7 juillet 2026

La famille de L’Espine

Passions d’outre-Alpes d’Achille-Etna à Vincenzo Bellini

de Pierre Baland, Beit-Kifa, juin 2026 

                                                                






Ce livre publié récemment cite Issy, et plus particulièrement son château et certains de ses propriétaires. 
Au chapitre VII, l’auteur y écrit ainsi qu’Achille-Etna Michallon encore enfant fait vers 1810 « la connaissance d’un (…) amateur éclairé qui le prend en sympathie, le comte Pierre-Charles de L’Espine. (…). [Celui-ci] appartient à une vieille famille d’origine piémontaise, les Spina, installée depuis des siècles en France. Directeur de la fabrication à la Monnaie de Paris, propriétaire du château des Conti à Issy au sud de Paris, c’est un homme riche. (…) [Achille-Etna Michallon] devient un invité fréquent du château d’Issy. » 

Un peu plus loin, au Chapitre XXI, le même livre rappelle que son fils, lui vicomte de L’Espine, a ensuite été nommé maire d’Issy par le roi Charles X, « la ville où il a hérité du château de son père. C’est d’ailleurs dans ses lambris, décorés d’esquisses de Michallon et autres paysagistes, qu’il réunit ses conseils municipaux. » 

Les chapitres précédents rappellent qu’Achille-Etna Michallon (1796-1822) est un artiste peintre paysagiste enfant prodige, fils d’un sculpteur lui-même connu, qui a vécu son enfance au Louvre puis, devenu adulte, trois ans et demi à la Villa Médicis à Rome. Il fut ensuite le maître de Camille Corot !
Pour rappel, le comte de L’Espine travaillait en effet à la Monnaie de Paris, quai de Conti, dont les bâtiments de 1777 sont à l’emplacement du Grand et du Petit Hôtels de Conti. Il a acheté en 1809 la propriété isséenne que les Conti avaient possédée de 1699 à 1776. Il a fait restaurer le château (au milieu de l’actuelle rue Berthelot) et aménagé le vaste parc en jardin à l’anglaise.

La propriété fut ensuite démembrée en 1857 et les ruines du château vendues au début du XXe siècle. Il n’en subsiste plus qu’une partie de l’entrée intégrée au Musée Français de la Carte à Jouer. La collection de peintures de la famille de L’Espine est quant à elle entrée dans les collections du Louvre en 1930.

L’auteur, Pierre Baland retrace dans ce livre la vie d’artistes et personnages politiques de France et d’Italie souvent célèbres qui, le plus souvent par passion, ont choisi de vivre et travailler dans les deux pays à la fin du XVIIIe siècle ou durant les premières décennies du XIXe. Il peut s’agir de peintres comme justement Michallon, de musiciens comme Bellini et Rossini, ou d’écrivains comme Stendahl, sous oublier la célèbre cantatrice la Malibran ou la reine Marie-Amélie. Des vies fort intéressantes dans tous les cas.


Pascale Maestracci

3 juillet 2026

Rue Baudin

 

La rue Baudin, ancienne rue des Pensards, longue de 300 mètres relie la place des Tilleuls à l’avenue du Général de Gaulle. La rue donne aussi l’accès à l’impasse du même nom.



Jean-Baptiste Baudin est né en 1811 dans le département de l’Ain. Sous la Seconde République, il en devient le député à l’assemblée législative. En 1851, lors du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, il est sur une barricade de la rue Sainte-Marguerite dans le faubourg Saint-Antoine. Tenant le drapeau tricolore, il est tué par les forces de l’ordre. Son cercueil entre au Panthéon en 1889 pour le centenaire de la Révolution car il est considéré comme un « représentant du peuple ».



Un ancien relais de poste avec des écuries dans la cour au numéro 50, a été remplacé par deux immeubles résidentiels.

Au numéro 52, se trouve la maison de Jacques Madaule qui fut maire de la commune de 1949 à 1953.

De chaque côté de cette rue paisible, se succèdent maisons et immeubles résidentiels.

Merci aux Isséennes Chantal et Germaine qui m’ont amicalement parlé de cette rue.


Texte et photo : P. Maestracci

 


26 juin 2026

Cherchez la sainte !


La pointe sud de l’île Saint-Germain accueille une allée Sainte-Eudoxie qu’une récente visite d’Historim nous a d’ailleurs permis de (re)découvrir. Les plaques précisent : « V Siècle, Impératrice d’Orient ». Problème : plusieurs impératrices portent ce nom et l’Eglise compte diverses saintes qui le partagent aussi. De qui parle-t-on au juste ?


Eudoxie, qui signifie « bonne réputation », est un prénom fréquent de l’antiquité. En France, la sainte Eudoxie la plus célèbre est celle d’Héliopolis, l’actuelle Baalbek. Habitante de cette ville qui dépendait alors de Rome, païenne d’une grande beauté, elle commence sa vie comme courtisane de luxe auprès d’amants fortunés. Encore jeune, elle croise Dieu sous la forme d’un ermite chrétien, religion persécutée, puis celle de l’archange Michel en songe. Sa vie bascule. Elle se convertit, donne ses biens aux pauvres et crée une petite communauté religieuse (les monastères n’existent pas encore). Son exemple inspirant est suivi par d’autres. Les autorités romaines la rappellent à l’ordre. Les avertissements restant sans effet, elle finit ses jours décapitée. Sa fête est célébrée le 1er mars, date supposée de son martyre.

 

Mais elle a vécu aux Ier et IIe siècles de notre ère et n’a pas été impératrice. Il ne peut donc s’agir d’elle. Or c’est la seule sainte catholique de ce nom. La nôtre serait donc à chercher parmi les Eglises orthodoxes ou d’Orient, ce qui complique un peu. Ces Eglises sont nombreuses. Elles « sanctifient » de façon plus informelle que le monde catholique. Il ne s’y tient pas de procès en canonisation sous l’œil vigilant du pape. Les « saints locaux » sont nombreux.

 

Les coptes honorent ainsi le 2 septembre une sainte Eudoxie native de la région de Ménouf dans le delta du Nil. Née de parents chrétiens, là aussi à une époque où ce credo était interdit, elle ne craint pas d’afficher sa foi devant les autorités. Outré, le gouverneur particulièrement sadique se surpasse en cruautés de tout genre pour la faire abjurer. En vain. Elle aussi finit décapitée. Mais de nouveau, pas de lien avec une fonction impériale …

 

Une autre sainte Eudoxie, dite la Martyre, est originaire d’Anatolie. A l’issue d’une bataille ayant mal tourné, elle est déportée en Perse. Contrainte d’y servir d’esclave à un officier, elle trouve courage dans sa foi chrétienne. Elle convertit ses maîtres puis, de fil en aiguille, leurs voisins. Ce qui irrite au plus haut point les autorités locales. Arrêtée, elle est à son tour cruellement suppliciée puis décapitée. Elle est reconnue sainte par plusieurs Eglises orthodoxes qui célèbrent sa mémoire le 4 août. Mais elle a vécu au IVe siècle et n’a pas été impératrice, ce qui ne colle pas.

 

Une quatrième Eudoxie a en revanche bien été impératrice d’Orient au Ve siècle : l’épouse de l’empereur Arkadios. Le christianisme est désormais religion d’Etat et le basileus est le chef de fait de l’Eglise byzantine. Dotée d’un fort caractère, Eudoxie n’hésite pas à s’attribuer certaines prérogatives de son époux. Elle s’implique dans les querelles théologiques du moment. Serait-ce enfin la personne recherchée ? Non, car l’Eglise garde d’elle le souvenir d’une souveraine hypocrite et même détestée qui, sous couvert de religion, menait une vie fort peu évangélique. Elle n’est pas reconnue comme sainte.
 
Celle qui coche toutes les cases semble être sa belle-fille. Née vers 400 et morte en 460, donc aux bonnes dates, cette autre Eudoxie épouse à 21 ans l’empereur Théodose II, le fils d’Arkadios. Elle aussi femme de tête, elle s’engage en religion et politique. Mais à la différence de sa belle-mère, ses autres traits ne prêtent pas à critique, ou du moins n’en ont pas le temps : une cabale et de fausses accusations lui font en effet perdre son titre d’impératrice à l’âge de 40 ans. Elle se retire alors à Jérusalem où elle partage les vingt dernières années de sa vie entre littérature (elle aurait été une grande poétesse), œuvres pieuses et participation aux débats théologiques qui secouent la jeune Eglise. Après son décès, elle est progressivement vénérée comme sainte par Jérusalem et Constantinople sans avoir connu le martyre, ce qui est rare à l’époque. Les Eglises orthodoxes fêtent sa mémoire le 13 août.


Ce serait donc notre sainte. Reste à savoir pourquoi la commune l’a choisie aux dépens de son homonyme d’Héliopolis plus connue. Peut-être parce qu’au contraire de cette dernière son existence est historiquement attestée ?

 

Signalons enfin qu’une de ses filles du même nom a aussi été impératrice au Ve siècle. Mais d’Occident, et sans avoir été reconnue sainte …


Ste Eudoxie impératrice, icône du Xe siècle 




P. Baland



 

23 juin 2026

Noms isséens hérités du Moyen Âge

Au Moyen Âge, il y avait deux endroits habités,Issy et La Ferme séparés par des terres agricoles. La présentation des noms reprend cette distinction qui a disparu en 1893 lorsque la commune prend son nom actuel.
 
Issy était un petit village à flanc de coteau dont les maisons étaient regroupées autour d’une église érigée aux VIe-VIIe siècle. Les paysans cultivaient les vignes sur le plateau alors que des prairies étaient dans la plaine inondable.
Certains noms de rues sont en rapport avec la donation du « fief d’Issy » en 558 par le roi Childebert à l’abbaye de Saint-Vincent-Sainte-Croix (future Saint-Germain-des-Prés) ; il existe un cours Saint-Vincent (patron des vignerons) ainsi que l’île et la place Saint-Germain. Le chemin du Moulin rappelle le moulin à farine qui appartenait à l’abbaye parisienne.


Rue Vaudétard. Vue sur la chapelle du Séminaire 
et le début de la rue Minard.




Un fief de l’abbaye Saint-Magloire, entre les actuelles rues Minard et Général Leclerc, fut géré jusqu’au XVIe siècle par la famille Vaudétard. Une rue de ce nom traverse cette propriété en grande partie occupée par le Séminaire actuel de Paris.
La rue Jeanne d’Arc honore la mémoire de la « Pucelle d’Orléans » qui fit couronner roi Charles VII et mourut brûlée vive en 1431 à Rouen.
 
Aux Moulineaux, le chemin de Saint-Cloud porte le nom déformé du prince Clodoald (devenu Cloud) qui fonda un monastère au XIe siècle à l’emplacement de la commune actuelle.
Sur les bords de Seine, le chanoine Jehan de Meudon au XIVe siècle, donna une ferme (et les terres aux alentours) aux Chartreux, d’où le quartier actuel de la Ferme et le nom de Chartreux donné à un quartier, une promenade, une médiathèque et un gymnase.


Rue de Vaugirard. Un seul immeuble est proche de la ligne du tram T2 et du quai de la 
Bataille de Stalingrad


La petite rue de Vaugirard entre Meudon et la commune tient son nom (comme la plus longue rue de Paris) de l’abbé Gérard ou Girard de Moret qui créa en 1432 une paroisse indépendante de celle d’Issy. Ce Val Girard est une partie de l’actuel XVe arrondissement parisien.
 
Croisement des rues Jeanne d’Arc et Guynemer (carte postale ancienne). 
L’immeuble ancien a été démoli depuis quelques années au profit d’un immeuble résidentiel plus haut.

 Texte et photos : P. Maestracci
 

 

20 juin 2026

Antoine Odier, ingénieur-pilote à Issy en 1908

Une nouvelle fois, Historim vous présente un épisode de la vie Isséenne, repris d’un livre découvert, comme il arrive souvent, par hasard dans une brocante. Là, il s’agit des premiers temps de notre fameux terrain d’aviation, décrits par un ingénieur-pilote, Antoine Odier, dans son livre « Souvenirs d’une Vieille Tige » (édité en 1955), avec une préface de son ami Gabriel Voisin.
Odier nous décrit l’ambiance sur le terrain en 1908-1909 et ne cache pas un certain mécontentement aussi bien vis-à-vis de la presse, des imbéciles rigoleurs que de l’autorité militaire. Il regrette aussi que le terrain n’ait pas été étendu après 1918, à la place des usines et des grands hangars à ballons, pour en faire un magnifique « port d’avions ». En 2026, l’aviation est toujours présente, mais cette fois c’est un « port d’hélicoptères » !
Jacques Primault

« La presse était baveuse. Dans le quotidien sportif Auto, aujourd'hui disparu, on ne citait jamais les frères Voisin, qui furent pourtant les premiers constructeurs. On écrivait dédaigneusement : « Les menuisiers de Billancourt » et leur appareil était « le biplan à queue ». Tous les pionniers étaient accablés de sarcasmes qui, souvent, tombaient de haut. L'Aéro-Club de France n'était composé que de ballonniers qui méprisaient l'Aviation. Quand l'un de nous avait décollé 500 mètres, ils disaient tous : « Ce n'est pas du vol, c'est un saut. »
Les tout premiers essais ont été faits à Issy-les-Moulineaux, berceau de l'aviation mondiale, sous les quolibets. Et je ne puis oublier les têtes à gifles des imbéciles rigoleurs qui se moquaient de nous : « Il croit qu'il va faire le moineau avec son truc »... « On va regarder si les plumes commencent à lui pousser au derrière… ». Evidemment, on pouvait dédaigner les sarcasmes des badauds, mais pour persévérer au milieu de l'immense bêtise générale, il fallait une foi robuste.
Comme le champ d'Issy n'est pas grand et que le virage posait des problèmes, il a fallu attendre jusqu'au 13 janvier 1908 pour qu'Henry Farman, sur un Voisin, réussisse à boucler un kilomètre sans toucher le sol.

Du gouvernement, on n'a jamais eu l'ombre d'une aide. De l'Autorité militaire non plus. Pour pouvoir utiliser le terrain d'Issy-les-Moulineaux, il avait fallu de longs palabres avec l’Armée, qui avait finı par nous tolérer de 4 heures à 6 heures du matin, à condition qu'il y ait, à nos frais, un service d'ordre. Or le terrain servait seulement de loin en loin à une escouade, qui venait faire du « Portez Arme » pendant une petite heure dans la journée.

Au début de 1909, nous étions cinq ou six : Blériot, Voisin, Nieuport, Santos-Dumont, Védovelli et moi-même. Quand l'un de nous escomptait le beau temps et pensait pouvoir faire un essai, il téléphonait au commissaire de police et demandait le service d'ordre pour le lendemain matin. A 4 heures, deux agents venaient encaisser 18 fr 50 et leur rôle s'arrêtait là. Car il y avait une servitude et n'importe qui pouvait traverser le champ. Vous souriez. Mais on n'était pas riches. 
Et 18 fr 50, c'était la valeur de trois journées d’ouvrier. Quand nous étions plusieurs à sortir, nous nous partagions la dépense. J’ai conservé les reçus.
Le capitaine Ferber était un apôtre de l'aviation. Il avait construit un premier aéroplane essayé sans succès le 27 mai 1905, puis un second qu'il décolla le 14 juillet 1908, à Issy. Il avait un biplan Voisin garé en bordure Est du mur du champ et il devait exécuter une manœuvre, longue et difficile, pour passer son appareil par-dessus la murette clôturant le champ. Car jamais l'Autorité militaire n'a permis à Ferber, pourtant officier d'active, de faire une brèche dans la murette, qui était cependant tout à fait inutile, puisque le champ était ouvert à tout le monde.
Issy-les-Moulineaux fut réellement le nid qui vit éclore l'aviation mondiale. En 1914, de grandes usines, Caudron, Nieuport, Farman, l'entourèrent et deux grands hangars de dirigeables y avaient été érigés. Les usines n'avaient guère empiété sur le champ et lorsqu'elles disparurent, après la Victoire de 1918, on aurait aisément pu racheter leur emplacement et l'agrandir considérablement jusqu'à la Seine. C'aurait été le plus magnifique port d'avions et d'hydravions du monde, mieux encore que Tempelhof, qui est au centre de Berlin. On a stupidement gâché cette occasion, en construisant le service technique et le ministère de l'Air qui réduisent le terrain et le rendent inutilisable. Et les étrangers qui arrivent au Bourget ou à Orly découvrent, avant Paris, une banlieue pouilleuse de bidonvilles, tout en perdant beaucoup de temps.»

17 juin 2026

L' ancien parc des Conti

Visite du 13 juin 2026

La promenade commence à côté du Musée Français de la Carte à Jouer, plus précisément près de sa Galerie d’histoire de la ville. Celle-ci est le vestige de l’entrée monumentale d’une vaste propriété voulue par Denis Talon en 1681 et achetée en 1699 par le Grand Conti, prince du sang. Il garde le parc « à la française » mais exige de l’architecte quelques modifications pour le château de taille relativement modeste.
La propriété, ravagée pendant la Révolution française est ensuite restaurée au début du XIXe siècle mais le parc devient un parc « à l’anglaise.



En 1857, la plus grande partie du parc est vendue et lotie pour des habitations. Quelques rues sont alors percées comme la rue Chénier.
Quant au château, il est dévasté lors de la Commune en 1871 et démoli par la suite sauf un des deux bâtiments de l’entrée. Il reste aussi la fontaine aux dauphins dans une propriété privée à l’emplacement des anciens communs du château. La rue Berthelot est percée après la démolition du château au début du XXe siècle.
Le Musée Français de la Carte à Jouer inauguré est composé de deux bâtiments : une moitié de l’ancienne entrée de la propriété des Conti et un bâtiment de 1997. 



Quatre hectares sur la hauteur sont transformés en 1936 en parc Henri Barbusse qui existe toujours. Le terrain est acheté par la mairie pour en faire un parc selon la volonté de Victor Cresson ; il est inauguré en 1936.  Plusieurs sculptures inspirées de l’Antiquité y sont dispersées. Le Bassin des Conti est préservé et transformé depuis peu en zone protégée pour des oiseaux. Une sculpture de 1995 surplombe ce bassin.
Des sculptures inspirées de l’Antiquité et restaurées depuis peu sont dispersées le long des allées.
 
Un grand merci à l’historimienne Françoise qui nous a permis d’admirer de plus près la fontaine aux dauphins.
P. Maestracci
photos M. Julien



15 juin 2026

L'invention du Docteur Zamenhoff

La rue du Dr Zamenhoff, probablement la seule d’Issy dont le nom commence par la lettre Z, est située en hauteur d’Issy, entre le Fort et la ville de Clamart. Longue de 300 mètres, elle relie la place du Groupe Manouchian à la rue du Chemin vert. Le voisinage de ces deux noms à consonnance étrangère n’est du reste peut-être pas un hasard.

L'école Louise Michel se trouve rue du Docteur Zamenhoff.

Le Dr Zamenhof, seule orthographe que citent les sources pour ce qui concerne le nombre de F, n’est pas le médecin le plus connu en France. Comme l’auteur de Frankenstein - qui se souvient de son nom ? - sa notoriété est largement éclipsée par celle de sa création. Car de celle-ci, tout le monde a en revanche entendu parler.





Louis-Lazare Zamenhof naît en 1859 à Białystok, à l’époque dans l’empire russe, initialement lituanienne et aujourd’hui polonaise. Ce détail n’est pas anodin. Située aux confins de ces trois pays ainsi que de la Prusse orientale et dans une région à forte présence juive, la ville est à l’époque un petit monde. On y trouve des communautés russe, polonaise, biélorusse, lituanienne et allemande. Chacune est enfermée dans son idiôme. Elle ne communique avec la voisine que par nécessité, avec difficulté et non sans frictions. Même mélange religieux : catholiques, orthodoxes et luthériens cohabitent avec deux tiers de juifs. Zamenhof, né Eliezer Levi Samenhof, se définit lui-même juif russe. A table, son père lui parle en russe et sa mère en yiddish.

A l’âge de 14 ans, il émigre avec sa famille à Varsovie, elle aussi dans l’empire des Tsars (l’Etat polonais ne sera restauré qu’après la 1ère guerre mondiale). Quelques années plus tard, il engage des études de médecine, d’abord à Moscou, puis à Varsovie, et enfin à Vienne pour une spécialité d’ophtalmologie. Confronté à l’antisémitisme, il occidentalisera ses prénoms en Ludwig Lazarus, puis Louis-Lazarre.
Fils de juifs ashkénazes, Elizer n’est lui-même pas pratiquant. On commence à parler du sionisme mais il ne s’y intéresse qu’un temps. Très tôt, sa passion est ailleurs : les langues, et plus particulièrement le spectacle qu’il a sous les yeux, la tragique barrière qu’elles dressent entre les habitants de sa ville natale. Et donc, il en est convaincu, les malentendus et drames auxquels leur diversité conduit. Il est en revanche doué pour les apprendre. Bilingue dès le berceau, il parle bientôt aussi allemand et français – quatre langues non seulement difficiles mais fort différentes. Il en ajoutera une demi-douzaine d’autres au cours de sa vie. Leurs processus intimes n’ont pas de secret pour lui. A 18 ans, en parallèle à ses études de médecine, il trouve sa voie : il veut créer et promouvoir une langue commune qui, s’ajoutant aux idiômes nationaux, serve de lien à l’humanité. Ce sera l’espéranto, la grande œuvre de sa vie.


On connaît la suite. Admirable construction théorique qui plonge ses racines dans le savoir linguistique encyclopédique de son créateur, l’espéranto ne parviendra jamais à s’imposer comme parler universel. Son apprentissage est pourtant facile. Son auteur en traduit lui-même la méthode dans une dizaine de langues. Il ne ménage pas ses efforts pour la promouvoir par tous les moyens : conférences, livres, revues, congrès périodiques ... Pour la faire connaître, il se transplante dans plusieurs pays dont l’Allemagne et la France. En 1922, la Société des Nations n’est pas loin de l’adopter comme langue de travail. Mais la représentation française s’y oppose, considérant que la victoire de 1918 devrait suffire à rétablir le français comme langue diplomatique internationale. Comme au temps de Voltaire. L’espéranto ne sera dès lors plus qu’une curiosité.
Et pourtant, le concept de langue internationale n’a rien d’absurde. Pour ne considérer que le monde méditerranéen dont nous sommes issus, l’akkadien, le grec, l’araméen, le latin et l’arabe en ont tour à tour (et parfois simultanément) été des exemples vivants. Plus à l’est, le sanscrit a servi de ciment culturel à une très vaste région : d’Islamabad à Singapour et Jakarta, toutes les grandes villes y portent encore des noms qui en sont issus. La notion d’idiôme artificiel a aussi des précédents historiques. Sanskrit, araméen et latin étaient en réalité, dans leur forme internationale qui nous est parvenue, des langues normalisées. Même l’allemand moderne est pour une grande part la fusion par Luther de plusieurs courants dialectaux à des fins de traduction de la Bible. Mais il est aussi vrai que conférer une portée trop large à une langue peut aussi la condamner à se fragmenter un jour en dialectes, et donc revenir au point de départ, ce dont Zamenhof s’est sans doute du reste lui-même rendu compte vers la fin de sa vie.
Le docteur humaniste est enfin le contemporain, compatriote, coreligionnaire, et pour tout dire alter ego, d’un autre autodidacte qui, inspiré par le même environnement politico-linguistique, crée simultanément lui aussi une langue qui, en revanche, réussira : Ben Yehuda, l’inventeur de l’hébreu moderne.
La commune d’Issy s’honore à rappeler la mémoire d’un authentique pacifiste doublé d’un génie de la linguistique.
P. Baland

 

 

                                                                                                                                 


11 juin 2026

Chemins d'Issy

Le mot chemin vient du celte cam (un pas) devenu en latin camminus. Un chemin est un lieu de passage pour hommes et animaux à la campagne. Pourtant il en existe une dizaine dans la ville car c’est un héritage de son passé agricole. La plupart sont réservés aux piétons mais dans certains cas, des véhicules peuvent y circuler. 

Chemin de la Bertelotte avec sur la gauche les bâtiments du collège Henri Matisse.





Certains évoquent évidemment la campagne comme le chemin des Vignes près des serres municipales et de vignes toujours exploitées. La vendange à l’automne  est faite par de jeunes Isséens. Le chemin du Moulin à l’entrée du Fort est sur l’emplacement d’un moulin médiéval appartenant à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Le chemin du Bois-Vert en centre-ville a le nom d’un sous-fief ; il est en pente et relie la rue Minard à celle du Général Leclerc. Le chemin de la Bertelotte est le nom d’un lieu-dit.

Plaque du chemin du Colonel Arnaud Beltrame près du Belvédère au Fort.



Deux noms indiquent un accès aux transports : le chemin d’Accès à la Gare d’Issy du RER et le chemin Latéral longe les lignes du Tram et du RER dans le quartier Val-de-Seine.

Enfin le chemin du Colonel Arnaud Beltrame (1973-2018), juste à l’extérieur du Fort rend hommage à cet héroïque gendarme qui donna sa vie pour sauver des otages.


P. Maestracci 


Plaque du chemin du Moulin entre la rue du Fort et l’allée Lucie Aubrac



 

4 juin 2026

Deux papes à Issy ?

La réponse est à la fois oui et non. Une certaine ambiguïté est à l’origine de ce titre un peu volontairement provocateur.

OUI.
Un fait est certain, le pape Jean-Paul II est bien venu à Issy le 1er juin 1980 lors de son séjour en France durant trois jours. Ce premier dimanche de juin, après avoir assisté à la grand-messe au Bourget, il arrive à bord d’un hélicoptère Puma blanc et bleu du GLAM, baptisé Arc de Triomphe. L’appareil.se pose, à 16 h 10, dans le jardin du Séminaire. Le souverain pontife se rend ensuite à la chapelle où il préside une réunion de la Conférence épiscopale française en présence de 130 évêques. Après deux heures de huis clos, une collation lui est offerte avec l’ensemble de l’épiscopat.
Pendant ce temps, une foule nombreuse s’est massée dans la rue du Général-Leclerc. Sous la surveillance d’un service d’ordre attentif, elle patiente depuis de longues heures dans l’attente de la sortie du Saint-Père qui doit emprunter cette rue pour se rendre au Parc des Princes où il doit rencontrer la Jeunesse de France





Lorsqu’il apparaît enfin, dans la SM présidentielle, c’est sous des acclamations enthousiastes et ininterrompues qui l’accompagnent jusqu’à la disparition du cortège.
Ainsi s’achève cette journée mémorable que vous pouvez retrouver en visionnant le reportage du journal d’Antenne 2 (https://tinyurl.com/4u5swh8k).



NON.

Car un autre est bien venu à Issy… mais sans encore l’être.

En 1950, Monseigneur Angelo Giuseppe Roncalli,– futur Jean XXIII, élu le 28 octobre 1958, pour succéder à Pie XII.– passe un après-midi au Séminaire.

A cette époque, il est nonce apostolique en France, fonction qu’il occupe de fin 1944 à fin 1952. Il vient visiter l’établissement à l’occasion d’une journée portes ouvertes destinée au recrutement des séminaristes.

Cette journée coïncide avec une grande manifestation d’Action catholique organisée par les ouvriers de la paroisse de Vanves, comme en

 témoigne une affiche conservée.

Sur le cliché pris au moment de son départ, on y distingue sa silhouette caractéristique, un document sous le bras, s’apprêtant à monter dans sa voiture de fonction, une Ford Mercury ornée du fanion de la cité vaticane. Derrière lui, dans l’ombre du porche, apparaît le supérieur général de Saint-Sulpice, Pierre Boisard.

A trente ans d’intervalle, deux hommes appelés à marquer l’histoire de l’Église ont franchi les portes du Séminaire d’Issy. L’un était déjà pape. L’autre le deviendrait quelques années plus tard.

Michel JULIEN

Photos : collection M. Julien

31 mai 2026

La campagne à Issy




Après une Assemblée générale Historim moyennement cahotique, une journée verte au jardin botanique de notre ville est vraiment tombée à point.










Une journée porte ouverte, organisée par la municipalité s’est avérée compensatrice d’une dure semaine caniculaire.




Des animations organisées par le Clavim, le conseil de quartier Rodin et le Grand Paris Seine-Ouest, tout y était avec la bonne humeur et avec avec l’aimable accueille des jardiniers prodiguant leurs conseils et le personnel qui assurait les navettes entre la mairie et parc botanique. Un ensemble folklorique a rendu la fête encore plus sympathique : magnifiques costumes et joyeux instrumentistes et danseuses. Les animaux de la ferme ont également profité de cette journée dominicale pour respirer l’air D’Issy-les-Moulineaux. Félicitations à Madame Nathalie Pitrou, déléguée à la démocratie locale.

A.Bétry

28 mai 2026

Weiden, ville jumelle d'Issy

 Weiden, petit voyage dans le temps

L’actualité internationale hélas belliqueuse a du moins le mérite de nous rappeler en creux notre chance de vivre en paix avec notre ex-ennemi héréditaire, l’Allemagne. Et cela depuis plus de quatre-vingt ans, ce qui n’était pas arrivé depuis les guerres napoléoniennes si ce n’est avant. Nous le devons à une admirable conjugaison d’initiatives petites et grandes dont font partie les jumelages de villes. Issy s’est ainsi associée très tôt à Weiden en Bavière. Alors ne boudons pas notre bonheur d’évoquer notre cité sœur et son passé.

Comme le rappelle un article antérieur d’Historim, la première mention connue de Weiden date de 1241 et le bourg semble avoir été créé quelques 250 ans plus tôt. Si c’est le cas, c’est relativement récent. En ordre de grandeur, Issy est deux fois plus ancien et Marseilles trois fois. Cette différence tient sans doute en partie à sa position, tout à l’est de la Bavière, loin du limes, la partie de Germanie colonisée par Rome, et plus encore de la Grande Grèce (Marseilles, Nice …). Or ces deux peuples grec et romain ont introduit l’urbanisme en Europe.
En allemand, Weiden signifie « pâturages » ou « saules », deux mots distincts. L’un ou l’autre explique probablement le nom de la ville, mais les historiens ignorent lequel. La cité aussi : ses armoiries représentent un saule … sur une verte colline.
S’il s’agit de « pâturages », le mot descend d’un terme germanique qui signifiait plus généralement « lieu de subsistance, de pêche, de chasse ». Il est apparenté au francique *waidan de même sens qui a donné, après transcription usuelle du ‘w’ en ‘gu’ (comme dans War / guerre) le français ‘gain’. La racine indo-européenne d’origine, *weie-, confirme cette idée de poursuite et de désir un peu trop exacerbé. Elle a aussi donné les mots latins vis et vir, d’où ‘violence’ et ‘viril’. Nous voilà revenus à l’idée de conflit …
S’il s’agit de « saules », l’étymologie est plus pacifique. Le mot descend d’un autre verbe indo-européen *u̯ei- qui signifiait « se tordre ». Le saule, Weide, est littéralement « l’arbre qui se tord ». Le latin vita, « vigne », partage mêmes origine et sens. Il a donné le français ‘viticulture’, mais aussi ‘vis’ et ‘vrille’ (d’abord ‘védille’ puis ‘vérille’), littéralement « qui se tord comme une vigne ». Dans tous les cas, une fois dépassé les apparences, nos ancêtres respectifs parlaient donc des langues apparentées.

                                                   

 L’église Saint-Michel de Weiden : catholique romaine à l’extérieur,

                                                                    protestante luthérienne à l’intérieur




Mais le nom complet est « Weiden in der Oberpfalz ». Ober, de même souche qu’hyper et super, signifie comme eux « sur, haut ». Pfalz descend du latin palatium, « palais royal ». En français, il est très logiquement traduit par « Palatinat ». La ville s’appelle donc littéralement « Pâturages ou Saules en Haut-Palatinat ». Le Haut-Palatinat est le département de Bavière (le Regierungsbezirk) où se situe Weiden.

Initialement, ce terme désignait moins une région géographique qu’une juridiction administrative, justement placée sous l’autorité d’un « palais royal » (concrètement d’un comte palatin, c.à d. « du palais »). Il existe du reste un autre Palatinat en Allemagne, celui de Rhénanie d’où était natif le chancelier Kohl.

Troisième grande ville du Haut-Palatinat, Weiden a une histoire intimement liée à celui-ci. Plongeant ses racines dans des temps fort reculés, il acquiert sa forme actuelle au début du XIVe siècle. Rappelons qu’à l’époque l’Allemagne est une union de principautés largement souveraines, grossièrement comparable à notre Communauté Economique Européenne des années 1960, avec à sa tête un empereur (élu) dont le pouvoir dépendait surtout de sa personnalité. 

Le Palatinat semble avoir été une sorte de délégation administrative locale. Aussi loin qu’on remonte dans le temps et ce jusqu’au XIXe siècle, celui où se trouve Weiden était placé sous l’apanage des Wittelsbach. Cette très grande famille allemande a donné plusieurs empereurs et aussi, par mariages, de nombreuses têtes couronnées d’Europe. Les souverains de Grèce qui ont régné jusqu’en 1974 étaient ainsi des Wittelsbach. Mais il ne semble pas y avoir eu d’union matrimoniale significative avec la couronne de France.

Weiden doit une grande partie de sa prospérité initiale à s’être trouvée au carrefour de deux routes commerciales importantes, celle de l’ambre et la Via Carolina. La première, fréquentée dès la préhistoire et tracée dans un axe schématique nord-sud, allait de rivages de la Baltique à ceux de la Méditerranée. Rappelons que l’on trouve de l’ambre jusque dans les tombes égyptiennes. La seconde, littéralement la « route de Charles », a été ouverte au XIVe siècle par l’empereur Charles IV dans le sens est-ouest pour relier les deux principales villes du Saint-Empire à l’époque, Prague et Nuremberg.

Chez nous, la Bavière a souvent la réputation d’être un Etat très catholique. A tort : il s’y trouve plus d’un protestant pour trois catholiques, nettement plus qu’en France, et cela depuis très longtemps. Variable selon les régions, cette proportion semble être celle de Weiden, là aussi depuis des siècles. On y voit donc, comme du reste dans beaucoup de villes bavaroises, de mêmes églises baroques au bulbe caractéristique affectées, pour part, au culte catholique, et pour l’autre, protestant. Seul l’intérieur, moins chargé dans le second cas, permet de les distinguer.

Dans le Saint-Empire, les guerres de religion furent effroyables, bien pires qu’en France. Elles tuèrent plus du tiers de la population. Aujourd’hui, à Weiden et ailleurs, les communautés coexistent harmonieusement, à l’égal de la France et de l’Allemagne. Si cela pouvait servir d’exemple à d’autres régions du monde.

Herr Dokt. Peter Tanzend - Pierre Baland

21 mai 2026

Entretien d’Issy :

L’imagination, un droit de l’enfant

Pour le dernier Entretien d’Issy de la saison consacré au thème Imaginez, Élisabeth Brami, psychologue clinicienne et auteure jeunesse, vient évoquer le pouvoir de l’imaginaire chez les enfants. Depuis des décennies, elle explore avec finesse ce qui nourrit l’enfance : les émotions, les mots, les colères… et surtout l’imagination

Point d’Appui : En quoi ce pouvoir d’inventer, de rêver, de transformer le réel est-il essentiel au développement de l’enfant ? 
Elisabeth Brami : Nourri au lait de la parole et des liens affectifs, l’enfant possède un espace psychique qui l’aide à supporter la réalité et ses frustrations, lui donne la liberté d’inventer sa vie, trouver sa place, sublimer le malheur. 

 
Pd’A : À l’heure où les enfants sont très sollicités par les écrans, les rythmes scolaires et les activités structurées, quels sont selon vous les principaux freins à l’imagination aujourd’hui, et comment les adultes — parents, enseignants, collectivités — peuvent-ils mieux la protéger et la nourrir ? 
E.B : Les parents, piégés eux-mêmes, sont les premiers facilitateurs de dépendance précoce des enfants. Les imageries tueuses d’imaginaire, buveuses d’attention, sont fournies de bonne foi comme valorisantes au lieu de livres etc. Occuper son enfant au restaurant à une tablette 1er âge, pousser son landau en parlant à des oreillettes, le soumettre au flux violent d’images sans médiation verbale, sans décryptage entre réalité et fiction, c’est l’exposer à la fascination, l’insécurité, la sidération ou l’angoisse, faire de lui un regardeur passif dépendant, un consommateur compulsif. Quant aux rythmes scolaires et activités, ils sont toujours fixés par la société pour ses besoins économiques et non ceux des enfants interdits de temps de flânerie, rêverie voire d’ennui constructif. Seule la fonction onirique de la nuit échappe au c’est pour ton bien. 

Pd’A : Qu’est-ce qui vous frappe le plus aujourd’hui dans le rapport des enfants à la lecture et à la création ? Comment ces échanges nourrissent-ils votre propre travail d’autrice ? 
E.B : Comme auteure, je constate qu’il faut peu pour susciter l’imagination créatrice des enfants, le goût de lire et d’écrire : juste de joyeux partages littéraires et artistiques sans évaluation scolaire avec des adultes passionnés. Lassée des déplorations médiatiques, je vais à contre-courant et j’écris à présent de vrais romans à lire avec les oreilles pour les 3-6 ans. Les enfants n’ont pas toujours besoin qu’on leur fasse un dessin.  
Jeudi 28 mai à 20 h, salle multimédia de l’Hôtel de Ville.