19 mai 2019

Rue Michel de l'Hospital, à Issy-les-Moulineaux

La rue Michel de L'Hospital, dans le quartier Centre Ville-Corentin Celton-Les Varennes,  longue d’environ deux cent mètres, entre la rue Guynemer et le boulevard Gambetta, longeait autrefois à l’ouest Les Petits-Ménages (hôpital Corentin Celton). Les bâtiments d'origine, construits sous le Second Empire, ont disparu, remplacés par des immeubles résidentiels et de nouvelles ailes de l’hôpital. Même si le nom de la rue et la proximité de Corentin Celton semblent tout à fait en adéquation avec le nom de la rue, il n’en est rien… sinon une forme d’humour ?

Statue de Michel de L'Hospital par Beauvallet,
Palais Bourbon, à Paris.© XDR
En effet, Michel de l’Hospital (1507-1573 ) n’a jamais exercé une carrière médicale. Chancelier du roi Charles IX en 1560, il fit de son mieux pour pacifier les relations sanglantes entre catholiques et protestants. Ce ministre éminent du parti modéré des Politiques réussit à préserver une forme de trêve jusqu’au massacre de la Saint-Barthelémy en 1572. Il fallut attendre Henri IV et son édit de Nantes en 1589 pour une paix définitive. 

Par ailleurs, Michel de l’Hospital s’est illustré dans un domaine étonnement moderne. Il critiquait le gaspillage alimentaire en viandes, vins et plats sucrés de ses riches contemporains ! Sa statue par Pierre-Nicolas Beauvallet (ci-contre) est placée devant le Palais Bourbon, à Paris, aux côtés de celles de d’Aguesseau, de Colbert et de Sully, tous quatre grands serviteurs de l’État.


La rue Michel de l’Hospital 

Elle s’est métamorphosée depuis quelques décennies. Certaines maisons ont été démolies, remplacées par des immeubles modernes. Comme on va le voir.

Vue de la rue vers le Boulevard Gambetta.
 La maison sur la droite (ci-dessus), avec son jardin protégé par un mur, a été démolie en 2016. Au loin, on aperçoit des immeubles au croisement des rues Michel de L’Hospital et Henri Mayer.

A la place de la maison.
La maison a été remplacée par cet immeuble (ci-dessus), en cours de finition avant la livraison d’appartements. Des bureaux qui lui font face, il n’a été gardée que la structure en béton. Leur rénovation actuelle va permettre d’y installer le siège du groupe Nestlé France.

Vue d'ensemble de la rue, vers la rue Guynemer.
 Les bâtiments de l’hôpital Corentin Celton à droite (ci-dessus) précèdent des immeubles résidentiels dont le plan reprend celui des Petits-Ménages .Au loin, l’immeuble de bureaux du groupe Nestlé France.

Alors pourquoi avoir donné le nom de Michel de L'Hospital à cette rue en pleine mutation ? Son nom lui a été donné en avril 2002, en souvenir de la famille de L'Hospital qui possédait une propriété à cet endroit ! 
Photos et textes P. Maestracci

17 mai 2019

Depardon à Issy - visite privée

Quelle matinée magnifique, ce mardi 14 mai, au Musée français de la carte à jouer ! Les Historimiens étaient invités à découvrir l'exposition des photos de Raymond Depardon sur la "métamorphose architecturale"de notre ville, Issy-les-Moulineaux. Une visite privée orchestrée par Denis Butaye, le directeur du Musée. Un grand merci à lui.

Denis Butaye, directeur du Musée, 14 mai 2019. ©PCB
Avant de découvrir la quarantaine de photos exposées, Denis nous explique le pourquoi et le comment de cette exposition (ci-dessus). En mars 2018, la Mairie fait une demande au célèbre Raymond Depardon : photographier les nouveaux bâtiments de la commune, tous conçus par les plus grands architectes contemporains : Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Jean-Paul Viguier, Marc Landowski, d'autres encore.

La piscine Aquazena, la Maison chocolat
et le bâtiment Eos.© PCB
Le photographe accepte. Mais pas tout seul. Il fait appel à Jean-Michel Alberola, professeur aux Beaux Arts, coloriste, pour la scénographie de l'exposition. Comme on va le découvrir, les photos sont mises en scène : la lumière pénètre dans la salle d'exposition, les murs sont peints d'un bleu ou d'un blanc-beige qui mettent en valeur les photos (ci-contre) … Le résultat est superbe.
Voilà donc Raymond Depardon, en juin 2018, parti à la découverte de la ville, du quartier du Fort aux Bords de Seine, sans oublier l'île Saint-Germain… avec son trépied et sa chambre à plan film argentique (en format 20x25 cm), à différentes heures du jour, tel un peintre impressionniste partant "sur le motif".
L'angle de vue est choisi pour construire une perspective, montrer un axe vertical et une horizontale, une spirale, une ligne de fuite. La photo semble vivante : les nuages bougent, le vent secoue les branches des arbres, les ombres s'allongent.
Sous chaque photo est indiquée, la date, l'heure de prise de vue et le lieu, bien entendu

Et voici les Historimiens partis à la découverte de  l'exposition, Denis nous servant de guide.

La piscine Aquazena et la Tour Aquarel. © PCB
- la piscine Aquazena, au Fort, œuvre des sœurs jumelles Mikou (ci-contre à gauche), tout proche du jardin japonais. Des lignes courbes en bois évoquent le mouvement… des vagues ?
- la Tour Aquarel, au Pont d'Issy, (ci-contre, au centre) construite par une femme architecte, Françoise Raynaud.

- la crèche "Baby d'Issy" (ci-dessous), dans le quartier des Chartreux, en bord de Seine - le bâtiment préféré de Raymond Depardon ;

La crèche "Baby d'Issy". © PCB
- la Maison Chocolat (ci-dessous), sur l'île Saint-Germain, une magnifique maison privée ;

La Maison chocolat. © PCB

Le Vaisseau. © PCB

- le Vaisseau de Jean Nouvel (ci-contre), toujours sur l'île Saint-Germain ; partout la lumière et la nature pénètrent dans le bâtiment. Le toit s'ouvre lorsqu'il fait beau, nous raconte Denis,


- Galeo de Christian de Portzamparc (ci-dessous), cet immeuble en forme de galet arrondi, à la façade tout en écailles de verre. Au moment où Raymond Depardon prend la photo, un nuage noir imposant "se plante" au sommet de l'immeuble. Un clin d'œil céleste !



Galéo. © PCB

















Façade végétale Yves Rocher. © PCB





Denis nous entraîne ensuite dans les salles d'exposition permanente où sont accrochées quelques photos de Raymond Depardon, comme cette magnifique photo de la façade du siège de l'entreprise Yves Rocher, tout en végétal (ci-contre)… un bâtiment que le photographe a particulièrement aimé.




Et la visite se termine par une série de planches contact 20x25 cm, à partir desquelles Raymond Depardon a fait son choix, et une enfilade de photos du quartier des Chartreux, avec son école élémentaire, toute rouge orangé (ci-dessous). Merci Denis. PCB

Quartier des Chartreux. © PCB

13 mai 2019

1669 : des Turcs à Issy

La professeur Georges Forestier, spécialiste de la littérature du XVIIe siècle, décrypte la vie d’un célébrissime auteur et comédien dans un livre remarquablement documenté : Molière (Biographies nrf, Gallimard, 2018). L’auteur met à mal certaines légendes et, de plus, un paragraphe page 432 ne manque pas d’attirer l’attention.

« De leur côté, les Parisiens avaient pris l’habitude de rire des coutumes turques. Soliman Aga et sa suite de trente personnes ayant attendu de longues semaines à Issy avant d’être reçus par le roi … »

Soliman Aga Mustapha Raca est l’envoyé du sultan ottoman Mehmed (Mahomet) IV. Il débarque en France en 1669 avec sa suite mais doit attendre plusieurs mois l’entrevue avec Louis XIV, le Roi-Soleil. Il n’est reçu que le 5 décembre 1669 à Saint-Germain (ci-dessous) après avoir d’ailleurs menacé de repartir si la rencontre n’avait pas lieu.

Soliman Aga, reçu par Louis XIV. © XDR
Louis XIV cherche à isoler l’empire Habsbourg après la guerre de Dévolution contre l’Espagne en 1667-1668. Il recherche l’alliance de la Suède, de la Pologne et de la Hongrie. Le rapprochement espéré avec l’Empire ottoman ne fait que reprendre la politique de François 1er au siècle précédent. La réception au Château-Neuf de Saint-Germain-ne-Laye ne donne pas de résultats immédiats. Ce n’est que vers la fin de son règne plus tard que Louis XIV accueille Méhemet Effendi comme ambassadeur extraordinaire


Café turc. © XDR
Revenons à Issy. Où l’envoyé du sultan a-t-il été hébergé au printemps 1669 dans la commune, d’autant que sa suite se compose de trente personnes ? Le village sur la hauteur autour de l’église Saint-Étienne n’offre guère de possibilités. En revanche, il y a en contrebas le long de la Grand-Route (rues Renan et Général Leclerc) plusieurs belles propriétés. 
L’ancienne demeure de la reine Margot (actuel Séminaire) appartient à Monsieur de Bretonvilliers mais celui-ci accueille depuis 1655 des Sulpiciens auquel il lègue ce bien en 1676.
Le Petit-Olympe (une partie du musée, rue Auguste Gervais), ancien bien de la reine Margot, est possédé par le financier Macé Berthroud de La Bazinière. Il commande une nouvelle demeure à Mansart mais est embastillé en 1666.
La dernière possibilité est la demeure de la famille de La Haye dont la vaste propriété fait face celle à celle de Monsieur de Bretonvilliers. C’est là que fut donné le premier opéra français La Pastorale d'Issy en 1659. La famille de La Haye exerce depuis plusieurs générations des fonctions au service du Roi. Recevoir un envoyé turc aurait pu rendre service au Roi-Soleil avant que celui-ci ne prenne une décision.


En tout cas, le séjour des Turcs à Issy puis à Paris eut deux conséquences. 
D’une part, les riches Parisiens prirent goût au café turc (ci-dessus) 
D’autre part, on ne peut que penser à la comédie-ballet de Molière Le Bourgeois Gentilhomme (ci-contre), représenté pour la première fois en octobre 1670 au château de Chambord. Lors d’une cérémonie burlesque à l’acte IV scène 5, Monsieur Jourdain est anobli. Pour répondre à sa femme qui l’interroge tout au début de l’acte V : « Qui vous a fagoté comme cela ? », la réponse de Monsieur Jourdain est irrésistible : « Voyez l’impertinente de parler de la sorte à un Mamamouchi ! ».
P. Maestracci

10 mai 2019

Gros plan sur la rue Horace Vernet à Issy-les-Moulineaux

La rue Horace Vernet  relie la rue du Général Lerclerc au boulevard des Frères Voisin à la limite de Paris, dans le quartier Centre Ville/Corentin Celton/ Les Varennes.

Longue de 450 mètres, pas très large, elle est essentiellement résidentielle avec des constructions d’époques variées. Toutefois aux numéros 10-12 se trouve l’entrée de France 5, chaîne de télévision du Service public. 
Les imposants bureaux d’Orange, sur la gauche (ci-dessous), sont démolis maintenant depuis plusieurs années. À droite, derrière la façade blanche d’un immeuble, on aperçoit l’immeuble en briques du numéro 26, que l'on voit mieux sur la photo du dessous. Dans l’axe de la rue au fond, se détache le Centre Administratif Municipal pas encore rénové ainsi qu’une tour de logements sociaux.

La rue Horace Vernet, prise vers la rue du Général Leclerc.
La démolition en 2016 des bureaux de l’entreprise Orange (ancien CNET) offre la possibilité d’un recul pour avoir une vue d’ensemble des bâtiments aux numéros pairs de 26 à 50 (ci-dessous). Le chantier Cœur de Ville, une fois achevé, cette vision panoramique ne sera plus possible.

La rue à l'intersection de la rue de la Biscuiterie.
Vue de la rue Horace Vernet à l’intersection avec la rue de la Biscuiterie (ci-dessus). Les engins de chantier ont pratiquement fini de creuser le terrain pour les fondations à venir.
La rue, à l'extrémité de la rue Hoche.
Rue Horace Vernet avec l’extrémité de la rue Hoche sur la droite (ci-dessus). Au premier plan, des bâches noires protègent le sous-sol sablonneux car il est constitué d’alluvions du lit majeur de la Seine. Quelques constructions bétonnées des anciennes caves et des parkings au sous-sol d’Orange ont été conservées pour le moment.

La rue Horace Vernet porte le nom d’un peintre issu d’une célèbre dynastie d’artistes. Horace Vernet (1789-1863) est connu pour ses marines et ses scènes de batailles comme Iéna, Wagram ou Le Grenadier de Waterloo. Ses peintures de grand format sont conservées au château de Versailles ; en outre, sur l’ordre de Charles X, il a peint un plafond du musée du Louvre : Jules II ordonnant les travaux du Vatican. En 1829, il est nommé directeur de l’Académie de France à Rome. Mais c'est un autre artiste, Michel Larzillière, qui nous permet de découvrir la rue Horace Vernet sous un jour différent, grâce à ses magnifiques aquarelles (ci-dessous).

La Petite cordonnerie, par Michel Larzillière, 2008.
On aperçoit sur la gauche (ci-dessus), les bureaux d'Orange, mais c'est surtout le superbe immeuble de 1889 en forme de triangle aux angles arrondis qui attire l’attention. A noter que la cordonnerie est toujours là ; elle fait aussi office de serrurerie. Cet autre immeuble de 1889 (ci-dessous), à l'angle de la rue de la Biscuiterie,  montre des fenêtres toutes différentes !

Immeuble d'angle, 1889, par Michel Larzillière.
Vous pouvez retrouver Michel Lazillière sur notre site : http://www.historim.fr/2013/05/michel-larzilliere-laquarelliste-dissy.html et dans son superbe livre : Issy-les-Moulineaux Carnet d’aquarelles (Édition Équinoxe, 2012).

Enfin, terminons cette petite escapade en centre ville avec la photo de cette salle de billard (ci-dessous), située au n°48 de la rue, à l'intersection avec la rue du général Leclerc.

Salle de billard.
Aquarelles de Michel Larzillière. 
Texte et photographies de P. Maestracci

6 mai 2019

Lise - une vie d'Isséenne bien remplie

Lise est née à Issy-les-Moulineaux et y a quasiment toujours vécu. De sa petite enfance, rue Étienne Dolet, à sa vie d'adulte, en passant par les années de guerre, que de souvenirs  ! D'ailleurs, à la fin de cet entretien, elle s'exclame : 
« J’ai tout fait à Issy : naissance, mariage… »

Lise aujourd'hui.

Son enfance 
Les parents de Lise, Alexandre et Alexandrine, tenaient dans les années 1920 une épicerie-buvette située au 14 avenue Jean Jaurès (ci-dessous). Originaires du Loir-et-Cher, ils ont commencé à travailler à Paris : Alexandre comme garçon de café et Alexandrine comme vendeuse dans une crémerie, dans le XVIe arrondissement de la capitale.

Avenue Jean Jaurès à Issy. Carte postale. (coll. particulière)

Lise va à l’école Sainte-Clotilde, 6 rue Étienne Dolet. Cette rue était «mal pavée». L’un des bâtiments était une dépendance du château des Conti, demeure de l’inspecteur des chasses du prince au XVIIIe siècle. Il est remplacé par des logements sociaux. Lise poursuit ses études dans un pensionnat près de l’église Saint-Sulpice à Paris. Elle apprend ensuite le métier de coiffeuse et affirme que son but était de « faire quelque chose avec mes mains ».

Pendant la guerre
De 1939 à 1941, Lise se réfugie auprès de ses grands-parents dans le Loir-et-Cher. De retour dans la commune, elle évoque ses souvenirs sur l’occupant. Les Allemands occupaient le Séminaire (rue du Général Leclerc). « On avait très peur, ils étaient militaires ». Le bruit « du salut avec les bottes » la terrifiait. Un jour qu'elle se promenait avec sa grand-mère sur les Champs-Élysées, les soldats allemands remontaient l’avenue. Le bruit « des bottes sur le pavé » la fait encore frissonner. Une autre fois, Lise passait près de l’hôtel Lutetia à l’angle du boulevard Raspail et de la rue de Sèvres. Des soldats allemands qui en sortaient l’ont trouvée sur leur chemin car elle regardait tomber du ciel des ballons bleus, blancs et rouges. Un soldat lui donna un méchant coup de botte pour l’écarter de sa route.

Plaque au 26 av. Jean Jaurès. © A. Bétry
Elle évoque le souvenir d’un camarade, Sylvain Guillaume (http://www.historim.fr/search?q=sylvain+guillaume ) dénoncé par un Français et fusillé par les troupes d’occupation pour fait de Résistance. Sylvain lui avait demandé quelque temps auparavant : « Tu prieras pour moi quand je serai au Ciel ». « Il était très gentil, merveilleux ». Une plaque commémorative à la mémoire de Sylvain Guillaume fut posée sur le mur à l’emplacement de la blanchisserie de sa mère, 26 avenue Jean Jaurès (ci-contre).

Le jeudi au lieu de pouvoir jouer, Lise devait coller des tickets de rationnement pour le beurre, le sucre, le café, le pain etc. sur de grandes feuilles que son père « emmenait à la mairie pour contrôle…J’en avais marre ! ». La vie quotidienne était difficile. « Ma mère était obligée de couper un chou vert en deux…c’était l’horreur ! Le pain, il était dur, il était jaune » « Mon père allait chercher des fruits place Hunebelle à Clamart ». En guise de charbon, « on brûlait des semelles de bois. C’était de la débrouille ! ».
Quand elle le pouvait, elle jouait dans la rue « tous ensemble à cache-cache, à la marelle »

En août 1944, de jeunes Isséens partirent en camion pour rejoindre la 2e DB de Leclerc mais ils furent fusillés dans le bois de Boulogne. Lise aida les adultes à ériger des barricades, en particulier avenue Jean Jaurès. On apportait « des pavés, des vieux fauteuils ».


L'après-guerre 
Devenue adulte, Lise travaille chez un coiffeur pour dames près des Champs-Elysées. Les semaines sont longues mais le travail lui plaît. Parmi ses clientes fortunées, il y avait des princesses, des artistes. Lise évoque Michèle Morgan « qui était très sympa, très distinguée, ne faisait pas de bruit ».

Lise après la guerre.
Grâce à sa cousine qui était femme de chambre, Lise rencontre la famille d’Ornano dont la maison était dans l’Indre, près de son berceau familial. Cette famille a été « très bien » pour sa cousine y compris le jour de son enterrement.
Elle se souvient des nombreuses usines de la commune : les entreprises d’aviation (Nieuport, Voisin) autour de l’Héliport mais aussi celles qui dégageaient de mauvaises odeurs. La pire à ce titre selon elle, était la Vanillerie rue Rouget de Lisle, près des Blanchisseries de Grenelle. « Elle sentait mauvais ! ». Quant à l’usine Ripolin toute proche, c’était « une infection quand il y avait du vent ».
Un autre souvenir, celui du maraîcher à l’emplacement de la résidence du Bois-Vert entre Séminaire et Centre Administratif Municipal.

Bénévolat
Lise devient secouriste à la Croix-Rouge car elle estime « il faut que j’apprenne à sauver les autres ». Dans cette optique, elle reçoit une initiation au camp militaire de Satory : en cas de bombardement atomique, il fallait « asperger d’eau les victimes »… se rappelle-t-elle.

Merci à Lise pour son témoignage ainsi qu’à Monique M. qui lui a parlé d’Historim.

P. Maestracci

5 mai 2019

Réponse - une plaque Robert Doisneau


Robert Doisneau (1912-1994) a vécu au 9-11, rue Telles de la Poterie, là où se trouve la plaque (ci-dessous, sur le mur en haut à gauche). Il n'y a passé que trois ans (de 1934 à 1937), suffisamment pour qu'Issy-les-Moulineaux en conserve le souvenir. Il travaillait alors pour les usines Renault.

9/11 rue Telles de la Poterie. © A. Bétry
Robert Doisneau. © XDR
Finies les vacances… et finis ces quinze jours de jeux et de découvertes qui vous auront plu, on l'espère ! PCB




3 mai 2019

Jeu - une plaque Robert Doisneau

Sur un immeuble, une plaque rappelle que Robert Doisneau, le célèbre photographe du "baiser de l'Hôtel de ville" (1950), a vécu à Issy-les-Moulineaux. Mais où ?

© A. Bétry

Réponse le 5 mai, 18 h.

2 mai 2019

Réponse - Menu au choix !




Vous l'avez trouvé le menu en images ? tête de veau, une part de pizza, une tranche de pastèque, trois bananes, de la viande en tranches fines (un carpaccio) avec lamelles de parmesan et un plat de pasta (spaghetti ?). Cette mosaïque d'un auteur anonyme orne un mur latéral à environ 3 mètres de haut du restaurant "Le Patio", 3 rue Henri Mayer.  Les Romains dans l’Antiquité ont laissé quantité de mosaïques dont le mosaïste a pu s’inspirer.

Pour autant, le restaurant et son décor sont en sursis car un permis de démolir est affiché entre la pizzeria à gauche et le restaurant japonais à droite, dont les accès sont déjà murés. L’ensemble doit être démoli sous peu pour être remplacé par un immeuble résidentiel.

La courte rue Henir Mayer ne mesure que 200 mètres environ et décrit une courbe presque à angle droit en son milieu. Elle relie le boulevard Gambetta à la Maison de Quartier Corentin Celton (10 rue Mayer). Henri Mayer fut maire de la ville de 1894 à 1903. Son nom subsiste au-dessus de l’entrée de l’immeuble qu’il habitait 42 rue Renan. P. Maestracci

29 avril 2019

Jeu - Menu au choix !

Et l'on continue, toujours le nez en l'air, avec notre Historimienne Pascale qui nous a trouvé une mosaïque-menu !


© P. Maestracci

De gauche à droite : une tête de veau, une part de pizza, une tranche de pastèque, trois bananes, de la viande en tranches fines avec du parmesan et un plat.
Un indice : les plats relèvent pour l’essentiel de la cuisine italienne.

Réponse : le 2 mai, 18 h

28 avril 2019

Réponse - un coq un peu déplumé !

© Michel Julien
Alors, vous l'avez trouvé ! Ce coq trône, en centre ville à l'angle de l'avenue de la République et du 17 rue Kléber, au-dessus de la boutique "Bio c'Bon", qui a remplacé le restaurant "Coquibus". Le restaurant a fermé mais le coq est resté…



26 avril 2019

Jeu - un coq un peu déplumé !

Profitez des vacances de printemps pour partir le nez en l'air à la découverte d'Issy-les-Moulineaux, grâce à notre Historimien Michel… Cherchez bien.

Où se trouve donc ce coq, un peu déplumé ? Pas de problème pour faire la grasse matinée… il ne chante pas !

© Michel Julien


Réponse : le 28 avril, 18 h



















23 avril 2019

Arménie - Issy-les-Moulineaux, 2019

Comme chaque année, la ville d'Issy-les-Moulineaux commémore le génocide arménien. Ce dimanche 28 avril 2019 sera le 104e anniversaire de cette tragédie.


Historique
D’avril 1915 à juillet 1916, les deux tiers des Arméniens vivant sur le territoire actuel de la Turquie périssent exterminés par le Comité Union et Progrès (CPU), communément appelé « Jeunes-Turcs ». Déportations et massacres sont organisés depuis Constantinople, capitale de l’Empire ottoman.
De par le monde, la reconnaissante du génocide ne fait pas l’unanimité. En avril 2017, vingt-neuf pays le reconnaissent.

Commémoration 2018 au Monument franco-arménien d'Issy, rue de la Défense. © A. Bétry
Chaque année, le 24 avril est la date de commémoration des massacres de la communauté arménienne. C’est ce jour-là, en 1915, qu’une rafle des élites arméniennes se déroule à Constantinople. Des ecclésiastiques, des médecins, des éditeurs, des journalistes, des avocats, des enseignants, des artistes et des hommes politiques dont des députés du Parlement ottoman sont arrêtés déportés, puis massacrés. Pour en savoir plus :
http://www.historim.fr/2011/04/24-avril-1915-le-genocide-armenien.html
Le 12 septembre 1915, 4 000 personnes bloquées depuis cinquante-trois jours dans la région montagneuse de Musa Dagh, à court de vivres, sont sauvées par la Marine française mouillant au large des côtes syriennes. La Royale les acheminera sur Port-Saïd en Egypte.

Reconnaissance du génocide arménien
Le 23 avril 2014, le Premier ministre de Turquie adresse, dans un communiqué, les condoléances d’Ankara : « C'est un devoir humain de comprendre et de partager la volonté des Arméniens de commémorer leurs souffrances pendant cette époque » ; puis que « Nous [la Turquie] souhaitons que les Arméniens qui ont perdu la vie dans les circonstances du début du XXe siècle reposent en paix et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants. »
Mais selon un sondage de janvier 2015, moins de 10 % des Turcs sont favorables à une reconnaissance du génocide arménien par la Turquie.

Pour emprunter une réflexion de montagnards célèbres : « là où il y a une volonté, il y a une voie ». La notion du temps semble avoir été oubliée… A.B

Le Mémorial arménien de 1945 au Père Lachaise, à Paris. © A. Bétry
Pour en savoir plus
Au cimetière du Père Lachaise de Paris, côté Nord, un mémorial a été élevé au souvenir des soldats arméniens morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale et aux résistants arméniens de la Seconde Guerre mondiale.  Sa forme de clocher octogonal rappelle les chapelles arméniennes (ci-dessus).
Plusieurs articles, sur notre site, ont été consacrés à l'Arménie à Issy-les-Moulineaux : témoignages, conférence, visite du quartier arménien, ville jumelée, monuments commémoratifs…


19 avril 2019

Victor Prouvé - tous à vos greniers !

Historim a été contacté par une restauratrice d'art qui travaille actuellement sur l'étude préalable de la Vie de Victor Prouvé, qui se trouve dans l'escalier d'honneur de l'Hôtel de ville (ci-dessous). A priori, des indices montrent que la peinture a été restaurée à plusieurs reprises. 

Les Ages de la Vie, dans l'escalier d'honneur de l'Hôtel e Ville d'Issy. © XDR

Sachant que l'escalier d'honneur est le lieu privilégié des jeunes mariés isséens pour être photographiés, la restauratrice voudrait avoir ce genre de photographies datant de 1897 (date à laquelle l'œuvre est terminée) à 1994 (date de la restauration connue). 
Profitez des vacances de printemps pour aller farfouiller dans les archives familiales :  y aurait-il une photographie de cet escalier prise lors d'un mariage ou d'une cérémonie ? Si oui, laissez un commentaire avec vos noms et coordonnées (ne vous inquiétez pas, ce ne sera publié sur le site !)
Alors tous à vos greniers… on compte sur vous ! 
PCB
Retrouvez Victor Prouvé sur notre site :

16 avril 2019

Histoire du tourisme - Conférence

Vous étiez une nouvelle fois réunis à la Résidence du Parc pour suivre une conférence d'Historim : "l'histoire du tourisme du XVIIIe siècle à aujourd'hui". Merci à nos deux conférencières Claire et Emmanuelle. 

Claire prend la parole la première et nous fait découvrir, illustrations et photos à l'appui, les origines du tourisme, à commencer par le mot lui-même venu du "grand tour", ce voyage que faisait tout jeune Anglais de noble naissance, dans les années 1750/1770.
Direction : Rome, Naples, Florence, Venise… et Nice - italienne l' époque  Le voyage était long et bien compliqué, raconte Claire : pas de voiture, pas de train, encore moins d'avion… ils partaient à cheval ou en diligence, pour une année entière parfois. 

Claire évoquant le Colisée de Rome sur l'écran. © XDR
Puis, au XIXe siècle, ce fut le temps des bains de mer, non pour se divertir mais sur prescription médicale. On disait alors que plonger dans la mer, en plein hiver, était bon pour la santé, notamment pour les femmes dépressives ! Claire évoque Dieppe, la première station balnéaire, puis Biarritz (promue par l'impératrice Eugénie, l'épouse de Napoléon III) , Deauville, Trouville… Dinard et ses 400 villas classées, dont les Roches brunes (ci-dessous) perchée en haut de la falaise.

Les Roches brunes, Dinard… © XDR
1936, ce sont les premiers congés payés… le tourisme change : la plage devient un espace de jeux, d'activité en plein air. On y va l'été pour bronzer… La mode suit avec l'apparition de la marinière de Coco Chanel, et du bikini de Brigitte Bardot, en 1946. Claire termine sa conférence par l'étonnante histoire de Sarah Bernardt qui fit de Belle Île en mer un haut lieu touristique.

Place à Emmanuelle, qui vient nous parler de la Maison du tourisme d'Issy-les-Moulineaux, l'office le plus important du 92, en terme de commercialisation de produits touristiques. Le top 3 des visiteurs étrangers est le suivant : Espagne, États-Unis, Allemagne… Ayant reçu l'agrément "Spécial Agence de Voyages", la Maison du tourisme propose 7 à 8 voyages par an. Sans oublier les sorties d'une demi-journée ou d'une journée, la billetterie sur Paris, les offres spéciales "Entreprises" et les circuits numériques dans la ville.

Entrée de la Maison du tourisme d'Issy. © A. Bétry
C'est alors que se terminait la conférence que l'on apprit que la cathédrale Notre-Dame de Paris était en feu. 12 à 14 millions de touristes, soit 30 000 par jour, venaient admirer ce chef-d'œuvre de l'art gothique… Et des touristes, il y en avait à l'intérieur lorsque le feu se déclencha aux environs de 18h40 - sains et saufs heureusement !  PCB


15 avril 2019

Adèle Foucher et Victor Hugo - visite privée de la maison d'Issy

Un groupe d’Historimiens a eu récemment la chance de visiter une belle maison au 15 bis de la rue Auguste Gervais, louée pendant l’été 1819 par M. et Mme Foucher,  parents de la jeune Adèle que courtise Victor Hugo.
La maison isséenne, témoin de cet amour, a été surélevée au XIXe siècle. Cette maison, toujours habitée, est donc privée. Merci à MM. Trijasson et Duthoit de nous avoir permis de la visiter. Son adresse initiale était 5 place des Marronniers où se tenait un bal l’été.

La maison côté jardin. Rehaussée aujourd'hui de deux étages.
© Michel Julien.
Bal à Issy, 1822. Et si c'était la maison louée par les Foucher ?
Lithographie aquarellée sur papier de Louis-Albert Bacler d'Albe

Retour à l'été 1819
Les familles Hugo et Foucher voisinent à Paris lorsque Victor tombe amoureux d’Adèle. Cet été 1819, il fait plusieurs fois la route à pied de Paris à Issy. Dans une lettre à Adèle en avril 1820, Victor écrit : « C’est le 26 avril 1819 que je t’avouai que je t’aimais…Il n’y a pas un an encore. Tu étais heureuse, gaie, libre, tu ne pensais peut-être pas à moi. Que de peines, que de tourments depuis un an ! » ( in Victor Hugo, Lettres à la fiancée, Rivages, Poche, 2017). En effet, Madame Hugo, épouse du comte et général d’Empire Hugo, est hostile à cette amourette. Son fils Victor n’a que 17 ans et doit suivre de brillantes études au lycée Louis-le-Grand.

Adèle Foucher. © XDR
 Dans une autre lettre de janvier 1820, il écrit : « Quelques mots de toi, mon Adèle adorée, ont encore changé l’état de mon âme » (op. cit. ). Aucune comparaison possible avec un SMS… En 1822, Hugo âgé de 20 ans, reçoit une pension de Louis XVIII pour son premier ouvrage Odes. Sa mère décède cette même année et Victor épouse sa chère Adèle à l’église Saint-Sulpice à Paris.
Victor Hugo. © XDR

Victor Hugo cite le nom de la commune dans deux vers de La complainte des Truands dans Notre-Dame de Paris « Semez d’Issy jusqu’à Vanvre, Du chanvre et non pas du blé ». http://www.historim.fr/2018/02/victor-hugo-notre-dame-de-paris-et-issy.html


Le projet Hugo de 2019
Initié par Historim, le souvenir des visites de Victor Hugo il y a tout juste deux cents ans sera dignement célébré à plusieurs occasions, notamment aux Journées du patrimoine.
Un concours de poésie vient d'être lancé en collaboration avec le Musée, l'Espace Andrée Chédid et la Ville.
Une nouvelle plaque sera dévoilée au pied de la dite maison que fréquentait le jeune Victor pour voir sa bien-aimée Adèle !
Une conférence sera donnée au musée, ainsi qu'une animation musicale des poèmes de Victor Hugo mis en musique.
P. Maestracci

Issy-les-Moulineaux : Le nom de Victor Hugo a été donné à une rue et à un rond-point dans la commune, non loin du trajet qu’a effectué plusieurs fois le jeune Victor. Un collège (24 rue Aristide Briand) célèbre aussi le génial écrivain.
Paris : On peut plus facilement visiter le musée Victor Hugo au 6 place des Vosges à Paris. Victor Hugo y a vécu avec Adèle et leurs enfants de 1832 à 1848. Au deuxième étage dans leur vaste appartement, le musée expose du mobilier, des portraits et des souvenirs familiaux. Il est la propriété de la Ville de Paris.
Guernesey : Hauteville House vient tout juste d'être réouvert, le 7 avril,  après 18 mois de travaux.


11 avril 2019

L'Intime… l'association lyrique isséenne a 120 ans !

Pour célébrer ses 120 ans, l'association la plus ancienne d'Issy-les-Moulineaux, l'Intime, propose un programme très chargé en ce début d'année. Notez d'ores et déjà les 15 et 16 avril, deux représentations de Je t'aime de Sacha Guitry à l'Espace Icare. 

Affiche 15 et 16 avril 2019.

L'histoire
« L’An mille huit cent 99 = Le 22 avril a [sic] 9H du soir, se sont réunis un groupe de personnes a [sic] la mairie d’Issy-les-Moulineaux (Salle des Sociétés) en vue de former un Cercle Lyrique dans la Commune….
« Monsieur le Président propose le titre de "L’Intime" au nouveau cercle qui est adopté à l’unanimité… ».
La séance présidée par M. Jacquand réunit une vingtaine d’hommes qui élisent comme président M. Charles Thiémonge, « professeur de mandoline ».
Ce procès-verbal fonde l’association la plus ancienne de la ville grâce à la décision de quelques amis férus de lyrique. Ils souhaitent d’abord proposer des concerts puis des pièces de théâtre.
Monsieur Badin de Courteline est joué le 12 juin 1899 à la Salle des Fêtes. C’est un triomphe. Depuis, se sont succédé pièces et opérettes sur douze décennies, fort nombreuses et toutes aussi variées les unes et les autres.

Le répertoire

Affiche de 1936. 
 Le répertoire est choisi par le conseil d’administration mais la préparation d’un spectacle est une œuvre collective. Les décors sont fabriqués à domicile par les membres de l’Intime et les costumes cousus par leurs soins ou loués.
L’Intime compte à son actif des opérettes comme La Périchole ou La Vie parisienne ainsi que des pièces classiques telles que Le Malade imaginaireCyrano de BergeracLa LocandieraLa Dame de chez Maxim’sLe Dialogue des Carmélites ou La souricière d’après Agatha Christie.

Affiche de 1958. Le trèfle porte-bonheur
se retrouve sur bon nombre d'affiches.

Depuis quelques années, l’association a abordé le théâtre contemporain : L’Atelier de Jean-Claude Grimberg, des spectacles d’après Louis Calaferte, Karl Valentin et Woody Allen. Les metteurs en scène ont opté pour de nouvelles expériences avec des thèmes spécifiques : répertoire de Bertold Brecht, des extraits de films pour « L’intime fait son cinéma ».

Les scènes
L’association ne possède pas de salle à demeure. Lors de la création, elle pouvait disposer de la salle à l’italienne qu’était la Salle des Fêtes (6 avenue Jean Jaurès), devenue le cinéma de l’Alhambra avant sa démolition. Dans les années Trente, la Salle des Fêtes est transférée avenue Victor Cresson (actuel PACI) où le stock de décors et de costumes disparaît lors d’un incendie après-guerre. Par la suite, la paroisse Saint-Étienne mit à disposition un soir par semaine une salle polyvalente sous la Chapelle rose, rue de l’Abbé Grégoire, sans possibilité d’y stocker les décors. Néanmoins, l’Intime acheta pour cette salle des rideaux de scène et un décor. Elle donna des pièces dans la chapelle même, comme Le Dialogue des Carmélites de G. Bernanos en 2010. Depuis 2008, la municipalité met à la disposition de l’association la Halle des Épinettes qui vient d’être rénovée, 45/47 rue de l’Égalité, ainsi que la Maison des Hauts d’Issy, 16 rue de l’Abbé Derry.

La troupe
Elle comprend actuellement une vingtaine de membres (comme les fondateurs de 1899).
Elle est ouverte à tous, du débutant au confirmé. Les « sociétaires » se côtoient dans un cadre inter-générationnel. Des cours d’art dramatique sont donnés par des professionnels qui assurent également la plupart des mises en scène.

Le Festival de Théâtre amateur
Il se déroule chaque année en mars-avril avec la participation active de la Compagnie du Masque et de l’encadrement de l’Espace Icare, 31 boulevard Gambetta. L’Intime est fidèle à cet événement culturel majeur de la ville d’Issy-les-Moulineaux.

L’actualité de l’Intime
Elle est particulièrement chargée cette année afin de célébrer dignement les 120 ans d’existence de l’association.
Tout d’abord, l’exposition d’une sélection historique d’affiches dans différents lieux de la commune (ci-dessous). Les trois commissaires d’exposition sont les talentueuses Louise, Martine et Suzy.


Exposition d'affiches à l'Espace Seniors, puis à l'Espace Icare
la Médiathèque des Chartreux et le Centre administratif municipal.

La comédie Je t’aime de Sacha Guitry amusera les spectateurs les 15 et 16 avril 2019 à l’Espace Icare dans le cadre du Festival de Théâtre amateur. Mise en scène de Henri-Paul Korchia aidé de Aïsha Souley. Quinze actrices et acteurs seront sur scène.
Le célèbre vaudeville Un chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche sera joué les 11 et 13 juin à l’Auditorium Niedermayer dans le cadre de la programmation officielle de la saison 2018/2019 des spectacles à l’Auditorium et au PACI, en hommage à cette année d’anniversaire.
Par la suite, une soirée conviviale est prévue pour réunir tous les anciens de la troupe.

Pour contacter la troupe : cie.theatrale.lintime@gmail.com
Président de l'Intime : Guillaume Vincent.

Un grand merci à Suzy et à Martine pour les informations récentes ainsi 
qu’à d’anciens membres de l’Intime pour la documentation sur cette association. P. Maestracci

8 avril 2019

Patrick Meichel, homme de contacts

Arrivé à Issy au tout début des années 1980, Patrick Meichel (1953- 2018), artiste, poète, "greeter",  engagé dans la vie isséenne, nous a quittés beaucoup trop tôt. C'était il y a un an. Rendons-lui hommage.

Patrick dans son atelier. © XDR

Le photographe. Né en Moselle, dessinateur-décorateur de formation, Patrick Meichel est avant tout un homme curieux, aussi bien de peinture, de musique (violon et piano), que de théâtre, avant de se fixer sur la photographie. A son retour d’un long séjour à Rome en 1974-1975, il expose ses premières photos à Paris en 1976, puis en province et en Italie. Fourmillant d’idées, débordant d’énergie, il mène de front d’autres activités, crée des décors de cinéma et télévision, travaille la photographie abstraite (lignes, formes et couleurs dans une série sur les reflets dans l’eau), expérimente le « chimigramme » qui permet de produire des images avec les matériaux de la peinture et de la photographie, édite des cartes postales et des posters, participe à un livre de contes pour enfants avec le photographe italien Fulvio Roiter.
Il collectionne déjà les récompenses, au prix Kodak de la critique internationale en 1984 (Mention d’honneur), au concours du livre photographique de la ville de Paris en 1985 (Deuxième prix), au salon de la photographie de Paris en 1985 (finaliste pour l’Oscar). En 1986, il organise une exposition personnelle à Paris avec les éditions Nouvelle Cité et participe au grand prix du jeune photographe européen à Munich.

Le sculpteur. En 1986, il découvre le monde de la sculpture et participe à sa première exposition en février 1987 au Salon Sud 92. Il enchaîne ensuite les expositions et les prix, dans un domaine où il va exceller durant trente ans, mêlant savamment le bois et les minéraux, qu’il s’agisse de pierres semi-précieuses, de marbre, mais aussi des cordes et du fer, voire du plexiglas.

Sculpture à Sarralbe (Moselle). © XDR
Sa renommée s’étend peu à peu hors du département, à Paris d’abord (Salon d’automne en 1988), en province (Réalisation d’une sculpture monumentale pour la ville de Sarralbe en Moselle, ci-contre), puis à l’international (Unesco en 2003, Florence en 2004, Séoul en 2006). Il est également connu pour ses trophées (Prix de la ville d’Issy les Moulineaux en 1996, trophée Hymne à la viepour le Lyons Club de Lille). Travaillant également sur le verre, il réalise un vitrail pour le lycée Saint Nicolas en 2006.


Homme de contact, toujours tourné vers les autres, il s’investit aussi dans l’organisation de manifestations et rejoint le bureau de la Biennale Sud 92 de 1990 à 1996. Bien sûr, lors des week-ends « ateliers portes ouvertes » organisés par la ville, il ouvre son atelier aux Isséens. En décembre 2002, il crée l’association "D’un Art à l’Autre", dont l’objet est de réunir des artistes de toutes les disciplines et de tous les courants. Il monte des manifestations « mélangeant les arts », où il n’hésite d’ailleurs pas à mettre ses talents de clown au service d’une animation bon enfant.

Patrick Meichel © XDR
Il écrivait : « Nous avions envie de créer un espace libre où chaque artiste qui le désire puisse rencontrer d'autres artistes, de toutes disciplines, sans avoir à prouver ce qu'il est, sans avoir à défendre ou à expliquer ses créations, simplement pour la richesse de l'échange ou du partage. Nous ne sommes pas là pour évaluer le talent de l'autre, mais pour l'accueillir afin qu'il puisse s'exprimer librement.
« C'est comme un espace musical où chacun joue sa note. Un mi ne peut pas être un sol, ni un ré. Chaque note est unique mais appartient à un ensemble. Elle apporte sa richesse puis meurt pour laisser place à la suivante, tout en portant encore en elle celle qui l'avait précédée. Et l'assemblage des notes peut se faire à l'infini.»
En 2006, sur son initiative, pendant trois mois, trois sculpteurs et quatre peintres vont à tour de rôle dans une école isséenne expliquer leur démarche à de jeunes adolescents et travailler avec eux. Ensuite, pendant trois semaines, une exposition commune à la Mairie permet aux artistes et aux élèves de présenter leurs œuvres. 

En 2015, il travaille avec le photographe Marcus Brandao, pour lequel il crée sept personnages en métal et laiton, mis en scène ensuite dans des lieux choisis (ci-dessous).

© Marcus Brandao

Le greeter. Prolongement logique d’une personnalité généreuse et ouverte aux autres, Patrick devient administrateur de la Maison du tourisme et rejoint également l’équipe Isséenne des "greeters" qui font découvrir notre ville « autrement », avec ses lieux méconnus et ses bonnes adresses.

Laissons-le en parler : « Ce qui m'intéresse dans ce projet, c'est que beaucoup de touristes viennent à Paris pour visiter des musées, de grandes expositions, etc., mais ils ne voient qu'une partie de la vie culturelle. Ce qui est génial avec les greeters, c'est qu'on leur montre la vie des quartiers, la culture au sens large, celle qui va nourrir les œuvres que l'on trouve au musée. En tant que greeter, je ne veux pas forcément leur faire connaître des choses. Mais surtout leur faire ressentir des émotions. J'essaie de leur donner l'impression qu'ils entrent dans une famille, dans une culture, et qu'ils y sont à l'aise.»


Patrick dans son "jardin aux sculptures", avenue du Général de Gaulle, dans les hauts d'Issy. © XDR
Terminons sur un dernier mot de lui : « Nous ne faisons que nous inscrire dans un grand courant du monde d'aujourd'hui. Ce que nous vous souhaitons à tous, pour ces jours ensemble et ensuite, pour le travail de chacun, c'est que nous soyons toujours des cadeaux les uns pour les autres. – juin 2009 ».
Jacques Primault.