Eglises sont nombreuses. Elles « sanctifient » de façon plus informelle que le monde catholique. Il ne s’y tient pas de procès en canonisation sous l’œil vigilant du pape. Les « saints locaux » sont nombreux.

 

Les coptes honorent ainsi le 2 septembre une sainte Eudoxie native de la région de Ménouf dans le delta du Nil. Née de parents chrétiens, là aussi à une époque où ce credo était interdit, elle ne craint pas d’afficher sa foi devant les autorités. Outré, le gouverneur particulièrement sadique se surpasse en cruautés de tout genre pour la faire abjurer. En vain. Elle aussi finit décapitée. Mais de nouveau, pas de lien avec une fonction impériale …

 

Une autre sainte Eudoxie, dite la Martyre, est originaire d’Anatolie. A l’issue d’une bataille ayant mal tourné, elle est déportée en Perse. Contrainte d’y servir d’esclave à un officier, elle trouve courage dans sa foi chrétienne. Elle convertit ses maîtres puis, de fil en aiguille, leurs voisins. Ce qui irrite au plus haut point les autorités locales. Arrêtée, elle est à son tour cruellement suppliciée puis décapitée. Elle est reconnue sainte par plusieurs Eglises orthodoxes qui célèbrent sa mémoire le 4 août. Mais elle a vécu au IVe siècle et n’a pas été impératrice, ce qui ne colle pas.

 

Une quatrième Eudoxie a en revanche bien été impératrice d’Orient au Ve siècle : l’épouse de l’empereur Arkadios. Le christianisme est désormais religion d’Etat et le basileus est le chef de fait de l’Eglise byzantine. Dotée d’un fort caractère, Eudoxie n’hésite pas à s’attribuer certaines prérogatives de son époux. Elle s’implique dans les querelles théologiques du moment. Serait-ce enfin la personne recherchée ? Non, car l’Eglise garde d’elle le souvenir d’une souveraine hypocrite et même détestée qui, sous couvert de religion, menait une vie fort peu évangélique. Elle n’est pas reconnue comme sainte.
 
Celle qui coche toutes les cases semble être sa belle-fille. Née vers 400 et morte en 460, donc aux bonnes dates, cette autre Eudoxie épouse à 21 ans l’empereur Théodose II, le fils d’Arkadios. Elle aussi femme de tête, elle s’engage en religion et politique. Mais à la différence de sa belle-mère, ses autres traits ne prêtent pas à critique, ou du moins n’en ont pas le temps : une cabale et de fausses accusations lui font en effet perdre son titre d’impératrice à l’âge de 40 ans. Elle se retire alors à Jérusalem où elle partage les vingt dernières années de sa vie entre littérature (elle aurait été une grande poétesse), œuvres pieuses et participation aux débats théologiques qui secouent la jeune Eglise. Après son décès, elle est progressivement vénérée comme sainte par Jérusalem et Constantinople sans avoir connu le martyre, ce qui est rare à l’époque. Les Eglises orthodoxes fêtent sa mémoire le 13 août.


Ce serait donc notre sainte. Reste à savoir pourquoi la commune l’a choisie aux dépens de son homonyme d’Héliopolis plus connue. Peut-être parce qu’au contraire de cette dernière son existence est historiquement attestée ?

 

Signalons enfin qu’une de ses filles du même nom a aussi été impératrice au Ve siècle. Mais d’Occident, et sans avoir été reconnue sainte …


Ste Eudoxie impératrice, icône du Xe siècle 




P. Baland



 

23 juin 2026

Noms isséens hérités du Moyen Âge

Au Moyen Âge, il y avait deux endroits habités,Issy et La Ferme séparés par des terres agricoles. La présentation des noms reprend cette distinction qui a disparu en 1893 lorsque la commune prend son nom actuel.
 
Issy était un petit village à flanc de coteau dont les maisons étaient regroupées autour d’une église érigée aux VIe-VIIe siècle. Les paysans cultivaient les vignes sur le plateau alors que des prairies étaient dans la plaine inondable.
Certains noms de rues sont en rapport avec la donation du « fief d’Issy » en 558 par le roi Childebert à l’abbaye de Saint-Vincent-Sainte-Croix (future Saint-Germain-des-Prés) ; il existe un cours Saint-Vincent (patron des vignerons) ainsi que l’île et la place Saint-Germain. Le chemin du Moulin rappelle le moulin à farine qui appartenait à l’abbaye parisienne.


Rue Vaudétard. Vue sur la chapelle du Séminaire 
et le début de la rue Minard.




Un fief de l’abbaye Saint-Magloire, entre les actuelles rues Minard et Général Leclerc, fut géré jusqu’au XVIe siècle par la famille Vaudétard. Une rue de ce nom traverse cette propriété en grande partie occupée par le Séminaire actuel de Paris.
La rue Jeanne d’Arc honore la mémoire de la « Pucelle d’Orléans » qui fit couronner roi Charles VII et mourut brûlée vive en 1431 à Rouen.
 
Aux Moulineaux, le chemin de Saint-Cloud porte le nom déformé du prince Clodoald (devenu Cloud) qui fonda un monastère au XIe siècle à l’emplacement de la commune actuelle.
Sur les bords de Seine, le chanoine Jehan de Meudon au XIVe siècle, donna une ferme (et les terres aux alentours) aux Chartreux, d’où le quartier actuel de la Ferme et le nom de Chartreux donné à un quartier, une promenade, une médiathèque et un gymnase.


Rue de Vaugirard. Un seul immeuble est proche de la ligne du tram T2 et du quai de la 
Bataille de Stalingrad


La petite rue de Vaugirard entre Meudon et la commune tient son nom (comme la plus longue rue de Paris) de l’abbé Gérard ou Girard de Moret qui créa en 1432 une paroisse indépendante de celle d’Issy. Ce Val Girard est une partie de l’actuel XVe arrondissement parisien.
 
Croisement des rues Jeanne d’Arc et Guynemer (carte postale ancienne). 
L’immeuble ancien a été démoli depuis quelques années au profit d’un immeuble résidentiel plus haut.

 Texte et photos : P. Maestracci
 

 

20 juin 2026

Antoine Odier, ingénieur-pilote à Issy en 1908

Une nouvelle fois, Historim vous présente un épisode de la vie Isséenne, repris d’un livre découvert, comme il arrive souvent, par hasard dans une brocante. Là, il s’agit des premiers temps de notre fameux terrain d’aviation, décrits par un ingénieur-pilote, Antoine Odier, dans son livre « Souvenirs d’une Vieille Tige » (édité en 1955), avec une préface de son ami Gabriel Voisin.
Odier nous décrit l’ambiance sur le terrain en 1908-1909 et ne cache pas un certain mécontentement aussi bien vis-à-vis de la presse, des imbéciles rigoleurs que de l’autorité militaire. Il regrette aussi que le terrain n’ait pas été étendu après 1918, à la place des usines et des grands hangars à ballons, pour en faire un magnifique « port d’avions ». En 2026, l’aviation est toujours présente, mais cette fois c’est un « port d’hélicoptères » !
Jacques Primault

« La presse était baveuse. Dans le quotidien sportif Auto, aujourd'hui disparu, on ne citait jamais les frères Voisin, qui furent pourtant les premiers constructeurs. On écrivait dédaigneusement : « Les menuisiers de Billancourt » et leur appareil était « le biplan à queue ». Tous les pionniers étaient accablés de sarcasmes qui, souvent, tombaient de haut. L'Aéro-Club de France n'était composé que de ballonniers qui méprisaient l'Aviation. Quand l'un de nous avait décollé 500 mètres, ils disaient tous : « Ce n'est pas du vol, c'est un saut. »
Les tout premiers essais ont été faits à Issy-les-Moulineaux, berceau de l'aviation mondiale, sous les quolibets. Et je ne puis oublier les têtes à gifles des imbéciles rigoleurs qui se moquaient de nous : « Il croit qu'il va faire le moineau avec son truc »... « On va regarder si les plumes commencent à lui pousser au derrière… ». Evidemment, on pouvait dédaigner les sarcasmes des badauds, mais pour persévérer au milieu de l'immense bêtise générale, il fallait une foi robuste.
Comme le champ d'Issy n'est pas grand et que le virage posait des problèmes, il a fallu attendre jusqu'au 13 janvier 1908 pour qu'Henry Farman, sur un Voisin, réussisse à boucler un kilomètre sans toucher le sol.

Du gouvernement, on n'a jamais eu l'ombre d'une aide. De l'Autorité militaire non plus. Pour pouvoir utiliser le terrain d'Issy-les-Moulineaux, il avait fallu de longs palabres avec l’Armée, qui avait finı par nous tolérer de 4 heures à 6 heures du matin, à condition qu'il y ait, à nos frais, un service d'ordre. Or le terrain servait seulement de loin en loin à une escouade, qui venait faire du « Portez Arme » pendant une petite heure dans la journée.

Au début de 1909, nous étions cinq ou six : Blériot, Voisin, Nieuport, Santos-Dumont, Védovelli et moi-même. Quand l'un de nous escomptait le beau temps et pensait pouvoir faire un essai, il téléphonait au commissaire de police et demandait le service d'ordre pour le lendemain matin. A 4 heures, deux agents venaient encaisser 18 fr 50 et leur rôle s'arrêtait là. Car il y avait une servitude et n'importe qui pouvait traverser le champ. Vous souriez. Mais on n'était pas riches. 
Et 18 fr 50, c'était la valeur de trois journées d’ouvrier. Quand nous étions plusieurs à sortir, nous nous partagions la dépense. J’ai conservé les reçus.
Le capitaine Ferber était un apôtre de l'aviation. Il avait construit un premier aéroplane essayé sans succès le 27 mai 1905, puis un second qu'il décolla le 14 juillet 1908, à Issy. Il avait un biplan Voisin garé en bordure Est du mur du champ et il devait exécuter une manœuvre, longue et difficile, pour passer son appareil par-dessus la murette clôturant le champ. Car jamais l'Autorité militaire n'a permis à Ferber, pourtant officier d'active, de faire une brèche dans la murette, qui était cependant tout à fait inutile, puisque le champ était ouvert à tout le monde.
Issy-les-Moulineaux fut réellement le nid qui vit éclore l'aviation mondiale. En 1914, de grandes usines, Caudron, Nieuport, Farman, l'entourèrent et deux grands hangars de dirigeables y avaient été érigés. Les usines n'avaient guère empiété sur le champ et lorsqu'elles disparurent, après la Victoire de 1918, on aurait aisément pu racheter leur emplacement et l'agrandir considérablement jusqu'à la Seine. C'aurait été le plus magnifique port d'avions et d'hydravions du monde, mieux encore que Tempelhof, qui est au centre de Berlin. On a stupidement gâché cette occasion, en construisant le service technique et le ministère de l'Air qui réduisent le terrain et le rendent inutilisable. Et les étrangers qui arrivent au Bourget ou à Orly découvrent, avant Paris, une banlieue pouilleuse de bidonvilles, tout en perdant beaucoup de temps.»

17 juin 2026

L' ancien parc des Conti

Visite du 13 juin 2026

La promenade commence à côté du Musée Français de la Carte à Jouer, plus précisément près de sa Galerie d’histoire de la ville. Celle-ci est le vestige de l’entrée monumentale d’une vaste propriété voulue par Denis Talon en 1681 et achetée en 1699 par le Grand Conti, prince du sang. Il garde le parc « à la française » mais exige de l’architecte quelques modifications pour le château de taille relativement modeste.
La propriété, ravagée pendant la Révolution française est ensuite restaurée au début du XIXe siècle mais le parc devient un parc « à l’anglaise.



En 1857, la plus grande partie du parc est vendue et lotie pour des habitations. Quelques rues sont alors percées comme la rue Chénier.
Quant au château, il est dévasté lors de la Commune en 1871 et démoli par la suite sauf un des deux bâtiments de l’entrée. Il reste aussi la fontaine aux dauphins dans une propriété privée à l’emplacement des anciens communs du château. La rue Berthelot est percée après la démolition du château au début du XXe siècle.
Le Musée Français de la Carte à Jouer inauguré est composé de deux bâtiments : une moitié de l’ancienne entrée de la propriété des Conti et un bâtiment de 1997. 



Quatre hectares sur la hauteur sont transformés en 1936 en parc Henri Barbusse qui existe toujours. Le terrain est acheté par la mairie pour en faire un parc selon la volonté de Victor Cresson ; il est inauguré en 1936.  Plusieurs sculptures inspirées de l’Antiquité y sont dispersées. Le Bassin des Conti est préservé et transformé depuis peu en zone protégée pour des oiseaux. Une sculpture de 1995 surplombe ce bassin.
Des sculptures inspirées de l’Antiquité et restaurées depuis peu sont dispersées le long des allées.
 
Un grand merci à l’historimienne Françoise qui nous a permis d’admirer de plus près la fontaine aux dauphins.
P. Maestracci
photos M. Julien