30 janvier 2011

D'Issy au Bourget, l'aviation à l'honneur

L'entrée de Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget. © Alain Bétry


Qualifié de "berceau de l'aviation mondiale", le terrain d'Issy, propriété de l'Armée depuis l'année 1891, devient très vite le champ d'expérimentation des premiers aviateurs : les frères Voisins, les frères Caudron, Henry Farman, sans oublier Louis Blériot qui réussira en 1909 la première traversée de la Manche.
Il est donc normal aujourd'hui qu'Historim annonce le 19e Salon des Formations et Métiers d'Aéronautiques qui se tiendra le week-end du 4 au 6 février, au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget. Jeunes Isséens que cet univers aérien attire, n'hésitez pas à vous renseigner et renouer peut-être ainsi avec le passé glorieux d'Issy.

Pour en savoir plus
 http://www.museeairespace.fr/

29 janvier 2011

Adèle et Victor Hugo, les amoureux d'Issy

Adèle Foucher et Victor Hugo se sont connus tout jeunes à Paris, dans l'impasse des Feuillantines, un ancien couvent fondé en 1626 par Anne d'Autriche (actuel 5e arrondissement), où les deux familles vivaient. Victor avait sept ans, Adèle, six ans. Nous étions en 1809. Puis, ils se perdent de vue.
Dix ans plus tard, 1819, Victor vient d'être récompensé par l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse pour ses premières œuvres. Il crée avec ses frères un journal, le Conservateur littéraire, catholique et royaliste. Et surtout il retrouve Adèle et lui avoue son amour le 26 avril 1819.

La maison louée par la famille Foucher. © Alain Bétry
Cela se passe à Issy, où la famille Foucher a loué une maison, au 15 bis rue Auguste Gervais. C'est l'époque où il écrit un poème plein de tendresse et un peu coquin, Toute la vie d'un cœur. Il y a fort à parier qu'il était destiné à la jeune fille.

Victor et Adèle correspondront pendant trois ans, parfois en cachette car les deux familles se sont brouillées. Ils se marieront le 22 octobre 1822 en l'église Saint-Sulpice, à Paris. Ils auront cinq enfants. Leurs relations conjugales seront mouvementées mais Adèle demeurera toujours aux côtés de son époux. Elle mourra à Bruxelles le 27 août 1868, Victor le 22 mai 1885. P.C.B.
 
Toute la vie d'un cœur

Or, nous cueillons ensemble la pervenche.
Je soupirais, je crois qu'elle rêvait.
Ma joue à peine avait un blond duvet.
Elle avait mis son jupon du dimanche ;
Je le baissais chaque fois qu'une branche
Le relevait.

 Et nous cueillons ensemble la pervenche.
 Le paradis pourtant m'était échu.
En ce moment, un bouc au pied fourchu
Passe et me dit : Penche-toi. Je me penche.
Anges du ciel ! Je vis sa gorge blanche
Sous son fichu.

Et nous cueillons ensemble la pervenche.
 J'étais bien jeune et j'avais peur d'oser.
Elle me dit : Viens donc te reposer
Sous mon ombrelle, et me donna du manche
Un petit coup, et je pris ma revanche
Par un baiser.

Et nous cueillons ensemble la pervenche.
 Victor Hugo, 1819


27 janvier 2011

Le Renard et les raisins


Cette étonnante sculpture se trouve au n°31 rue Kléber. tElle illustre la Fable de La Fontaine que voici.

Certain renard gascon, d'autres disent normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d'une peau vermeille.
Le galand en eut fait volontiers un repas ;
Mais comme il n'y pouvait point atteindre :
"Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats."
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?


Pour retrouver  toutes les oeuvres de Jean de La Fontaine :
www.lafontaine.net

24 janvier 2011

La Ferme

C'est aujourd'hui le nom d'un quartier dans le bas d'Issy-les-Moulineaux, à la limite de Meudon. Mais pourquoi ce nom. Y avait-il une ferme à cet emplacement ? Où se trouvait-elle ? A quelle époque était-ce ? En a-t-on conservé quelques vestiges ? Un certain nombre de questions que certains d'entre vous nous ont posées et auxquelles nous allons tenter de répondre.

A l'emplacement de la ferme
En l'an 1343, un certain Jean de Meudon, frère du chanoine de Noyon, légua à l'ordre des chartreux de Paris une grande exploitation située sur le Val-de-Meudon et une ferme localisée à Issy, dans laquelle poussaient, dit-on, de très bons arbres fruitiers.
En 1556, on trouve la trace de la ferme d'Issy dans un recueil de 309 édits et conseils au roi Henri II de Valois, rédigés par Raoul Spifame (décédé en 1563), une espèce de savant ésotérique réformateur. Il demande au souverain de convertir la ferme et la métairie d'Issy en maison de fous qui serait entretenue par l'Hôtel-Dieu.
En 1790, pendant la Révolution, la propriété est confisquée aux chartreux, selon la politique anti-cléricale en vigueur, et vendue comme bien national. La ferme fait de nouveau parler d'elle sous le Consulat. En effet, Alexandre Berthier, maréchal d'Empire, achète le 21 Prairial an XI (mai 1803) le domaine à un certain Havelin. Il prend possession de ses terres : des jardins, des potagers, des vergers et des vignobles. Il va agrandir la propriété qui atteint bientôt 50 hectares.
Elle passe ensuite . dans les mains d'un certain vicomte de Lépine. Après avoir été transformée en guinguette où les Parisiens se rendaient pour prendre l'air et s'amuser, elle devient bientôt une grande distillerie de fécule de pommes de terre. Les années passent. Issy et Meudon se construisent. La ferme disparaît. On en trouvait quelques vestiges dans l'imprimerie Saint-Paul (1879-1979), qui se tenait à l'emplacement du 184 avenue de Verdun. Signalons, en passant que cette imprimerie publia jusqu'au 21 janvier 1951, date à laquelle le journal fut transféré au Vatican, la version française de l'Osservatore Romano. Depuis le quartier s'est transformé : plus aucune trace ni de la ferme, ni de l'imprimerie !

P.C.B.

Rond-point de la Ferme © Alain Bétry


20 janvier 2011

L'avionneur

Cette sculpture en bronze et inox, qui porte le nom de We have lift off (Nous avons décollé), se trouve au 12 rue Guynemer, sur le bâtiment de la compagnie d'assurance la Mondiale. Elle date de 1992 et est signée Crispin Guest. Né au Caire le 7 avril 1947 de parents britanniques, cet artiste a fait ses études en Angleterre avant de suivre les Beaux Arts de Tours, où il va ouvrir son premier atelier en 1974. Depuis, il collabore avec des architectes dans les secteurs public et privé. Cet avionneur ressemble - vaguement il faut l'avouer - aux dessins que Leonard de Vinci a faits des premiers parachutes - visibles dans l'un de ses codex.

18 janvier 2011

Issy-les-Moulineaux : 2000 ans d'histoire


de Jean Davoigneau et François Hulot, Issy Média 1994


Cet ouvrage permet de comprendre comment est née notre commune, de ses origines à nos jours, du premier territoire agricole au paysage industriel du XIXe siècle, sans omettre la découverte de la Cité urbaine contemporaine. Ces différentes phases de transformation sont illustrées et sont accompagnées de cartes. Les grandes propriétés d'antan sont évoquées à travers leurs propriétaires : les Vaudétard (proches du roi Charles V), la reine Margot (Marguerite de Valois), les princes de Conti, Nicolas Beaujon, etc.

Disponible à la boutique du musée
 http://boutique.musee-issy.fr/art,196,issy-les-moulineaux-2000-ans-d-histoire.htm

14 janvier 2011

La Corbeille de fleurs

© Pascale Maestracci


Cette ravissante corbeille de fleurs se situe au-dessus du porche de l'immeuble du 6-8 rue du général Leclerc, construit au début du XXe siècle. Superbe !




13 janvier 2011

Hommage à Pierre Colle

Notre association Historim s'est donné, entre autre vocation, de rassembler les témoignages des Anciens de la commune, évoquer leur rôle dans la vie associative, raconter des événements marquants de leur parcours professionnel, bref de sauvegarder leurs souvenirs - un patrimoine inestimable. Nous avions prévu d'interviewer Pierre Colle au tout début de cette année. Malheureusement il nous a quitté le 18 novembre dernier. Rappelons en quelques mots qui il était.

Pierre Colle fut pendant vingt-quatre ans conseiller municipal. La ville lui doit beaucoup. Notamment la jeunesse, avec la création du cinéma de quartier et de la MJC (devenu l'Espace Icare). Il s'est également investi dans ses fonctions de membre correspondant du Conseil économique et social de la ville, d'administrateur de l'association Trait d'Union. Il a participé activement  au comité de jumelages. Ce parcours montre à quel point il aimait sa ville.
Il avait assisté aux toutes premières réunions d'Historim auquel il espérait un franc succès. Ne le décevons pas.

La présidente

11 janvier 2011

1893 - naissance officielle de notre commune

"Le président de la République française,
Sur le rapport du président du Conseil, ministre de l'Intérieur,
Vu la délibération du Conseil municipal d'Issy du 7 décembre 1892
Décrète :
 - Article 1er : la commune d'Issy (canton de Vanves, arrondissement de Sceaux, département de la Seine) portera à l'avenir le nom d'Issy-les-Moulineaux.
- Article 2 : le président du Conseil, ministre de l'Intérieur, est chargé de l'exécution du présent décret.
 Fait à Paris, le 28 juillet 1893
Par le président de la République, Carnot."


Le président du Conseil, ministre de l'Intérieur,  est alors Charles Dupuy
Le président de la République est Marie-François-Sadi Carnot, né en 1837,  petit-fils de Lazare Carnot. Il est président de la République depuis 1882. Il signe cet arrêté un an avant son assassinat à Lyon. Il est enterré au Panthéon, comme son aïeul.

Pascale Maestracci

10 janvier 2011

L'église Saint-Étienne

Cet édifice, qui se situe dans les Hauts d'Issy, est l'une des plus anciennes paroisses de la ville. On la mentionne pour la première fois dans un texte du XIe siècle : un tympan sculpté roman, placé à l'extrêmité du bas-côté nord, en témoigne. Mais la légende raconte que dès le VIIe siècle s'élevait déjà une église, construite à l'emplacement d'un temple païen dédié à Isis, la déesse lunaire égyptienne. Un petit cimetière y était accolé. Ces terres ont été données par Childebert (voir Histoire-Dates), fils de Clovis, en 558 aux moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Vincent, devenue abbaye de Saint-Germain des-Prés.
La charte de donation mentionnait : "le fief d'Issy et tout ce qui en dépendait, les cours de la Seine, l'une et l'autre de ses rives, des bois, des prés, des terres, une vigne, des moulins et des droits à percevoir sur les pêcheurs, les serfs inquilins, les affranchis et les ministériaux ; dans toute l'étendue comprise depuis le pont de la ville de Paris, jusqu'à l'endroit où la petite rivière de Sèvres se joint à la Seine " (extrait de Paris Pittoresque). De cette époque ont été conservées deux colonnes surmontées de chapiteaux, visibles aujourd'hui dans la crypte souterraine. C'est de là que l'équipe de spéléologues de l'association isséenne Abîmes sont partis, en 2005, à la découverte d'un souterrain ponctué de puits, véritable réseau hydraulique qui approvisionnait en eau potables les maisons de l'enclos paroissial.
L'actuel édifice fut construit de 1634 à 1661, en plein coeur du vieux village d'Issy. Une cloche datée de 1618, baptisée Marie, la plus ancienne de l'Ile de France est encore en activité. L'église subit de gros dommages pendant la Commune de 1871. Elle fut totalement restaurée en 2007, comme le montre cette photo prise pendant les travaux.


5 Place de l'Église. © A. Bétry


 Pour en savoir plus sur l'association de spéléologie
http://abimes.free.fr/

6 janvier 2011

6 janvier, l'Église Apostolique Arménienne fête Noël

Vue générale de l'Église Apostolique Arménienne © A. Bétry
L'entrée de l'église. © . Bétry
Les Arméniens sont nombreux à avoir trouvé refuge en Ile de France, notamment à Issy-les-Moulineaux, dans les années 1930. La communauté s'établit dans le quartier des Hauts d'Issy, avec ses cafés, ses commerces et ses églises. Deux, l'une évangélique de rite protestant, qui fête Noël le 25 décembre ; l'autre apostolique qui célèbre la Nativité le 6 janvier, respectant ainsi le calendrier julien (mis en place par Jules César) des premiers chrétiens. Tout comme les orthodoxes russes et serbes, les Berbères et les Coptes.
Car les Arméniens font partie des tout premiers chrétiens. Ils sont évangélisés au IIe siècle par les apôtres Thaddée d'Édesse et Barthélemy, d'où le nom d'Église apostolique. Le royaume arménien adopte le christianisme comme religion d'État au début du IVe siècle, ce qui en fait un des tout premiers États chrétiens du monde. En 451, le concile de Chalcédoine se réunit. Les Arméniens, absents, en refusent les conclusions, notamment la condamnation du monophysisme. La rupture avec Rome est suivie d'une scission avec les orthodoxes au VIe siècle. Dès lors, l'Église apostolique arménienne est indépendante.
 Le bâtiment isséen, situé au 6 avenue Bourgain, a été consacré le 15 juin 1975 par Vasken 1er, catholicos de tous les Arméniens apostoliques. Il est dédié à la Vierge Marie Mère de Dieu.

Pour en savoir plus, rendez-vous dans la rubrique Conférences-Visites. A la découverte, en décembre 2012, des Arméniens de notre commune.

4 janvier 2011

Le lien communautaire : trois générations d'Arméniens - livre

de Martine Hovanessian, L'Harmattan, 2007

De la "migration arménienne" au choix d'appartenance de la troisième génération, l'auteur tisse, au fil des chapitres, le "lien communautaire". Elle nous dit pourquoi la langue et la religion sont deux dimensions fondamentales de l'appartenance. Renoncer à sa langue serait renoncer à une identité acquise à fore de lutte séculaire. Les Arméniens après avoir construit des églises - il y en a deux à Issy-les-Moulineaux - bâtissent aujourd'hui  des écoles!
Evoquant l'histoire contemporaine des Arméniens, Martine Hovanessian nous rappelle les derniers faits marquants : montée du terrorisme, tremblement de terre, qui ont agi comme catalyseur sur une communauté qui paraissait "assoupie". aujourd'hui de ce réveil brutal, a surgi la conscience identitaire des Arméniens et un but d'existence pour la diaspora, car c'est à elle à présent de soutenir l'Arménie !

3 janvier 2011

Bon anniversaire M. Mimoun



L'entrée du Stade - © Alain Bétry

 1 terrain de foot, 12 terrains de pétanque, 1 salle de gym, 1 salle omnisport… Tous les Isséens connaissent le stade Mimoun, au 1 rue Rabelais. Mais savez-vous qui est Alain Mimoun ?
Cet athlète de haut niveau est né en Algérie, alors département français, le 1er janvier 1921. Soldat du Corps expéditionnaire français, engagé pendant la Seconde guerre mondiale dans les combats du Monte-Cassino, il participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Il est titulaire de la croix de guerre avec quatre citations.
Mais c'est sur les stades qu'il se fait un nom, comme coureur de fond. Médaillé d'argent aux JO de Londres en 1948 (sur 10 000 mètres), deux fois médaillé d'argent aux JO d'Helsinki en 1952 (sur 5 000 et sur 10 000 mètres), c'est à Melbourne en 1956 qu'il remporte sa plus mémorable victoire : il obtient la médaille d'or du marathon.
Décoré de la Légion d'honneur, ce vieux monsieur de 90 ans continue de courir tous les jours !