10 octobre 2013

Lartigue photographie les avions à Issy


Autoportrait. L'Isle-Adam.

"Je ne suis pas photographe, écrivain, peintre. Je suis empailleur des choses que la vie m'offre en passant."  Ou encore : "Je suis triste de ne pouvoir photographier les odeurs. J'aurai voulu, hier, photographier celles de l'armoire à épicerie de Grand-Mère". Ainsi s'exprime Jacques-Henri Lartigue qui excella aussi bien dans la photographie que dans la peinture.

C'est à 8 ans que Jacques-Henri Lartigue (il est né le 13 juin 1894) reçoit de son père en cadeau un appareil-photo. Il n'aura de cesse tout au long de sa vie de retranscrire en image tout ce qui l'entoure, sensible au mouvement, au temps qui passe. A partir de 1907, alors qu'il n'a que 14 ans, il prend l'habitude d'accompagner son frère aîné Maurice sur le champ de manœuvres d'Issy, transformé en terrain d'aviation. Pendant sept ans, jusqu'à la veille de la guerre de 1914, il va photographier les prouesses des uns, les accidents des autres, approcher tous les grands aviateurs de l'époque : Gabriel Voisin, Santos Dumont, les frères Caudron, les frères Farman, Roland Garros…

Issy-les-Moulineaux. Chute d'un monoplan Thoman, 9 février 1911.
J.-H. Lartigue / BNF.

Ces centaines de clichés ont fait l'objet d'une exposition au Musée français de la carte à jouer : les Envols : Jacques Henri Lartigue et les débuts de l'aviation.

Alfred Agostinelli. © XDR
Sur Proust, le photographe écrit : « La Recherche est effrayante comme une cathédrale. Une cathédrale construite par un architecte unique, sculptée par un seul sculpteur dont on ne sait s’il est éveillé ou s’il dort  ». L'écrivain et le photographe ont tous deux été fascinés par l'instantané, le mouvement, la technique - l'auto ou l'avion. Dans La Recherche, Proust raconte "J'étais prêt à pleurer du moment que j'avais reconnu que le bruit venait d'au-dessus de ma tête, - les aéroplanes étaient encore rares à cette époque - à la pensée que ce que j'allais voir pour la première fois c'était un aéroplane. Alors, comme quand on sent venir dans un journal une parole émouvante, je n'attendais que d'avoir aperçu l'avion pour fondre en larmes." Marcel Proust aura une bien affreuse expérience avec l'avion. Tombé amoureux de son secrétaire Alfred Agostinelli, passionné d'aviation, il lui offre des cours de pilotage. Sans doute à Issy puisqu'ils habitent Paris. Et c'est aux commandes d'un avion, le 30 mai 1914, au large d'Antibes que ce dernier qui avait fui l'écrivain, trop entreprenant, trouvera la mort, à 26 ans, noyé.

En 1979, Jacques-Henri Lartigue fait don à l'Etat français de l'intégralité de ses photographies. Aujourd'hui conservées dans ce qui est devenue la Donation Jacques Henri Lartigue :  http://www.lartigue.org/index.php
Un témoignage passionnant sur Issy-les-Moulineaux, en tant que berceau de l'aviation. PCB.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire