12 janvier 2021

Jacques Madaule (1898-1993), écrivain… et maire d'Issy


Jacques Madaule (ci-contre)…  bien connu des Isséens. Il fut maire d'Issy,  une place et un square portent son nom. Mais qui fut cet homme, né en 1898 à Castelnaudary, et mort à Paris en 1993 ? 

Sa carrière d'étudiant
Jacques Madaule naît à Castelnaudary, dans l'Aude, dans cette maison au n° 28 rue de l'Horloge (ci-dessous). Son père est notaire. 

Maison natale, Castelnaudary. © XDR
Jusqu'à l'âge de 7 ans, il fréquente le couvent Notre-Dame, dont il apprécie le cadre, comme il l'écrira plus tard dans son livre L'absent (Gallimard, 1973) :  « On y voyait à cette époque un rideau de sapins qui marquait, disait-on, l'emplacement du bassin de Saint-Ferréol, un lieu mythique pour moi, un de ces endroits dont on vous parle toujours, mais qu'on ne voit jamais ». 
Puis c'est l'école privée Soumet qu'il n'aime pas du tout. Enfin, le collège municipal, « sous la férule d'un professeur très sévère mais parfaitement 
équitable » (L'absent). Il devient un excellent élève, comme le montre le palmarès de son collège des années 1914-1915 (archives Michel Dauzat) : prix en dissertation de français, en histoire et géographie, en sciences naturelles et en sciences physiques.  Il passe l'agrégation d'histoire à Toulouse. 
Il devient professeur dans différents lycées, dont le lycée Michelet de Vanves, (ci-dessous),  tout proche d'Issy-les-Moulineaux où il termine sa carrière en 1958.

© P. Maestracci
Sa carrière d'écrivain
L'écriture l'a toujours attiré. Il collabore à la revue Esprit, fondée en 1932 par Emmanuel Mounier dont il est un fervent admirateur. 
Il écrit plusieurs livres sur Paul Claudel : le Génie de Claudel en 1933, le Drame de Paul Claudel en 1936, Claudel et le langage en 1968, Claudel et le dieu caché en 1969. De 1984 à sa mort, il préside la Société Paul Claudel. 
Il rédige une Histoire de France, publie son autobiographie en 2 tomes, ne cesse d'écrire. Il reçoit plusieurs prix littéraires au cours de sa carrière, notamment en 1973 le Grand prix national des Lettres pour l'ensemble de son œuvre.

Sa carrière politique
A la Libération, il rejoint  le Mouvement Républicain Populaire (le MRP), à la fois centriste et démocrate-chrétien, un parti politique créé en 1944. C'est sous cette étiquette qu'il devient conseiller municipal puis maire d'Issy-les-Moulineaux en avril 1949 à l'âge de 50 ans,  élu à une voix près… une élection qu'il qualifie de "passablement tumultueuse". 

Bulletin municipal, Issy-les-Moulineaux, 1951. © XDR

Cette photo (ci-dessus), parue dans le bulletin municipal d'Issy-les-Moulineaux de 1951, montre le Maire Jacques Madaule (au centre), entouré de ses adjoints : de gauche à droite, M. Bessol, M. Goret, M. Savary, M. Leca (futur Maire), M. Sevestre et M. Debès. 
Dans le même bulletin municipal,  Jacques Madaule s'exprime sur la politique qu'il mène dans la commune depuis déjà deux ans : « Une ville comme Issy-les-Moulineaux forme une communauté de fait, où les intérêts de tous sont solidaires, beaucoup plus parfois qu'ils ne consentent à le reconnaître. Le chômage, les grèves, la misère ouvrière retentissent sur le commerce local […]  Il appartient à la Municipalité de se rendre compte de ces besoins et de ces solidarités, et de les servir par les actes. C'est particulièrement le rôle du Maire, lequel doit toujours être prêt à oublier les divisions et les subdivisons partisanes ».

En 1952, il rompt avec le MRP pour rejoindre le Mouvement de la Paix qui réunit progressistes et communistes. Il reste à la mairie jusqu'en 1953, Bonaventure Leca lui succédant. 
Fondateur avec d'autres de l'Amitié judéo-chrétienne de France en 1948, qui œuvre pour « que soit éradiqué l'antijudaisme ancestral », il en prend la présidence jusqu'en 1975. 

Après avoir vécu à Issy-les-Moulineaux plusieurs années, il s'installe à Paris. C'est là qu'il meurt en 1993. Ses obsèques sont célébrées le jeudi 25 mars, à l'église Saint-Étienne d'Issy-les-Moulineaux. Il repose depuis au cimetière du Montparnasse, dans la 3e division. PCB


PS. Un grand merci à Michel Dauzat, président du Centre Lauragais d'Études Scientifiques de Castelnaudary, qui m'a apporté de nombreux renseignements sur la vie de Jacques Madaule. A signaler l'article de Paul Tirand  « Jacques Madaule (Castelnaudary 1898-1993 Paris), un homme de dialogue et de paix » dans la revue à paraître en février 2021 Pages lauragaises 11 (ci-contre).



Pour tout savoir sur la Place Madaule à Issy,  le 16 janvier, 18h, sur le site.

8 janvier 2021

L'esplanade des Constellations à Issy

Quel beau nom, pour cette esplanade du quartier Hauts d'Issy/les Épinettes/le Fort ! 
 
Dans le cadre de la redynamisation du quartier des Épinettes, le parvis situé devant le Centre Commercial, rue de l’Égalité, a été refait. Au-delà des tours d’habitation, la rénovation de l’esplanade est en cours de finition. C’est un véritable belvédère qui ouvre sur la vallée de la Seine. On distingue (ci-dessous) une allée en pente douce, avec de larges marches, bordée de massifs dont les jeunes arbres ont encore leur tuteur. En contrebas, se trouvent le groupe scolaire des Épinettes, promis lui aussi à une rénovation, et des immeubles résidentiels un peu plus loin.

L'esplanade des Constellations. © P. Maestracci

Le nom d’esplanade des Constellations est tout récent. Il a été choisi en référence au nom des tours du quartier visibles de très loin. Une constellation est un groupe d’étoiles formant une figure relativement stable vue de la Terre. Certaines tours portent le nom de constellations de l’hémisphère boréal telles L’Aigle (avec l’étoile Altaïr) ou le Bélier tandis que d’autres sont des constellations de l’hémisphère austral comme le Verseau ou le Capricorne. P. Maestracci.

4 janvier 2021

Philippe Fabian, un artiste isséen aux Arches

Voici l'histoire de Philippe Fabian, tout à la fois, photographe et peintre - comme le montrent ses œuvres de la série Jardins infinis., Son atelier actuel se trouve aux Arches, atelier 16, 15 boulevard Garibaldi, à Issy. 

Les berges du Lac Léman, Philippe Fabian.

Sa jeunesse
Il est né en 1956 à Toulon où il  passera toute son enfance.
Après des études de gravure et de lithographie, complétées par l’art de l’estampe et le cinéma d’animation, il sent au plus profond de lui-même que là est son futur métier.
Il aura plusieurs ateliers à Paris et en région parisienne, avant d’intégrer l’ARSENAL, quai de Stalingrad,  - bâtiment qui appartenait à la D.G.A. qui y avait installé une chaine d’assemblage de chars et qui ensuite y stockait le matériel du débarquement et le louait pour la réalisation de courts métrages ou de films. Ce collectif d’artistes auquel adhérait un nombre important de Coréens, environ 50 % de l’effectif, lui permettra de réaliser plusieurs expositions en Corée.
A la fermeture de ce site, il intègre un atelier aux Arches en 2002 où  il exerce toujours son activité.
 
Burgdorf dans le bleu, Ph. Fabian
Son quotidien aux Arches
Chaque jour, depuis plus de dix ans, quel que soit l’endroit où il se trouve, il réalise des photographies ; celles-ci sont souvent des paysages, des captations d’espaces qui révèlent la présence de l’humain. Il crée son journal  où la spontanéité et la liberté se côtoient. Ensuite, il sélectionne une photographie qui rejoindra son réservoir d’images et lui permettra de garder le souvenir du temps passé : ce sera sa base de réflexion où il retrouvera les sensations de ce moment particulier, les odeurs et les sons qui y sont attachés.


Burgdorf, Ph. Fabian.
Chaque photo sera retravaillée numériquement ; tout est revu et modifié par l’inspiration du moment. Ensuite, ce sera le tirage sur le support choisi, toujours très sobre et contemporain ; et, enfin, la couleur c’est-à-dire la peinture. Là, il exprime son ressenti, ses souvenirs réels ou fictifs et se remémore ou se perd dans un monde qui est le sien et qu’il nous permet de partager.
 


Son témoignage
Philippe évoque ici son travail :
« Au moyen de la photographie et de la peinture, je travaille la lumière et la couleur comme médium privilégié pour explorer et retranscrire mon sentiment d’unité avec la nature.
« Mon travail actuel évoque la présence sensorielle de quelque chose qui a toujours été là, une expérience avant tout visuelle, mais aussi une expérimentation de tous les sens qui invite à la contemplation et à la méditation.

Les berges du Rhin à Schaffhausen, Ph. Fabian

« Je suis à la fois proche de peintres impressionnistes comme Claude Monet et Eugène Boudin, pour leur vitalité et leur approche de la lumière, mais aussi d’artistes comme Sigmar Polke et Gerhard Richter pour leur continuelle  expérimentation mixant peinture et photographie. »

Propos recueillis par Micheline Meyniel

Pour plus de renseignements   http://www.philippefabian.com  ou contacter Philippe Fabian (06 84 77 98 65) 

Les berges de la Seine, Philippe Fabian.

 
 

3 janvier 2021

Réponse - des oisillons affamés

© P. Maestracci

Cette image sous forme de logo se trouve au-dessus de l’entrée du tout récent siège social de l’entreprise Nestlé France, au 34 rue Guynemer. Dès 2017, elle cherchait à regrouper ses collaborateurs dispersés sur plusieurs sites et à créer « un pôle d’expertise alimentaire » (in Point d’Appui, n° 519, décembre 2017). 




L’allégorie de la nourriture indispensable - pour les animaux comme pour les humains - est mise en valeur par ces oiseaux au nid, nourris à la becquée par un de leurs parents.





Les bâtiments précédents ont été désamiantés et réduits à leur structure originelle de béton avant d’être refaits avec de nouvelles normes et un décor spectaculaire de lamelles métalliques blanches le long de la rue Guynemer que vous avez déjà découvert dans un précédent nez en l'air :

Des massifs de végétaux devant la façade se terminent par un petit jardin le long d’un passage piétonnier. L’arrière des bureaux se trouve rue du Colonel Pierre Avia.
P. Maestracci


1 janvier 2021

Thierry Gandolfo, gardien de la mémoire

Thierry Gandolfo (ci-dessous), ancien militaire, conservateur du cimetière d'Issy-les-Moulineaux, vient de nous quitter, à 59 ans seulement, le 29 décembre 2020. Ses obsèques auront lieu à l'église Saint-Étienne le jeudi 7 janvier à 14h 30.

© A. Bétry

Il était un précieux appui pour notre association. 
Les Historimiens se souviennent certainement de la visite privée qu'il avait organisée le 31 mars 2012 dans le carré militaire de "son" cimetière. 
Et de sa conférence tenue le 20 novembre 2014 sur le thème des "étrangers dans la Grande Guerre". 


Chaque année, à l'occasion du 11 novembre, il apportait le plus grand soin à fleurir le Monument aux morts du cimetière et le carré militaire, comme ici en 2017 (ci-dessous).

 11 novembre 2017. © A. Bétry

Collectionneur et passionné d'histoire, Thierry avait participé au numéro hors série de Paris Match sur Verdun, en février 2016. Il m'avait fourni plusieurs cartes postales et documents sortis de ses collections privées pour célébrer le centenaire de cette bataille. 

La Grande Guerre. © Coll. Thierry Gandolfo

©XDR


Olivier Royant
, le directeur de la rédaction de Paris Match (ci-contre) qui, dans l'éditorial de ce même numéro sur Verdun, insistait sur l'importance des livres et des numéros spéciaux qui "forment une nouvelle voie sacrée vers le souvenir", est lui aussi décédé ce même 30 décembre 2020… à l'âge de 58 ans ! PCB