10 juillet 2020

Réponse - la Vierge à l'enfant

© PCB
Alors vous avez trouvé ? Cette jolie Vierge à l'enfant se trouve au Séminaire Saint-Sulpice, au dessus des portes du pavillon d'entrée.

© PCB
Gravement touchés par les combats de la Commune en 1871, les bâtiments d'origine sont démolis pour être reconstruits. La première pierre du nouvel édifice est posée le 1er juillet 1874. Les travaux dureront jusqu'en 1898. Le 14 août 1891, le cardinal Richard, archevêque de Paris, bénit l'ensemble "sous les auspices de la Vierge Marie élevée au ciel, Patronne de toute la famille et de la maison". PCB



5 juillet 2020

Jeu - la Vierge à l'enfant

Les grandes vacances commencent… un peu différentes cette année peut-être. Mais Historim est là pour vous divertir tout en vous faisant découvrir le patrimoine et l'histoire de votre ville. Le rythme change un peu aussi : 1 article par semaine.

Et l'on commence par un "nez en l'air". Où se trouve donc cette magnifique Vierge à l'enfant ?


© PCB
Réponse : le 10 juillet, 18 h.

2 juillet 2020

Albert Dubout au Musée d'Issy

Les Historimiens étaient bien présents en ce matin du 2 juillet 2020 pour suivre avec joie la visite de l’exposition consacrée à ce célèbre dessinateur Albert Dubout.


Didier Dubout ; autoportrait d'Albert Dubout
© A. Bétry
Albert Dubout (1905-1976).
© XDR

Caricaturiste pour 270 journaux différents, illustrateur de 67 grands classiques (Villon, Molière ou Voltaire), peintre (avec 77 huiles sur toile), affichiste (avec 86 affiches dont celles des films de Pagnol)… partons à la découverte de ce « Fou dessinant » (ci-dessus à gauche), à la célèbre pipe rafistolée. Notre guide n’est autre que son petit-fils Didier Dubout (ci-dessus à droite devant l'autoportrait de son grand-père).

La partie de cartes.



Une quarantaine d'œuvres sont exposées, dont la célèbre "partie de cartes" (ci-contre), illustration du Marius de Marcel Pagnol. C’est parti !

Didier nous raconte la vie de ce grand-père "confiné" qui avait horreur de sortir de chez lui, détestait les honneurs (mais reçut quand même la Légion d'honneur en 1951), respectait les institutions et les religions auxquelles il ne s'attaqua jamais.



Papi, comme l'appelle Didier, interdisait à quiconque de pénétrer dans son atelier… mais pas à ses chats dont il fit de nombreux dessins que l'on peut admirer (ci-dessous).
















Et toujours cette étrange signature, qui a l'air pourtant très simple (ci-dessous) mais qui n'a jamais pu être imitée, nous rappelle Didier.


Albert Dubout débuta sa carrière très jeune, à 19 ans. Et le succès fut tout de suite au rendez-vous. Il pouvait travailler pendant deux mois sur une seule planche qui comptait parfois plus de 1000 personnages, tous dessinés avec d'infinis détails.


Saint-Germain des Prés.





Il utilisait une loupe, de l'encre de Chine et, pour la mise en couleur, procédait d'abord à un tirage - conservant ainsi l'original en noir et blanc (ci-contre, détail de Saint-Germain des Prés, 1958).



Parmi ses peintures, son David et Goliath de 1931, réalisé en pleine crise économique, montre la revanche des faibles sur les puissants. En voici un détail (ci-dessous à droite). Il se met même en scène sur la toile A l'ancienne à Pérols, de 1931, représentant une fête de village dont il est l'un des acteurs (ci-dessous à gauche).

A l'ancienne à Pérols
David et Goliath.













Il caricatura beaucoup la petite bourgeoisie, avec ses dessins de la grosse femme et de son petit mari, un couple passé à la postérité (ci-dessous)…

Les joies du camping, 1945.

Il fut aussi le dessinateur populaire des congés payés, inaugurés en 1936, des fêtes populaires et même du Tour de France.

Salon de l'automobile.
Pendant la Deuxième guerre mondiale, il critiqua ouvertement le gouvernement de Vichy, cachant dans la charpente du toit de sa maison des dessins qui auraient pu lui valoir l'arrestation… des dessins découverts après sa mort !

Certains de ses personnages ont inspiré d'autres grands dessinateurs. Ainsi les Dupont et Dupont de Hergé, de 1933, ne ressemblent-ils pas étrangement à ces deux hommes dessinés par Dubout dans sa représentation du Salon de l'automobile (ci-contre) de 1931 ?





Vous en avez des choses à découvrir, des dessins à étudier, des toiles à admirer, des caricatures qui vous feront rire… sans oublier à la fin de l'exposition un film d'une vingtaine de minutes de témoignages de grands noms, tels Wolinsky, Chancel, Pivot, Cabut, d'Ormesson, Bouvard, Galabru et autre Pierre Perret pour qui Dubout est "un hymne à la vie" !

L'exposition se tient au Musée français de la carte à jouer jusqu'au 14 août. En juillet, des cours de dessins sont donnés. Renseignez-vous … http://www.museecarteajouer.com/albert-dubout-dessine-les-francais/

Un grand merci à Didier Dubout et au Musée français de la carte à jouer pour cette visite qui a ravi les Historimiens. PCB

28 juin 2020

Direction le Kilimandjaro !

Ça y est… une partie des frontières est levée. On peut partir cet été mais pas forcément aussi loin que la Tanzanie à la découverte du Kilimandjaro, ces trois volcans dont les altitudes s'échelonnent entre 3900 mètres et 5800 mètres !
Que c'est haut…

Kilimandjaro. © XDR

Mais alors quel rapport avec Issy-les-Moulineaux. Écoutez Bourvil chanter… vous saurez tout !   PCB
https://www.youtube.com/watch?v=Ps9Ici2BzaU


24 juin 2020

Issy - l'avenue Pasteur

Pasteur photographié
par Félix Nadar, en 1878.

Alors que les scientifiques du monde entier cherchent un vaccin contre la Covid-19, comment ne pas évoquer Louis Pasteur (1822-1895), l'inventeur entre autres du vaccin contre la rage, en 1885. Plusieurs Instituts portent son nom. Le plus important à Paris est composé de deux ensembles de bâtiments de part et d’autre de la rue du Docteur Roux, dans le 15e arrondissement.
Un musée, au n° 25 de la rue, abrite, dans une chapelle d'inspiration byzantine,  le tombeau de Louis Pasteur.


A Issy-les-Moulineaux, c'est l'ancienne rue de la Source, devenue  avenue Pasteur qui célèbre le chercheur, Mais c'est une avenue sans arbres comme c'est normalement l'usage, Elle est située dans un quartier en pleine transformation car elle commence place Léon Blum, où l’on aménage l'une des gares de la future Ligne 15, proche de la station Issy du RER-C.
Au n°2. © P. Maestracci.
Elle s'élève sur 300 mètres environ vers la place J-F Kennedy (ex-place de La Source) en décrivant un long S. Autrefois en montant du côté des numéros impairs, on trouvait la maternité Pasteur où seuls des Isséens d’un certain âge ont pu naître car la ville ne dispose plus aujourd'hui de maternité.

L’avenue est essentiellement bordée de pavillons et de bâtiments comptant peu d’étages. Mais, depuis quelques années, sont construits des immeubles résidentiels plus élevés dont certains sont en cours de commercialisation. Comme cet ensemble (ci-contre), au n°2, qui abrite outre les Bureaux de la Médecine du Travail et Service d'Aide aux Entreprises, des appartements sur la gauche. La photo a été prise sous le viaduc du RER, dont on peut voir une arche.

Quand vous passerez par l'avenue Pasteur, gardez à l'esprit ces quelques mots de l'extraordinaire savant qu'il fut : "La science n'a pas de patrie, parce que le savoir est le patrimoine de l'humanité, le flambeau qui éclaire le monde". P. Maestracci


20 juin 2020

Fête de la musique à Issy… aux XVIIe et XVIIIe siècles


Le prince de Conti à la chasse  à l'Isle-Adam.
© XDR


21 juin, comme tous les ans depuis 1982, les Français ont rendez-vous pour la Fête de la Musique… même si cette année, pour cause de coronavirus, les manifestations seront bien différentes. 
Alors, Historim a décidé de vous entraîner à la découverte des sonneurs de trompe qui, depuis la fin du XVIIe siècle, font résonner leurs instruments dans les forêts royales… 

Le Débuché de Paris au Sacré-Cœur, février 2020.
© XDR

Aujourd'hui
Les sonneurs d’aujourd’hui utilisent la trompe de Ré dite
« d’Orléans », un modèle défini dont le tube de laiton ou de bronze mesure 4,545 mètres… correspondant au son du Ré majeur.
Regroupés en formations dénommées « Rallye », « Echos » ou encore « Débuché », les sonneurs ne sont pas obligatoirement chasseurs mais nécessairement respectueux de
« l’art du bien sonné » (ci-contre).
La trompe se pratique partout en France avec une forte concentration dans le Centre et en Ile de France mais on rencontre aussi d’excellents sonneurs en Belgique, en Suisse et en Allemagne.



Des concours
La période de la Saint-Hubert, début novembre, est propice à l’écoute de nombreuses messes sonnées et la saison des concours et des rencontres entre sonneurs bat son plein chaque année du mois d’avril à l’automne. 

Le Cercle de Dampierre, début XXe siècle. © XDR
Sur cette photo (ci-dessus) du « Cercle Dampierre » datant du début du XXe siècle, nous voyons Alexandre Passevant, portant le chapeau haut de forme et tenant en main la trompe gagnée lors du concours organisé par la ville d’Issy-les-Moulineaux en mai 1886.

Chez les Conti

Marc-Antoine de Dampierre. © XDR
Le répertoire est vaste et vivant et, une fois encore, Issy-les-Moulineaux est présent grâce aux princes de Conti : le Grand Conti celui qui s’installa au château en 1699  ; et son petit-fils Louis François (1734-1814) ! 


L'un des plus grands compositeurs est un certain Marc-Antoine de Dampierre (1676-1756), surnommé "le père des fanfares de chasse" (ci-contre). Il donnera d'ailleurs son nom à une trompe d’un diamètre démesuré, la « Dampierre » (ci-dessous).





Le prince Louis François, lui,  n’est pas en reste ; il en sonne et chasse dans les forêts proches de l’Isle-Adam. Il composera même des fanfares, dont le livret, daté de 1750, est conservé dans les archives du Musée français de la carte à jouer  (ci-dessous).


Les partitions du prince de Conti, Musée français
de la carte à jouer.
Marc-Antoine de Dampierre a même écrit un très court morceau intitulé "le Prince de Conti", interprété ici par le Débuché de Paris. Bonne fête de la musique !                 PCB

Pour en savoir plus sur les sonneurs de trompe : www.frtm.fr et www.fitf.org

17 juin 2020

Charles de Gaulle - trois dates - 1890, 1940, 1970… et un hommage isséen

Le Général de Gaulle, place du 8 mai 1945,
sculpture de Claire De Lamater
Il est normal que notre commune d'Issy-les-Moulineaux ait une avenue du Général de Gaulle et un buste en bronze du grand homme, situé place du 8 mai 1945 (ci-contre). Rendons lui hommage en cette année anniversaire marquée par trois dates importantes. Charles de Gaulle est né en 1890 ; il est mort en 1970 ; et son appel du 18 juin 1940 consacre le début de la Résistance… il y a tout juste quatre-vingts ans.

Par la suite, il fut le chef de la France Libre, celui du Gouvernement provisoire de la République et fondateur et le premier Président de la Cinquième République de 1959 à 1969. Et, n'oublions pas : c'est de l'héliport de Paris-Issy que, le 29 mai 1968, il décolle dans le plus grand secret pour Baden Baden (http://www.historim.fr/2017/05/de-gaulle-decolle-de-lheliport-29-mai.html)

Direction, l’avenue du Général de Gaulle qui s'appelait, à l’origine, la route de Clamart. Elle part du boulevard du Lycée à Vanves et mène à la limite entre Issy-les-Moulineaux, Vanves et Clamart, tout près d’une future gare de la Ligne 15. Elle décrit en montant une élégante courbe sur 1,4 kilomètre de son tracé isséen. Comme toute avenue qui se respecte, elle est bordée d’arbres de part et d’autre. C’est une zone résidentielle avec quelques bâtiments et de nombreuses villas élégantes, sans compter la Clinique du Parc de Vanves au numéro 60.

La maison Jassedé, au n°63 avenue avenue Charles de Gaulle.
Deux villas méritent une mention spéciale. Tout d’abord la maison Jassedé au numéro 63 dont l’architecte est le célèbre Hector Guimard (ci-dessus). Il l’a dessinée pour la famille Jassedé ainsi que leur tombe au cimetière communal. Le passage Prudent Jassedé existe toujours entre la rue Lamartine et l’avenue Jean Jaurès.

La villa du peintre Matisse, au n°92.
La villa du peintre Matisse (ci-dessus) se situe un peu plus haut, au numéro 92. Elle appartient encore aux héritiers de l’artiste et abrite ses archives.

Les immeubles années 1930, au n°71.
Enfin, il faut citer les anciens laboratoires pharmaceutiques Jacques Logeais au numéro 71. Les laboratoires ont disparu mais les bâtiments ont été transformés en immeubles d’habitation (ci-dessus). L’architecte fut Edmond Delaire dans les années Trente. Texte et photos P. Maestracci.



Et, pour terminer, comment ne pas découvrir la vie de Charles de Gaulle à travers le tout dernier livre, sorti le 10 juin, aux éditions Quelle Histoire, destiné aux enfants de 6 à 10 ans (en vente dans toutes les bonnes librairies).




La vie du Général y est racontée en 10 tableaux de son enfance à ses derniers jours ; une chronologie rappelle les 15 dates clés de sa vie ; on y découvre aussi les personnages et les lieux qui ont compté pour lui… le tout illustré magistralement. C'est un régal ! PCB


14 juin 2020

Une virée chez les frères Caudron à Rue (Somme)

Gaston, Jacques et René au Musée de Rue. © J. Primault
Déconfinement, fin des 100 km… Destination Rue en compagnie de notre Historimien Jacques Primault (ci-dessus), une petite ville de la Somme, connue pour avoir abrité la première usine des frères Caudron. Gaston et René. Tout comme les Voisin ou les Nieuport, ces constructeurs d'aéroplanes ont fait la renommée de notre commune. Nous les avions découverts avec Jacques lors d'une conférence et dans plusieurs articles publiés sur le site en novembre 2015.

© J. Primault
Le Musée de Rue, petit par la taille mais grand par le contenu, rappelle l’histoire de ces deux frères qui ont écrit de belles pages de l’histoire de l’aviation en France. On y trouve des objets personnels des deux constructeurs mais aussi des modèles réduits d'avions retraçant l'histoire de l'aviation de 1909 à 1939. On peut y admirer aussi un vitrail (photo du bas), qui décorait à l'origine l'entrée des bureaux de l'usine d'Issy-les-Moulineaux.
L'une des salles du Musée. © J. Primault
Après avoir ouvert une école de pilotage au Crotoy, non loin de Rue, les Caudron s'installent à Issy-les-Moulineaux en 1911  (http://www.historim.fr/2015/11/les-freres-caudron-issy.html). 3 à 6 avions sortaient chaque jour de leur usine, située rue Guynemer, pendant la Grande Guerre. D'ailleurs, l'un des huit panneaux du circuit "Histoire de l'aviation à Issy-les-Moulineaux", inauguré en septembre 2016, rappelle les moments clés de la vie de ces deux frères.

 Vitrail démonté d'Issy et remonté à Rue. © J. Primault
P.S. Bonne visite… Et un grand merci de nouveau à Karine Bellart, responsable du Musée de Rue, qui avait contribué à enrichir l'iconographie de la conférence. Jacques Primault

11 juin 2020

Henri Rollet, la Tutélaire et les Pléiades d'Issy-les-Moulineaux

Qu'y a-t-il donc aujourd'hui au n°20 de la rue Jules Guesde, une rue que vous avez découverte récemment ? Le Foyer éducatif les Pléiades pour enfants, adolescents et jeunes majeurs en difficulté, géré par l'Association ESPEREM… des bâtiments qui ont une longue histoire.

Henri Rollet. © XDR

A la fin du XIXe siècle, un avocat (ci-contre) du nom de Henri Rollet (1860-1934) décide de se consacrer essentiellement à la défense des enfants. En 1890, il crée avec Paul Flandin, conseiller à la Cour d’appel de Paris, le Comité de défense des enfants traduits en justice, et participe à l’élaboration des lois de 1898 sur la protection de l’enfance et celle du 27 juillet 1912 sur le tribunal pour enfants et adolescents.

L'un des quatre bâtiments des Pléiades. © XDR







En 1914, il fonde la Tutélaire, un organisme destiné à accueillir de jeunes garçons de moins de 13 ans, nécessitant une assistance immédiate, et des filles de 13 à 18 ans, en danger moral ou traduites en justice. En 1923, Henri Rollet acquiert, à Issy-les-Moulineaux, le domaine des Brochepins, 70 route de Clamart (devenue l’avenue Charles de Gaulle en novembre 1970).

Il va y faire construire un ensemble de bâtiments (ci-dessus) qui prend le nom de Pléiades : chaque catégorie d’enfants aura son pavillon et son aire de jeux. Il y en aura quatre :  le pavillon Pasteur pour l’accueil ; le pavillon Katherine Baker (ci-dessous) pour les fillettes de 3 à 13 ans - on les voit ici en train de jouer au croquet ; le pavillon Pupilles de la Nation  pour les fillettes de 13 à 18 ans ; le pavillon Raymond Poincaré  pour les services administratifs.


Après la guerre de 1940-45, l’association prend le nom de « la Tutélaire et l’œuvre de préservation et de sauvetage de la jeune fille », puis en 1967 devient « Association Henri Rollet ». En 1975, le siège de l’association est transféré à Paris. Mais les bâtiments continuent de vivre.

Les jardins.
© XDR
En 2018, l'Association Henri Rollet fusionne avec l'association Arfog-Lafayette pour devenir l'ESPEREM qui possède plusieurs foyers en France, dont le Foyer éducatif les Pléiades, construit par Henri Rollet, toujours installé à Issy-les-Moulineaux, entre l’avenue Charles de Gaulle, la rue Baudin et la rue Jules Guesde où se situe l’entrée principale au n° 20.

Au 20 rue Jules Guesde. © XDR
Les jardins, les bâtiments y sont toujours aussi accueillants.            
Un grand merci à l'association ESPEREM pour nous avoir fourni ces quelques photos actuelles. PCB   

Le calme en pleine ville. © XDR

7 juin 2020

Issy - agriculture, alimentation et circuits courts

La notion de circuits courts entre agriculteurs et consommateurs se développe depuis plusieurs années. Elle est un soutien pour les petits producteurs et réduit les longs déplacements de camions et d’avions, sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Cela prend la forme de ventes à la ferme ou sur des marchés, mais aussi la livraison hebdomadaire de paniers. La logistique pour les denrées alimentaires est toujours essentielle et encore plus lors d’une période de pandémie comme celle de 2020. Alors, après les vignes d'Issy, découvrons ses terres agricoles.

L'agriculture en 1902
Au début du XXe siècle, Issy-les-Moulineaux est devenue une ville industrielle mais a gardé une activité agricole diversifiée comme le montrent des statistiques de 1902. La superficie de la commune est alors de 490 hectares dont 63 pour le Champ de Manœuvre (Héliport de Paris). On compte 66 hectares de terres cultivées soit 13,5 % du total avec, en outre, 5 hectares de « landes et terres incultes » et 2 hectares de bois. Seul un tiers du territoire est bâti, comme le montrent les plans de la commune à cette époque.
A commencer par celui du quartier Val de Seine (ci-dessous). Des parcelles cultivées sont nettement visibles de part et d’autre des deux lignes ferroviaires de l’époque (lignes actuelles du T2 et du RER). Le nom de « Champs Chardon » est sans doute celui d’un propriétaire. Le rond-point de l’Abreuvoir est l’actuel rond-point du Président Schuman.

Quartier Val de Seine, en 1902.
Puis celui duquel quartier des Arches (ci-dessous). Deux triangles agricoles sont proches l’un de l’autre. Au nord, celui des Ponceaux (coquelicots) entre les actuelles rues Aristide Briand, Jean-Jacques Rousseau et le boulevard Garibaldi. Au sud, les Prés Coutances entre la rue Aristide Briand, l’avenue de Verdun et le cours Saint-Vincent qui sépare les prés de la cartoucherie Gévelot à l’Ouest.

Quartier des Arches, en 1902.
Les 66 hectares de terres cultivées se répartissent en 52 hectares de cultures maraîchères, activité de loin la plus rémunératrice ( rapportant 1,8 million de francs-or par an ), 9 ha de « terres labourables », 4 ha d’herbages et un seulement de vigne. Pour les céréales, la récolte est de 18 quintaux de blé (sur 2 ha), 54 quintaux d’avoine (sur 6 ha) et 12 quintaux de seigle (sur 1 ha). Le fourrage pour nourrir les animaux est de 240 quintaux de luzerne sur 4 hectares et 2,40 quintaux de betteraves fourragères sur une surface identique. Les cultures maraîchères produisent 240 quintaux sur 40 hectares et l’horticulture la même quantité sur 2 hectares seulement.

 Trois légumes sont privilégiés : les pommes de terre - ci-dessous - avec 320 quintaux (sur 4 ha), les haricots - ci-contre - (20 quintaux sur un hectare) et les pois (10 quintaux sur un hectare). Le témoignage d’une famille de maraîchers, les Guitonnet, paru sur le site en octobre 2018 (http://www.historim.fr/2018/10/la-famille-guitonnet-des-maraichers.html), est particulièrement précieux pour connaître cette époque.

Outre les cultures, il y a l’élevage : 440 chevaux (pour les labours et les transports), 180 vaches laitières (produisant 4500 hectolitres de lait) et un taureau, 30 porcins et 14 chèvres et boucs.
Cultures et prés se trouvent essentiellement dans la plaine limitée par la Seine et l’axe de la rue Renan à l’avenue de Verdun mais aussi sur les hauteurs autour du Fort (zone inconstructible). On y trouve des lieux-dits au nom significatif comme celui des Longues-Raies (lignes cultivées entre deux sillons) entre l’avenue de la Paix et le Fort.

Depuis 1902.
Au cours du XXe siècle, la ville s’est de plus en plus urbanisée et industrialisée puis tertiarisée, faisant quasiment disparaître l’activité agricole. Il reste toutefois les ceps du Chemin des Vignes avec la vendange annuelle par des écoliers de la commune. D’autre part, des jardins familiaux existent au bout de l’Île Saint Germain ainsi que des jardins privés. De plus en plus, on aménage un peu partout dans la ville des jardins partagés ainsi que des composteurs collectifs pour enrichir le sol sans oublier des lopins réservés dans certaines écoles comme l’école primaire Voltaire.

Les noms du terroir qui ont subsisté.
La vie rurale est encore très présente dans la toponymie isséenne.
Deux quartiers ont un nom évocateur : celui de la Ferme en raison d’une ferme vendant du lait jusque dans les années 1960,  et celui des Épinettes. Ce mot en viticulture désigne une variété de raisin blanc.

Par ailleurs, les exemples sont nombreux dans la nomenclature des rues. Il y a les allées des Cerisiers, du Clos (terrain cultivé entouré de murs), des clos Girard et du Munier, des Coutures (terrains de grande culture), de la Ferme, de Grenelle (synonyme de garenne pour les lapins) et des Maraîchers. Le chemin des Vignes n’est pas loin du cours Saint-Vincent qui honore le patron des vignerons. Il y a le passage de la Plante-Marande, ancien lieu-dit près du Fort et la place des Tilleuls en contrebas.

La promenade des Jardiniers de l’Île n’est pas très proche de la promenade du Verger au Fort. Il y a la rue Parmentier (pour la pomme de terre largement produite autrefois) et la rue du Ponceau (nom commun du coquelicot, ci-dessus). Pour en finir avec cette liste, les sentiers comme celui des Épinettes et le sentier des Loges qui fait peut-être référence aux loges, petites cabanes de vignerons ou de jardiniers.
D’autres noms évoquent l’activité agro-alimentaire comme la rue du Moulin de pierre, le Chemin du Moulin, ou celle de la Biscuiterie sans oublier l’allée de la Brasserie. Les bâtiments de celle-ci sont utilisés d’ailleurs de nos jours par les serres municipales, avenue de Verdun.


Le Repos du Soir. © P. Maestracci
Quant au Repos du soir, une sculpture de Coutheilles de 1930, elle mérite un arrêt particulier    (http://www.historim.fr/2011/02/le-repos-du-soir.html). Un couple de paysans en sabot avec leur enfant rend hommage à la vie traditionnelle dans les campagnes. C’est une vision nostalgique car l’œuvre date de l’entre deux-guerres. Elle ornait la Résidence Lasserre avant son déménagement rue Séverine. La sculpture a été réinstallée à l’angle de cette rue et de l’allée Saint-Sauveur. Un repos bien mérité…  P. Maestracci

3 juin 2020

Vin d'Issy - des hectolitres en plus

Le 25 février 2020, trois pieds de vigne ont été plantés par Yves Legrand, le célèbre propriétaire du Chemin des Vignes, et M. le Maire André Santini, portant les atours des membres de la confrérie Saint-Vincent (ci-dessous)… les débuts du doublement de la surface du vignoble isséen, qui devrait atteindre 600 mètres carrés environ. Pas de doute, nous aurons tous les ans un peu plus de ce bon petit vin blanc déjà primé à deux reprises.

M. le Maire André Santini et Yves Legrand, 20 février, 2020. © XDR
Ce vignoble, les Historimiens l’ont déjà visité en compagnie d'Yves Legrand ; nous en avons longuement parlé, nous avons assisté aux vendanges annuelles, nous avons été reçus par les membres de la confrérie Saint-Vincent.

Vignes et pressoir du Chemin de vignes.
© A. Bétry
Au VIe siècle, sous le règne du roi Childebert, Issy est couvert de vignes nécessaires aux moines de Saint-Germain. C’est d’ailleurs à cette époque-là que Childebert, toujours lui, rapporte d’Espagne les reliques de saint Vincent, martyrisé à Valence. Il fait construire une abbaye dans Paris, au milieu des vignobles, pour lui rendre hommage… et c’est ainsi que le saint devient le protecteur des vignerons, salué ainsi : « Bon saint Vincent, homme puissant,/Fais monter la sève au sarment », tous les 22 janvier, jour de sa fête ! Cette abbaye Sainte-Croix-Saint-Vincent deviendra plus tard l’abbaye Saint-Germain-des-Prés

Au XIVe siècle, on recense à Issy 28 vignobles sur une superficie de 55 hectares.
Vers 1510, on y introduit des plants de Bourgogne et d'Orléans et, quelques années plus tard, un certain Orlando de Suave (de son vrai nom Jacques Gohory - 1520-1576) n'hésite pas dans son livre Le devis sur la vigne, vin et vendanges, à déclarer que "les vins de Vanves et d'Issy égalent ceux de Beaune, du Bordelais, etc".

Au début du XIXe siècle, les documents cadastraux de l'époque impériale -1808-1812 - montrent la place encore importante que tient le vignoble isséen. La légende du plan ci-dessous indique (en chiffres gras cerclés) : 1. les terres labourables ; 2. les pâturages ; 3. les parcs et jardins ; 4. les vignes, situées au sud-ouest de la commune.


D’ailleurs un article paru dans le Journal des dames et des modes, un magazine recommandé par Napoléon lui même comme « guide de bon goût », fait la part belle aux vignes d’Issy.

On y trouve des articles de mode mais aussi des idées de promenade comme celle-ci qui mène de Paris à Fleury : « Quand je vais par Vaugirard, je puis passer à Issy ou à Clamart, prendre par champs ou par les vignes, ou bien suivre la route pavée ; le pavé est pour les jours de cabriolets et de calèches ; le chemin des vignes est pour les piétons et pour les moments de philosophie… » Alors philosophons avec Paul de Tarse qui, au 1er siècle, écrivait : « Qui le boit avec modération est le seul à savoir que le vin est excellent » ! Quant à Napoléon, on ne peut pas dire qu’il soit un fin œnologue : il apprécie le chambertin, mais coupé d’eau, tout comme le champagne qu’il boit servi avec autant d’eau !

Un menu de Noël de 1870, en pleine occupation prussienne de Paris, montre les difficultés d’approvisionnement de la population : du chameau, du kangourou, du chat… accompagnés, étonnamment, de vins prestigieux : Mouton Rothschild 1846, Romanée Conti 1858, mais… pas de vin d’Issy !
À boire avec modération. Gardez toujours à l'esprit les paroles de Paul de Tarse !



Une petite chose encore… savez-vous que la bouteille en verre, le bouchon et le tire-bouchon sont des inventions anglaises ; elles datent du XVIIIe siècle ! PCB



29 mai 2020

Issy- rue Jules Guesde

Continuons nos escapades en ce week-end de Pentecôte en compagnie de notre Historimienne Pascale. Partons dans les Hauts d'Issy.
Jules Guesde © XDR

La rue Jules Guesde, ancienne rue de Chevreuse, qui commence place de l’Église (Saint-Étienne) mène sur les hauteurs vers l’avenue du Général de Gaulle et la commune voisine de Vanves.
On a donné à cette rue le nom de Jules Guesde (1845-1922), journaliste et homme politique de la Troisième République (ci-contre). Après un séjour à l’étranger, à la suite de l’échec de la Commune, Jules Guesde de retour devient le rédacteur en chef du journal L’Égalité. Il est élu député de Lille en 1893 et réélu deux fois ensuite. Proche du marxisme et de la notion de « lutte des classes », il accepte pourtant de devenir ministre d’État de 1914 à 1916 au nom de la Défense nationale.

Immeuble au n°2 rue Jules Guesde.
La rue Jules Guesde est bordée de bâtiments aux destinations variées :

- immeuble d'habitation au n°2 (ci-dessus), qui a fait l'objet d'un article sur notre site http://www.historim.fr/2014/01/allegories-dans-les-hauts-dissy-les.html

- la façade du Trésor public au n°4 (ci-dessous), dont l'entrée se situe 1 rue d'Alembert. Cette architecture de béton est caractéristique de la fin des Trente Glorieuses mais vieillit assez mal. Le bâtiment fut construit à l’emplacement des bains public qui eux-mêmes étaient édifiés sur le vieux cimetière isséen, ce dernier étant remplacé par le cimetière actuel après le sanglant épisode de la Commune de Paris. 

Le Trésor public au n°4 rue Jules Guesde.
- la résidence Jules Guesde au n° 5 ;
- le Séminaire polonais au n°11, avec sa statue d'une Vierge à l'enfant, dont Historim a consacré un article http://www.historim.fr/2011/02/le-pere-grzywaczewski-et-le-seminaire.html

Le Séminaire polonais, au n°11 rue Jules Guesde.
- mais aussi le gymnase du même nom au n° 15 et au n°20 un Foyer éducatif … à découvrir prochainement.
Texte et photos P. Maestracci