22 mars 2019

Les princes de Conti en leur château d'Issy - conférence

Le public est nombreux en cette fin de journée du 14 mars dans la grande salle du Musée français de la carte à jouer, installé à l'emplacement du château des Conti. La conservatrice Charlotte Guinois rend hommage à Florian, le conférencier, son ancien collègue, et rappelle que la Galerie d’Histoire de la ville vient d’être réaménagée (film en 3D du château et tablettes Li-Fi ).

Le village d’Issy au XVIIIe siècle
Florian rappelle que le village, situé à quelque distance de la capitale, compte alors 600 habitants. Il dépend de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
Après l’arrivée de la reine Margot en 1606, de riches Parisiens s’installent dans de superbes propriétés le long de la Grand-Route, en contrebas du village perché sur la hauteur. Il s’agit de la bourgeoisie parlementaire au début puis, de plus en plus, d’aristocrates au XVIIIe siècle. Le village d’Issy se trouve enserré entre le domaine du duc de Bourbon-Condé (actuel lycée Michelet) et celui du financier Nicolas Beaujon (actuel Hôtel de Ville). Un fait notable pour l’époque : la présence de maîtres d’école pour filles et garçons ainsi que celle de chirurgiens.

Florian au micro devant le plan de la seigneurie d'Issy, 1671. © XDR

La lignée des Conti
Cette famille est originaire de Picardie. Le premier Conty est attesté en 1041. Le nom est italianisé avec un I final au XVIe siècle, sous les reines Médicis.
Cette lignée princière est fondée par Armand, premier prince de Conti dont le frère aîné est à l’origine de la branche des Condé. Ce grand guerrier est aussi le mécène de Molière. Les Conti multiplient les mariages avec leurs cousins Condé et les enfants du Régent Philippe d’Orléans. Ce sont des « chefs militaires reconnus » fort riches. Ils possèdent trois hôtels particuliers à Paris (dont deux sont occupés par des ministères, en particulier celui de la Défense et un autre qui a disparu quai Conti), d’autres dans les villes royales de la région ainsi que de nombreux fiefs dans différentes provinces. Mais leur propriété la plus importante est située à L’Isle-Adam.
Portrait de François-Louis. © XDR
Florian nous fait un portrait très complet de François-Louis (1664-1709). Il eut le Grand Condé pour parrain, qui le traita comme son fils à la mort de son père. François-Louis (ci-contre) combat pendant la guerre de la Ligne d’Augsbourg (1688-1697), participe à la bataille de Steinkerque en 1692 . Il reçoit la Croix de Saint-Louis avant même ses 10 ans de service. Surnommé le Grand Conti, il est décrit ainsi par le mémorialiste Saint-Simon : « galant avec toutes les femmes…. coquet avec tous les hommes ». Célèbre pour ses cravates attachées à la hâte, fort cultivé, il parle italien, espagnol et allemand. En 1696, il est élu roi de Pologne mais n’arrivant pas à se faire couronner, il revient en France. Deux ans après sa mésaventure, il achète la propriété d’Issy et le contrat est signé en 1699. Il reçoit à Issy le Grand Dauphin qui vient en voisin de Meudon. Son épouse est sa cousine Marie-Thérèse, fille du prince de Condé. Le couple a 7 enfants dont 4 meurent en bas âge. Le prince se réfugie à Issy lors de chaque deuil. À sa mort en 1709, Marie-Thérèse devient princesse douairière jusqu’à sa mort en 1732. Elle laisse les hôtels parisiens à son fils lorsqu’il se marie en 1713, en fait construire un autre mais réside beaucoup dans sa propriété isséenne où elle reçoit somptueusement la duchesse de Berry, fille du Régent ; concert, glaces et feu d’artifice pour clore la soirée. Elle protège les villageois isséens. En particulier, elle fait mettre fin à un abus de détournement des eaux de la fontaine (actuel passage Jassedé) par un vigneron.

Le château et le parc
La propriété, à l’origine celle de la reine Margot, appartient à Denis Talon à la fin du siècle. Il fait reconstruire le château par l’architecte Pierre Bullet. Celui-ci rompt avec la tradition architecturale française pour s’inspirer des villas palladiennes de Vénétie. Le plan est massé, avec de grandes pièces au rez-de-chaussée, des façades et des murs sobres. La veuve de Denis Talon vend le château à François-Louis de Conti

Le château et son péristyle, photo années 1860. © XDR
Le prince fait embellir par Bullet le château « trop simple à son goût » d’un péristyle avec 4 colonnes et attique (ci-contre). Les armoiries sont gravées dans le fronton : trois fleurs de lys avec la barre oblique de la branche cadette qui sont entourées d’un liseré rouge. François-Louis fait construire aussi le petit château (détruit en 1960 ) à droite de l’entrée pour son fils.
Le parc de 96 arpents est dessiné par Le Nôtre et, surtout, par son neveu. Comme le parc est en pente, les murs sont peu visibles à la joie du prince qui s’exclame : « si tout n’est pas à moi, tout est à mes regards », selon l’écrivain Benserade. 

Ses descendants habitent à leur tour le château. Florian nous fait revivre ces années-là. Louis-Armand II, bossu et surnommé « le singe vert », est qualifié de « vilain, fou, mal élevé » par la princesse Palatine. Marié en 1713 à Louise-Elisabeth, il meurt en 1727. Le couple a un fils, Louis-François dont le parrain est Louis XV et la marraine la princesse Palatine. Louise-Elisabeth mène « une vie fastueuse » ; elle est musicienne et élève de Couperin. Elle défend avec acharnement les intérêts de sa famille et accepte de présenter à la cour la marquise de Pompadour. Elle meurt dans son château isséen ; son corps est déposé dans l’église Saint-Étienne avant son transfert à Paris. Elle a donné le château à son fils en 1764.

La maquette du château et de son parc, visible dans la Galerie d'Histoire de la ville. © A. Bétry

Louis-François est un fin lettré qui « a le goût des sciences et de la littérature …impossible de découvrir en lui la moindre nuance de fatuité », selon madame de Genlis. Il chasse le petit gibier dans son parc et les environs. Il crée une faisanderie ainsi que douze remises ; quatre à cinq membres de sa domesticité sont chargés de la chasse princière sous l’autorité d’un inspecteur logé en face du château. Militaire, le prince commande un régiment de Dragons avant d’entrer au Secret du Roi puis de devenir Grand Prieur du Temple à Paris. Le Temple qui jouit de l’extra-territorialité devient « un haut lieu de l’opposition au roi ». Louis-François meurt sans confession. Il est marié à Louise-Dianed’Orléans, fille du Régent. Leur fils vend la propriété isséenne après la mort de son père avant de mourir lui-même en 1814, dernier de sa lignée.

Après les Conti
Florian termine sa conférence en nous rappelant que l'on peut découvrir aujourd'hui, à Issy, un certain nombre de vestiges du château.
Les fonts baptismaux d’époque Louis XV, que les Conti ont offerts à l’église paroissiale, sont toujours visibles dans l'église Saint-Étienne.
Le château fut très endommagé lors des combats de la Commune en mai 1871. Son péristyle a été remonté à la Villa des Brillants à Meudon, selon la volonté de Rodin. Et l'entrée de la propriété avec le donjon abrite aujourd'hui la Galerie d'histoire de la ville.
Dans le parc Henri Barbusse, il reste un bassin devant trois niches originelles (ci-dessous).

Le bassin du parc Henri Barbusse. © A. Bétry
Florian Goutagneux finit sa conférence par un hommage à René Le Bacon ( 1923-2001), historien fondateur du CRHIM et auteur d’un ouvrage sur les Conti. Une plaque à l’entrée du musée évoque sa mémoire. P. Maestracci



20 mars 2019

Le Printemps de la Sculpture, à Issy

Le Musée français de la carte à jouer s'associe à cette manifestation, le Printemps de la Sculpture, créée à l'initiative du département des Hauts de Seine.



© XDR
Alors, profitez de ce week-end du 30-31 mars 2019, pour partir à la découverte des sculptures appartenant à la ville de Paris, mais qui sont installées dans notre commune. Comme celles du parc Henri Barbusse… vous vous souvenez, il vous fallait trouver dans un "nez en l'air" d'août 2016 ce magnifique penseur (ci-contre).

Le 31 mars, à 15 h, une conférence se tiendra au Musée sur ce thème, donné par Anne-Charlotte Cathelineau, conservateur en charge des sculptures à la Conservation des Œuvres d’Art Religieuses et Civiles de la Ville de Paris.

Pour en savoir plus :
http://my.hauts-de-seine.fr/printempsDeLaSculpture/


16 mars 2019

Le Centre National des Archives de l'Église de France, à Issy

C'est à Issy-les-Moulineaux, au 35 rue du Général Leclerc, qu'est situé le CNAEF depuis 1998. Histoire de ce haut-lieu archivistique.



Historique

Le 2 novembre 1789, les biens du clergé sont « mis à la disposition de la Nation ». Par la loi du 5 janvier 1790, l’Assemblée Constituante déclare les archives ecclésiastiques propriété de l’État et ordonne leur versement dans des dépôts publics départementaux. C’est pourquoi les archives diocésaines ne conservent aujourd’hui que des documents des XIXe et XXe siècles.

Loi du 9 décembre 1905. ©XDR
Lors de la séparation des Églises et de l’État en 1905 (ci-contre), les diocèses conservent leurs propres archives.
En 1919, Benoit XV institue l’Assemblée des cardinaux et archevêques de France, d’abord temporaire, puis permanente en 1920, chaque diocèse restant indépendant.
En 1964, lors du Concile Vatican II, la Conférence des Évêques de France (CEF) est créée et remplace l’Assemblée des cardinaux et archevêques.

C’est en 1973, à l’initiative de Mgr Charles Molette, chanoine du diocèse de Paris et fondateur de l’Association des Archives de l’Église de France (AAEF), qu’est fondé le Centre National des Archives de l’Église de France (CNAEF). Il est d’abord créé dans le but de sauvegarder les fonds d’archives, en péril de l’Eglise.
En 1981, rattaché au Secrétariat général de la CEF, le CNAEF s’installe au 106 rue du Bac, siège alors de la CEF. En 1998, devant la saturation des locaux, le CNAEF doit déménager et s’installe à Issy-les-Moulineaux où il occupe une partie du Grand séminaire. A noter que de 1992 à 1997 cette aile du séminaire, alors surnommée galerie Sainte-Thérèse, abrita les bureaux, archives et cartes à jouer, non accessibles au public, en attendant l’ouverture en décembre 1997 de l’actuel Musée français de la carte à jouer.
En 2011, une annexe vient agrandir les locaux.


Missions

Le rôle du CNAEF est :
- d’une part, collecter, conserver et valoriser les archives provenant des services de la Conférence des évêques de France ;
- d’autre part, recevoir les dons définitifs et les dépôts temporaires d’archives concernant l’histoire de l’Église catholique de France.

100 ans d'archives… © D. Hussenot
Ce qui représente aujourd’hui 100 ans d’archives ! Sachant que les documents administratifs concernant les baptêmes, mariages et sépultures demeurent au niveau diocésain.
Les archives, sous formes diverses (correspondances, compte-rendus de réunions et d’actions, photographies, etc) sont confiés par des personnes, des mouvements, des associations, ecclésiastiques ou laïques, parce qu’elles sont en rapport avec l’histoire, la spiritualité et l’apostolat de l’Église catholique (tels que catéchèse, catéchuménat, famille, sociétés, monuments catholiques).

Tintin et Milou dans Cœurs vaillants
et âmes vaillantes
. © D. Hussenot

Parmi toutes les archives ainsi conservées, on peut citer celles :
- de la société Saint Vincent de Paul (de 1933 à 2010) ;
- du Secours catholique fondé par Mgr Jean Rhodain ;
- de l’aumônerie des prisonniers de guerre ;
- des aumôneries des prisons civiles ;
- des mouvements catholiques tels la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne, 1928), la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) ou la JAC (Jeunesse agricole chrétienne, 1929) ;
- de certaine presse catholique telle que Cœurs vaillants et âmes vaillantes, où sont nés Tintin et Milou (ci-contre) !


Fonctionnement

Le CNAEF d’Issy est dirigé par trois archivistes professionnels (dont Valentin Favrie que je remercie pour son accueil), sous l’autorité de Mgr de Germiny, évêque émérite de Blois. Il met l’ensemble des archives à disposition d’historiens, de chercheurs, d’universitaires laïcs et religieux, d’étudiants.

La salle de lecture du CNAEF. © D. Hussenot
Le centre comporte une salle de lecture spacieuse (ci-dessus) et des magasins d’archives contenant 5 kilomètres linéaires d’archives ! Au cours de l’année 2018, le CNAEF a dénombré 230 consultations, soient 1000 boites d’archives explorées !

Le centre est accessible, sur rendez-vous uniquement, au 35 rue du Général Leclerc, à Issy. 01 55 95 96 80.
Denis Hussenot.



12 mars 2019

Le Musée de l'Air à… Issy-les-Moulineaux ?

Non, il n’y sera jamais implanté - Dommage ! Mais cela aurait pu arriver…
En effet, si la France dispose aujourd’hui, au Bourget, d’un Musée de l’Air et de l’Espace digne de ce nom, avec l’une des collections les plus riches du monde, il n’en n’a pas toujours été ainsi.

Le "dépôt" d'Issy - Icare n°47. © MAE
Le chemin a été long depuis la création du musée en 1919, logé dans un simple « Dépôt des collections de l’aéronautique » (ci-dessus) sur le terrain d’Issy-les-Moulineaux (déjà !), jusqu’à son installation au Bourget en 1975

Boulevard Victor. © Livret Musée de l'Air, 1937.

En 1921, les collections sont transférées dans un hangar à Chalais-Meudon puis réinstallées en 1936 au 28 boulevard Victor (ci-contre), à Paris (15e).


Puis,  les collections sont ramenées en 1946 à Chalais-Meudon, mais cette fois dans le fameux « hangar Y » (ci-dessous) dont la rénovation par le département vient d’être décidée. Elles y resteront jusqu'à la fin des années 1970.

Le hangar Y de Chalais-Meudon. © MAE.

Pourtant, dès les années 1950, les pouvoirs publics, le monde de l’aéronautique, les historiens et la presse spécialisée s’accordent à dire qu’il faut installer le Musée de l’Air dans un site approprié, dans la patrie de Clément Ader, de Blériot et de Farman, et de tant d’autres pionniers.
De 1955 à 1970, de nombreux sites sont donc étudiés : la gare d’Orsay, en 1955, l’aérogare Air France des Invalides, un ancien site militaire à Nanterre, le grand palais ou encore Orly. En 1958, Henry Potez, président de l’association des Amis du Musée de l’Air, lance l’idée auprès du délégué ministériel à l’Air, Joseph Roos, d’une implantation du musée à Issy-les-Moulineaux, à côté du terrain d’aviation, dans une zone libérée par l’armée de l’Air. 
Dans le même temps, le conservateur du musée, le colonel Rougevin-Baville, propose de récupérer le pavillon de la France (ci-dessous) de l’Exposition universelle de Bruxelles, qui doit fermer ses portes le 19 octobre 1958. 

Maquette du pavillon de la France. © XDR
Ce pavillon très original, conçu par Guillaume Gillet et René Sarger, avec l'aide de Jean Prouvé pour les façades, se présente comme une vaste halle de 12 000 m² dont la couverture a la forme d’ailes d'oiseau. Seule difficulté : le coût du démontage et du transfert : 800 millions de francs, sans compter certains renforcements nécessaires ! Le budget n’est finalement pas bouclé et le bâtiment est détruit.

Sur proposition du nouveau délégué ministériel à l’Air, Pierre Chatenet, le ministre de la Défense, Pierre Guillaumat, donne son accord en mars 1959 pour la construction d'un musée sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux, tout en faisant également étudier un projet au Grand Palais. André Malraux, ministre de la Culture, y est favorable sous réserve que le lieu soit consacré à la locomotion en général, c’est-à-dire l’aviation, l’automobile et le chemin de fer. Cela ne convient pas aux aviateurs. Le projet isséen est à nouveau en pointe, même si le lieu envisagé n’est pas idéal, confiné entre le périphérique, le boulevard des maréchaux et la voie ferrée (siège de Safran aujourd’hui). 

Le lieu choisi à Issy. Coll. Pyperpote.
En 1961, le préfet de la Seine fait d’ailleurs savoir qu’il n’y est pas favorable arguant que cette zone est programmée pour un autre emploi. Un ancien site militaire à Nanterre, un moment envisagé, est finalement abandonné car réservé au ministère de l’Éducation nationale pour y implanter une université.

En mars 1964, le conseil municipal d'Issy-les-Moulineaux vote une motion pour que le musée soit construit sur le terrain d’aviation, mais au sud, le long du boulevard des frères Voisin. 
« Cette solution présente de réels avantages : la proximité de Paris et les facilités d'accès par métro et autobus, l’intérêt symbolique d'ériger le Musée de l'Air sur le premier terrain d'aviation au monde ». Contact est pris le 21 novembre par Bonaventure Leca, maire d'Issy-les-Moulineaux, auprès du président du conseil municipal de Paris, puisque le terrain appartient à la ville de Paris *. Sans succès.

Centrale électrique d'Issy. © XDR

En novembre 1964, il est aussi envisagé que l’ancienne l'usine électrique d’Issy (ci-contre), désaffectée, soit réaménagée mais l’idée est vite abandonnée en raison du coût des travaux et de la nécessité de fournir à EDF un terrain équivalent à proximité



En 1966, Pierre Mesmer, ministre de la Défense, soutient le projet d’Issy, alors baptisé « Palais de l’air et de l'Espace » et lance un concours d’architecture, auquel répond d’ailleurs Guillaume Gillet (ci-dessous), l’architecte du pavillon pour Bruxelles. 

Le projet de Guillaume Gillet, 1966. Perspective
depuis le pont Garigliano. © XDR
Mais un autre lauréat est sélectionné : il propose une construction originale en soucoupe (ci-dessous). Mais le projet de Palais de l'Air et de l'Espace ne verra pas le jour, une nouvelle fois en raison du coût. 

Le projet de 1966-67, en soucoupe. Coll. Pyperpote
Peu à peu, les recherches vont définitivement s’orienter vers le nord de Paris et aboutir à l’installation, en 1975, du Musée au Bourget. Jacques Primault


* La ville de Paris saisit l’occasion offerte par la future Exposition Universelle de 1889, et la conservation future de la Tour Eiffel, pour acquérir des terrains à Issy qu’elle échange ensuite avec l’armée, pour les manœuvres de ses cavaliers. Le 31 décembre 1891, les militaires s’installent sur la commune d’Issy-les-Moulineaux.

Références : Michel Liébert-association des Amis du Musée de l’Air ; revue Icare ; site Pyperpote : http://www.pyperpote.tonsite.biz/listinmae/



9 mars 2019

Les princes de Conti et leur château d'Issy

CONFÉRENCE

"Les princes de Conti et leur château d'Issy"

le jeudi 14 mars, à 18h30
au Musée français de la carte à jouer
16 rue Auguste Gervais, à Issy

Entrée libre
Retrouvez Florian Goutagneux

La maquette du château, de son parc et des jardins, visible
dans la Galerie d'Histoire de la Ville. © A. Bétry

Quel beau château c'était, l’un des plus beaux domaines du bourg d'Issy. Il appartient de 1699 à 1777 aux Princes de Bourbon-Conti : un chef-d'œuvre architectural, agrémenté d'un parc orné de parterres et de bassins ! Les Conti y séjournent en diverses occasions.

Florian nous y fera découvrir les fabuleuses chasses, les fêtes grandioses organisées régulièrement par les Princes. Et nous montrera ce qu'il en reste aujourd'hui : quelques bâtiments qui abritent la Galerie d'Histoire de la Ville, partie intégrante du Musée. 


La chasse au château des Conti. J.-B. Arnout, 1835. 
Ph. B. Chain. Musée de Sceaux.

 Venez nombreux, on vous attend !

7 mars 2019

Tir à l'Arc - La Coupe des Miss, à Issy-les-Moulineaux

Les Historimiens s'en souviennent encore… C'était le 24 novembre 2018, une visite privée à l'Arc club sportif d'Issy-les-Moulineaux (ACSIM). Nous avions été reçus par les archers Alexandra et Arnaud, deux passionnés.

Ce week-end, les 9-10 mars 2019, se déroule une compétition féminine à ne pas rater, "la Coupe des Miss". Et, en prime, Alexandra organise des "visites guidées" les samedi et dimanche, à 15 heures. Vous êtes les bienvenus ! Elle vous attend… 




6 mars 2019

Réponse - 4 jolies femmes

Vous avez trouvé… Ce sont des femmes pilotes d'avion, des "femmes qui n'ont peur de rien".  Elles sont visibles sur l'une des 8 bornes qui jalonnent le parcours "Berceau de l'aviation", le long de l'ancien champ de manœuvre - une belle idée de promenade dans le quartier Val de Seine et le quartier Centre Ville-les Varennes ! La borne des aviatrices est située plus exactement place Victor Hugo.



On peut y découvrir Thérèse Peltier, restée célèbre pour avoir été la première femme passagère d’un avion. Marie Marvingt, surnommée « la fiancée du danger », qui dès 1910 oeuvre en faveur d’un avion-ambulance de sa conception. Hélène Dutrieu, sportive audacieuse, qui fait ses débuts sur un avion baptisé « la Demoiselle ». Et la célèbre baronne de Laroche, la première femme à obtenir son brevet de pilote, le 8 mars 1910, et décrocher le record d’altitude (3 900 mètres) le 7 juin 1919. PCB

2 mars 2019

Jeu - 4 jolies femmes

Ce sont des femmes pilotes… d'avion, d'automobile ? Qui sont-elles et où peut-on les voir ? A vous de chercher… et trouver !

© XDR
Réponse le 6 mars.

1 mars 2019

Réponse - une Vierge berrichonne

Vous l'avez trouvée… Perchée sur la façade de cette maison au n°14 avenue Pasteur (à cheval sur les quartiers Hauts d'Issy et Centre Ville). 


Mais que fait-elle là ?
Sur le socle de la statue, il est écrit : "Notre Dame de Pellevoisin priez pour l'Église et pour la France"

© M. Julien

Une explication … 
Notre-Dame de Pellevoisin est une Vierge adulée dans le Berry. Un sanctuaire lui est dédié, dans le village de Pellevoisin (Indre), où, en 1876, la Vierge Marie est apparue 15 fois à  Estelle Baguette, une jeune femme de 32 ans, malade… qui guérira miraculeusement.
Le propriétaire de la maison était-il Berrichon ? A -t-il voulu honorer ainsi la Vierge de sa région ?  
Michel Julien



26 février 2019

Jeu - une Vierge berrichonne

Le nez en l'air… partez à la recherche de cette statue de la Vierge ? 

© M. Julien

Où peut-elle bien se trouver ? Sur la façade d'une église, d'une chapelle, d'une école ?
Réponse le 1er mars

24 février 2019

Issy - enseignes et jeux de mots

Les vacances sont de retour, le temps… de prendre le temps de s'amuser 
avec Historim dans les rues d'Issy.

La commune offre de nombreux commerces et services pour satisfaire les besoins et envies de la clientèle. Le plus souvent, les noms des enseignes relèvent d’un registre sérieux qu’il s’agisse de banques, assurances, hôtels, pharmacies, etc. D’autres portent le nom d’entreprises connues comme supermarchés, supérettes, parfumeries et autres.

Activité beauté !
Il n’empêche que la fantaisie et l’originalité l’emportent dans certains secteurs d’activité comme celui de la beauté. C’est ainsi qu’une grande diversité a inspiré les coiffeurs indépendants. Leurs enseignes jouent sur des mots français. Comment résister à Belom Paris (5 rue Auguste Gervais) ? On peut signaler Élégance (120 avenue de Verdun), Caprice des Dames (2 rue Baudin), Maud’L (33 rue Jean-Pierre Timbaud), DS Beauté (38 rue Jean-Pierre Timbaud) ou Mo’Tif Coiffure (2 place Bonaventure Leca).

Salon de coiffure 1929… rien à voir avec celui d'aujourd'hui. © XDR
L’usage de l’anglais n’est pas non plus négligé, souvent en se jouant de la prononciation identique pour des francophones air/hair (cheveu) : L’Air du Temps (9 rue Jean-Pierre Timbaud),  Mod’s Hair (36 rue Ernest Renan). L’enseigne New Cut (36 avenue Victor Cresson) sonne mieux que « Nouvelle coupe de cheveux », non ! 
Quant à @Na&Co (8 rue Auguste Gervais), il mérite une franche explication. L’arobase @ bien connue des internautes se prononce at en anglais ou aen français. Les trois premiers caractères forment ainsi un prénom féminin, suivis de l’esperluette &, et, et d’une abréviation anglaise Co, compagnie ou Cie !
Certaines ongleries ont recours au mot anglais nail que ce soit Beauty Full Nails (54 rue Jean-Pierre Timbaud) ou Red Nails & Beauté (10 avenue de la République).

Activité mode !
En ce qui concerne les chausseurs, deux exemples sont intéressants. Le P’tit Soulier (14 avenue Victor Cresson) est dédié aux enfants et peut faire penser à une chanson de Tino Rossi consacrée au Père Noël qui fut un tube pendant de nombreux hivers ! 
Modèle de chaussure Louis XIV
avec talon (rouge) et large ruban. © XDR
En revanche, Talon Pourpre (30 rue Ernest Renan) vend des chaussures pour adultes. La couleur pourpre est celle des cardinaux dans l’Église catholique après avoir été celle des empereurs romains. Sous Louis XIV, les chaussures d’hommes se devaient d’avoir un talon (ci-contre). Celui-ci était obligatoirement rouge en signe de noblesse. Le rouge évoquait le sang que les gentilshommes n’hésitaient pas à verser pas tant lors de duels interdits qu’à la guerre. Cette noblesse d’épée justifiait ainsi le droit de ne pas payer d’impôt sinon celui du sang.

Deux exemples peuvent également être donnés pour les magasins de vêtements pour dames. Cécile (19 bis rue Ernest Renan) sans rapport évident avec Sainte Cécile, patronne des musiciens ; et Hypothèse (30 rue du Général Leclerc) dont le nom suppose mûre réflexion avant de choisir. Il faut ajouter que les vêtements peuvent être ajustés ou réparés grâce aux nombreuses ressources d’une mercerie À La Pâquerette (20 rue du Général Leclerc).

Activité hôtellerie !
Les jeux de mots sont plus rares en ce qui concerne les hôtels. Le Paris d’Issy Hôtel  (3 rue Auguste Gervais) est moins amusant que le polysémique nom de l’Izzy Hôtel Porte de Versailles (3 rue Georges Marie). Izzy peut évoquer Issy si l’on confond la prononciation du Z et du S mais plus vraisemblablement à easy (facile, commode, en anglais).

Activité décoration !
En ce qui concerne la maison, il y a deux boutiques de décoration : Décoémotion (32 rue Jules Ferry) et Bois et Tentations (4 rue Hoche). 

Activité reprographie !
La spécialisation dans le domaine de la reprographie/distribution de tracts recèle quelques pépites comme Dans le Mille (16 passage de l’Industrie)… quand il ne faut pas rater sa cible ; D. Maintenant (1 rue Ernest Renan)… quand c’est urgent ; ou Ouaf ! Ouaf ! Le marchand de couleurs (16 passage de l’Industrie)… le chien aboie, la caravane passe… et le message aussi.


Petit ramoneur. © XDR


Nous finirons cette énumération arbitraire mais humoristiques par une référence à la mythologie nordique. Il s’agit des Elfes Ramoneurs (3 rue de la Pastorale d’Issy). Les elfes sont des génies symbolisant les éléments comme l’air et le feu, en adéquation avec des cheminées.
P. Maestracci

22 février 2019

La Commune de Paris à Issy - conférence

Une salle comble en ce 19 février 2019 : 80 personnes ; des conférenciers - Pascale et Florian - motivés ; un public attentif qui n'hésite pas à poser des questions à la fin de cette conférence, particulièrement réussie… Un grand merci à la directrice de la Résidence du Parc, pour son accueil.

La salle de la Résidence du Parc est pleine. © PCB
Pascale nous rappelle d'abord quelques grandes dates de la guerre contre la Prusse, la célèbre guerre de 1870 qui se termine le 28 janvier 1871 par un armistice signé à Versailles entre la France et l'Allemagne. La France est représentée, depuis la capture de l'empereur Napoléon III à Sedan le 4 septembre 1870, par Jules Favre, ministre des Affaires étrangères du Gouvernement de la Défense nationale. L'Allemagne est représentée par Bismarck. Les Parisiens, assiégés par les Prussiens pendant tout l'hiver, ont beaucoup souffert de la faim mais aussi des bombardements. Le Fort d'Issy a tenu bon, jusqu'à son évacuation après l'armistice.

Le Fort d'Issy . © XDR
En février, Adolphe Thiers devient chef de l'exécutif. Le 18 mars, la Garde nationale de Montmartre se révolte, soutenue par la population. Le 20 mars, le gouvernement se réfugie à Versailles. Le 28 mars, ceux que l'on appellera les Communards, s'emparent du fort d'Issy.

Florian et Pascale devant le plan. © PCB
Florian prend la parole et nous explique pourquoi Issy fut une place stratégique aussi importante. Issy et son fort se trouvent sur le chemin qui va de Paris à Versailles, en ligne droite. Les communards, sûrs de leur fait, veulent marcher sur Versailles, où se trouve le gouvernement. Ce sera un échec, les Versaillais contre-attaquent dans l'ouest parisien. Un déluge de bombes et d'obus tombe sur la région : 60 000 sur les forts d'Issy et de Vanves en 40 jours…

Le 26 avril, les Moulineaux (actuel quartier de la Ferme) sont pris par les Versaillais. Florian nous montre alors sur un plan d'Issy (ci-dessus) la progression vers le Fort, où se sont repliés les communards. Les Versaillais progressent de tranchée en tranchée, à la baïonnette, à travers le parc, le cimetière, dans les petites rues. Parmi les femmes présentes dans le fort assiégé, Louise Michel qui a laissé un témoignage bouleversant dans son recueil de Souvenirs, paru en 1898 (lire à la fin). Finalement, le 8 mai, le Fort est pris : le drapeau tricolore est hissé à la place du drapeau rouge des communards.

Le Fort après l'attaque des Versaillais. © XDR
Pascale reprend la parole pour évoquer la Semaine sanglante à Paris (21-28 mai) et son lot d'incendies, de destructions, de fusillés et d'arrestations.

Les conséquences pour Issy sont terribles :
les 3/4 des maisons sont détruites ;  l'église Saint-Étienne est démolie, comme le Grand Séminaire Saint-Sulpice et le château des Conti ; le Fort est pulvérisé.

Le "merle moqueur". © PCB
Aujourd'hui, le Fort a été transformé en écoquartier, mais conserve ses fortifications et ses casemates. L'École Louise Michel, la médiathèque le Temps des Cerises, une sculpture "le Merle moqueur" (ci-contre), faite d'obus retrouvés dans le Fort, une plaque en hommage aux gardes nationaux à l'entrée (ci-dessous) témoignent de cette tranche de notre histoire.
Terminons par ces souvenirs d'Issy de Louise Michel : "Le fort est magnifique, une forteresse spectrale mordue en haut par les Prussiens et à qui cette brèche va bien. J'y passe une bonne partie du temps avec les artilleurs… Voici les femmes avec leur drapeau rouge percé de balles qui saluent les fédérés ; elles établissent une ambulance au fort, d'où les blessés sont dirigés sur celles de Paris, mieux agencées…"

Plaque à l'entrée du Fort. © PCB

19 février 2019

Monseigneur Liénart : un futur cardinal à Issy-les-Moulineaux

Le cardinal Liénart © XDR



Dans le Dictionnaire amoureux du Nord de Jean-Louis Fournier (Plon, novembre 2018), un article est consacré au cardinal Achille Liénart (ci-contre). « Il entre au séminaire d’Issy-les-Moulineaux puis, après son service militaire, au séminaire Saint-Sulpice à Paris ».



Monseigneur Liénart a donc vécu dans la commune pendant plusieurs années. Né à Lille en 1884, il y meurt en 1973. En 1901, il passe le baccalauréat de philosophie, soit à l’âge de 17 ans, puis entre au séminaire d'Issy-les-Moulineaux où il étudie pendant trois ans. Ce séminaire de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice se situe sur la Grande-Rue, devenue rue Renan car l’écrivain y fit aussi ses études au XIXe siècle. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette portion de rue s’appelle rue du Général Leclerc.
Pavillon d'entrée. © P. Maestracci
Le pavillon d'entrée (ci-contre) montre trois portes cintrées surmontées chacune d’une agrafe. La niche aménagée au premier étage abrite une Vierge à l’Enfant.

Achille Liénart accomplit son service militaire avant de reprendre des études au Séminaire sulpicien à Paris. Il devient prêtre en 1909. Pendant la Grande Guerre, il est aumônier militaire d’un Régiment d'Infanterie. Il reste évêque de Lille, sa ville natale pendant quarante ans, de 1928 à 1968, et est élevé à la dignité de cardinal par le pape Pie XI en 1930. Il fut surnommé le « cardinal rouge » non pas tant pour la couleur de sa robe cardinalice mais surtout pour son souci des pauvres.

Il faut rappeler qu’un autre cardinal a vécu au Séminaire . Il s’agit du cardinal de Fleury, Premier ministre de Louis XV mort à Issy en 1743. (A découvrir sur le site : 
Le bâtiment était à l'époque très endommagé après les combats de 1871.La façade classique en pierre (ci-dessous) a été reconstruite à la fin du XIXe siècle. L’avant-corps est flanqué de deux ailes avec retour et surmonté d’un lanternon. Les combles sont sous les toits à la Mansart. P. Maestracci


Façade du Séminaire, côté rue du Général Leclerc. © P. Maestracci

14 février 2019

Jean Boyer (1922-2019)

Pour les fidèles d'Historim, Jean Boyer ne vous est pas inconnu. Plusieurs articles lui ont été consacrés… Il nous a quittés à la fin du mois de janvier 2019. 

Jean Boyer. © A. Bétry

En pleine Deuxième guerre mondiale, une unité constituée de Français prisonniers de guerre évadés de Silésie, et de civils évadés du S.T.O (Service du travail obligatoire),  se crée spontanément en Slovaquie aux côtés des partisans qui luttent contre l’ennemi nazi. Il s'agit de la Compagnie de Lannurien, du nom de son chef. Elle obtient du général de Gaulle en visite à Moscou pour saluer l’escadrille Normandie-Niemen, une citation à l’ordre de l’armée, le 9 décembre 1944. Par petits groupes, et sous les ordres du capitaine de Lannurien, les Français devenus de bons et partisans combattants, se fondent dans la nature, incertains du lendemain. Parmi eux, Jean Boyer. L’hiver est terrible.

Certains maquisards, faits prisonniers par les Allemands, sont fusillés. D’autres, comme Jean Boyer, réussissent à s’évader grâce à la complicité d’autochtones, la veille de leur exécution. Jean Boyer est le dernier de la Compagnie de Lannurien ; il a raconté l’histoire peu connue de cette unité qui, à la fin de la guerre en 1945, dut être officiellement enregistrée avant de pouvoir être dissoute. Alain de Boissieu, camarade de promotion à Saint-Cyr du capitaine de Lannurien, aida à cette reconnaissance.

L'enterrement à l'église Saint-Étienne, Issy, 30 janvier 2019. © A. Bétry
Jean-Baptiste Boyer était président de l'Amicale des Partisans français en Slovaquie, inspecteur général honoraire des Postes et Télécommunications, officier de la Légion d’honneur, officier dans l’Ordre National du Mérite, Croix de Guerre 39-45, Croix du Combattant Volontaire 39-45, médaille des Évadés, Croix des Combattants Volontaires de la Résistance, médaille de l’Insurrection slovaque.

Nous aurons prochainement l’occasion d’évoquer la grande amitié franco-slovaque. La présence de l’ambassadeur de Slovaquie (ci-dessous) le 30 janvier 2019 aux obsèques de Jean Boyer en est la plus grande marque de reconnaissance. Alain Bétry

Monsieur Igor Slobodnik, ambassadeur de Slovaquie, entouré de Français
d’origine slovaque habitants des Hauts-de-Seine. © A. Bétry

Merci au président de l’Ufac, Jacques Tchirbachian, d’avoir réussi à rassembler six drapeaux de diverses associations.

11 février 2019

La Commune de Paris… à Issy - 1871.

CONFÉRENCE

"Issy pendant la Commune de Paris - 
mars-mai 1871"

le mardi 19 février, à 18h30

à la Résidence du Parc
20 rue de l'Abbé Derry, à Issy.
Entrée libre

Retrouvez Pascale Maestracci et Florian Goutagneux


Ils vont vous faire découvrir les grands événements qui se sont déroulé, à Paris mais aussi à Issy, entre septembre 1870 et mai 1871, l’ « Année Terrible » comme l’appellera Victor Hugo. Avec le rôle joué notamment par le Fort d’Issy qui couvre la partie la plus faible de l’enceinte de Paris et est donc la clé pour entrer dans la capitale.
Vous allez tout savoir sur l’occupation de la ville et les attaques de fantassins - parmi lesquels figuraient Louise Michel - sur les combats qui se déroulèrent dans le hameau des Moulineaux et sur les flancs du coteau, qui permettaient d’accéder facilement au Fort.
A la fin de la lutte, en mai 1871, bombardements et combats avaient bien sévèrement endommagé la ville, dont certains édifices (l’ancien château des Conti, l’église Saint-Étienne) étaient même aux trois-quarts détruits.


Les canons des "Fédérés" tenant le Fort d'Issy de mars à mai 1871. © XDR
Le Fort en ruines après les bombardements des Versaillais. © XDR

7 février 2019

Val-de-Grâce : visite Historim - épisode 3

A la sortie du Musée… un peu déprimant diront certains, la découverte de l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce, tout en splendeur, est un enchantement.

L'allée centrale, le baldaquin, l'autel et le pavement. © A. Bétry
Elle repose sur un socle surélevé et sa façade « à la romaine » est majestueuse, en pierre blanche francilienne. Les statues de Saint Benoît et de sa sœur Sainte Scholastique encadrent un portique décoré de colonnes corinthiennes soutenant un fronton triangulaire avec une inscription latine à la gloire de Jésus et de la Vierge. Au-dessus un autre fronton triangulaire est flanqué de deux volutes comme l’église du Gesù à Rome. Le tout est surmonté du troisième plus haut dôme de Paris à 40,28 mètres, œuvre de Le Duc.

Le plan de l’église est composé du carré de la croisée couvert par un dôme, augmenté d’une nef flanquée de bas-côtés. Quatre tableaux de Philippe de Champaigne sont exposés de part et d’autre de l’entrée ; deux furent offerts par Karl Lagerfeld au Ministère des Armées. Le décor de sculptures des frères Michel et François Anguier commence à partir de 3 mètres du sol pour ne pas détourner l’attention des religieuses.

Pavement de marbre, fleurs de lys et les chiffres A et L.
© A. Bétry
La voûte en berceau est entièrement sculptée comme les parois latérales avec les Vertus théologales et cardinales au-dessus des arcades. Le pavement (ci-dessus) est une mosaïque de marbre dessinant des formes géométriques mais aussi, dans le chœur, des fleurs de lys et les chiffres A et L entrelacés pour le roi et la reine.
Un baldaquin aux colonnes torses inspiré de celui du Bernin à Saint-Pierre de Rome protège l’autel (copie) consacré à la Nativité et sculpté par Anguier. L’original est dans l’église Saint-Roch.

La coupole culmine à plus de 40 mètres. © A. Bétry
Les peintures de Mignard sur la coupole. © A. Bétry
La coupole (ci-dessus) peinte par Mignard en 1663 est consacrée à La Gloire des Bienheureux. La reine Anne d’Autriche est représentée en bas à gauche au côté de Saint-Louis, tous deux avec le manteau royal bleu. L’inscription latine sur le tambour indique sa qualité de Régente qui a dompté les ennemis.

Autour du chœur, cinq chapelles rayonnantes avec à gauche, la chapelle Sainte-Anne où furent déposés les cœurs de membres de la famille royale jusqu’en 1789. Certains cœurs furent détruits par les Révolutionnaires et d’autres achetés par le peintre Drolling pour en faire de la « mummie », un glacis pour ses tableaux (au Louvre ou à Saint-Sulpice). Dans cette chapelle il y a l’orgue provenant de l’église Sainte-Geneviève (actuel Panthéon).
La chapelle du Saint-Sacrement, dans l’axe, était réservée aux religieuses qui communiaient grâce à un autel à double face en respectant la clôture.
Sur la droite, la chapelle de Sainte Scholastique présente le portrait d’une future abbesse et celui de la Régente qui tient un mouchoir à la main en signe de pouvoir. La chapelle a été restaurée grâce au mécénat du roi Hassan II en reconnaissance des liens qui unissaient les Services de santé marocains et français.
La dernière chapelle Saint-Louis fut le chœur des religieuses avant d’être transformée en salle de chirurgie au XIXe siècle. Elle est séparée du chœur actuel par une grille qui a perdu à la Révolution les ornements royaux : fleurs de lys et chiffres.

Ainsi se termine cette visite qui laissera des souvenirs inoubliables. Un grand merci à Denis et au docteur Olivier Farret. P. Maestracci

Le Val-de-Grâce. © A. Bétry
Pour en savoir plus :

- Val-de-Grâce, 1 place Alphonse Laveran, Paris 5ème
01 40 51 51 92, www.valdegrace.org
Concert gratuit à 17h30 dans l’église chaque premier dimanche du mois

-AAMSSA (Association des amis du musée du Service de santé des Armées), 01 40 51 47 71,même adresse et site : www.aamssa.fr

- Ouvrages  :
Médecin général Pierre Lefebvre, Notre-Dame du Val-de-Grâce, éd. Louis Pariente, 1991
Médecin général Maurice Bazot (dir.), Le Val-de-Grâce, Enseignement et Culture, Glyphe Éditions, 2004.