31 octobre 2017

1917 - les Américains entrent dans la Grande Guerre

Le 6 avril 1917, le président des États-Unis Thomas Woodrow Wilson déclare la guerre à l'Allemagne. Ainsi débute la saison 4 qu'Historim consacre au mois de novembre à la Grande Guerre.

Rappelez-vous :
- 2014 : les étrangers dans la Guerre
- 2015 : la guerre aérienne
- 2016 : les sportifs dans la Grande Guerre




Au programme de ce mois de novembre 2017

sur le site :

- les Américains dans la guerre

- les premiers blindés sur les champs de bataille

- l'Escadrille La Fayette

- la France découvre le jazz

- les reportages d'époque à Issy-les-Moulineaux

conférence du 21 novembre :

" De l'aide aux Insurgents décidée par Louis XVI aux deux Guerres mondiales : 
un lien particulier entre France et États- Unis depuis le XVIIIe siècle",
par Guy de Rochambeau



26 octobre 2017

1917 - la Révolution russe - Exposition et archives

Pour le centenaire de la Révolution russe, la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine), présente à l'Hôtel national des Invalides, à Paris une exposition consacrée aux révolutions russes (du 18 octobre au 18 février 2018). En effet, il s'agit bien de plusieurs révolutions et non de la seule qui a marqué les esprits : la Révolution d'octobre !


Alors que les armées s'enlisent dans les combats de la Grande Guerre, à Saint-Péterbsourg, en Russie, les habitants se soulèvent contre la politique du tsar dès février 1917, rejoints par une partie de l'armée. Léline est en exil en Suisse, Trotsky aux États-Unis… mais devant les scènes de rues, les violences, les grèves, le tsar Nicolas II est obligé d'abdiquer le 2 mars. Un Gouvernement provisoire dirigé par Kerenski s'installe au pouvoir : d'un côté la Douma (des députés modérés), de l'autre le Soviet des députés ouvriers. Mais rien ne se passe comme prévu. Le pays est ingérable. Lénine et Trostky rejoignent la Russie, le premier en mai, le second en juillet.
En octobre, (24-25-26), les bolcheviks de Lénine prennent le pouvoir au nom des Soviets. Ils entendent ouvrir une nouvelle ère où le peuple déciderait de sa destinée. Et les 5 et 6  janvier 1918, ils y réussissent. L'Assemblée constituante, dernier organe démocratique, est violemment dispersé. Les Bolcheviks ont tous les pouvoirs entre leurs mains. Le 3 mars 1918, la paix est signée avec l'Allemagne. La guerre civile se déchaîne. La famille impériale en sera l'une des victimes : le tsar, son épouse et leurs enfants seront assassinés par les bolcheviks en juillet.

Que se passe-t-il donc sur le front ? Qu'advient-il des Russes engagés aux côtés des Alliés contre l'Allemagne ? Quel dilemme pour les soldats de l'ex-tsar ? Les soldats russes sont organisés en deux brigades : la "rouge", bolchevique, est envoyée dans un camp militaire de la Creuse, à La Courtine ; la "blanche", loyaliste, est dirigée à Felletin, toujours dans la Creuse. Les Français assistent alors à une sorte de guerre civile sur leur territoire, qui se termine le 12 septembre par le bombardement de La Courtine.
Les "Rouges" sont envoyés en Algérie pour travailler dans les fermes. Certains repartiront en Russie dans les années 1920. Quant aux "Blancs", tsaristes, près de 400 officiers et sous-officiers tsaristes rejoignent les troupes françaises ; 11 000 soldats sont intégrés dans la logistique. Ils resteront en France la paix venue et s'intégreront en France. L'exil des Russes blancs continuera encore plusieurs années.

Les Russes à Issy-les-Moulineaux
La rue Chérioux, en plein Centre Ville, non loin de la Mairie, abrite juste après la guerre une communauté russe, comme en témoigne Odile Gentil-Guéry : http://www.historim.fr/search?q=quartier+russe


Les "immeubles russes" de la rue Chérioux. © A. Bétry
Parmi les exilés, un artiste Léon Zack qui crée dans les années 1950 les verrières monumentales de l'église Notre-Dame des Pauvres : http://www.historim.fr/search?q=l%C3%A9on+zack

1917… c'est aussi l'entrée en guerre des États-Unis, un événement qu'Historim relatera tout au long du mois de novembre, comme tous les ans depuis quatre ans dans sa rubrique Grande Guerre. PCB.

22 octobre 2017

Éliane Tonnel-Marchand - souvenirs (suite et fin)

Éliane continue de nous relater ses souvenirs. Nous sommes restés 
devant l'église Saint-Étienne.

Sur le côté gauche de l’église, la rue Minard et ses trottoirs : elle relie les Hauts d’Issy à la place Voltaire. Sur la gauche de la rue Minard, une double porte surmontée de la statue de Saint-Thomas de Villeneuve. C’est l’entrée de la Maison de Repos (ci-dessous) où des dames fatiguées reprenaient courage et vigueur. Elles étaient entre de bonnes mains, celles des Mères et des Sœurs, religieuses de la congrégation de Saint-Thomas de Villeneuve et des petites « bleues »,couleur portée par le personnel (laïc celui-là) employé aux cuisines et au ménage.

La Maison de Repos aujourd'hui, vue des jardins. © A. Bétry
Un grand jardin en terrasses est à la disposition des convalescentes qui peuvent également, si elles le désirent, aller se recueillir à la chapelle qui date, dit-on de l’époque Louis XIV. Sa profusion de dorures, de marbres luisants, son parfum d’encens, de cire, ses cierges à la lueur tremblante. Toute cette atmosphère nous transporte en effet dans un autre siècle !
En face sur le côté droit après la petite maison du bedeau, commence un long mur gris qui s’arrête brusquement pour laisser place à un bâtiment tout gris lui aussi percé de quelques fenêtres [Il s'agit de la Solitude - Pascale]. J’ai toujours pensé que ce bâtiment ressemblait à une prison. Y séjournaient quelquefois des prêtres de passage. Après cette coupure, le mur gris reprend la descente et cette fois, c’est une porte en fer qui l’arrête dans sa course. Pour nous, enfants des Écoles Libres ou des Patronages, cette porte s’ouvre deux fois par an : le dimanche matin avant la Fête-Dieu et l’après-midi du dimanche suivant. La procession de la Fête-Dieu dans les jardins du Grand Séminaire (ci-dessous) peut commencer. 

Le Grand Séminaire et ses jardins. © A. Bétry
D’abord les petites filles, le front ceint d’une couronne blanche, portent fièrement dans une corbeille attachée par un ruban soyeux autour de leur cou des pétales de roses et de pivoines qu’elles jetteront tout à l’heure devant les reposoirs. Suivent les petits garçons , un lys ou un cierge à la main, les communiants et communiantes de l’année dans leurs habits frais repassés et enfin les séminaristes, soutane noire et surplis blanc, telle une colonne de dominos précédant le prêtre portant l’Eucharistie, recueilli, sous un dais d’argent. Les paroissiens chantent de tout leur cœur, les petits filles n’ont plus de fleurs dans leur corbeille, les lys des petits garçons se fanent déjà. Qu’importe, elle était belle notre procession ! 
À la sortie de ce grand jardin, nous suivons de nouveau un mur puis un commerce de coutellerie et parapluies ainsi que quelques immeubles avant d’arriver en bas de cette rue Minard où se trouve la chapelle du Grand Séminaire sur l’autre trottoir. Celui-ci a été construit à l’emplacement d’un château qu’avait acquis Marguerite de Valois (la reine Margot) en 1606 où elle séjourna jusqu’à la fin de sa vie. C’est dire le style et les richesses que comporte ce monument où le public n’a accès que dans les « grandes occasions ! » 


Place de La fontaine.
© Robert Jacques
Après la rue Vaudétard, quelques maisons, un hôtel, la rue Minard se termine sur la place de la Fontaine, fontaine qui coule encore de nos jours (ci-contre).

Avenue Jean Jaurès. Pour descendre vers la Mairie, on passait devant la boutique des Sandra et, bien entendu, on y entrait ! Car dans cette petite épicerie s’étalait une multitude de bonbons de toutes les couleurs : boules changeantes, lacets de réglisse, roudoudous, berlingots, caramels, guimauves, petites boîtes de coco ou de réglisse Car, vendus à la pièce, 2 sous, 5 sous, à ne savoir que choisir avant de traverser l’avenue pour aller au Patronage le jeudi après-midi. L’avenue était bordée de très vieilles maisons, certaines gardaient des murs intérieurs très épais qui dataient, disait-on de l’époque Louis XIII. À côté du Patronage s’ouvrait la Pension Chap, école dirigée par des sœurs sécularisées, vêtues de longues robes grises, un ruban noir autour du cou, des cheveux gris comme leur robe et coiffés en chignon. La pension s’étirait le long de la rue Prudent Jassedé où l’on accédait par un escalier de pierre. 

La fontaine de la rue Prudent Jassedé a été remplacée
en 1991. Le lavoir a disparu…© A. Bétry
À gauche, des petites maisons blotties les unes contre les autres ; à droite, les hauts murs de la pension percés de quelques rares fenêtres et soudain, au milieu de la rue, surgie de nulle part, une fontaine  (ci-contre)! Bienheureuse eau offerte aux habitants de cette rue dont les logements vétustes n’avaient pas les commodités actuelles… Pour preuve, un peu plus bas dans la rue à droite, une autre fontaine alimentait un « lavoir public », ancêtre de nos bien utiles machines à laver ! 

L’avenue Jean Jaurès semblait ignorer cette vieille rue ; elle continuait à descendre doucement, s’attardait un moment devant « la Maison Lasserre » (ci-dessous), son jardin, ses vieillards assis sur quelques bancs. Moi-même, je passais vite devant cet Hospice puis devant Micatub, une petite usine qui fabriquait des tubes en verre, pour regarder les affiches et les photos en noir et blanc, comme les films de cette époque, que nous proposait le cinéma l’Alhambra. Je découvrais les visages des acteurs de ce temps-là : Yvonne Printemps, Pierre Fresnay, Tino Rossi, Charlot, Fernandel...La liste serait trop longue... c'était merveilleux.

Il s'agit de la Résidence Lasserre, transformée aujourd'hui en appartements.
Coll. particulière.
Presque arrivés à la Mairie, une boucherie séparait l’imprimerie Bertrand de la librairie Bertrand où l’on trouvait les cahiers, les ardoises, les porte-plume, les gommes, les crayons, bref, tout le matériel du bon écolier mais également le jeudi Le Journal de Mickey, Lisette, La Semaine de Suzette etc., la presse des jeunes d’avant la guerre (ci-dessous).


 XDR
© XDR
Je termine cette longue énumération par le trottoir face à la station de métro « Mairie d’Issy » tout nouvellement ouverte aux Isséens. Après la librairie Bertrand, une charcuterie « faisait le coin » suivie de la grande épicerie À la Grâce de Dieu tenue par les époux Robert. Une senteur de café grillé venant du fond de la boutique emplissait tout le magasin et allait même chatouiller le nez des passants tant cette odeur était tenace et agréable à la fois. Une crémerie nous offre son beurre en mottes, ses fromages etc. et, enfin Le Café des Colonnes, futur rendez-vous de la jeunesse d’Issy. C’est ainsi que se termine mon pèlerinage à travers les rues de mon quartier et de ma jeunesse.

Encore quelques anecdotes.

Au temps des voitures hippomobiles, il n’était pas rare de voir les propriétaires des maisons entourées de jardins aller ramasser le crottin des chevaux qui s’étaient « soulagés » sans vergogne. C’était surtout après le passage de l’escadron à cheval des Gardes républicains que la « récolte » était abondante. Dans la rue Pierre Brossolette, qui s’appelait alors rue de l’Égalité, passaient tous les convois funèbres de la commune. Corbillard noir tiré par des chevaux noirs dirigés par un cocher tout de noir vêtu suivi par une famille endeuillée, voile de crêpe et brassard noir, le triste cortège marchait lentement, au pas des chevaux. Après son passage, un petit Monsieur, en cotte bleue, sortait vite, vite, nanti d’une pelle et d’un seau pour ramasser avec une jubilation certaine les petites boules jaunes laissées par les chevaux noirs ! Le contraste entre ces deux scènes était tel que l’on ne pouvait que sourire et penser que « rien ne se perd » même dans les plus tristes circonstances.

Autre anecdote. Mes beaux-parents louaient un terrain situé à l’angle des rues Jules Guesde et d’Alembert. Un jour de jardinage, ma future belle-mère et son fils (mon futur mari alors petit garçon) trouvèrent enfouis dans la terre des boutons qui provenaient des uniformes que portaient les soldats pendant la guerre de 1870. Y a-t-il eu une bataille sur ces lieux ? Aux historiens d’y répondre. Quant à moi, je ne sais pas ce que sont devenus ces boutons !


Un grand merci à Éliane pour ses souvenirs inoubliables. Pascale Maestracci.

20 octobre 2017

Éliane Tonnel-Marchand - des souvenirs pleins la tête

Cette Isséenne nous fait revivre la vie quotidienne de son quartier, autour de l'église Saint-Étienne. Retour dans les années 1930-39.

Plan du quartier.
La rue de l’Abbé Grégoire relie la place de l’Église (ci-dessous) à la rue Auguste Gervais. À l’angle de ces deux rues, une boutique nommée La Provence vient de s’ouvrir. Elle nous propose de l’épicerie et des boissons. Un événement pour la rue si calme jusqu’alors. Il y avait des pavillons sur chaque trottoir. Côté pair une rue de terre, la rue de la Glacière coupe ce trottoir , une petite rue en pente bordée de 6 maisons fleuries d’où retentissent dès le matin de joyeux « cocoricos » ! Au numéro 5, bien cachées derrière la maison, s’ébattent autour d’un coq magnifique des poules qui partagent leur poulailler avec des cabanes à lapins et un pigeonnier. Diane, le gros chien, aboie à votre passage, non pas pour vous faire peur, juste pour vous dire bonjour. Cette petite rue se termine par un large escalier de pierres et nous voilà à la hauteur du pavillon de la famille Choux qui sera vendue après la guerre et deviendra la pharmacie Bonzel !

Place de l'Église, début XXe siècle. La photographie est prise du début
de l'Impasse Cloquet, face à la rue de l'Abbé Grégoire. Coll. particulière.
Après avoir passé la rue de la Glacière, un arrêt s’impose devant le potager de Monsieur et Madame Dumas. Ils vendent leurs récoltes : poireaux, tomates, radis, haricots verts, petits pois suivant les saisons. Ces légumes cueillis devant vous ont un goût de fraîcheur incomparable. Sous des châssis de verre des jeunes plants d’oseille ou d’épinard peut-être poussent à l’abri des oiseaux gourmands, sous de grosses cloches transparentes les salades s’arrondissent doucement alors que dans l’allée suivante fleurissent des dahlias de toutes couleurs qui se transformeront en flamboyants bouquets. Après cette halte réconfortante, la rue de l’Abbé Grégoire nous offre sur chaque trottoir des pavillons ou des petits immeubles avec côté pair un premier commerce : la Quincaillerie-Marchand de couleurs des époux Dhez. Ils vous proposent aussi bien des marteaux, des clous, des pots de peinture que des casseroles, des bassines, des balais ou des feuilles de papier bleu pour couvrir les livres scolaires.

Vue générale de la chapelle, années 1930. 


Tympan de la chapelle
Notre-Dame Protectrice des enfants
© Denis Hussenot

Face à la rue du Moulin de Pierre vient d’être inaugurée une chapelle toute rose, Notre-Dame Protectrice des Enfants (ci-contre et ci-dessus). Elle a été bénie par Monseigneur Verdier. J’ai embrassé sa bague mais je ne suis plus certaine de son nom ! La chapelle a été construite sur la Salle Paroissiale, laquelle s’ouvre sur la cour de l’école Sainte-Clotilde. Une seule messe le dimanche pour les enfants du catéchisme. La première cérémonie célébrée dans cette chapelle a été le mariage des époux Petit. Madame Petit fut l’organiste de l’église Saint-Étienne pendant de longues années.

La maison d'Éliane, remplacée aujourd'hui
par un immeuble. Coll. familiale.
Nous voilà arrivés au numéro 6  rue de l'Abbé Grégoire. C’était ma maison… La grande grille franchie, nous découvrons au fond du jardin une belle bâtisse flanquée d’une tour (ci-contre). Sur le trottoir en face il y a le même genre de bâtisse, la même tour… Ces demeures d’un autre âge donnent à la rue un petit air « bourgeois » qu’elle assume fièrement ! Dans le jardin qu’on pourrait qualifier « d’extraordinaire » comme celui de la chanson de Charles Trénet, de grands arbres plantés en fourrés ou en haies, abritent un bassin à poissons surmonté d’un rocher d’où s’écoule une cascade d’eau claire. Quel plaisir de parcourir les allées de ce jardin ou de « monter à la tour » le 14 juillet pour découvrir les feux d’artifice qui illuminent le ciel de Paris la nuit. Le jour, on découvre à droite le toit de la chapelle du Séminaire en face les hautes cheminées du Secteur électrique qui crachent une fumée grise. ; on ne parlait pas encore de « pollution ». Plus loin la tour Eiffel bien sûr, une coupole dorée, des clochers, des maisons, tout Paris s’offre à nos yeux. Le propriétaire de ce « château » s’appelait Raoul Grigi. Il était persuadé de l’existence d’un souterrain commençant au Séminaire, serpentant sous l’église, traversant le jardin et prenant la route de Versailles Assez large pour laisser la place à un carrosse … Le mystère reste entier [Pas tout à fait. Il s'agit très certainement des canalisations souterraines installées en 1867 pour l'approvisionnement en eau potable. Il y en a sous le parvis de l'église, la rue Auguste Gervais, l'avenue Jean Jaurès ; une autre descend du Fort sous la rue de la Galerie ! - Pascale]

Mais la rue avait une vie après ce numéro 6 : d’abord la boulangerie Legrand qui prêtait son four à ses clients les jours de fête quand les plats de ceux-ci étaient trop grands pour entrer dans le four du réchaud familial. En face, une épicerie la Maggi. Mme Maggi recevait le lait dans des grands bidons et le transvasait dans un bac en métal couché sur des pains de glace. Le lait ainsi conservé était vendu au litre, à l’aide d’une mesure en étain et versé dans la « boîte à lait » des clients. Une odeur de beurre, de fromage, de crémerie flottait dans cette boutique toute carrelée de faïence blanche d’une propreté sans faille. Revenons sur le trottoir des numéros pairs. Après la boulangerie Legrand, nous avons les vitrines du Comptoir Français. Elles nous proposent à la fois épicerie, vin mais aussi des graines pour les poules ou des chaussons pour l’hiver ! Les gérants sont M. et Mme Barbe. Une cordonnerie tenue par un vieil artisan dont j’ai oublié le nom vient ensuite… Petite échoppe qui nous offre des senteurs de cuir et de colle. En continuant l’inventaire des commerces situés dans cette rue, je revois le Cours des Halles Chez Delaurier ; un salon de coiffure « Hommes, Femmes, Enfants » Chez JO. Sur le trottoir des numéros impairs après la Maggi, une boucherie tenue par M. et Mme Poupine et la Charcuterie et Comestibles de la famille Cholet. Ces deux boutiques achalandées avec soin.
Cette rue était bordée de tilleuls. À l’époque de leur floraison odorante, les employés municipaux venaient les élaguer et laissaient les branches ainsi coupées 2 ou 3 jours sur la chaussée afin que l’in puisse cueillir notre provision de tisane pour l’hiver.


L'église Saint-Etienne.
La rue de l'Abbé Grégoire débouche sur l'église. Tous les Isséens connaissent l'église Saint-Étienne (ci-contre).
Sur la place, un café-tabac Chez Giraud et en face, un autre café Chez Manu où les employés des Pompes funèbres s’attablent en attendant la fin du Service d’obsèques en cours !
Quand on regarde l’église, on veut ignorer l’impasse Cloquet vers la droite. On ne s’y aventure pas tant les habitants ont mauvaise réputation. Par exemple ce jeune garçon surnommé « Ricky la Terreur ». qu’avait-il fait, le pauvre, pour mériter un tel surnom ? Combien d’Isséens savent qu’au fond de cette impasse se trouve le séminaire Saint-Paul abritant des prêtres âgés, il me semble.

Témoignage à suivre.

17 octobre 2017

Les plus belles photos d'Issy des années 1950

Vous savez combien notre association Historim tente par tous les moyens de sauvegarder le patrimoine de notre ville et la mémoire de ses habitants, en publiant notamment des photos anciennes sur notre site : photos de famille, bâtiments anciens, manifestations du passé.

Eh bien voilà que dans le cadre d'un projet européen, mené avec le CNRS, la Ville d'Issy-les-Moulineaux vous incite, à son tour, à remonter le fil du temps. Il s'agit de partager vos vieilles photos sur l'open data, de co-construire un album depuis les années 1950, sur la plateforme
http://issy.routetopa.eu


Dans l'objectif. © XDR
Mode d'emploi :  "Après vous être identifié, en créant un compte ou en utilisant celui de Facebook, il vous suffira d’accéder à la discussion « Issy au fils du temps » (sous l’onglet « Agora ») et de publier vos photos, avec une petite description indiquant notamment son adresse pour faciliter le classement par géolocalisation. Vous pouvez télécharger le tutoriel ou simplement nous contacter à l’adresse issymedia@ville-issy.fr si vous avez besoin d’être accompagné ou conseillé. "

Alors, tous à vos albums… vos greniers doivent receler, parfois sous une tonne de poussières, des trésors photographiques. PCB


© XDR

© XDR



13 octobre 2017

Saint-Exupéry, Farman, Védrines… à Issy

L'INA (Institut national de l'audiovisuel), créé en 1974, est chargé « de la conservation des archives, des recherches de création audiovisuelle et de la formation professionnelle ».



Ainsi, à l'occasion de la cérémonie officielle de panthéonisation d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), le 15 septembre 1965, par le ministre Jean Sainteny, des images d'archives permettent de voir évoluer, sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux :
- Henri Farman, vainqueur du premier kilomètre en circuit fermé, le 13 janvier 1908 ;
- Jules Védrines, vainqueur de la première course aérienne Issy-Madrid, en 1911.
Ce sont quelques secondes inoubliables ! PCB.

9 octobre 2017

Issy-les-Moulineaux en chantier : l'avenue de Verdun

Cette avenue, à cheval sur deux quartiers (la Ferme-les Ïles-Les Chartreux et Val de Seine-les Arches), ne mesure plus qu’un kilomètre et demi car le nom d’avenue Victor Cresson fut attribué à 40% de sa longueur initiale. C’est pourquoi les numéros de l’avenue de Verdun ne commencent qu’au n°83 et au n°118 près de la place Léon Blum. Les deux avenues évoquent les deux guerres mondiales : Verdun, la terrible bataille de 1916, et Victor Cresson, ancien maire de la commune déporté et mort en 1944.

L’avenue de Verdun constitue la partie ultime du grand axe isséen prolongeant la rue de Vaugirard vers Meudon, Sèvres et Versailles au-delà. Elle dessert le lycée Ionesco mais aussi les Serres municipales et longe le quartier haussmannien à l’emplacement des usines Gévelot.

L'avenue est en plein chantier. Les transformations se poursuivent avec la démolition d’immeubles vétustes dans le cadre de la rénovation du quartier nécessaire pour aménager la future station de métro de la Ligne 15 à proximité de la station Issy du RER C.

Avenue de Verdun-Gare d'Issy

Carte postale de 1918
Les bâtiments à droite ont disparu comme la « réclame » du chocolat Menier peinte sur un mur latéral mais l’accès à la gare d’Issy existe toujours. En revanche, comme les pèlerines et les uniformes des écoliers, la perspective vers les hauteurs de Meudon n’est plus qu’un lointain souvenir. En effet, les constructions de part et d’autre de l’avenue masquent maintenant la vue sur la commune limitrophe.

Intersection avenue de Verdun/ rue Aristide Briand

Photo, 2016.
Le cliché a été pris au début du chantier de la future station de métro. L’immeuble élevé à droite sera conservé au milieu d’un îlot réaménagé par Daniel Liebeskind, architecte réputé. Par contre, entre les deux voies, le bâtiment de deux étages avec Le café de la Gare au rez-de-chaussée a été démoli au début de cette année 2017. La rue Aristide Briand à droite est désormais à sens unique en raison des travaux d’aménagement des abords de la future Gare d’Issy

Immeubles disparus aux numéros 118-120



Ces deux immeubles de l’avenue de Verdun se trouvant à l’emplacement de la future gare souterraine et de l’immeuble qui la surmontera ont été démolis. L’aménagement de la gare est confié à un binôme : le cabinet Brunet-Saunier Architectes et l’artiste Pablo Valbuena. C’est l’option choisie associant d’emblée architectes et artistes pour toutes les futures gares de la ligne 15.

Immeubles disparus aux numéros 105-107  


Disparu aussi cet immeuble qui abritait un restaurant de spécialités orientales, Le Palmier, ainsi qu’une boulangerie-pâtisserie, La Gerbe de blé.

Bâtiment décrépi en sursis aux numéros 129-133  


Aujourd’hui désaffectés, ces bâtiments abritèrent un hôpital de jour dépendant de l’hôpital Corentin Celton, situé à l’autre extrémité de la commune. L’ensemble appartient à l’APHP (Assistance Publique des Hôpitaux de Paris). Texte et photographies P. Maestracci

P.S. Depuis un certain temps, les membres de l'association repèrent et photographient les bâtiments voués à la destruction, sauvegardant ainsi la mémoire patrimoniale de notre ville. D'autres recueillent les témoignages d'Isséens, leurs souvenirs d'enfants avant la guerre, d'adolescents sous les bombardements en 1940, illustrés bien souvent de photos de famille. En février dernier, nous avons ouvert une plateforme pour vos photos :
http://www.historim.fr/2017/02/issy-les-moulineaux-en-photos.html
Dans le cadre d'un grand projet européen, Issy Média met en place une plateforme "Issy au fil du temps" - à découvrir prochainement sur notre site. PCB.


5 octobre 2017

Richard Calmel, homme de cœur, homme d'action

Richard Calmel, ancien maire-adjoint aux sports, à la jeunesse, aux associations, aux fêtes et animations et à l’office du tourisme de 1983 à 1995 et médiateur de la ville depuis 2014, est décédé le 26 juillet 2017 à l’âge de 70 ans.
Historim lui rend hommage.

Richard Calmel

Richard Calmel est né en 1947 à Talence en Gironde. Son père, Jean Calmel, était une personnalité : ancien pilote de bombardier lourd Halifax dans la Royal Air Force durant la guerre (Pilotes de nuit , éd. La Table Ronde, 1952) puis ayant mené une carrière brillante dans l’Armée de l’air et à l’OTAN, jusqu’au poste de major général, n°2 de l’Armée de l’air de 1965 à 1967. Grand officier de la Légion d’honneur.



L’aventurier

Richard Calmel suit des études à Paris, notamment au lycée Janson de Sailly, avant de s’orienter en 1965 vers le monde maritime en suivant la formation d’officier de la marine marchande à l’école nationale du Havre (« Hydro »), ce qui lui donne l’occasion de faire trois tours du monde en 1966-67.

« Pilotin pont » (élève officier) sur les cargos des Chargeurs Réunis , il traverse les océans, passe le canal de Panama et découvre les ports des USA, d’Asie et d’Europe du nord. Son ami René confirme qu’il se signale déjà comme un camarade enjoué et plein d’entrain (ci-contre).

En 1968, il effectue logiquement son service militaire dans la Marine, comme quartier-maître chef (ci-contre), participant à la « protection » de la rade de Saint Tropez sur le lance-torpille l'Intrépide. Consigné à bord, il ne « fait » pas mai 68 à Paris.

Le militant 

Richard Calmel entre en 1969 chez IBM comme cadre commercial et manager. Mais, en parallèle à son activité professionnelle déjà très intense et à des postes importants, il est attiré par la vie politique et rejoint les Républicains Indépendants. Il découvre l’action militante en participant activement à la campagne d’Alain Madelin à Issy pour les législatives de mars 1973 puis à la campagne présidentielle de 1974. Il ne cessera plus de militer pour ses idées et ses valeurs (ci-dessous). 

Il se signale vite par une capacité à mener de front sa vie familiale et ses multiples activités, professionnelles, militantes et sportives. Homme de contact et de convivialité, il participe aussi bien à l’élaboration des programmes électoraux qu’à la campagne sur le terrain. Pour lui le militantisme, c’est aussi l’amitié et les rencontres, le casse-croûte amical après les distributions de tracts sur les marchés ou les collages nocturnes d’affiches.


L’élu local
Richard Calmel  participe à la campagne des municipales de 1977 et intègre l’équipe municipale comme conseiller délégué aux sports. L’expérience s’avère très concluante et, à la suite des municipales de 1983, élu cette fois sous l’étiquette du Parti Républicain, il se voit proposer un poste de maire-adjoint, avec une très importante délégation aux sports, à la jeunesse, aux associations, aux fêtes et animations et à l’office du tourisme (à noter que sa délégation sera scindée entre 3 maires adjoints à son départ en 1995 !). Il a à cœur de développer le CLAVIM, tout juste créé en 1982, et notamment son volet prévention jeunesse.

Années 1980. Jumelage sportif avec Weiden

Le challenge est d’importance et il se donne à fond, comme dans tout ce qu’il entreprend. Toujours actif, positif, diplomate, il fait face aux multiples obligations quotidiennes de sa délégation, week-ends compris avec les continuelles réunions, rencontres sportives ou fêtes d’associations. Il organise bien sûr les grandes « parades » traditionnelles, mais surtout créé de nouvelles fêtes sur l’île Saint Germain, notamment les Jeux sans frontières, les Intervilles d’Issy-les-Moulineaux et les fêtes de l’été. 

1986. La fête de l'été.

Il fait venir à Issy les championnats du monde de natation synchronisée ainsi que les prologues de grandes courses cyclistes (Paris-Nice, tour de France). Il fait évoluer le « cross de Noël » en « corrida de Noël », qui va devenir peu à peu la course internationale renommée que l’on connaît aujourd’hui. Il développe dans les années 1980 le volet sportif du jumelage créé en 1954 avec la ville de Weiden. Et tout cela, avec le soutien constant de son épouse Betty qui, sans compter, travaille dans l’ombre, essentielle dans la réussite de tout ce que Richard Calmel entreprend.

L’entrepreneur 

En 1989, il entame son troisième mandat au sein du conseil municipal. Son activité professionnelle évolue en 1991, lorsque IBM se sépare de sa division Impression au profit de Lexmark, dont Richard Calmel va diriger désormais la division grand public France. 

En 1995, à la fin de son troisième mandat, il souhaite passer la main à d’autres Isséens membres du Parti Républicain, d’autant qu’un nouveau projet se profile pour lui : créer son entreprise.
L’opportunité se présente en 1999, lorsque Lexmark décide de sous-traiter son activité merchandising en France. Richard Calmel se lance dans l’aventure avec sa société Avantage France, devenue ensuite Alinéa Europe, spécialisée dans la formation et l’encadrement de forces de vente d’appoint au profit des entreprises.


En 2010, il est fait chevalier de l’Ordre national du mérite (ci-dessus). Cette même année, il vend sa société, mais le mot « retraite » n’étant pas dans son vocabulaire, il accepte en 2014 la mission de médiateur de la ville, où il met son réseau et son professionnalisme une nouvelle fois au service des Isséens.

Il décède brutalement le 26 juillet 2017, à l’âge de 70 ans

Remerciements à Mmes Suzanne Calmel et Betty Calmel, MM René Brillet, Guy Duval, Gérard Martin, Jacques Primault et Jean-Marc Szmaragd, 

A noter que la plaquette « Enfance et jeunesse » 2017-2018, du CLAVIM, lui est dédiée