29 mars 2026

Héliport d'Issy-Valérie André

 Balade autour de l’héliport de Paris-Issy-Valérie André, 28 mars 2026.

 

La visite commence porte de Sèvres où se trouve l’entrée de l’héliport. Ce vaste terrain dans le XVe arrondissement de Paris a subi de nombreuses transformations. Longtemps il y eut des jardins maraîchers dans cette zone inondable jusqu’en 1891 date à laquelle l’Armée y installe une zone de manœuvres. Au début du XXe siècle, des pionniers de l’aviation s’y entraînent. Le terrain est acheté par la ville de Paris en 1925 et en 1967, ce terrain d’aviation devient l’héliport de Paris-Issy. En 2022, ce nom est complété par celui de l’Isséenne Valérie André médecin, parachutiste, pilote d’hélicoptère et général (au masculin) lors de son centième anniversaire.

Devant l’héligare, une sculpture de Landowski rend hommage au premier kilomètre en circuit fermé de l’aviateur Henri Farman en 1908.




Le parcours contourne l’héliport pour retrouver les tables émaillées de l’histoire de l’aviation sur ce terrain longtemps isséen. La devise de la ville Habeo semper alas (j’ai toujours des ailes) y fait allusion. Les tables créées par Patricia Bétry (présidente de l’association jusqu’en 2025) ont chacune un thème avec un texte bilingue.




L’allée Maryse Bastié rend hommage à une aviatrice remarquable. Rue Guynemer (aviateur mort au combat en 1917), ont été installées une table sur les frères Caudron, constructeurs d’avions et plus loin, une autre sur des pionnières de l’aviation comme Marie Marvingt. 



Au rond-point Victor Hugo, une table est consacrée à Henri Farman. Boulevard des Frères Voisin, une table leur est dédiée juste en face de l’emplacement de leurs usines (disparues) en bordure du terrain de l’héliport ; plus loin devant le Palais des Sports, une table porte sur les courses comme le Paris-Madrid en 1911.



Boulevard Gallieni, une table évoque les dirigeables dont certains ont survolé les terrains maraîchers au XIXe siècle. Le siège social d’Eutelstat, entreprise européenne de satellites se trouve également sur ce boulevard. Enfin, rue Farman, la dernière table émaillée met en valeur les hélicoptères dont certains continuent à être utilisés pour des raisons sanitaires et stratégiques sur l’héliport Valérie André.

 P. Maestracci

Images : Michel Julien

27 mars 2026

Agrafes de la Belle Epoque

Nez en l’air 

 

En architecture, une agrafe est un crampon en métal qui sert à fixer des éléments en pierre ou des briques sur une façade. Mais cela peut également être un ornement supplémentaire. C’est le cas pour des bâtiments construits à la Belle Époque dans la commune.



Certaines agrafes sont purement décoratives comme celles de l’immeuble situé 52 rue du Gouverneur Général Éboué.

D’autres  prennent la forme d’initiales formant un sigle. La Manufacture des Tabacs sur l’esplanade du même nom fut inaugurée en 1904. Le sigle M et T (Manufacture des Tabacs) existe toujours mais il est en partie dissimulé par les gouttières.




Autre exemple, le sigle I et M (pour Issy-les-Moulineaux) est visible sur un bâtiment municipal au 4 de la rue du Général Leclerc. Il fut construit par l’architecte E. Delaire en 1910 : c’est l’Espace Savary occupé de nos jours par l’Éducation Nationale ainsi que par plusieurs associations dont celle des Anciens Combattants.

1° Immeuble 52 rue du Gouverneur Général Éboué. Agrafes décoratives.
2° Manufacture des Tabacs, esplanade de la Manufacture. Sigle M et T.


 Texte et photographies : P. Maestracci


 

 












23 mars 2026

Municipales 2026

Pour un huitième mandat, depuis 1980, notre maire André Santini, à l’âge de 85 ans, remet le couvert.
Président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris. 

Hospitalisé en octobre 2025 à la suite d’une chute, André Santini n’a dès lors plus fait d’apparition publique. Ce que n’ont pas manqué de remarquer ses administrés. Son équipe, elle, assurait qu’ilgérait les affaires de la commune, malgré sa convalescence. « Je sais que mon absence inhabituelle a pu surprendre, concède-t-il dans son courrier.  g
J’ai dû prendre soin de ma santé, mais, aujourd’hui, je suis prêt. »

A. Bétry

  



 

22 mars 2026

L'Espace ICARE

 Exposition des soixante ans de l’Espace Icare


Une exposition, qui n’a duré que quelques jours mais que l’on pourra revoir au cours de l’année, a permis d’approfondir ce que l’on croyait connaître. Elle est l’œuvre de Monsieur Jean-Philippe Brun qui en est le dévoué et très efficace Directeur.



Les activités


Lors du dépôt des statuts de l’association  en préfecture le 28 février 1966, il y a 67 bénévoles pour 300 adhérents à qui on propose des activités de loisirs.
L’offre est complétée au fur et à mesure du temps. Dès 1971, sont ajoutées la formation et l’insertion grâce à des cours de français. En  1974, la première exposition artistique est présentée dans l’Espace Icare-MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) ; le collectif prend le nom d’Ik-Art en 2006 et regroupe une quinzaine d’artistes exposant à tour de rôle. En 2026, se déroulent 200 ateliers extrêmement variés chaque semaine pour les adhérents dont une large partie de mineurs.
Les premiers concerts datent des années 80 avec la création de l’association Farenheit qui date de 1984. Il y en a eu pour l’instant 250 !



Depuis 2006, il y a un projet socio-éducatif pour le handicap en partenariat avec l’ESAT (Enseignement et Service d’Aide par le Travail). En 2022, est créé le projet Émoi et moi avec des partenaires tels l’hôpital Corentin Celton ou Trisomie 92. En février 2026, un spectacle Planète 9  fort applaudi est présenté par les PEP 18 (Pupilles de l’Enseignement Public du Cher) ; c’est l’aboutissement d’un travail énorme durant deux ans pour des personnes avec un handicap mental et l’une en fauteuil roulant. Ils se produisent pour la 3e fois dans la salle de spectacle depuis 7-8 ans.

Les locaux


L’association occupe d’abord en 1966 un ancien bâtiment avec porche donnant accès à l’origine à une écurie dans la cour. Il était 45 rue du Général Leclerc et a été démoli  pour laisser place au Centre administratif municipal.
De 1971 à 2004, ce fut ensuite dans les locaux de la MJC boulevard Gambetta. Ceux-ci furent démolis pour être reconstruits par l’agence Wilmotte. Pendant cet intervalle, l’Espace Icare est hébergé 17 avenue Jean Jaurès. La 1re pierre du nouvel Espace a été posée le 11 juin 2005 par Monsieur André Santini, Maire et ancien Ministre, Monsieur Thierry Lefèvre, maire-adjoint et aussi par Monsieur Jean-Philippe Brun. L’inauguration se déroule l’année suivante avec l’ouverture de la salle de spectacle au sous-sol.





Mes remerciements sincères à Monsieur Brun, à Madame Lalu, membre du bureau et à Madame Léna Arbonnier.
Pour info : Espace Icare, 31 boulevard Gambetta, www.espace-icare.com.
 
Texte : P. Maestracci
 


 

 

 

20 mars 2026

René Quinton 2

Le 18 mars, un public nombreux et connaisseur a assisté à la conférence organisée par le Musée de la carte à Jouer et Historim, donnée par Jean-François Dray, auteur, biographe et illustrateur sur le thème " René Quinton et la Ligue nationale aérienne"  (LNA).

Après avoir rappelé le parcours scolaire, littéraire puis scientifique de René Quinton (le plasma Quinton), Jean-François Dray a démontré le rôle fondamental de René Quinton, usant de sa notoriété, dans le développement entre 1908 et 1914 de l’aviation dont il avait fait une cause nationale.


Avec la Ligue nationale aérienne dont il fut un fondateur, il favorisa la création d’aéroports, (tel Port Aviation à Viry-Châtillon), organisa des meetings (Douai, Reims ! puis en 1910, des raids (Paris - Madrid, Paris - Le Caire) dotés de prix et dont certains se faisaient au départ d’Issy-les-Moulineaux.
En 1911, il envisage le développement d’une aviation militaire et coloniale.

Malgré tous les éloges qui lui ont été adressés lors de ses obsèques et l’existence de lieux de mémoire (rues et statues) dans son village de Chaumes, René Quinton tombe dans l’oubli.

Denis Hussenot

images : Michel Julien

 

Un article récent a été publié le 1er mars dernier sur le site Historim.

18 mars 2026

Le BCI, Bridge Club d'Issy

Charles Boumrar, qui a témoigné sur le site en mars 2025, parle avec tant d’enthousiasme de son club que cela donne envie d’en savoir plus, in situ au 18 de la rue de l’Abbé Derry.


Le Bridge Club Isséen, le BCI a repris le flambeau d’un ancien club vanvéen qui existait dans les années 70. Le transfert se fit en 1985 lorsque M. André Santini, maire de la ville et ancien Ministre, met gracieusement  une salle à la disposition du club. Cette salle se trouve dans les locaux de l’école La Fontaine, rue de l’Abbé Derry. Juste en face, la Ludothèque remplace une bibliothèque, ce qui libère le dernier étage. Le BCI s’y installe donc en 1994.



On accède à la grande salle du fond par un couloir desservant à gauche, une salle utilisée par les débutants de deuxième année et à droite, une cuisine. La grande salle au fond est partagée selon les jours entre le BCI et l’Association de Poker Amateur. La jauge maximale est de 101 personnes (100 joueurs et un arbitre). Les tables de jeux sont différentes ; celles des bridgeurs sont carrées et de dimensions adaptées à 4 joueurs. Cette salle sert pour les parties libres, les tournois et pour les débutants de première année.

Le BCI (issybridge.fr) compte plus de 190 membres. Le président actuel, Jean-Marc Hoffer, a succédé à M. R. Rossignol (2013-2023). « L’ambiance est toujours bonne » (Charles). Il y a des goûters et une galette chaque année fournie par le boulanger tout proche (La Tradi Saveurs).



Le Club fonctionne plusieurs jours de la semaine : des cours le matin du lundi au jeudi, des tournois l’après-midi le lundi, le mercredi et le samedi ; les parties libres ont lieu le vendredi après-midi.
Un grand merci à Charles Boumrar qui parle toujours de son club avec enthousiasme et y est présent quatre jours par semaine.
Merci aussi à la bridgeuse Aïda Adjenian pour la photographie des trophées remportés par les membres du BCI.

 

Texte : P. Maestracci
Photographie des trophées : Aïda Adjenian
Photographies de la Ludothèque : Michel Julien

13 mars 2026

Femmes et noms de rues isséennes

Le nom de femmes est de plus en plus souvent utilisé pour nommer des rues et surtout des bâtiments municipaux.

Les rues Madame et Mademoiselle sans autre précision font sans doute référence à des femmes de la famille royale des Bourbons. Mais il n’y a aucun doute pour le cours de la Reine Margot, isséenne dès 1606. Le cours longe l’église Saint-Étienne pour donner accès au Domaine éponyme.

Portrait de Séverine.
D’autres femmes ont leur rue comme l’héroïque Jeanne d’Arc ou la journaliste Séverine (1855-1929).

Le terme d’allée est souvent utilisé pour des résistantes telles qu’Éliane Jeannin-Garreau, qui fut déportée et Lucie Aubrac. C’est aussi le cas d’Olympe de Gouges, féministe guillotinée sous la Révolution. Quant à Maryse Bastié, cette aviatrice fut la première femme à traverser l’Atlantique en solitaire en 1932.



Allée Maryse Bastié,
vue
de la rue Guynemer.
Les noms de femmes sont de plus en plus nombreux pour des structures municipales : les espaces Andrée Chedid, Anne Frank ou Simone Veil, les écoles comme Marie Marvingt (aviatrice), Gisèle Halimi (avocate de la cause des femmes) et la journaliste et femme politique Françoise Giroud (1re Secrétaire d’État à la Condition féminine). 

Cette école est dans la même rue Victor Hugo du Cœur de ville que la structure multi-accueil Anne Sylvestre aux chansons inoubliables. La Halle des Sports Christiane Guillaume, présidente  du club de handball féminin (1985-1995) est actuellement fermée pour travaux.



 Cours de la Reine Margot.

 Texte et photographies : P. Maestracci

4 mars 2026

L'Iran et Issy-les-Moulineaux

La Nouvelle Djolfa 

L’actualité tragique de ces derniers jours est l’occasion de rappeler que notre ville est jumelée avec une agglomération iranienne. Elle a plus précisément conclu un protocole d’amitié en 2018 avec un quartier d’Ispahan, la Nouvelle Djolfa. Ce jumelage semble être du reste un cas unique dans la région parisienne. Mais que savons-nous du pays au-delà des clichés, de la ville, et de ce quartier ?

La Perse, premier nom de l’Iran, émerge comme puissance régionale au VIe siècle avant J.-C. Bousculant les royaumes traditionnels de Mésopotamie sur son flanc occidental (Babylone, etc.), elle se taille pour plus de deux siècles un empire qui couvre la plus grande part du Proche-Orient (et nom du « Moyen-Orient » comme l’écrivent trop de journalistes ignares). Cette conquête aura de profondes conséquences allant bien au-delà de la région et de l’époque. Bornons-nous à en citer deux :

- La Perse libère à cette occasion l’élite juive qui avait été déportée à Babylone. Elle sauve ainsi une religion, le judaïsme, condamnée sinon à péricliter. Relancé et réformé, le judaïsme jusque-là provincial devient un modèle inspirant pour certains voisins, des Grecs à un certain Mohamed quelques siècles plus tard. Aujourd’hui, un être humain sur deux se réclame d’une foi qui en est d’une façon ou d’une autre issue : christianisme, islam, druzes, mormons et autres témoins de Jéhova ...

- Puis poursuivant vers l’ouest, la Perse antique se heurte aux intérêts de l’autre puissance montante, les cités grecques. Les guerres entre les deux deviennent inévitables. Leurs conceptions du monde sont opposées. D’une certaine façon, le lutte des Grecs contre les Perses, c’est celle de la raison contre l’inspiration, ou des philosophes contre les prêtres (si cela rappelle des événements plus récents, ce n’est pas un hasard …). C’est Alexandre qui tranchera définitivement la question : les Hélènes et le rationalisme triomphent. Si les Perses avaient gagné, l’histoire du monde aurait été bien différente.

A la mort du Macédonien, ses généraux se partagent son empire. Puis les Romains prennent leur place, les Byzantins celle des Romains, et enfin les mahométans celle des Byzantins (pour schématiser). A partir de l’islam, la Perse adopte la religion et l’écriture de ses vainqueurs, mais, cas rare à l’époque, pas la langue. A cela, deux probables raisons : la dimension culturelle du pays, et les grandes différences entre persan et arabe. Le premier est proche des langues indiennes, alors que l’arabe, comme la plupart des langues de la région, est d’origine sémitique : aucun rapport.

En 1935, le souverain de Perse, le shah Reza Pahlavi, changera le nom du pays en « Iran ». Même si les deux termes ont pu être interchangeables à certaines périodes, le motif invoqué sera d’introduire une distinction entre la part majoritaire de population, qui parle le persan, et le pays plus large qui inclut aussi des minorités linguistiques, religieuses et ethniques non persanes (et notamment arméniennes, par exemple).

Vers 1590, après quelques siècles bien sombres, le roi de Perse veut ouvrir son pays à l’ouest. Ispahan, ancienne ville bien située car au carrefour des routes nord-sud et est-ouest du pays, est choisie pour éblouir les voyageurs occidentaux attendus. Mais il faut la reconstruire car elle a été dévastée deux siècles plus tôt par Tamerlan (c’est un de ces endroits où il a cru bon d’édifier des pyramides de crânes, ici avec 70 000 échantillons). A l’époque, le moyen le plus simple pour trouver de la main-d’œuvre à grande échelle est de déplacer des populations. Djolfa, ville industrieuse de l’extrême nord-ouest du pays et dont le nom signifierait « tisserand », abrite une importante communauté arménienne régulièrement harcelée par les Turcs voisins. Le souverain en transfère les familles, 150 000 personnes tout de même, dans un lieu proche d’Ispahan bientôt appelé la « nouvelle Djolfa » afin qu’elles servent à la reconstruction de la cité et y développe le tissage de la soie. Le résultat est à la hauteur des espérances et Ispahan devient l’une des plus belles villes du monde, le centre culturel de la Perse (ou de l’Iran), et même pour deux siècles sa capitale. Jusqu’à ce que, gravement détruite par les Afghans au cours d’une guerre, elle entre en déclin à partir du XVIIIe siècle. A la fin du siècle suivant, la Perse devient le théâtre de rivalités entre empires russe, britannique et turc, où Ispahan se retrouve dans la zone d’influence russe. Après la première guerre mondiale et l’effondrement de deux de ces empires, Reza Palhavi fait un coup d’état, renverse la monarchie turcophone qui régnait alors sur la Perse, rétablit l’indépendance du pays, et le modernise à marche forcée sur le modèle d’Atatürk. Ispahan devient alors une grande métropole moderne au riche patrimoine historique et artistique qui en fait un des joyaux de l’Orient. Troisième ville d’Iran, elle compte aujourd’hui deux millions d’habitants, plus que Paris.

La Nouvelle Djolfa est très vite devenue une cité prospère. Progressivement absorbée par la métropole au fur et à mesure de son extension, elle en reste quatre siècles après sa fondation le quartier arménien et l’un des hauts lieux culturels des Arméniens d’Iran. Eglises, écoles, université et journaux ont contribué à entretenir cette spécificité ethnique. Sans doute est-ce l’une des raisons de ses liens avec notre ville. Sa vocation industrieuse et surtout commerciale n’a fait que croître avec le temps, certaines familles tissant des réseaux d’affaires qui au siècle dernier allaient jusqu’à faire le tour du globe en utilisant les diasporas arméniennes de tous les continents. On exportait de la soie, mais aussi de la joaillerie et de la cordonnerie de la Nouvelle Djolfa jusqu’en Amérique. La cité s’est souvent trouvée plus riche que ses homologues en Arménie. Elle garde de nombreux monuments de l’époque de sa fondation. Elle a néanmoins connu une forte émigration au cours des siècles et n’hébergerait plus aujourd’hui qu’une douzaine de milliers d’habitants se revendiquant d’origine arménienne. Cette communauté évidemment non chiite est supposée être protégée par la République Islamique. Elle se retrouve aujourd’hui entraînée malgré elle dans un maelström destructeur pour lequel elle porte particulièrement peu de responsabilités.

 Pierre Baland

                   


La cathédrale St-Sauveur de la Nouvelle Djolfa (Ispahan), toujours ouverte au culte et édifice chrétien le plus visité d'Iran.


1 mars 2026

René Quinton, savant méconnu ?

 Soi-disant, l’un des pères fondateurs de l’aviation française


René Quinton est né en 1866 dans une petite ville de Seine-et-Marne (Chaumes). Venu à Paris avec sa famille à l’âge de douze ans, il suit sa scolarité au lycée Chaptal. Après le baccalauréat, il s’oriente vers la voie littéraire, comme écrivain et critique d’art, mais qui restera sans suite. Il se tourne alors vers la science, entre au Collège de France et devient biologiste. A ce titre, il invente le « plasma de Quinton », produit marin hypertonique, régénérant le corps et l’énergie constituant une thérapie marine. Il fonde en 1907 les dispensaires marins « René Quinton » pour y appliquer sa thérapie marine. Sa thèse de 1904 « l’eau de mer, milieu » le rendit célèbre.

En 1908, René Quinton, amené par ses recherches biologiques a étudié le vol des oiseaux, va se passionner pour l’aviation naissante ; il veut « faire voler un plus lourd que l’air » et démontrer que l‘homme doit pouvoir enfin faire ce que les oiseaux font depuis des millénaires : voler ! Il veut que la France soit le pays de l’aviation. La même année, pour le développement de l’aviation, il crée la « Ligue Nationale Aérienne » dont il est le président. La LNA, par de vastes campagnes de propagande va convaincre une élite de constructeurs et d’aviateurs… et forcer l’attention des dirigeants politiques à s’intéresser à l’aviation et obtenir des aides financières pour son développement.

De 1908 à 1914, la LNA va organiser des fêtes aériennes, les premiers concours de vol, dont ceux qui eurent lieu sur le terrain d’Issy, récompensés par des prix « Quinton », des conférences et des galas dans toute la France. Sous l’impulsion de René Quinton, des écoles de pilotage et des terrains d’atterrissage furent créés en France et dans les colonies.

Parrainé par le capitaine Ferber, connu pour ses exploits aériens (dont une rue d’Issy porte le nom), Quinton va rejoindre l’Aéroclub-de-France, fondé en 1898, où siégaient déjà les frères Deutsch de la Meurthe, les frères Michelin, Jules Verne, Blériot, Farman, Voisin, etc)

A partir de 1911, l’aviation civile et sportive va contribuer au développement de l’aviation militaire qui deviendra une arme aux côtés de l‘armée de terre et de la marine.
René Quinton prit une part active à la guerre de 14-18 comme officier d’artillerie.
Tel fut le rôle capital de Quinton dans le devenir de l’aviation française.
Il décède le 9 juillet 1925 à Paris. Lors de ses funérailles, les éloges furent nombreux et admiratifs de la part de personnalités politiques et scientifiques.

Denis Hussenot

 

Nous vous recommandons la conférence au Musée français de la carte à jouer, 16, rue Auguste Gervais 92130 Issy-les-Moulineaux Entrée gratuite

le 18 mars 2025 à 18 heures.

« René Quinton et la Ligue nationale aérienne », de Jean François Dray.