28 mai 2026

Weiden, ville jumelle d'Issy

 Weiden, petit voyage dans le temps

L’actualité internationale hélas belliqueuse a du moins le mérite de nous rappeler en creux notre chance de vivre en paix avec notre ex-ennemi héréditaire l’Allemagne. Et cela depuis plus de quatre-vingt ans, ce qui n’était pas arrivé depuis les guerres napoléoniennes si ce n’est avant. Nous le devons à une admirable conjugaison d’initiatives petites et grandes dont font partie les jumelages de villes. Issy s’est ainsi associée très tôt à Weiden en Bavière. Alors ne boudons pas notre bonheur d’évoquer notre cité sœur et son passé.

Comme le rappelle un article antérieur d’Historim, la première mention connue de Weiden date de 1241 et le bourg semble avoir été créé quelques 250 ans plus tôt. Si c’est le cas, c’est relativement récent. En ordre de grandeur, Issy est deux fois plus ancien et Marseilles trois fois. Cette différence tient sans doute en partie à sa position, tout à l’est de la Bavière, loin du limes, la partie de Germanie colonisée par Rome, et plus encore de la Grande Grèce (Marseilles, Nice …). Or ces deux peuples grec et romain ont introduit l’urbanisme en Europe.
En allemand, Weiden signifie « pâturages » ou « saules », deux mots distincts. L’un ou l’autre explique probablement le nom de la ville, mais les historiens ignorent lequel. La cité aussi : ses armoiries représentent un saule … sur une verte colline.
S’il s’agit de « pâturages », le mot descend d’un terme germanique qui signifiait plus généralement « lieu de subsistance, de pêche, de chasse ». Il est apparenté au francique *waidan de même sens qui a donné, après transcription usuelle du ‘w’ en ‘gu’ (comme dans War / guerre) le français ‘gain’. La racine indo-européenne d’origine, *weie-, confirme cette idée de poursuite et de désir un peu trop exacerbé. Elle a aussi donné les mots latins vis et vir, d’où ‘violence’ et ‘viril’. Nous voilà revenus à l’idée de conflit …
S’il s’agit de « saules », l’étymologie est plus pacifique. Le mot descend d’un autre verbe indo-européen *u̯ei- qui signifiait « se tordre ». Le saule, Weide, est littéralement « l’arbre qui se tord ». Le latin vita, « vigne », partage mêmes origine et sens. Il a donné le français ‘viticulture’, mais aussi ‘vis’ et ‘vrille’ (d’abord ‘védille’ puis ‘vérille’), littéralement « qui se tord comme une vigne ». Dans tous les cas, une fois dépassé les apparences, nos ancêtres respectifs parlaient donc des langues apparentées.

                                                   

 L’église Saint-Michel de Weiden : catholique romaine à l’extérieur,

                                                                    protestante luthérienne à l’intérieur




Mais le nom complet est « Weiden in der Oberpfalz ». Ober, de même souche qu’hyper et super, signifie comme eux « sur, haut ». Pfalz descend du latin palatium, « palais royal ». En français, il est très logiquement traduit par « Palatinat ». La ville s’appelle donc littéralement « Pâturages ou Saules en Haut-Palatinat ». Le Haut-Palatinat est le département de Bavière (le Regierungsbezirk) où se situe Weiden.

Initialement, ce terme désignait moins une région géographique qu’une juridiction administrative, justement placée sous l’autorité d’un « palais royal » (concrètement d’un comte palatin, c.à.d. « du palais »). Il existe du reste un autre Palatinat en Allemagne, celui de Rhénanie d’où était natif le chancelier Kohl.

Troisième grande ville du Haut-Palatinat, Weiden a une histoire intimement liée à celui-ci. Plongeant ses racines dans des temps fort reculés, il acquiert sa forme actuelle au début du XIVe siècle. Rappelons qu’à l’époque l’Allemagne est une union de principautés largement souveraines, grossièrement comparable à notre Communauté Economique Européenne des années 1960, avec à sa tête un empereur (élu) dont le pouvoir dépendait surtout de sa personnalité. Le Palatinat semble avoir été une sorte de délégation administrative locale. Aussi loin qu’on remonte dans le temps et ce jusqu’au XIXe siècle, celui où se trouve Weiden était placé sous l’apanage des Wittelsbach. Cette très grande famille allemande a donné plusieurs empereurs et aussi, par mariages, de nombreuses têtes couronnées d’Europe. Les souverains de Grèce qui ont régné jusqu’en 1974 étaient ainsi des Wittelsbach. Mais il ne semble pas y avoir eu d’union matrimoniale significative avec la couronne de France.

Weiden doit une grande partie de sa prospérité initiale à s’être trouvée au carrefour de deux routes commerciales importantes, celle de l’ambre et la Via Carolina. La première, fréquentée dès la préhistoire et tracée dans un axe schématique nord-sud, allait de rivages de la Baltique à ceux de la Méditerranée. Rappelons que l’on trouve de l’ambre jusque dans les tombes égyptiennes. La seconde, littéralement la « route de Charles », a été ouverte au XIVe siècle par l’empereur Charles IV dans le sens est-ouest pour relier les deux principales villes du Saint-Empire à l’époque, Prague et Nuremberg.

Chez nous, la Bavière a souvent la réputation d’être un Etat très catholique. A tort : il s’y trouve plus d’un protestant pour trois catholiques, nettement plus qu’en France, et cela depuis très longtemps. Variable selon les régions, cette proportion semble être celle de Weiden, là aussi depuis des siècles. On y voit donc, comme du reste dans beaucoup de villes bavaroises, de mêmes églises baroques au bulbe caractéristique affectées, pour part, au culte catholique, et pour l’autre, protestant. Seul l’intérieur, moins chargé dans le second cas, permet de les distinguer.

Dans le Saint-Empire, les guerres de religion furent effroyables, bien pires qu’en France. Elles tuèrent plus du tiers de la population. Aujourd’hui, à Weiden et ailleurs, les communautés coexistent harmonieusement, à l’égal de la France et de l’Allemagne. Si cela pouvait servir d’exemple à d’autres régions du monde .

Herr Dokt. Peter Tanzend - Pierre Baland

21 mai 2026

Entretien d’Issy :

L’imagination, un droit de l’enfant

Pour le dernier Entretien d’Issy de la saison consacré au thème Imaginez, Élisabeth Brami, psychologue clinicienne et auteure jeunesse, vient évoquer le pouvoir de l’imaginaire chez les enfants. Depuis des décennies, elle explore avec finesse ce qui nourrit l’enfance : les émotions, les mots, les colères… et surtout l’imagination

Point d’Appui : En quoi ce pouvoir d’inventer, de rêver, de transformer le réel est-il essentiel au développement de l’enfant ? 
Elisabeth Brami : Nourri au lait de la parole et des liens affectifs, l’enfant possède un espace psychique qui l’aide à supporter la réalité et ses frustrations, lui donne la liberté d’inventer sa vie, trouver sa place, sublimer le malheur. 

 
Pd’A : À l’heure où les enfants sont très sollicités par les écrans, les rythmes scolaires et les activités structurées, quels sont selon vous les principaux freins à l’imagination aujourd’hui, et comment les adultes — parents, enseignants, collectivités — peuvent-ils mieux la protéger et la nourrir ? 
E.B : Les parents, piégés eux-mêmes, sont les premiers facilitateurs de dépendance précoce des enfants. Les imageries tueuses d’imaginaire, buveuses d’attention, sont fournies de bonne foi comme valorisantes au lieu de livres etc. Occuper son enfant au restaurant à une tablette 1er âge, pousser son landau en parlant à des oreillettes, le soumettre au flux violent d’images sans médiation verbale, sans décryptage entre réalité et fiction, c’est l’exposer à la fascination, l’insécurité, la sidération ou l’angoisse, faire de lui un regardeur passif dépendant, un consommateur compulsif. Quant aux rythmes scolaires et activités, ils sont toujours fixés par la société pour ses besoins économiques et non ceux des enfants interdits de temps de flânerie, rêverie voire d’ennui constructif. Seule la fonction onirique de la nuit échappe au c’est pour ton bien. 

Pd’A : Qu’est-ce qui vous frappe le plus aujourd’hui dans le rapport des enfants à la lecture et à la création ? Comment ces échanges nourrissent-ils votre propre travail d’autrice ? 
E.B : Comme auteure, je constate qu’il faut peu pour susciter l’imagination créatrice des enfants, le goût de lire et d’écrire : juste de joyeux partages littéraires et artistiques sans évaluation scolaire avec des adultes passionnés. Lassée des déplorations médiatiques, je vais à contre-courant et j’écris à présent de vrais romans à lire avec les oreilles pour les 3-6 ans. Les enfants n’ont pas toujours besoin qu’on leur fasse un dessin.  
Jeudi 28 mai à 20 h, salle multimédia de l’Hôtel de Ville.

17 mai 2026

Issy-les-Moulineaux, il y a 155 ans

"La Commune"

   Mai 1871


Les 1er et 2 mai, les Versaillais, conduits par le général Lamariouse prennent enfin la totalité du château et de son parc. Du moins ce qu’il en reste : la demeure des cousins des rois de France a subi tant de bombardements, et plusieurs incendies, qu’elle n’est plus que ruines. L’église Saint-Etienne n’est pas en meilleur état. L’on dit même que le clocher sert de cibles aux artilleurs ! 
Par Clamart, le général Berthier fait pilonner les maisons entourant le fort d’Issy. En deux jours, on compte plus de 400 morts.


Le site internet Historim a publié le récit de la chute du fort d’Issy, par Prosper-Olivier Lissagaray, journaliste et soldat communard : « l'orgueilleuse redoute n'était plus un fort, à peine une position forte, un fouillis de terre et de moellons fouettés par les obus. Les casemates défoncées laissaient voir la campagne ; les poudrières se découvraient ; la moitié du bastion 3 était dans le fossé ; on pouvait monter à la brèche en voiture. Une dizaine de pièces au plus répondaient à l'averse des soixante bouches à feu versaillaises ; la fusillade des tranchées ennemies visant les embrasures, tuait presque tous les artilleurs. Le 3, les Versaillais renouvelèrent leur sommation, ils reçurent le mot de Cambronne. Le chef d'état-major laissé par Eudes avait filé. Le fort resta aux mains vaillantes de deux hommes, l'ingénieur Rist et Julien, commandant du 141e bataillon - XIe arrondissement. A eux et aux fédérés qu'ils surent retenir, revient l'honneur de cette défense extraordinaire ».

Le 6 mai 1871, à 19 h 30, Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif fait publier la déclaration suivante : « Ceux qui suivent les opérations que notre armée exécute avec un dévouement admirable, pour sauver l’ordre social, si gravement menacé par l’insurrection parisienne, ont compris qu’il s’agissait d’annuler le fort d’Issy en éteignant ses feux et en coupant ses communications, tant avec le fort de Vanves qu’avec l’enceinte. Ces opérations touchent à leur terme, malgré l’obstacle qu’elles rencontrent dans les batteries du fort de Vanves. En ce moment, nos troupes travaillent à la tranchée qui va séparer le fort d’Issy de celui de Vanves. La ligne du chemin de fer que traverse un passage voûté est la ligne qu’on dispute depuis trois jours. Cette nuit, 240 marins et deux compagnies du 17e bataillon de chasseurs à pied, conduits par deux compagnies du 17e, et la ligne du chemin de fer ainsi que le passage voûté sont restés en notre pouvoir. Cependant, la garnison de Vanves, cherchant en ce moment à prendre nos soldats à revers, était prête à sortir de ses positions, lorsque le colonel Vilmette s’est jeté sur elle à la tête du 2e régiment provisoire, a enlevé les tranchées des insurgés, a pris le redan où ils se logeaient, en a tué et pris un grand nombre et a terminé ce brillant engagement par un coup de main décisif. On a tourné aussitôt le redan contre l’ennemi et on y a pris une quantité d’armes, de munitions, de sacs, de vivres abandonnés par la garnison de Vanves, et le drapeau du 119e bataillon insurgé. Comme on le voit, pas un jour n’est perdu. Chaque heure nous rapproche du moment où l’attaque principale terminera les anxiétés de Paris et de la France entière. Nous avons eu divers officiers distingués mis hors de combat dans ses opérations. Le colonel Laperche, le lieutenant Pavot et le 
jeune de Broglie ont été gravement, mais non dangereusement, blessés. On espère qu’ils seront bientôt remis ».

Le lendemain, Eudes fait venir encore des renforts de Paris. Une nouvelle fois, c’est un massacre. Rue de l’Eglise, les maisons sont systématiquement détruites. Dans la Grande-Rue, la prise de la barricade donne lieu à des corps à corps à la baïonnette. Au Séminaire puis au Couvent des Oiseaux, les combats sont obstinés : A la fin pourtant, une des portes d’entrée cède sous les efforts des soldats que la résistance acharnée des Parisiens oblige chaque chambre l’une après l’autre, à briser les portes, à faire voler en éclats les cloisons. 
C’est dans le dortoir que la plus terrible mêlée a lieu. Après la prise définitive du couvent, ce dortoir présentait l’aspect le plus terrifiant. Les morts et les mourants gisaient pêle-mêle et tout le parquet était inondé de sang » (extrait de l’Avenir national en date du 20 mai 1871).

Le 13 mai, c’est au tour du lycée Michelet et de ses hommes de se rendre. Les Communards ont perdu… En un mois, environ 60.000 obus sont tombés sur le fort et la commune d’Issy. Le général de Rivières estime avoir perdu 300 hommes dans cette bataille, quant les Communards déplorent la mort de près d’un millier d’entre eux (hommes et femmes).

Le 21 mai les troupes versaillaises entrent dans Paris. C’est un carnage… Pendant près d’une semaine, du 22 au 28 mai 1871, les 130.000 hommes des troupes versaillaises s’acharnent à combattre et à éliminer tous les Communards – environ 20.000 hommes – qui se placent devant eux. Des barricades sont érigées un peu partout dans les rues de la capitale : elles sont renversées. Les exécutions sommaires d’hommes et de femmes se multiplient. Menés par des chefs inexpérimentés, comme Bergeret et Cluseret, les Communards, sentant leurs dernières heures venues, incendient l’Hôtel de Ville, la Cour des Comptes et le château des Tuileries. Ils fusillent eux-aussi des otages. Ainsi, le 26 mai, répondant aux massacres de Communards au Panthéon, les Fédérés fusillent les otages de la rue Haxo : 36 soldats, 4 civils et 10 prêtres.
Le lendemain, alors que les Communards ne tiennent plus que quelques rues autour du canal de l’Ourcq, l’on se bat à l’arme blanche dans le cimetière du Père-Lachaise. 147 révolutionnaires sont fusillés devant un mur d’enceinte du cimetière, qui prendra le nom de « Mur des Fédérés ». 
Au global, cette Semaine sanglante fait plus de 20.000 victimes parmi les Communards – dont la grande majorité des commandants militaires – contre moins de 1.000 pour les Versaillais. 
Près de 38.000 parisiens sont emprisonnés et certains leaders politiques sont envoyés en Nouvelle-Calédonie, comme Louise Michel ou Henri Rochefort.

Frédéric Rignault, 
président du Souvenir français d'Issy-les-Moulineaux

Deux nouveaux termes viennent d'arriver dans l'espace médiatique : insurrection, populisme. A.Bétry

14 mai 2026

Prendre l’air dans les rues d'Issy

La ville a une histoire en lien avec la maîtrise de l’air. Dans ses armoiries (et dans le logo d’Historim), un avion biplan côtoie un moulin à vent. Il y en avait plusieurs sur les hauteurs même si le nom des Moulineaux fait plutôt penser aux roues à aube des moulins sur les ruisseaux.

Au XIXe siècle, des ballons dirigeables survolent les champs et les jardins de la plaine avant que l’Armée ne réquisitionne le terrain en 1891. Devenu champ de manœuvre, celui-ci est devenu célèbre lors des débuts de l’aviation avec en particulier le premier vol d’un kilomètre en circuit fermé par Farman. En 1967, une partie du terrain est transformée en Héliport de Paris-Issy-et Valérie André (en 2022).

Plusieurs noms de rues évoquent cette histoire comme les constructeurs d’avions :  Gaston et René Caudron par une rue, les Frères Voisin dans un boulevard et Félix Amiot (à l’origine du premier monoplan) dans un mail.

La conquête de l’air est illustrée par des pionniers. Maurice Mallet survole la plaine à bord d’un dirigeable en 1879 ; une petite rue à son nom en est voisine. Henri Farman, Edouard Nieuport, le capitaine Ferber (premier aéroplane à moteur) ont chacun leur rue. Maryse Bastié a traversé l’Atlantique en solitaire en 1932 et a battu 10 records de distance et durée de vol ; une allée lui rend hommage depuis 2019. Santos-Dumont et Louis Blériot ont donné leur nom à des squares près de l’héliport.

Des militaires aviateurs sont aussi honorés tels Joseph Frantz (premier combat aérien en 1914) ou Guynemer mort au combat en 1917.


La rue Maurice Berteaux rappelle la mort du ministre Maurice Berteaux lors d’un accident dû à un avion lors de la course Paris-Madrid en 1911.

Deux écoles isséennes sont appelées l’une Saint-Exupéry (disparu en 1944) et Marie Marvingt qui crée l’aviation sanitaire lors de la Première Guerre mondiale. 

P. Maestracci 

 

1° Départ des aviateurs lors du circuit de l’Est, août 1910 (carte postale ancienne). Le  départ et l’arrivée étaient sur le champ d’aviation.

2° Rue Guynemer. (carte postale ancienne). Les Petits-Ménages (actuel hôpital Corentin-Celton) faisaient face à des bâtiments et à des usines qui sont remplacés par des bureaux contemporains.

3° Boulevard des Frères Voisin, côté isséen. En face se trouvaient les usines des frères Voisin.

7 mai 2026

Une silhouette disparue : la TIRU

L’usine est créée en 1910, quai des Moulineaux (137, quai de la Bataille-de-Stalingrad), par la Société des Engrais complets afin de traiter les ordures ménagères de quatre arrondissements de la rive gauche parisienne. À l’origine, l’activité se limite à un simple broyage destiné à produire des engrais. Très rapidement, les déchets sont également incinérés : la combustion alimente une centrale électrique, tandis que les scories trouvent un débouché dans une briqueterie.



La société T.I.R.U. (Traitement industriel des résidus urbains) est fondée en 1922 et étend son activité à l’ensemble des communes du département de la Seine dès 1933. Nationalisée en 1946, elle est intégrée à EDF, inscrivant durablement l’établissement dans le paysage industriel public de l’après-guerre.
La vétusté des installations, dont certaines remontent à 1927, entraîne l’arrêt de l’incinération en 1957. L’usine est reconstruite entre 1963 et 1965, malgré l’opposition de la municipalité, préoccupée par les nuisances générées par l’activité. Le chantier sert alors de décor au dernier épisode de la série Belphégor(1). L’inauguration officielle a lieu le 31 mars 1966.
Ses deux cheminées, hautes de 80 mètres, deviennent rapidement un repère familier dans le paysage d’Issy-les-Moulineaux. Dotée des techniques les plus modernes de l’époque, l’usine est conçue pour traiter jusqu’à 400 000 tonnes d’ordures ménagères par an, grâce à quatre fours équipés de filtres électrostatiques. Elle compte alors parmi les installations les plus performantes de son genre.

En 1977, les grandes cheminées en béton armé subissent d’importants désordres structurels. Exposées à des fumées très acides (chargées en soufre, chlorures et humidité), elles sont attaquées de l’intérieur : corrosion des armatures, fissuration du béton, dégradations du parement et pertes d’étanchéité. Ce type de pathologie, fréquent à l’époque en raison de normes environnementales encore limitées et de matériaux inadaptés, conduit à d’importants travaux de réparation : chemisage intérieur, traitement des fissures, renforcement structurel et amélioration du traitement des fumées. Ces incidents contribuent à une meilleure prise en compte des contraintes techniques et environnementales des incinérateurs.
Malgré les interventions répétées de la municipalité – notamment pour accélérer le remplacement de cheminées provisoires effondrées, puis, dans le cadre du SYCTOM, pour autoriser en 1986 l’installation d’un dispositif pilote de déchloruration des fumées – l’usine reste durablement associée, dans la mémoire des riverains, à des nuisances olfactives persistantes.
Les difficultés de circulation sont partiellement atténuées par l’aménagement d’une voie d’accès spécifique à la TIRU, mais le stationnement demeure impossible le long du quai, témoignant des contraintes qu’impose encore cette activité industrielle au tissu urbain.
L’activité d’incinération cesse définitivement en 2006, notamment en raison du durcissement des normes environnementales européennes. Dans la nuit du 12 au 13 mars 2006, l’une des deux cheminées prend feu, entraînant l’évacuation d’environ 400 personnes. Jugée dangereuse, elle est abattue le 26 mars suivant.
Le démantèlement du site débute en septembre 2008, sous maîtrise d’ouvrage de la Ville de Paris. Un nouvel incendie survient le 17 mars 2010, alors que l’usine est en cours de démolition, ses fumées étant visibles dans tout le sud parisien.
La seconde cheminée est démolie le 6 juin 2010 à l’aide d’explosifs, marquant la disparition définitive de cet élément emblématique du paysage industriel local.

La fin de l’usine et la transition (2007–2024)
Parallèlement à l’arrêt progressif de l’ancienne usine, une nouvelle unité de traitement, baptisée Isséane(2), est mise en service à proximité immédiate du site. Conçue comme un équipement de nouvelle génération, elle est en grande partie enterrée et dotée de dispositifs avancés de traitement des fumées, limitant fortement son impact sur l’environnement et les riverains.
Ce nouvel équipement incarne une évolution majeure dans la gestion des déchets, tant sur le plan technique qu’urbain. L’ancienne usine, quant à elle, cesse définitivement toute activité à la fin des années 2000.

La disparition de la TIRU s’inscrit dans une transformation plus large des bords de Seine à Issy-les-Moulineaux, où les anciennes friches industrielles laissent place à des quartiers mixtes mêlant logements, bureaux et équipements. Cette mutation reflète l’évolution du territoire, passé d’un paysage industriel à un pôle tertiaire et technologique majeur.
Mémoire d’un paysage industriel
La disparition de la TIRU illustre la mutation des espaces industriels urbains au tournant du XXIᵉ siècle. D’équipement productif, elle devient objet de mémoire, témoignant à la fois de l’histoire industrielle de la région parisienne et de l’évolution des exigences environnementales.
¹ https://tinyurl.com/53jk4kxa
² https://tinyurl.com/y9e7wzdx
Michel Julien

3 mai 2026

Paris vu de la butte des Moulineaux

Tableau d’Antoine Guillemet, 1897 

Cette huile sur toile de grand format est exposée au musée d’Orsay.  Le titre d’origine sur le cadre est un sobre Paysage ; il est devenu depuis plus explicite. Le tableau rentre par achat dans les collections nationales en 1974.
Le peintre Antoine Guillemet (1842-1918) fut l’élève de Corot, Daubigny et Courbet ; 
il fut ainsi initié à la peinture de plein air qui devint possible au cours du XIXe siècle grâce à l’invention, en particulier, des tubes de peinture. Ce paysagiste fut influencé ensuite par le mouvement impressionniste.


Le paysage représenté sur ce tableau offre une vue plongeante sur la capitale peinte au loin. Au premier plan, donc sur la butte des Moulineaux, un espace naturel herbu est parcouru par un sentier et un petit ruisseau. Un petit troupeau de moutons est en train de paître. Le relief dissimule en contrebas sur la droite les Moulineaux rattachés à Issy depuis 1893 ainsi que l’usine de munitions Gévelot.

La vallée de la Seine n’a que peu de rives aménagées car c’est encore largement une zone inondable. Un viaduc en pierre en travers du fleuve est parcouru par une ligne ferroviaire soulignée par la fumée d’une locomotive à vapeur.

En contrebas sur la droite, au-delà d’un vaste champ, on devine une route bordée de quelques maisons mais pas la ville isséenne.

Sur l’horizon, se détachent les grands monuments parisiens comme la tour Eiffel, l’ancien palais du Trocadéro, la butte Montmartre, etc.

 

P. Maestracci

 

30 avril 2026

Gouverneur Général Félix Eboué

Félix Eboué 1884-1944

La rue du Gouverneur Général Felix Eboué à Issy-les-Moulineaux est un axe de circulation important. 
Mais qui est donc ce personnage ?
Descendant d’esclave, Félix Eboué est né à Cayenne en Guyane, en 1884. Issu de la petite bourgeoisie, il termine ses études secondaires à Bordeaux, puis ses études supérieures à Paris, à l’Ecole coloniale.

Il occupe de nombreuses fonctions en temps qu’administrateur en AEF (Afrique équatoriale française).
Successivement à la Martinique, au Soudan français, il est secrétaire général. De 1936 à 1940, il est gouverneur de la Guadeloupe, puis gouverneur du Tchad.


C’est à ce moment qu’il choisit de rejoindre la France Libre du général de Gaulle en répondant à son célèbre appel du 18 juin 1940.

En novembre de la même année, de Gaulle le nomme gouverneur général de l’AEF à Brazzaville, au Congo. Et comme il est un des premiers à avoir rejoint la France Libre, il est de ceux qui deviennent « Compagnon de la Libération ».

Grace à son expérience et sa maîtrise de l’administration coloniale, il gère au profit de la France Libre les populations et les ressources de l’AEF.

Epuisé et malade, Félix Eboué décède en mai 1944.

« Premier artisan du ralliement du Tchad au général de Gaulle en août 1940, âme de l’Afrique équatoriale française libre, ce grand administrateur colonial de la République mit son énergie tout entière dans l‘œuvre de libération du territoire national ».

Personnage emblématique de la IIIe République et grand serviteur de l’Etat, 

Félix Eboué entre au Panthéon en mai 1949.

A. Bétry

28 avril 2026

Henri Rousseau

Peintre devenu célèbre, cet artiste surprenant nous transporte dans le domaine du rêve. C’est l’impression que l’on ressent au terme d’une visite au musée de l’Orangerie de Paris. Peintre autodidacte, tout lui est permis et les sujets de la vie courante lui deviennent familiers.
A l’âge de quarante ans, il est alors employé municipal, il est chargé de prélever un impôt sur les marchandises entrant dans Paris. Ce qui lui valut de porter le surnom de Douanier, légende construite de ce provincial venu de Laval, né en 1844.
C’est en 1885 qu’il fait ses débuts dans l’Art. Après bien des déboires, deux marchands collectionneurs, Paul Guillaume parisien, et par la suite un américain Albert Barnes assureront la notoriété de l’œuvre de Henri Rousseau.
D’un style particulier, Rousseau reconnaît en1910 n’avoir jamais quitté la France car une grande partie de sa peinture reflète un exotisme parfois envahissant de végétation et à la fois de création. En réalité, c’est au Muséum national d’Histoire naturelle et dans les serres du Jardin des Plantes que Rousseau puisa son inspiration. Le talent de l’artiste nous transporte réellement dans un autre monde. De plus, l’exposition est admirablement bien présentée. Pour nous, Historim, un tableau a particulièrement retenu notre attention : « Les Pêcheurs à la ligne », 1908-1909 (46 x 55 cm).


L’avion dans le ciel serait aux dires du musée de l’Orangerie un hommage aux premiers vols du biplan des frères Wright en 1908. 
A.Bétry


Henri Rousseau, Musée de l’Orangerie, du 25 mars au 20 juillet 2026.

25 avril 2026

Ecole Fontaine, puis Ecole Anatole France

L’institution Fontaine, du nom de son directeur M. Gustave Fontaine a été créée à Issy entre 1882 et 1902. C’était un établissement privé pour jeunes gens qui était situé au 12 rue du Parc (adresse de l’époque, aujourd’hui 10 rue Henri Tariel). La fermeture de cette école a été actée le 14 mars1921.
Au début du siècle, en 1903, elle comprenait 172 élèves (15 de plus de 13 ans et âgés de 6 à 13 ans) répartis en sept classes primaires élémentaires. Le personnel enseignant était composé d’un 
instituteur et de sept adjoints. 
Dans l’indicateur « Bijou » de 1927, elle est baptisée « Ecole Commerciale d’Issy ». 




Quelques années plus tard, avant 1933, elle est acquise par le département. Elle est aujourd’hui devenue l’école Anatole France.



Elle renferme dans son enceinte l’un des derniers vestiges de l’ancien Parc des Princes de Bourbon-Conti créé au XVIIe siècle : un bassin au dessin original, autrefois placé au sommet de la grande perspective transversale. Il était bordé par le mur, toujours existant, de soutènement du château d’eau, orné de « trois portiques en brique couronnés d’une balustrade » (Dulaure : « Nouvelle description des environs de Paris », Paris 1786).
Aujourd'hui, en 2026, à l'emplacement de cet établissement ayant changé plusieurs fois de nom, ont été construits des immeubles d'habitation rue Henri Tariel, ainsi qu'une nouvelle école Anatole France. dont l'entrée principale se trouve boulevard Rodin.

Collaboration de M. Laurent Bonvalet,
de Florian Goutagneux,
et du Musée français de la carte à jouer d'Issy-les-Moulineaux.














19 avril 2026

Rue Danton

Cette rue, assez proche de l’Hôtel de Ville avec une légère pente est longue d’environ 350 mètres. Elle relie deux grands axes de la ville, à savoir l’avenue Victor Cresson et la rue du Gouverneur Général Éboué.



Son nom est celui d’un des plus célèbres révolutionnaires, Georges Danton (1759-an II soit 1794). Cet avocat s’engage pleinement dans la Révolution française et crée le Club des Cordeliers en 1790. 


Plaque de la rue, ancienne rue des Entrepreneurs.


Par la suite, il est élu à la Convention député de Paris et organise la défense du pays en guerre. Sa phrase « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » est devenue iconique. Membre du Comité de Salut Public en l’an I (1793), il est devenu un opposant à Robespierre qui le fait guillotiner l’année suivante.


Rue en 1910. Le bas de la rue est envahi par les eaux de la Seine lors de la dernière grande inondation dite crue centennale. Sur la droite, le profil de la façade de l’immeuble au 33. Un peu plus loin, le croisement avec la rue Hoche et au-delà, le bas de la rue fermé à la circulation pour cause d’inondation. 

La rue Danton est essentiellement bordée d’immeubles résidentiels. L’un d’eux, au numéro 33,  est caractéristique de la Belle Époque  car il est construit en meulière. 

Rue Danton vue de l’avenue Victor Cresson. La poissonnerie au rez-de-chaussée d’un petit  immeuble  a maintenant disparu car l’immeuble ancien a été remplacé depuis quelques années par un immeuble résidentiel plus haut.

Un immeuble des Années Trente en pierre et brique claire est à l’angle de la rue Anatole France. Une maison, à l’angle de la rue du Gouverneur Général Éboué est décorée juste sous le toit par des animaux en plein saut.

Texte et photographies : P. Maestracci 

15 avril 2026

Le stand de tir devenu ZAC Rodin


A la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, Issy-les-Moulineaux, encore largement campagnarde, accueillait une installation de tir aux pigeons fondée par la maison Gastinne-Renette, un armurier parisien réputé. 

Stand de tir 1963
Palissades, rue d'Erevan



Cette installation se trouvait dans les Hauts d’Issy, sur un vaste terrain situé entre les rues d’Erevan (anciennement rue du Plateau) et de l’Égalité. Les tirs se faisaient du sud vers le nord en direction d’un espace boisé le long du boulevard Rodin. De hautes palissades en bois protégeaient le voisinage (voir photo ci-dessus).



À cette époque, le tir aux pigeons était une activité sportive populaire, souvent liée aux sociétés de tir et aux concours réguliers, avec des résultats publiés dans la presse locale.
Lors des Jeux olympiques d’été de 1924 à Paris, Issy-les-Moulineaux a accueilli l’épreuve de tir aux pigeons d’argile (pas sur des pigeons vivants) dans le stade des Épinettes.
Cette épreuve faisait partie du programme « tir aux armes de chasse » parmi d’autres disciplines, et opposa plusieurs nations entre le 21 et le 29 juin 1924.
L’équipe américaine remporta l’épreuve par équipes. Le Hongrois Gyula Halasy fut victorieux en individuel.
Le tir aux pigeons d’argile fut ensuite progressivement remplacé par des disciplines plus modernes (comme le ball-trap) et ne figure plus dans le programme olympique après 1968.

Une ancienne habitante du sentier des Epinettes raconte : « Dans les années cinquante, il fallait voir les autos luxueuses, des américaines qui stationnaient dans la rue … Dès que mon grand-père entendait les plombs retombaient sur le toit ou dans les gouttières, il sortait de chez lui et surveillait le ciel. Il lui est arrivé plusieurs fois de retrouver des pigeons blessés, qu’il s’empressait de récupérer afin de pouvoir les manger. »
Après l’abandon progressif de l’activité, le lieu devint un terrain vague, même si des vestiges du tir aux pigeons restaient visibles dans les années cinquante (douilles, morceaux de pigeons d’argile) avant d’être définitivement transformé par l’urbanisation dans les années soixante-dix.
Ce terrain n’existe plus aujourd’hui. La catastrophe de juin 1961 a accéléré son abandon. Il a été urbanisé après son abandon progressif et les vestiges ont disparu en 1974 avec la construction de tours et d’immeubles.

Dans le catalogue d’armes de la société Gastinne-Renette, une page entière est consacrée à leur école de chasse d’Issy avec, en évidence, le moyen de s’y rendre : sur la ligne électrique Paris-Invalides à Meudon-Val-Fleury, à 2 km de Paris.

Voici le contenu de celle-ci :

 L’école de chasse est à la porte même de Paris et d’un accès facile aux automobilistes. Il est même possible de s’y rendre également par chemin de fer ou par le métropolitain (station Mairie d’Issy). Le parcours de chasse a été tracé dans un terrain d’une contenance de 7 hectares, légèrement vallonné dans certaines parties et très accidenté dans d’autres.
Les amateurs peuvent s’exercer utilement à la chasse devant eux en tirant les lapins sortant du terrier ou sautant les allées et les oiseaux artificiels filant devant eux ou passant en travers. Des oiseaux venant à tire-d’aile de derrière les collines ou vigoureusement lancés de la tour seront pour eux d’un excellent entraînement pour le tir en battue. Tous les tirs de chasse se trouvent représentés.

Un personnel expérimenté est à demeure à l’établissement et est à même de donner tous les conseils nécessaires. Aux débutants sont donnés les plus grands conseils de prudence ; ils apprennent vite à se servir convenablement et avec profit d’une arme de chasse. Tous les tireurs y trouvent l’avantage de pouvoir essayer successivement, autant de fois qu’ils le désirent, un oiseau difficile.
Par mesure de sécurité les munitions du tir sont imposées.
En raison du grand nombre de tireurs et des réunions de Sociétés, il est recommandé de toujours prendre rendez-vous par téléphone, avant de se rendre au tir d’Issy.

 

TIR AU PIGEON ET AU BALL-TRAP
Attenant à l’Ecole de Chasse est installé :
1° Un tir au pigeon vivant et aux électrocibles ZZ qui jouit d’une vue très étendue et qui est, par sa position et son altitude, très propice au vol des rapide des oiseaux.
2° Un tir au pigeon d’argile avec fosse réglementaire de 15 mètres spécialement disposée pour l’entraînement des Jeux olympiques.
C’est le rendez-vous des principales sociétés sportives de Paris.

Michel Julien





12 avril 2026

Succès d'Educap City 2026

Merci encore et bravo pour votre engagement.


Tout s'est bien passé avec des moments parfois chargés mais souvent intéressants. Notre animatrice Ana a été remarquable alors qu'elle n'a été prévenue que le matin même.


Nous avons reçu 73 équipes (sur 200), ce qui est nettement plus que les années précédentes.







5 avril 2026

Educap city 2026

 


Rappel Educap city, le 11 avril 2026

Toute la ville grouille d'enfants activés par le rendez-vous annuel d'un millier de participants.
Par équipe de six jeunes accompagnés d'un adulte, ils vont de 10 h à 16 heures parcourir les différentes étapes d'un immense jeu avec les questionnaires établis par les divers associations ou partenaires de notre ville.

Le samedi 11 avril, c'est pour la plupart d'entre nous jour de repos et de détente. Nous risquons de croiser nombre de ces jeunes âgés de 9 à 13 ans. Animés par l'envie de gagner des points au final de l'épreuve, ils risquent inconsciemment de prendre des risques. Aussi, nous Isséens, automobiles, vélos, trotinettes, essayons encore plus qu'à l'habitude, de modérer nos vitesses afin que la fête se passe sans problème.

En fin d'après-midi, tout le monde et vous Isséens, nous nous retrouverons place Corentin Celton pour célébrer ce moment annuel de joie et de plaisir.
Certains des enfants participants sont certainement vos enfants, vos petits-enfants ou vos voisins de palier.

Alors, une ultime consigne PRUDENCE.
Laïcité : apprendre à vivre ensemble
Merci à tous


Historim sera présent 
 à l’intersection des rues Vaudétard et Général Leclerc, sur le trottoir attenant au Séminaire.

29 mars 2026

Héliport d'Issy-Valérie André

 Balade autour de l’héliport de Paris-Issy-Valérie André, 28 mars 2026.

 

La visite commence porte de Sèvres où se trouve l’entrée de l’héliport. Ce vaste terrain dans le XVe arrondissement de Paris a subi de nombreuses transformations. Longtemps il y eut des jardins maraîchers dans cette zone inondable jusqu’en 1891 date à laquelle l’Armée y installe une zone de manœuvres. Au début du XXe siècle, des pionniers de l’aviation s’y entraînent. Le terrain est acheté par la ville de Paris en 1925 et en 1967, ce terrain d’aviation devient l’héliport de Paris-Issy. En 2022, ce nom est complété par celui de l’Isséenne Valérie André médecin, parachutiste, pilote d’hélicoptère et général (au masculin) lors de son centième anniversaire.

Devant l’héligare, une sculpture de Landowski rend hommage au premier kilomètre en circuit fermé de l’aviateur Henri Farman en 1908.




Le parcours contourne l’héliport pour retrouver les tables émaillées de l’histoire de l’aviation sur ce terrain longtemps isséen. La devise de la ville Habeo semper alas (j’ai toujours des ailes) y fait allusion. Les tables créées par Patricia Bétry (présidente de l’association jusqu’en 2025) ont chacune un thème avec un texte bilingue.




L’allée Maryse Bastié rend hommage à une aviatrice remarquable. Rue Guynemer (aviateur mort au combat en 1917), ont été installées une table sur les frères Caudron, constructeurs d’avions et plus loin, une autre sur des pionnières de l’aviation comme Marie Marvingt. 



Au rond-point Victor Hugo, une table est consacrée à Henri Farman. Boulevard des Frères Voisin, une table leur est dédiée juste en face de l’emplacement de leurs usines (disparues) en bordure du terrain de l’héliport ; plus loin devant le Palais des Sports, une table porte sur les courses comme le Paris-Madrid en 1911.



Boulevard Gallieni, une table évoque les dirigeables dont certains ont survolé les terrains maraîchers au XIXe siècle. Le siège social d’Eutelstat, entreprise européenne de satellites se trouve également sur ce boulevard. Enfin, rue Farman, la dernière table émaillée met en valeur les hélicoptères dont certains continuent à être utilisés pour des raisons sanitaires et stratégiques sur l’héliport Valérie André.

 P. Maestracci

Images : Michel Julien