17 septembre 2019

Journée du patrimoine - 22 septembre 2019 - Victor Hugo à Issy


Adèle Foucher et Victor Hugo, 
les amoureux d’Issy



Victor © XDR
Adèle © XDR
Été 1819, Le jeune Victor Hugo vient régulièrement à Issy où la famille d’Adèle Foucher a loué une maison, située aujourd’hui au 15 bis rue Auguste Gervais, ancienne place des Marronniers.
« Le plus grand des bonheurs est encor dans l’amour »… écrit le jeune poète, amoureux fou de la belle Adèle. C’est tout cet univers que l’on vous fera découvrir ce dimanche 22 septembre2019… au Musée français de la carte à jouer, 16 rue Auguste Gervais (Entrée libre). Au programme : l’inauguration d’une plaque commémorative, des poèmes, une conférence, une animation musicale tout au long de l’après-midi… en présence d'un invité de marque : l'arrière-arrière-petit-fils de Victor Hugo ! Venez nombreux.


La maison, place des Marronniers, de Louis-Albert Bacler d'Albe

La maison aujourd'hui. © Michel Julien

Au programme


- 14h00 : Rectification - 

en raison des intempéries prévues, l'nauguration, par M. le Maire André Santini, d’une plaque sur la maison d’Adèle et de Victor, n'aura pas lieu au pied de la maison 15 bis rue Auguste Gervais, mais directement au Musée, 16 rue Auguste Gervais. Début de l’animation musicale.

- 14h30 : remise des prix aux lauréats du concours de poésie, organisé par le Clavim, le Musée français de la carte à jouer et Historim.

- 15h00 : conférence du professeur de littérature française  Jean-Marc Hovasse : « Victor Hugo et Adèle Foucher, l’été 1819 à Issy ».

- 16h00-18h : Les plus beaux poèmes de Victor Hugo, mis en musique, avec Aurélien à l’accordéon, Mathieu au chant, Jean-Pierre et Pascale à la narration… et le public.


Musée français de la carte à jouer,
Entrée libre

12 septembre 2019

Journée du patrimoine 2019 : Victor Hugo à Issy-les-Moulineaux

Victor Hugo (1802-1885) est célébré dans bon nombre de communes et il a même un musée place des Vosges et une avenue à Paris où il mourut au numéro 124, avant le transfert de son corps au Panthéon. À Issy-les-Moulineaux, un collège, une rue et un rond-point portent le nom de cet écrivain français célébrissime… car il y a une raison historique pour Issy-les-Moulineaux - que vous découvrirez le 22 septembre après-midi lors des Journées du patrimoine. 

Victor Hugo à 17 ans. © XDR
En attendant, déambulons dans la rue Victor Hugo, dans le quartier Centre Ville/Corentin Celton/Les Varennes. Elle s'étend sur 500 mètres et joint les rues du Général Leclerc et du Colonel Avia, à la limite de Paris et des départements 92 et 75. Elle reprend en grande partie le tracé d’un ancien chemin. Celui-ci se trouvait au XVIIe siècle entre la propriété de la Reine Margot (Séminaire actuel) et ses écuries. 

Le Rond-Point Victor Hugo s’est d’ailleurs longtemps appelé rond-point de l’Abreuvoir. En mai 1610, lorsque la reine apprend l’assassinat par Ravaillac de Henri IV son ex-conjoint, elle part en carrosse à toute allure sur cet itinéraire Elle prend un bateau sur la Seine pour venir en urgence au Louvre saluer le jeune Louis XIII. Jusqu’à une époque récente, il y avait « une servitude de la reine Margot » frappant cette rue qui interdisait certains travaux. Au XIXe siècle, c'est encore le chemin « vicinal n°7 ». 

Vue du Rond-Point Victor Hugo avant les travaux. On aperçoit les bureaux
d'Orange et un transformateur EFD aujourd'hui démolis.

La chapelle Saint-Nicolas (ci-dessous) s'élevait à l’angle des rues Victor Hugo et du Général Leclerc où se trouvait l’entrée. Aujourd'hui, seule la porte ancienne a été conservée pour une résidence privée. À l’emplacement de la chapelle, un jardin privatif a été aménagé.

Chapelle Saint-Nicolas. Carte postale ancienne.
Lorsqu’on s’éloigne de la rue du Général Leclerc, les transformations commencées avec l’opération immobilière de grande ampleur de l’institution Sain-Nicolas (numéros 35 à 17) sont loin d’être achevées. En effet, les bureaux du CNET puis de l’entreprise Orange (numéros 20 à 10) ont disparu au profit d’un futur écoquartier Cœur de Ville. Lorsque que l’on s’approche de Paris, la construction des immeubles s’étale sur plusieurs décennies. 

Et la Maison Victor Hugo, dans tout cela, situé au 15 bis rue Gustave Gervais ? Vous en saurez plus la semaine prochain… Promis.

Texte et photographies : P. Maestracci



5 septembre 2019

Guerre 1940-45 - Le gendarme Maurice Couton au Fort d'Issy

Voici le nouveau témoignage d'un Isséen sur son père, gendarme pendant la Seconde Guerre mondiale. Signalons que le 25 août dernier, lors des manifestations célébrant à Issy la Libération de 1944, Historim a été cité par Fabien Lavaud, président départemental de l’association des Anciens Combattants Volontaires. lors d'un discours qui reprenait un précédent témoignage publié sur le site.

Revenons au témoignage de Claude Couton. Ia confié à Historim des photographies familiales prises lors de la dernière guerre. Sa famille habitait au Fort d’Issy où lui-même est né « sur la table de la cuisine ». Son père Maurice Couton (ci-dessous) était un Garde républicain mobile nommé au Fort fin avril 1940. Il porte un képi à bande rouge. Derrière lui, une inscription en allemand signale l’entrée du Fort d’où sort un soldat allemand, sur la droite du cliché. L’indication en allemand au-dessus signifie probablement « rue de M. A Derpft, Paris ». il faut préciser qu’Issy-les-Moulineaux faisait encore partie du département de la Seine, soit Paris et la petite couronne.

Maurice Couton, Garde républicain. Années 1940/42.

Lors de la déroute française liée au Blitzkrieg (guerre-éclair) en juin 1940, sa femme Irène part en exode avec son enfant né le 20 avril 1940. Leur train est bombardé par l’aviation allemande et ils arrivent non sans mal à Chatel-Guyon (Puy-de Dôme), en zone libre, non loin de Vichy où s’installe le maréchal Pétain. Ils reviennent en septembre auprès de leur mari et père qui a été mobilisé lors de la « Drôle de guerre ». Le Fort, construit à deux kilomètres des fortifications encerclant la capitale depuis 1844, est alors occupé par les troupes allemandes. 

Vue de l'appartement familial, près des remparts.
Trois soldats allemands se détachent sur le bastion
protégé par un fossé.
La famille réside toujours au Fort d’Issy et se met à l’abri à l'intérieur du fort lors des bombardements alliés, en particulier celui sur les usines Renault à Boulogne-Billancourt. Tous subissent des privations et le père et la mère ne pèsent plus que 48 et 42 kg à la fin de la guerre !

Puis, Maurice Couton intègre les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) dont une « cellule »interne à la caserne d’Issy jusqu’à la Libération en août 1944. Il est ensuite muté au camp de Satory en 1946 dans le bataillon du 1er groupe blindé de la Gendarmerie, successeur du 45e bataillon, dont voici l'insigne (ci-dessous).



Claude Couton fait partie de l’Association de Satory (www.satorysouvenirsdejeunesse.org) avec ses deux frères, à titre de fils de gendarme du 45e bataillon de chars de combat de la Gendarmerie (une branche méconnue de l’armée) qui s’est fait décimer en mai 1940 à Stonne (Ardennes), où un char rappelle cette bataille (ci-dessous).


Monument d'un char B1bis, à Stonne. © XDR

Tous mes remerciements à Claude Couton, Isséen de naissance pour ce témoignage familial ainsi qu’ à Micheline A. qui lui a parlé d’Historim. Merci aussi à Éric pour la traduction.
P. Maestracci

30 août 2019

Historim au Forum des Associations - 6-7 septembre 2019

Voici la rentrée ! L'école reprend, les entreprises rouvrent… et le premier grand rendez-vous de la ville se prépare : le forum des Associations, , au Palais des Sport Robert Charpentier,  6 Bld des Frères Voisin.





HISTORIM
y sera, bien sûr,
toujours dans le pôle Culture,
à gauche en rentrant

le vendredi 6 septembre, de 13 h à 20 h
le samedi 7 septembre, de 10 h à 19 h


Venez nombreux discuter avec nos Historimiens, poser des questions, donner votre avis, apporter vos connaissances sur l'histoire de notre ville et découvrir nos prochaines conférences, nos visites privées, On vous attend. 
PCB

29 août 2019

Réponse - un personnage énigmatique

© PCB
Vous avez trouvé… Il s'agit de la statue du Père Jerzy Popieluszko, qui défendit, en Pologne, la cause de Solidarnosc et en mourut. Elle se trouve à l'entrée du parc Jean-Paul II, dans le square qui s'ouvre rue de l'abbé Derry, dans les Hauts d'Issy.
Pour en savoir plus : http://www.historim.fr/2011/02/solidarnosc-reponse.html

Ainsi se termine l'été 2019… Le Forum des Associations approche, les Journées du patrimoine aussi. Bonne rentrée à tous. PCB.

24 août 2019

Jeu - Un personnage énigmatique

Pour terminer cet été en jeux et en lecture, voici un personnage bien énigmatique : un sourire bienveillant … mais les poings serrés en signe de force ! Qui est-ce et où se trouve-t-il ?


© PCB
Réponse le 29 août

21 août 2019

Affaires d'honneur de Pierre Grenet

Et si vous vous reposiez de toutes ces promenades "nez en l'air"… 
en bouquinant tranquillement chez vous. 

Voici une note de lecture - demandée à Jacques Primault, notre aviateur historimien – concernant un livre écrit par un Isséen, Pierre Grenet. Une fois n’est pas coutume, le livre ne porte pas sur Issy-les-Moulineaux mais sur un sujet historique plus général :  les combats de nos aviateurs en mai 1940. Ce sujet nous est cher car les liens entre Issy-les-Moulineaux et l’Armée de l’air ont toujours été très étroits, via le terrain d’aviation et l’état-major de l’Armée de l’air tout proche.





Intitulé Affaires d’honneur, édité aux éditions Riquetti, ce livre (ci-dessus) évoque la vie personnelle, la carrière militaire et les combats de l’oncle de l’auteur, le commandant Pierre Grenet, ancien Cyrard, puis aviateur, qui fut d’octobre 1939 à mai 1940 commandant du groupe de bombardement d’assaut II/54 (écusson ci-contre), volant sur Bréguet 693. Il trouve la mort le 18 mai, son avion étant littéralement coupé en deux par la Flak allemande, son mitrailleur pouvant miraculeusement sauter en parachute.


Peinture de Bernard Lengert

L’auteur n’est pas un historien de métier (il a travaillé notamment à France Telecom Multimédia) mais ses nombreuses lectures et ses recherches approfondies sur son oncle, sur les combats aériens en mai 1940 et sur le contexte politique et militaire du moment, donnent une épaisseur à son texte, écrit dans un style très agréable. On croit tout connaître de cette période - le déficit d’avions modernes, les erreurs stratégiques de l’état-major, le courage et les importantes pertes des aviateurs (voir le site : www.passionair1940.fr)  mais on en apprend encore sur les causes de cette débâcle. 

Passage éclair © XDR

Et là, l’auteur ne mâche pas ses mots, parlant, pour certains militaires, parfois très haut placés, de « coupable complaisance », de « trahison » voire de « coup d’État fasciste », jusqu’à pointer l’ombre de la Cagoule et des Ligues de droite, tout ceci expliquant le sous-titre du livre.


Même si l’auteur aborde, vers la fin du livre, des questions familiales ou expose des considérations très personnelles sur les événements et la notion de « héros », les deux premières parties en revanche sont passionnantes, décrivant au jour le jour le courageux combat de ces pilotes, observateurs et mitrailleurs, bombardant en vol rasant et soumis aux tirs meurtriers des DCA mobiles allemandes. Au travers d’un journal - reconstitué - de l’avant-guerre de son oncle, l’auteur fait un clin d’œil à Saint Exupéry, lui-même en missions de reconnaissance à la 33e escadre sur Bloch 174 durant cette même période.

J. Primault

19 août 2019

Réponse - Et une, et deux et trois !

Vous les avez trouvées finalement ces têtes …  


© M. Julien

Il s'agit de mascarons, ces figures humaines parfois effrayantes, dont la fonction primitive était de chasser les mauvais esprits des demeures. Elles protègent l'immeuble du 10 avenue de la République, en Centre ville (ci-dessous).

© M. Julien

L'avenue a été percée lors des opérations d'aménagement de l'ancienne propriété du "Couvent des Oiseaux" à la fin du XIXe siècle. Mais n'y voyez aucune relation de cause à effet !  PCB

14 août 2019

Jeu - Et une, et deux, et trois !





Où sont-elles donc passées ? Une bonne occupation pour ce long week-end du 15 août. A vous de voir. © M. Julien.

Réponse le 19 août, 18 h

11 août 2019

Réponse - Mondrian à Issy ?





Dommage que ce ne soit pas un Mondrian ! Rien à voir. Cet étrange dessin géométrique se trouve sur la porte d'entrée du Foyer-Accueil des Jeunes travailleurs (ci-dessous)  6 rue Charlot. Charlot ? Rien à voir avec Charlie Chaplin. Le nom de la rue, située dans le quartier Val de Seine/Les Arches,  a été choisi, en 1906, en souvenir de Jean-Baptiste Charlot, Maire d’Issy de 1888 à 1894.

Foyer-Accueil des Jeunes travailleurs. © M. Julien

Prochain rendez-vous le 14 août, 18h.

7 août 2019

Jeu - Mondrian à Issy ?

Changement de décor… Là, si vous trouvez, c'est que vous êtes vraiment très fort !!!!  On dirait vraiment du Mondrian, mais non…

© M. Julien
Réponse le 11 août, 18 h.

5 août 2019

Réponse - un parfum d' Orient ?

© M. Julien
Alors ? Rien à voir avec l'Orient… il s'agit en fait du haut du clocher de la chapelle Sainte-Clotilde, dite "chapelle rose", située au n°8 rue de l'Abbé Grégoire, dans les Hauts d'Issy. Historim y a consacré un article il y a quelques années - à lire et relire pour tout connaître de son histoire ! http://www.historim.fr/2014/05/lecole-et-leglise-sainte-clotilde.html


 La chapelle rose. © M. Julien

Prochain rendez-vous le 7 août, 18 h.

1 août 2019

Jeu - un parfum d'Orient ?

Après une pause littéraire et… policière, repartons à la découverte de notre commune d'Issy avec cette étrange vue, qui nous apporte un parfum d' Orient ?

© Michel Julien

Réponse le 5 août, 18 h

28 juillet 2019

Nicolas Le Floch… et M. d'Issy

Un peu de lecture pour vous reposer de ces "nez en l'air" à travers la ville !

Jean-François Parot, ancien ambassadeur, est connu pour être l’auteur d’une série passionnante de romans policiers dont l’action se déroule sous les règnes de Louis XV et Louis XVI. Il a recréé, avec infiniment de talent, le cadre de vie de l’époque mais aussi la langue élégante des aristocrates et celle moins élaborée de la majeure partie des Français. Les intrigues sont menées grâce à des connaissances historiques fort précises et à une imagination sans cesse renouvelée.
Le personnage principal des livres est Nicolas Le Floch, marquis de Ranreuil, chargé d’enquêtes extraordinaires sous l’autorité du Lieutenant général de Police de Paris. 


Le titre du premier livre de la série est L’énigme des Blancs-Manteaux (Grands Détectives, 10/18). Et voici de que l'on peut lire page 209 : le héros arriva au Grand-Châtelet et « s’enquit auprès du geôlier en chef de la cellule dans laquelle l’inspecteur avait fait incarcérer Semacgus. Il lui fut répondu que M. Bourdeau était demeuré enfermé toute la nuit avec un prisonnier inconnu enregistré sous le nom de M. d’Issy ». Le dénommé Semacgus, soit-disant Monsieur d’Issy, est soupçonne de meurtre. Il habite à Vaugirard, territoire isséen jusqu’au XIVème siècle puis paroisse autonome à l’extérieur de Paris jusqu’en 1860. 

Jean-François Parot connaît bien le XVe arrondissement et la proche banlieue car il fit ses études au lycée Michelet de Vanves. Dans ses romans, il évoque, outre la capitale, Versailles, Ville d’Avray, Meudon ou Vanves réputé alors pour la qualité de son beurre. En revanche, il fait trop peu mention d’Issy ! P. Maestracci

Prochain rendez-vous le 1er août, 18h

26 juillet 2019

Réponse - une devise pleine de bon sens


Alors vous avez trouvé.
Cette flèche vous mène tout droit à l'imprimerie dmaintenant, 1 rue Ernest Renan. Regardez :


Cette imprimerie au nom fortement rassurant pour les gens pressés se trouve depuis juin 2018 au début de la rue Renan, au rez-de-chaussée d’un bel immeuble en pierre de taille. La devise en forme de flèche indique l’entrée de cette imprimerie express. Toutes sortes de travaux peuvent y être accomplis…en un clin d’œil ou presque.
L’imprimerie se trouvait jusqu’à l’année dernière au 17 rue Guynemer mais le bâtiment, comme ceux qui l’entourent, sont voués à une démolition prochaine. L’emplacement crucial pour cette imprimerie s’explique par la proximité des nombreux salons qui se tiennent non loin au Parc des Expositions de la porte de Versailles. Texte et photo P. Maestracci

Prochain rendez-vous le 28 juillet, 18h.

21 juillet 2019

19 juillet 2019

Réponse - arc, rond, cercle

© PCB
Vous avez trouvé ? Il s'agit d'un "pigeonnier" construit au XIXe siècle sur les ruines du château des Conti, détruit pendant les combats de la Commune en mai 1871. Aujourd'hui, il trône fièrement sur la terrasse du Musée français de la carte à jouer, inauguré en 1997. Il s'agit de l'unique musée en France, consacré aux cartes à jouer. 
Il abrite aussi de nombreuses expositions… et un restaurant éphémère : au menu cette année, des plats coréens - délicieux. N'hésitez pas, allez-y, après avoir vérifié les horaires : https://openagenda.com/museecarteajouer/events/profitez-dun-restaurant-coreen-sur-la-terrasse-du-musee?lang=


Terrasse du Musée français de la carte à jouer. © PCB

Prochain jeu le 21 juillet, 18 h.

14 juillet 2019

Jeu - arc, rond, cercle ?

Certains d'entre vous vont reconnaître tout de suite cette étrange figure géométrique… d'autres peut-être pas ? Bonne chance…



 PCB

Réponse le 19 juillet, 18 h.

12 juillet 2019

Réponse - évasion surréaliste

© M. Julien
Alors ?

Cette étrange sculpture se trouve sur la façade  du Conservatoire- Niedermeyer Auditorium, qui se situe en Centre Ville, Mail Raymond-Menand, maire d'Issy-les-Moulineaux de 1973 à 1980.

S'agit-il de notes de musique endiablées ? Synonyme d'évasion.
Le Conservatoire propose d'apprendre toutes sortes de musique, de la musique ancienne au jazz. Quant à l'Auditorium de 354 places assises, il peut accueillir spectacles et colloques. PCB

© M. Julien
Prochain rendez-vous, le 14 juillet 18 h.

7 juillet 2019

Jeu - évasion surréaliste

L'été est là… et, comme  à chaque période de vacances, Historim vous fait découvrir votre commune en jouant au "nez en l'air". C'est parti pour une évasion… surréaliste. 

© M. Julien

Alors, ça vous inspire ?
Réponse le 12 juillet, 18 h

3 juillet 2019

Jean Moulin, son arrestation - conférence à Issy-les-Moulineaux

 Le 8 juin dernier, à la Maison du Combattant rue du Général Leclerc,  Patrick Flandre, délégué principal isséen de l’Association Nationale des Membres de l’Ordre National du Mérite organisait une conférence, ouverte exceptionnellement aux membres d’Historim, sur le thème "Le mystère de l’arrestation de Jean Moulin à Caluire le 21 juin 1943". Le conférencier, M. le commissaire général Michel Barbaux, passionna l’assistance nombreuse par son érudition, son humour et ses anecdotes.

Jean Moulin, de Rodolfo Vega, sur l'Île
Saint-Germain, à Issy-les-Moulineaux. © A. Bétry


Jean Moulin à Issy-les-Moulineaux
Jean Moulin, héros de la Résistance, est né le 20 juin 1899, a été arrêté le 21 juin 1943, est mort le 8 juillet 1943. Son buste se trouve, depuis 1995, sur l'Ile St-Germain à Issy-les-Moulineaux, devant le 15/17 avenue Jean Monnet (ci-dessus). Œuvre de l'artiste salvadorien Rodolfo Vega, il représente Jean Moulin (1899-1943), premier président du Conseil National de la Résistance.
Rappelons que Jean Moulin fit un court séjour dans notre commune. En tant que caporal-chef, il intègre le Bataillon de l'Air n°117 (devenu en 1964 la Base aérienne 117). Il est nommé sergent de réserve le 10 décembre 1938. En 1939, le voilà préfet d'Eure-et-Loir. Pas pour longtemps. La guerre éclate. Il retourne à Issy du 13 au 26 décembre 1939 pour passer une visite médicale d'incorporation à l'école des mitrailleurs - un problème de vue l'en empêche. Il ne reverra plus notre commune.

Le résistant
M. Michel Barbaux commence son exposé par ces mots : « C’est un témoignage mais pas une conférence » car il a rencontré bon nombre de Résistants dont il parle avec émotion. L’arrestation de Jean Moulin fut : « une affaire, un drame, un guet-apens… » Raymond Aubrac, décédé en 2012, lui a demandé « de transmettre la mémoire » de la Résistance. C'est chose faite.
Préfet en 1939, Jean Moulin est révoqué par le Régime de Vichy en novembre 1940. En octobre 1941, il rencontre le général de Gaulle qui le charge d’unifier les mouvements de Résistance. Il est parachuté dans les Alpilles dans la nuit du 31 décembre 1941. Il crée l’Armée secrète par fusion des formations para-militaires des trois mouvements de la zone sud et préside les MUR (Mouvements Unis de la Résistance) tandis que Pierre Brossolette unifie ceux de la zone nord occupée. Le CNR (Conseil National de la Résistance) est créé en mars 1943 regroupant six partis politiques, huit mouvements de Résistance et deux syndicats (CGT et CFTC). La première réunion se tient le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, sous l’autorité de Jean Moulin.


La maison de Caluire où fut arrêté Jean Moulin. © XDR
La tragédie
Elle commence par l’arrestation en mai 1943 du général Charles de Delestraint, chef de l’Armée secrète, qui fut par la suite « abattu à Dachau en 1945 ». Jean Moulin apprend cette arrestation par son secrétaire Daniel Cordier le 14 juin et en informe le général de Gaulle dès le lendemain.
Une réunion est prévue le 21 juin dans une maison amie à Caluire (ci-contre), dans les environs de Lyon, pour remplacer le général Delestraint. Sont présents Jean Moulin, André Lassagne adjoint de Delestraint, Bruno Larat, Raymond Aubrac, les colonels Schwarzfeld et Lacaze, le journaliste Henri Aubry « seul prévu à la réunion » du groupe Combat mais assisté de René Hardy « grande gueule », non convié mais envoyé par Bénouville.
Les résistants sont arrêtés par Klaus Barbie et transférés à la prison de Montluc. Seul René Hardy arrive à s’échapper de façon rocambolesque laissant planer le doute. Jean Moulin, torturé par Barbie, ne parle pas. Le dernier à l’avoir vu encore envie dans la prison est Raymond Aubrac. 

Jean Moulin. © XDR
Jean Moulin (ci-contre) meurt aux alentours de Metz dans un convoi en route vers l’Allemagne. Serge Ravanel, chef des Groupes Francs, avait pourtant préparé une opération commando pour libérer Jean Moulin mais qui n’a pas pu avoir lieu. Il réussit en revanche à mettre au point une opération commando dirigée par Lucie Aubrac pour libérer Raymond Aubrac. Serge Ravanel devient par la suite le chef des FFI à Toulouse en 1944 où il accueille le général de Gaulle. pour qui « Moulin était de ceux qui firent leur tâche et à ce titre, on ne le remplacera pas ». De fait, il nomma, après un long intérim, quatre hommes dont Georges Bidault, pour lui succéder.

Le cas René Hardy
René Hardy a été envoyé à la réunion de Caluire par Bénouville. Dans deux rapports allemands, il est signalé comme « résistant retourné … contre-agent allemand ». Lors de son premier procès en janvier 1947, devant la Cour de Justice de la Seine, il est acquitté « au bénéfice du doute ». Un second procès, en avril 1950, se tient au Tribunal militaire permanent de la Seine. René Hardy est encore acquitté « à la minorité de faveur ».
Les polémiques sur les responsabilités de l’arrestation de Jean Moulin continuent de nos jours et il faut espérer que l’ouverture des archives apportera un jour une réponse claire à cette « affaire de Caluire »

Au Panthéon
Jean Moulin, général de division à titre posthume en 1946, entre au Panthéon le 19 décembre 1964 ; le discours d’André Malraux (ci-dessous), alors ministre d'État chargé des Affaires culturelles, est resté dans toutes les mémoires : « Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège… »

André Malraux, devant le Panthéon, le 19 décembre 1964. © XDR
Sur la sculpture d'Issy-les-Moulineaux, figure un autre extrait de ce discours 
"Aujourd'hui jeunesse, puisses tu penser à cet Homme comme tu aurais approché tes mains de cette pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé. Ce jour là, elle était le visage de la France." 
P. Maestracci

PS. Profitez des vacances pour lire quelques ouvrages conseillés par le conférencier :
- Raymond Aubrac, Où la mémoire s’attarde, Poches Odile Jacob.
- Pierre Péan, La diabolique de Caluire, Fayard.
- Jean-Christian Petitfils (sous direction), Les énigmes de l’histoire de France, Perrin histoire. Chapitre d’Olivier Wievorka pour l’arrestation de Jean Moulin.

26 juin 2019

Sentiers isséens

Par une belle après-midi de juin, nos Historimiens sont partis en balade à travers la ville, sous la direction de notre guide-conférencier Florian, en grande forme. De la place des Tilleuls au Chemin des Vignes, un parcours méconnu plein de charme enrichi de présentations historiques. 

Florian, Place des Tilleuls. © A. Bétry
Tout commence Place des Tilleuls, dans les Hauts d'Issy (ci-dessus). Florian, perché sur son escabeau, évoque le village médiéval d’Issy, cité dans un premier écrit datant de 907, même si l’origine remonte à Childebert en 558. Issy relève de l’abbaye de Saint-Germain des Prés qui possède alors la rive gauche de la Seine jusqu’à Meudon. Une maison forte de l’abbaye, le « château », se trouvait face à la première église Saint Étienne ; elle comprenait un auditoire, une geôle, des bâtiments agricoles. La population « misérable » ne compte que 50 foyers au XIVe siècle.

Sentier de la Montézy. © A. Bétry
Nous voici partis par le sentier de la Montézy, où l'on se croise difficilement (ci-contre). Ce "sentier de brouette" tire son nom d’un lieu-dit - mais est-ce une déformation du nom du château de Monthléry protégeant Paris ? Florian aborde le maraîchage dont Issy fut un gros fournisseur de fruits et légumes pour la capitale : choux, carottes, navets, épinards et salades d’abord cultivés en plaine, puis sur le coteau, quand l’armée au XIXe siècle réquisitionna le champ de manœuvres (actuel Héliport).

Nous empruntons maintenant la rue de la Galerie pour nous rendre au Fort. Cette rue reprend le tracé d’un aqueduc approvisionné par des sources dans la zone du Fort. La répartition de l’eau se faisait par des dalles trouées et facilement bouchées entre les propriétés ecclésiastiques et aristocratiques. On continue par la rue du Fort. Elle présente encore quelques maisons typiques du milieu du XXe siècle, surélevées avec un perron, construites en brique et avec un toit à double pente. Elles ont souvent remplacé des cabanes en bois occupées par des familles pauvres mais qui se regroupaient comme en témoigne le nom de la proche impasse des Trois beaux-frères. Des promoteurs vendirent aussi des terrains non viabilisés, ce qui explique que la zone du plateau n’ait pas été électrifiée totalement en 1939.

Voilà l'entrée du Fort et son éco-quartier qui méritera une visite toute particulière tant son histoire est intéressante. Sur notre droite, des marches conduisent à la promenade des Courtines devenue, en 2018,  Chemin du Colonel Arnaud Beltrame (1973-2018), héros qui a sacrifié sa vie pour libérer une femme otage d’un terroriste.

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Jardins partagés du Fort; © PCB
 Le chemin longe l’arrière du Collège de la Paix promis à la démolition. Notre guide ménage une pause afin d’aborder le sujet des relations « pas toujours au beau fixe » entre Paris et Issy-les-Moulineaux car il y eut « plusieurs sujets de discorde » à commencer par la perte de Vaugirard en 1342, celle du champ de manœuvres au XIXe siècle mais, aussi, la zone-tampon créée par le Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Une grande partie du XVe arrondissement est constituée d’anciennes possessions isséennes !
Avant d'aborder le sentier des Épinettes, on découvre le long du passage Paul Assenspasse des jardins partagés : 86 parcelles mises à la disposition des habitants, sans oublier un verger (ci-dessus).

Le sentier des Épinettes, long de 247 mètres, date probablement du Moyen Âge. Il rejoignait le chemin de Saint-Cloud avant d’être interrompu par le percement d’un boulevard en 1869 (futur boulevard Rodin). Le nom d’Épinettes provient du nom d’un cépage de pinot blanc pour lequel il fallut défricher des broussailles épineuses. Le sentier passait au-dessus des carrières de craie et de blanc de Meudon. « Tout le quartier a disparu » lors de l’effondrement de 1961 qui fit 21 victimes. Michel nous montre « le mur de la commune », mur en pierres sèches (refait avec du ciment) d’une propriété marquant la limite de celle des princes de Conti, qui s'étendait jusqu'à la place des Tilleuls. En face, l’église Saint-Bruno date de 1936 ; elle fait partie des églises destinées à l’époque à rechristianiser la banlieue. De plan centré, son style rappelle l’art gothique.

Dans le parc Rodin, des marches… ©PCB

… et des allées ombragées. © PCB
L’escalier entre les rues d’Erevan et de la Défense est vertigineux. Il se situe au cœur du quartier arménien et mène au splendide parc Rodin (ci-dessus). En marchant à l'ombre de ses arbres, on se sent à des kilomètres de la ville ! Florian en profite pour évoquer le sculpteur, auteur entre autres du Penseur, et son mouleur Paul Cruet installé dans les dépendances du château des Conti (actuel Musée Français de la Carte à Jouer) ; mais aussi de Matisse qui a vécu route de Clamart (avenue du Général de Gaulle).

Florian et les Historimiens. © A. Bétry
Nous traversons le boulevard Rodin, direction  l'Allée du Panorama, un chemin escarpé (ci-contre) qui domine le quartier de l’ancienne usine d’armement Gévelot, active pendant un siècle et demi (à partir de 1825). 

© J. Primault

Aujourd'hui de petites maisons, cachées derrière la végétation (ci-dessous), constituent un havre de paix. Au loin, derrière le RER et le quartier Haussmann, on aperçoit le Mont Valérien. Et voici des poules (ci-dessus)… l'une ressemble même à Roxane,  l'héroïne du film de Mélanie Auffret ! 


Maison particulière dans le sentier du Panorama. © PCB
En bas à gauche, nous rattrapons le Chemin des Vignes qui nous rappelle que 76% de la surface cultivée à Issy étaient recouverts de vignes. Mais au XIXe siècle, l’essor du chemin de fer favorisant le transport des vins de Bourgogne ou du Bordelais a ruiné cette activité, réintroduite en 1992, grâce à la famille Legrand. Certains d'entre vous se souviennent, certainement, de la visite privée que nous avons pu faire chez eux ! 

C'est là que nous nous quittons, rattrapés par la vie moderne, les bus, les voitures, le train. Un grand merci de la part du groupe à Florian pour cette promenade bucolique et historique.

P. Maestracci