29 juin 2021

L'Hélicop-Jet est né à Issy

Issy-les-Moulineaux et son terrain d'aviation sont bien connus pour être l’un des berceaux de l’aviation, lieu d’implantation de nombreux constructeurs et lieu de nombreux essais, accidents, records et autres envols d’avions et d’hélicoptères. Voici cette fois une nouvelle histoire, peu connue, celle de l’ingénieur Charles Déchaux qui construisit un hélicoptère sur le terrain d’Issy.
Mais qui est ce constructeur, Charles Déchaux ? Nous savons peu de choses sinon que c’est un ingénieur de chez Panhard qui regorge d’idées, dans le domaine de l’automobile bien sûr (il modifie notamment en 1947 des châssis de la marque américaine Cord et y adapte des moteurs de Citroën Traction 15) mais aussi en matière d’hélicoptère. Il est tellement passionné qu’il se lance dans l’aventure de la construction.
Son atelier est installé sur l’héliport. Son projet apparaît pour la première fois sous forme de maquette grandeur nature (ci-dessous) au Salon aéronautique du Bourget en 1969. 

L'hélicoptère de Charles Déchaux au Salon du Bourget. © XDR

La cabine de quatre places est originale car elle est constituée de deux pavillons (toit et vitres) de voitures Panhard PL-24C, l'un pour le plancher et l'autre pour le toit. Le turbogénérateur Palouste IV et les quatre pales proviennent d’un SO-1221 Djinn (ci-dessous).

Gros plans sur l'Hélicop-jet. © XDR

L’ingénieur innove car la transmission moteur-rotor, contrairement à la formule habituelle des pignons, se fait par air froid à haute pression. En outre, l’extrémité des pales est munie de tuyères, ce qui rend inutile le rotor de queue. Deux dérives suffisent, comme pour un avion. Il est prévu de voler à 200 km/h avec une autonomie de 450 km. La construction va durer sept ans. 

Prototype n° 1 F-WZAI. Coll. Potelle
Ce premier prototype (ci-contre), immatriculé "F-WZAI", effectue son premier vol d'une trentaine de minutes en décembre 1976 sur l'héliport d'Issy-les-Moulineaux, piloté par M. Heurtau, directeur technique d'Héli-Union. L'appareil s'avère rapidement sous-motorisé, ne pouvant décoller qu'avec son seul pilote à bord (1). Plusieurs vols sont effectués par la suite devant des clients potentiels.
Ce qui reste du prototype n° 1 se trouve chez Joël Brunel, grand collectionneur de Panhard (société Panhardis à Montreuil).

Un deuxième prototype, "F-WZJO(ci-dessous), effectue son premier vol le 12 décembre 1984, toujours à Issy-les-Moulineaux. Il est cette fois équipé d'une turbine Turbomeca Astazou IIIA de 600 ch. Les essais se poursuivent à La Ferté-Alais. Ce second prototype donne satisfaction, même s’il est encore sous-motorisé. Après les essais, il est stocké sur place en 1985, Charles Déchaux finissant par baisser les bras faute de moyens. 
Prototype n° 2 F-WZJO. © CELAG
La même année, la société Hélicop-Jet Project Management voit le jour à 
Montréal avec pour objectif la production d'un hélicoptère dérivé de l'Hélicop-Jet, qui finalement n’a jamais vu le jour.
En 2001, le prototype n° 2 est remis au CELAG (Centre d’Etudes et de Loisirs Aérospatiale de Grenoble) puis exposé dans les collections du musée de l'aviation de Lyon-Corbas.
Jacques Primault

Pour en savoir plus :

26 juin 2021

Un dispensaire d'hygiène sociale à Issy en 1936

Alors que certaines règles sanitaires s'assouplissent ces jours-ci, rappelons qu'en période de pandémie, l’hygiène prend une grande importance. Surtout, ne l'oubliez pas ! Retour sur une histoire, souvent méconnue mais passionnante.

L'hygiène au fil du temps
Le mot hygiène dérive du nom d'Hygie, la déesse grecque de la santé et de la propreté. Elle est souvent représentée tenant une coupe médicinale dans laquelle boit un serpent (ci-dessous)…  que l'on retrouve dans le caducée pharmaceutique, emblème de la pharmacie française depuis 1942.

La déesse Hygie. ©XDR
L’hygiène est la partie de la médecine étudiant les moyens et la pratique qui visent à préserver ou favoriser la santé. Elle peut être alimentaire, corporelle, mentale, de vie, individuelle ou collective. Dans l’Antiquité, l’hygiène se concrétise par la fréquentation des bains publics. Au Moyen Âge, elle concerne surtout les repas avec le lavage des mains ; les bains publics et les étuves sont en plein essor. La Renaissance est la période de la toilette sèche (par crainte de l’eau qui contient des bactéries !), avec application de poudres, de fards et de parfums. Au XVIIIe siècle, on se penche surtout sur les questions de l’hygiène individuelle et collective, précurseur de la « Santé publique ». 

Pasteur. © Nadar

Au XIXe siècle, Louis Pasteur (ci-contredéveloppe « l’hygiénisme » qui est le principe selon lequel les pratiques politiques, sociales, urbanistiques doivent suivre les règles de prévention et de préservation de la santé publique.
 
C’est ainsi que la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle est créée le 27 juin 1877. Reconnue d’utilité publique en 1900, elle prendra diverses appellations pour devenir en 1992 la « Société française de Santé publique ».

Issy-les-Moulineaux se met à la page 
En effet, un bulletin mensuel (ci-dessous) daté de février 1937 de l’Union des Femmes de France (UFF) nous apprend l’existence d’un « dispensaire d’hygiène sociale » à Issy. L’Union des femmes de France, créée en 1881, est l’une des trois sociétés qui formaient la Croix Rouge française avant 1940. Elle avait pour objet la préparation et l’organisation des secours et fut très efficace pendant la guerre de 1914-18.

© BNF/Gallica
Voici ce que l'on peut y lire :
"Pendant l'année 1936, l'activité de ce dispensaire a été très grande, donnant ainsi la preuve de son utilité dans ce centre industriel important de la région parisienne. Le Siège social dont dépend directement cet établissement est heureux de constater les résultats obtenus ainsi que le parfait équilibre du budget, sous la direction de Mme Lévesque."
Suit toute une série de chiffres correspondant à l'activité du dispensaire pendant l'année 1936-1937 : 6 426 consultations par exemple ; 3 281 piqûres, 126 vaccinations… mais aussi 50 distributions de layette et 251 de lainages neufs !

Aujourd'hui, il existe un Centre médical et social, à Issy-les-Moulineaux ; il s'agit de l'Espace Santé Simone Veil, avenue Victor Cresson. 
Denis Hussenot


21 juin 2021

Le 12e de ligne… de Sedan à Issy

Le samedi 19 juin 2021, le Musée français de la carte jouer reçoit le 12e de ligne de l'Association ardennaise napoléonienne (AAN), un groupe de bénévoles créé en 1999 venu tout spécialement de Sedan.

1870-2021. L'armée française de Sedan à…  Issy. © A. Bétry

4 soldats d'infanterie de marine et leur officier, 2 soldats d'infanterie de ligne, tous en uniforme - faits maison (bravo les couturiers !) -, attendent les visiteurs, sur la terrasse. 

Explications… © PCB
Un bivouac du Second Empire est reconstitué, avec la guérite (ci-dessous), le bureau pour remplir les laissez-passer datés de 1871 - quel beau souvenir pour les enfants… 

La guérite. © PCB

On se presse autour des hommes en uniforme, leur posant toutes sortes de questions concernant le quotidien du soldat pendant cette guerre franco-prussienne de 1870/71.


Puis place aux exercices militaires avec explication du maniement de la baïonnette et tirs, à blanc bien entendu, des chassepots, ces fusils de guerre, munis d'un sabre baïonnette, utilisés par l'armée française de 1866 à 1874 !!! Quel fracas… (ci-dessous). De quoi inquiéter tout le voisinage.

Tirs aux chassepots. © PCB

Nos reconstituteurs ont été salués par Denis Butaye, directeur du Musée, et Fabienne Liadzé, maire adjointe à la Culture.
Ils sont tous repartis juste avant l'orage. Un grand merci à Fabrice Seconda, leur président. PCB

PS
N'oubliez pas : l"exposition du Musée "l'Année Terrible 1870-71 ; regards croisés" se tient jusqu'au 14 août : le second Podcast consacré à la Bataille d'Issy, enregistré au Fort avec nos Historimiennes Pascale et Patricia, Guillaume l'animateur et Jean-Philippe le preneur de son, est à écouter sur : https://www.youtube.com/watch?v=VC1lxWexORA

19 juin 2021

L'École de Guerre à Issy

Le 15 juin 2021, une cinquantaine de militaires, de diverses nationalités, hommes et femmes, en dernière d'année de l'École de Guerre (ci-dessous) s'arrêtaient à Issy dans le cadre de leur "battlefield tour" organisé pour clore cette année d'étude.

Insigne de l'École de Guerre. © A. Bétry

L'association Historim fut sollicitée pour planifier cette matinée sur le thème de la guerre franco-prussienne de 1870/71. Au programme : la visite privée de  "l'Année Terrible 1870-71, Regards croisés" au Musée, par Florian Goutagneux, le commissaire de l'exposition ; la découverte du Mur mémoriel du Temps des Cerises, avec Frédéric ; mais aussi un mini-parcours dans le Fort avec notre Historimienne Pascale.

L'École de Guerre, fondée en 1873 après la terrible défaire de 1870, a pour vocation de préparer les officiers supérieurs à assumer des responsabilités d'état-major. Issus de l'armée de Terre, de la Marine nationale, de l'armée de l'Air et de l'Espace, ainsi que de la Gendarmerie nationale, ils ont déjà une quinzaine d'années d'expérience derrière eux. Nous avions à Issy les futurs généraux de l'armée française ! Quel honneur !  PCB


15 juin 2021

L'Année Terrible 1870-71…  au Musée de la carte à jouer d'Issy

Florian devant Chateaudun dévasté.
© PCB


Une vingtaine d'Historimiens ont découvert ce vendredi 11 juin 2021 l'extraordinaire exposition - l'Année Terrible 1870-71 ; regards croisés - organisée par le Musée français de la carte à jouer, à Issy-les-Moulineaux, lieu stratégique dont le Fort a joué un grand rôle dans la guerre franco-prussienne et dans la Commune de Paris. 
On peut y découvrir peintures, dessins, sculptures, images de toutes sortes, classés dans cinq espaces : la Guerre contre la Prusse, le Siège, les Combats autour de Paris, les Opérations militaires pendant la Commune, la Chute de la Commune.


Notre ami Florian Goutagneux (ci-contre), commissaire de l'exposition, nous attendait, aussi passionnant que d'habitude, à l'entrée du Musée où est installé ce tableau de Félix Phillippoteaux (1815-1884) Châteaudun dévasté. L'artiste a d'ailleurs réalisé d'autres tableaux, en collaboration avec son fils Paul (1846-1923), représentant la ville de Châteaudun pendant les combats du 18 octobre 1870, face aux Prussiens.

Parmi les œuvres exposées, quelques-unes représentent Issy en ruines : une rue du village [on ne parle pas encore de ville] et l'intérieur de l'église Saint-Étienne (ci-dessous)…

© PCB

… mais aussi un poste avancé de fédérés, avec barricade et canon, dans une rue d'Issy, en 1871 (ci-dessous). 

Une rue d'Issy, en 1871.© PCB

L'Alsacienne et le Soldat. © PCB
Parmi les sculptures, l'une est particulièrement chargée d'émotion ; il s'agit de l'Alsacienne et le Soldat (ci-contre) une œuvre du sculpteur, mais aussi peintre, Antonin Mercié (1845-1916), connu pour sa Gloria Victis qui trône au Petit Palais. Cette jeune femme tient le chassepot d'un soldat français mourant, victime de la guerre franco-prussienne de 1870. Florian nous en montre tous les détails.

Louise Michel. © PCB

Et puis, voici un buste en plâtre de Louise Michel (à gauche), œuvre du sculpteur Émile Derré (1867-1938). Vous pouvez découvrir cette institutrice militante, soldat, ambulancière avec vos enfants au Temps des Cerises, la médiathèque du Fort d'Issy jusqu'au 30 juin - là encore une exposition à ne pas manquer !

Bien d'autres œuvres vous attendent, dont certaines sont pleines d'humour comme ce dessin de presse (ci-dessous), signé Ernest Peulot (1852-1940)  à la légende ridiculisant quelque peu les Prussiens : "Ils sont passés sous mes pieds"…

© PCB

Terminons ce périple dans cette Année Terrible 1870-71 (un titre que l'on doit à Victor Hugo), par un magnifique tableau de Raoul Arus (1848-1921) : le Combat d'Épinay (ci-dessous), cette ville d'Ile-de-France anéantie par l'armée prussienne le 30 novembre 1870. Tout est décrit : la détresse des soldats, la peur des chevaux, les fumées qui se dégagent des habitations touchées par les boulets et, au loin, un trait de lumière ! 

Le Combat d'Épinay. © PCB

Cette exposition porte le titre de "Regards croisés"… est-ce votre vision qui croise celle de l'artiste ou celle de l'artiste qui croise le regard des soldats ? Toujours est-il qu'elle mérite d'être vue et… revue. Vous avez le temps : le Musée français de la carte à jouer, 16 rue Auguste Gervais, à Issy-les-Moulineaux, vous attend jusqu'au 14 août. PCB

Un grand merci à Florian, notre guide privilégié, et à la direction du Musée.

12 juin 2021

RMT - les 80 ans du serment de Koufra

© Alain Bétry

Tous les ans, le 8 mai, date de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Issy-les-Moulineaux célèbre le Régiment de Marche du Tchad (le RMT), cette unité prestigieuse dont notre ville est la marraine.

Strasbourg 1944 ; l'insigne du RMT
© Alain Bétry

Cette année, à l’occasion des 80 ans du serment de Koufra, prononcé le 2 mars 1941 par le colonel Leclerc, le Régiment de Marche du Tchad ouvrira le défilé de l’Armée de Terre du 14 juillet. Le futur maréchal de France avait juré à ses hommes de ne déposer les armes que lorsque les couleurs de notre drapeau flotteraient sur la cathédrale de Strasbourg (ci-contre).

Au préalable, et pour célébrer cet anniversaire, les 1200 marsouins du RMT se retrouveront le 13 juin en Normandie, à Utah Beach pour un relais pédestre mémoriel de 1500 kilomètres qui les mèneront le 20 juin à Meyenheim, en Alsace, leur ville de garnison.

Au cours de ce périple, les militaires devaient faire un arrêt à Issy-les-Moulineaux mais, vues les conditions sanitaires imposées par la Covid, la cérémonie prévue initialement le mardi 15 juin à 11 h a été annulée. Alain Bétry

Pour en savoir plus sur le RMT et Issy :

8 juin 2021

Louise Michel à Issy, 1871-2021

Louise Michel. © XDR
Institutrice, soldat, militante, ambulancière, Louise Michel (1830-1905) est un personnage incontournable de la Commune de Paris. Elle est présente à Issy lors de la bataille du 3 avril 1871. Elle le raconte dans ses Souvenirs publiés en 1898.

Déportée en Nouvelle-Calédonie, elle s'intéresse à la langue kanak, et reprend son métier d'institutrice à Nouméa. Elle revient en France, en 1880, et continue de militer en faveur du prolétariat et s'engage dans le mouvement anarchiste. 
N'a-t-elle pas écrit : " La révolution sera la floraison de l'humanité, comme l'amour est la floraison du cœur" !, une citation que l'on peut lire sur un muret de la cité Bauer, à Paris, dans le 14e arrondissement (ci-dessous).


Cité Bauer. © M. Julien

C'est une poétesse aussi, comme le montre Hirondelle, publié dans les Annales politiques et littéraires du 1er février 1885, un poème dont voici la dernière strophe :

"Hirondelle aux yeux noirs, hirondelle, je t'aime !
Je ne sais quel écho par toi m'est apporté
Des rivages lointains ; pour vivre, loi suprême !
Il me faut comme à toi l'air et la liberté".

Le Temps des Cerises, la médiathèque du Fort, organise une exposition intitulée "Louise Michel racontée aux enfants" (à partir de 8 ans), ouverte du 5 au 30 juin 2021. Ils y découvriront une femme vraiment exceptionnelle à laquelle la maison d'édition Quelle Histoire a consacré un petit ouvrage (ci-dessous). N'hésitez pas… venez avec vos enfants découvrir cette femme pleine de surprises !


 Pour en savoir plus sur Louise Michel :

 Merci à notre Historimien Michel pour ses informations passionnantes.        PCB

4 juin 2021

Il y a 60 ans, la catastrophe de Clamart et… d'Issy

Après Fréjus en 1959, Agadir en 1960, Issy et Clamart vécurent leurs heures sombres ce 1er juin 1961 , une catastrophe que nous avons déjà évoquée : 
http://www.historim.fr/2011/05/1er-juin-1961-catastrophe-de-clamart-et.html

Retour sur les événements

De l’autre côté du Tir au pigeon, sous le stade se produisit un fontis qui provoqua un affaissement brutal et soudain de celui-ci comme une explosion souterraine. Un pilier de soutènement miné par les intempéries venait de lâcher. Il était 10 h 45. La secousse fut ressentie aux alentours. 20 minutes plus tard, une deuxième explosion suivie d’une troisième ouvrirent des lézardes où des pavillons furent ou engloutis ou éventrés. 
Ce fut les dernières explosions les plus meurtrières. Celles-ci étaient dues au gaz qui s’était répandu dans les carrières après la rupture de leurs canalisations suite au premier séisme.


Des photos témoignages

Sur Clamart, les rues du Général-de-Négrier, Georges-Leblanc et  Antoine-Courbarien (partie haute) furent les plus touchées. La fabrique de carrelage « Bacle et Moulin » avait cessé d’exister. Ce fut dans ce quadrilatère que l’on releva les 21 victimes.
Sur Issy, la partie sud de la rue Honoré-Fragonard avait été touchée. Par précaution, on avait fait évacuer des immeubles du boulevard Rodin.

Rue Antoine-Courbarien, juin 1961, © Paris-Match

Par la suite, toutes les maisons furent rasées et les rues remises en état. Jusqu’en 1974, le quartier n’était qu’un désert. N’émergeait qu’une partie de l’enceinte de ce qui fut les carrelages Bacle et Moulin, puis tout le lieu du drame disparut dans la construction de la ZAC Rodin. Il ne reste, maintenant, pour se rappeler, que l’amorce de la rue du Général-de-Négrier, avec sa plaque (ci-dessous à droite).

Rue Antoine-Courbarien, juin 2021. © M. Julien

Issy n’eut pas à déplorer de victimes mais des habitations furent rasées et les stades (foot et tennis) impraticables (photo ci-dessous). Toute la zone fut interdite, avant d'être reconstruite. Michel Julien

Juillet 1961, l'emplacement du stade. © J. Cauchois
coll. personnelle

1 juin 2021

Ingenuity, Mars… et Farman à Issy !


Henri Farman, à Issy. Premier kilomètre en
circuit fermé.© Musée français de la carte à jouer.

Ingenuity, le petit hélicoptère envoyé par la NASA sur la planète Mars, effectue son premier vol le 19 avril 2021, alors que la Terre est confinée… salué comme il se doit par la presse internationale et par les ingénieurs:  " Un vol absolument magnifique !", "C'est une grande date… c'est un rêve."
La NASA compare cet exploit au premier vol en avion motorisé des Américains les frères Wright, Orville et Wilbur, effectué le 17 décembre 1903, en Caroline du Nord. D'ailleurs, un petit morceau de tissu de leur avion, baptisé Flyer, sur lequel ils ont volé, a été embarqué sur Ingenuity !

Mais gros problème… La photo recadrée, utilisée pour saluer cet exploit (en haut) n'est absolument pas celle du vol des frères Wright ; il s'agit de l'exploit du Français Henri Farman sur le champ de manœuvres d'Issy, réalisant le premier kilomètre en circuit fermé le 13 janvier 1908, à bord de son biplan Voisin ! 

Regardez bien le cliché (ci-dessus), l'avion et, surtout, les deux messieurs qui brandissent leurs chapeaux… Aucun doute. Ah ! la bourde ! Profitez de l'occasion pour relire, ou découvrir, les articles sur Henri Farman parus sur notre site, dont celui-ci http://www.historim.fr/2016/10/georges-page-et-les-debuts-de-laviation.html !          PCB