24 mai 2019

Issy - Du Parc Municipal des Sports à la future Cité des Sports

20 mai 2019, début du  tournois de tennis de Roland-Garros, à Auteuil ; 7 juin,  premier match de la coupe du monde de football féminin, en France… L'occasion, dans cette atmosphère sportive, d'évoquer la fin du Parc municipal des sports d'Issy-les-Moulineaux, qui sera remplacé par la Cité des Sports.

Entrée principale du Parc Municipal des Sports.
Le Parc Municipal des Sports occupait l’espace entre la ligne du RER et les rues du Gouverneur Général Éboué, Jean Bouin, du Bateau-Lavoir et Gustave Eiffel. A l'entrée, rue du Général Éboué, une grille, entourée de deux murs arrondis joliment recouverts de briques (ci-dessus), donnait accès au terrain. Le décor en céramique représente des anneaux concentriques, allusion aux anneaux olympiques (?). 
 
Entrée des bureaux et du restaurant, rue Jean Bouin.
Le vaste bâtiment rectangulaire d’angle (ci-contre) offrait gymnase, bureaux du Centre Municipal des Sports, salles de réunion, parking en sous-sol, salles de réunion et Le Restaurant du Stade, haut-lieu de rencontre des journalistes sportifs du journal l'Équipe. Le restaurant était géré par Serge Rebondy, grand amateur de sports et de cyclisme en particulier, comme le suggère la fresque à l’entrée de ce restaurant de qualité (ci-dessous).  Plusieurs événements s’y tinrent : en septembre 2010 la conférence de Jean-Paul Brouchon célèbre journaliste sportif ainsi que des soirées d’octobre pour l’association de lutte contre le cancer du sein Octobre rose. Le dernier sportif qui y fut fêté fut Robert Marchand, champion du monde cycliste des plus de 100 ans !

Fresque à l'entrée du Restaurant du Stade.
Au-delà en se dirigeant vers la ligne du RER en surplomb, un terrain de sport, des pistes d’athlétisme et des tribunes. 

Vue actuelle, à l'angle des rues Jean Bouin et Général Éboué.




Les bâtiments sont démolis depuis 2018 et le terrain creusé pour les fondations de la future Cité des Sports (ci-contre). On distingue au loin, se détachant de gauche à droite, les immeubles de bureaux BNP-Paribas et les nouvelles tours d’habitation du quartier Val de Seine, à l’angle de la rue Desmoulins et du quai de la Bataille de Stalingrad. Sur la droite, on peut voir le mur latéral de la halle Christine Guillaume, bâtiment plus récent, sur la partie Est, qui reste intacte.

En 2019, les travaux de reconstruction doivent commencer afin de bâtir une Cité des Sports (maquette ci-dessous) qui devrait être achevée pour 2024. En effet, lors des Jeux Olympiques de Paris, les bâtiments isséens pourraient être utilisés pour l’entraînement des athlètes de toutes les nations engagées dans la compétition. Si bon nombre d’épreuves sont prévues en Seine-Saint-Denis, certaines auront lieu porte de Versailles au Parc des Expositions, limitrophe d’Issy-les-Moulineaux. 
Rappelons d’ailleurs que la commune a abrité l’épreuve de Tir aux Jeux Olympiques de Paris en 1924, dans le quartier des Épinettes (voir http://www.historim.fr/2012/06/21-29-juin-1924-les-jeux-olympiques.html).
Les travaux de la Cité des Sports, un projet signé Chabanne Architectes, devraient bientôt démarrer car celle-ci pourrait accueillir des sportifs olympiques à l’entraînement pour les prochains Jeux de Paris. La livraison est prévue en 2021 d’un gymnase, d’un mur d’escalade, d’une salle de santé par le sport, d’une salle de musculation et, bien entendu, d’une piste d’athlétisme…
Texte et photos P. Maestracci

La future Cité des Sports d'Issy-les-Moulineaux. © XDR

19 mai 2019

Rue Michel de l'Hospital, à Issy-les-Moulineaux

La rue Michel de L'Hospital, dans le quartier Centre Ville-Corentin Celton-Les Varennes,  longue d’environ deux cent mètres, entre la rue Guynemer et le boulevard Gambetta, longeait autrefois à l’ouest Les Petits-Ménages (hôpital Corentin Celton). Les bâtiments d'origine, construits sous le Second Empire, ont disparu, remplacés par des immeubles résidentiels et de nouvelles ailes de l’hôpital. Même si le nom de la rue et la proximité de Corentin Celton semblent tout à fait en adéquation avec le nom de la rue, il n’en est rien… sinon une forme d’humour ?

Statue de Michel de L'Hospital par Beauvallet,
Palais Bourbon, à Paris.© XDR
En effet, Michel de l’Hospital (1507-1573 ) n’a jamais exercé une carrière médicale. Chancelier du roi Charles IX en 1560, il fit de son mieux pour pacifier les relations sanglantes entre catholiques et protestants. Ce ministre éminent du parti modéré des Politiques réussit à préserver une forme de trêve jusqu’au massacre de la Saint-Barthelémy en 1572. Il fallut attendre Henri IV et son édit de Nantes en 1589 pour une paix définitive. 

Par ailleurs, Michel de l’Hospital s’est illustré dans un domaine étonnement moderne. Il critiquait le gaspillage alimentaire en viandes, vins et plats sucrés de ses riches contemporains ! Sa statue par Pierre-Nicolas Beauvallet (ci-contre) est placée devant le Palais Bourbon, à Paris, aux côtés de celles de d’Aguesseau, de Colbert et de Sully, tous quatre grands serviteurs de l’État.


La rue Michel de l’Hospital 

Elle s’est métamorphosée depuis quelques décennies. Certaines maisons ont été démolies, remplacées par des immeubles modernes. Comme on va le voir.

Vue de la rue vers le Boulevard Gambetta.
 La maison sur la droite (ci-dessus), avec son jardin protégé par un mur, a été démolie en 2016. Au loin, on aperçoit des immeubles au croisement des rues Michel de L’Hospital et Henri Mayer.

A la place de la maison.
La maison a été remplacée par cet immeuble (ci-dessus), en cours de finition avant la livraison d’appartements. Des bureaux qui lui font face, il n’a été gardée que la structure en béton. Leur rénovation actuelle va permettre d’y installer le siège du groupe Nestlé France.

Vue d'ensemble de la rue, vers la rue Guynemer.
 Les bâtiments de l’hôpital Corentin Celton à droite (ci-dessus) précèdent des immeubles résidentiels dont le plan reprend celui des Petits-Ménages .Au loin, l’immeuble de bureaux du groupe Nestlé France.

Alors pourquoi avoir donné le nom de Michel de L'Hospital à cette rue en pleine mutation ? Son nom lui a été donné en avril 2002, en souvenir de la famille de L'Hospital qui possédait une propriété à cet endroit ! 
Photos et textes P. Maestracci

17 mai 2019

Depardon à Issy - visite privée

Quelle matinée magnifique, ce mardi 14 mai, au Musée français de la carte à jouer ! Les Historimiens étaient invités à découvrir l'exposition des photos de Raymond Depardon sur la "métamorphose architecturale"de notre ville, Issy-les-Moulineaux. Une visite privée orchestrée par Denis Butaye, le directeur du Musée. Un grand merci à lui.

Denis Butaye, directeur du Musée, 14 mai 2019. ©PCB
Avant de découvrir la quarantaine de photos exposées, Denis nous explique le pourquoi et le comment de cette exposition (ci-dessus). En mars 2018, la Mairie fait une demande au célèbre Raymond Depardon : photographier les nouveaux bâtiments de la commune, tous conçus par les plus grands architectes contemporains : Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Jean-Paul Viguier, Marc Landowski, d'autres encore.

La piscine Aquazena, la Maison chocolat
et le bâtiment Eos.© PCB
Le photographe accepte. Mais pas tout seul. Il fait appel à Jean-Michel Alberola, professeur aux Beaux Arts, coloriste, pour la scénographie de l'exposition. Comme on va le découvrir, les photos sont mises en scène : la lumière pénètre dans la salle d'exposition, les murs sont peints d'un bleu ou d'un blanc-beige qui mettent en valeur les photos (ci-contre) … Le résultat est superbe.
Voilà donc Raymond Depardon, en juin 2018, parti à la découverte de la ville, du quartier du Fort aux Bords de Seine, sans oublier l'île Saint-Germain… avec son trépied et sa chambre à plan film argentique (en format 20x25 cm), à différentes heures du jour, tel un peintre impressionniste partant "sur le motif".
L'angle de vue est choisi pour construire une perspective, montrer un axe vertical et une horizontale, une spirale, une ligne de fuite. La photo semble vivante : les nuages bougent, le vent secoue les branches des arbres, les ombres s'allongent.
Sous chaque photo est indiquée, la date, l'heure de prise de vue et le lieu, bien entendu

Et voici les Historimiens partis à la découverte de  l'exposition, Denis nous servant de guide.

La piscine Aquazena et la Tour Aquarel. © PCB
- la piscine Aquazena, au Fort, œuvre des sœurs jumelles Mikou (ci-contre à gauche), tout proche du jardin japonais. Des lignes courbes en bois évoquent le mouvement… des vagues ?
- la Tour Aquarel, au Pont d'Issy, (ci-contre, au centre) construite par une femme architecte, Françoise Raynaud.

- la crèche "Baby d'Issy" (ci-dessous), dans le quartier des Chartreux, en bord de Seine - le bâtiment préféré de Raymond Depardon ;

La crèche "Baby d'Issy". © PCB
- la Maison Chocolat (ci-dessous), sur l'île Saint-Germain, une magnifique maison privée ;

La Maison chocolat. © PCB

Le Vaisseau. © PCB

- le Vaisseau de Jean Nouvel (ci-contre), toujours sur l'île Saint-Germain ; partout la lumière et la nature pénètrent dans le bâtiment. Le toit s'ouvre lorsqu'il fait beau, nous raconte Denis,


- Galeo de Christian de Portzamparc (ci-dessous), cet immeuble en forme de galet arrondi, à la façade tout en écailles de verre. Au moment où Raymond Depardon prend la photo, un nuage noir imposant "se plante" au sommet de l'immeuble. Un clin d'œil céleste !



Galéo. © PCB

















Façade végétale Yves Rocher. © PCB





Denis nous entraîne ensuite dans les salles d'exposition permanente où sont accrochées quelques photos de Raymond Depardon, comme cette magnifique photo de la façade du siège de l'entreprise Yves Rocher, tout en végétal (ci-contre)… un bâtiment que le photographe a particulièrement aimé.




Et la visite se termine par une série de planches contact 20x25 cm, à partir desquelles Raymond Depardon a fait son choix, et une enfilade de photos du quartier des Chartreux, avec son école élémentaire, toute rouge orangé (ci-dessous). Merci Denis. PCB

Quartier des Chartreux. © PCB

13 mai 2019

1669 : des Turcs à Issy

La professeur Georges Forestier, spécialiste de la littérature du XVIIe siècle, décrypte la vie d’un célébrissime auteur et comédien dans un livre remarquablement documenté : Molière (Biographies nrf, Gallimard, 2018). L’auteur met à mal certaines légendes et, de plus, un paragraphe page 432 ne manque pas d’attirer l’attention.

« De leur côté, les Parisiens avaient pris l’habitude de rire des coutumes turques. Soliman Aga et sa suite de trente personnes ayant attendu de longues semaines à Issy avant d’être reçus par le roi … »

Soliman Aga Mustapha Raca est l’envoyé du sultan ottoman Mehmed (Mahomet) IV. Il débarque en France en 1669 avec sa suite mais doit attendre plusieurs mois l’entrevue avec Louis XIV, le Roi-Soleil. Il n’est reçu que le 5 décembre 1669 à Saint-Germain (ci-dessous) après avoir d’ailleurs menacé de repartir si la rencontre n’avait pas lieu.

Soliman Aga, reçu par Louis XIV. © XDR
Louis XIV cherche à isoler l’empire Habsbourg après la guerre de Dévolution contre l’Espagne en 1667-1668. Il recherche l’alliance de la Suède, de la Pologne et de la Hongrie. Le rapprochement espéré avec l’Empire ottoman ne fait que reprendre la politique de François 1er au siècle précédent. La réception au Château-Neuf de Saint-Germain-ne-Laye ne donne pas de résultats immédiats. Ce n’est que vers la fin de son règne plus tard que Louis XIV accueille Méhemet Effendi comme ambassadeur extraordinaire


Café turc. © XDR
Revenons à Issy. Où l’envoyé du sultan a-t-il été hébergé au printemps 1669 dans la commune, d’autant que sa suite se compose de trente personnes ? Le village sur la hauteur autour de l’église Saint-Étienne n’offre guère de possibilités. En revanche, il y a en contrebas le long de la Grand-Route (rues Renan et Général Leclerc) plusieurs belles propriétés. 
L’ancienne demeure de la reine Margot (actuel Séminaire) appartient à Monsieur de Bretonvilliers mais celui-ci accueille depuis 1655 des Sulpiciens auquel il lègue ce bien en 1676.
Le Petit-Olympe (une partie du musée, rue Auguste Gervais), ancien bien de la reine Margot, est possédé par le financier Macé Berthroud de La Bazinière. Il commande une nouvelle demeure à Mansart mais est embastillé en 1666.
La dernière possibilité est la demeure de la famille de La Haye dont la vaste propriété fait face celle à celle de Monsieur de Bretonvilliers. C’est là que fut donné le premier opéra français La Pastorale d'Issy en 1659. La famille de La Haye exerce depuis plusieurs générations des fonctions au service du Roi. Recevoir un envoyé turc aurait pu rendre service au Roi-Soleil avant que celui-ci ne prenne une décision.


En tout cas, le séjour des Turcs à Issy puis à Paris eut deux conséquences. 
D’une part, les riches Parisiens prirent goût au café turc (ci-dessus) 
D’autre part, on ne peut que penser à la comédie-ballet de Molière Le Bourgeois Gentilhomme (ci-contre), représenté pour la première fois en octobre 1670 au château de Chambord. Lors d’une cérémonie burlesque à l’acte IV scène 5, Monsieur Jourdain est anobli. Pour répondre à sa femme qui l’interroge tout au début de l’acte V : « Qui vous a fagoté comme cela ? », la réponse de Monsieur Jourdain est irrésistible : « Voyez l’impertinente de parler de la sorte à un Mamamouchi ! ».
P. Maestracci

10 mai 2019

Gros plan sur la rue Horace Vernet à Issy-les-Moulineaux

La rue Horace Vernet  relie la rue du Général Lerclerc au boulevard des Frères Voisin à la limite de Paris, dans le quartier Centre Ville/Corentin Celton/ Les Varennes.

Longue de 450 mètres, pas très large, elle est essentiellement résidentielle avec des constructions d’époques variées. Toutefois aux numéros 10-12 se trouve l’entrée de France 5, chaîne de télévision du Service public. 
Les imposants bureaux d’Orange, sur la gauche (ci-dessous), sont démolis maintenant depuis plusieurs années. À droite, derrière la façade blanche d’un immeuble, on aperçoit l’immeuble en briques du numéro 26, que l'on voit mieux sur la photo du dessous. Dans l’axe de la rue au fond, se détache le Centre Administratif Municipal pas encore rénové ainsi qu’une tour de logements sociaux.

La rue Horace Vernet, prise vers la rue du Général Leclerc.
La démolition en 2016 des bureaux de l’entreprise Orange (ancien CNET) offre la possibilité d’un recul pour avoir une vue d’ensemble des bâtiments aux numéros pairs de 26 à 50 (ci-dessous). Le chantier Cœur de Ville, une fois achevé, cette vision panoramique ne sera plus possible.

La rue à l'intersection de la rue de la Biscuiterie.
Vue de la rue Horace Vernet à l’intersection avec la rue de la Biscuiterie (ci-dessus). Les engins de chantier ont pratiquement fini de creuser le terrain pour les fondations à venir.
La rue, à l'extrémité de la rue Hoche.
Rue Horace Vernet avec l’extrémité de la rue Hoche sur la droite (ci-dessus). Au premier plan, des bâches noires protègent le sous-sol sablonneux car il est constitué d’alluvions du lit majeur de la Seine. Quelques constructions bétonnées des anciennes caves et des parkings au sous-sol d’Orange ont été conservées pour le moment.

La rue Horace Vernet porte le nom d’un peintre issu d’une célèbre dynastie d’artistes. Horace Vernet (1789-1863) est connu pour ses marines et ses scènes de batailles comme Iéna, Wagram ou Le Grenadier de Waterloo. Ses peintures de grand format sont conservées au château de Versailles ; en outre, sur l’ordre de Charles X, il a peint un plafond du musée du Louvre : Jules II ordonnant les travaux du Vatican. En 1829, il est nommé directeur de l’Académie de France à Rome. Mais c'est un autre artiste, Michel Larzillière, qui nous permet de découvrir la rue Horace Vernet sous un jour différent, grâce à ses magnifiques aquarelles (ci-dessous).

La Petite cordonnerie, par Michel Larzillière, 2008.
On aperçoit sur la gauche (ci-dessus), les bureaux d'Orange, mais c'est surtout le superbe immeuble de 1889 en forme de triangle aux angles arrondis qui attire l’attention. A noter que la cordonnerie est toujours là ; elle fait aussi office de serrurerie. Cet autre immeuble de 1889 (ci-dessous), à l'angle de la rue de la Biscuiterie,  montre des fenêtres toutes différentes !

Immeuble d'angle, 1889, par Michel Larzillière.
Vous pouvez retrouver Michel Lazillière sur notre site : http://www.historim.fr/2013/05/michel-larzilliere-laquarelliste-dissy.html et dans son superbe livre : Issy-les-Moulineaux Carnet d’aquarelles (Édition Équinoxe, 2012).

Enfin, terminons cette petite escapade en centre ville avec la photo de cette salle de billard (ci-dessous), située au n°48 de la rue, à l'intersection avec la rue du général Leclerc.

Salle de billard.
Aquarelles de Michel Larzillière. 
Texte et photographies de P. Maestracci

6 mai 2019

Lise - une vie d'Isséenne bien remplie

Lise est née à Issy-les-Moulineaux et y a quasiment toujours vécu. De sa petite enfance, rue Étienne Dolet, à sa vie d'adulte, en passant par les années de guerre, que de souvenirs  ! D'ailleurs, à la fin de cet entretien, elle s'exclame : 
« J’ai tout fait à Issy : naissance, mariage… »

Lise aujourd'hui.

Son enfance 
Les parents de Lise, Alexandre et Alexandrine, tenaient dans les années 1920 une épicerie-buvette située au 14 avenue Jean Jaurès (ci-dessous). Originaires du Loir-et-Cher, ils ont commencé à travailler à Paris : Alexandre comme garçon de café et Alexandrine comme vendeuse dans une crémerie, dans le XVIe arrondissement de la capitale.

Avenue Jean Jaurès à Issy. Carte postale. (coll. particulière)

Lise va à l’école Sainte-Clotilde, 6 rue Étienne Dolet. Cette rue était «mal pavée». L’un des bâtiments était une dépendance du château des Conti, demeure de l’inspecteur des chasses du prince au XVIIIe siècle. Il est remplacé par des logements sociaux. Lise poursuit ses études dans un pensionnat près de l’église Saint-Sulpice à Paris. Elle apprend ensuite le métier de coiffeuse et affirme que son but était de « faire quelque chose avec mes mains ».

Pendant la guerre
De 1939 à 1941, Lise se réfugie auprès de ses grands-parents dans le Loir-et-Cher. De retour dans la commune, elle évoque ses souvenirs sur l’occupant. Les Allemands occupaient le Séminaire (rue du Général Leclerc). « On avait très peur, ils étaient militaires ». Le bruit « du salut avec les bottes » la terrifiait. Un jour qu'elle se promenait avec sa grand-mère sur les Champs-Élysées, les soldats allemands remontaient l’avenue. Le bruit « des bottes sur le pavé » la fait encore frissonner. Une autre fois, Lise passait près de l’hôtel Lutetia à l’angle du boulevard Raspail et de la rue de Sèvres. Des soldats allemands qui en sortaient l’ont trouvée sur leur chemin car elle regardait tomber du ciel des ballons bleus, blancs et rouges. Un soldat lui donna un méchant coup de botte pour l’écarter de sa route.

Plaque au 26 av. Jean Jaurès. © A. Bétry
Elle évoque le souvenir d’un camarade, Sylvain Guillaume (http://www.historim.fr/search?q=sylvain+guillaume ) dénoncé par un Français et fusillé par les troupes d’occupation pour fait de Résistance. Sylvain lui avait demandé quelque temps auparavant : « Tu prieras pour moi quand je serai au Ciel ». « Il était très gentil, merveilleux ». Une plaque commémorative à la mémoire de Sylvain Guillaume fut posée sur le mur à l’emplacement de la blanchisserie de sa mère, 26 avenue Jean Jaurès (ci-contre).

Le jeudi au lieu de pouvoir jouer, Lise devait coller des tickets de rationnement pour le beurre, le sucre, le café, le pain etc. sur de grandes feuilles que son père « emmenait à la mairie pour contrôle…J’en avais marre ! ». La vie quotidienne était difficile. « Ma mère était obligée de couper un chou vert en deux…c’était l’horreur ! Le pain, il était dur, il était jaune » « Mon père allait chercher des fruits place Hunebelle à Clamart ». En guise de charbon, « on brûlait des semelles de bois. C’était de la débrouille ! ».
Quand elle le pouvait, elle jouait dans la rue « tous ensemble à cache-cache, à la marelle »

En août 1944, de jeunes Isséens partirent en camion pour rejoindre la 2e DB de Leclerc mais ils furent fusillés dans le bois de Boulogne. Lise aida les adultes à ériger des barricades, en particulier avenue Jean Jaurès. On apportait « des pavés, des vieux fauteuils ».


L'après-guerre 
Devenue adulte, Lise travaille chez un coiffeur pour dames près des Champs-Elysées. Les semaines sont longues mais le travail lui plaît. Parmi ses clientes fortunées, il y avait des princesses, des artistes. Lise évoque Michèle Morgan « qui était très sympa, très distinguée, ne faisait pas de bruit ».

Lise après la guerre.
Grâce à sa cousine qui était femme de chambre, Lise rencontre la famille d’Ornano dont la maison était dans l’Indre, près de son berceau familial. Cette famille a été « très bien » pour sa cousine y compris le jour de son enterrement.
Elle se souvient des nombreuses usines de la commune : les entreprises d’aviation (Nieuport, Voisin) autour de l’Héliport mais aussi celles qui dégageaient de mauvaises odeurs. La pire à ce titre selon elle, était la Vanillerie rue Rouget de Lisle, près des Blanchisseries de Grenelle. « Elle sentait mauvais ! ». Quant à l’usine Ripolin toute proche, c’était « une infection quand il y avait du vent ».
Un autre souvenir, celui du maraîcher à l’emplacement de la résidence du Bois-Vert entre Séminaire et Centre Administratif Municipal.

Bénévolat
Lise devient secouriste à la Croix-Rouge car elle estime « il faut que j’apprenne à sauver les autres ». Dans cette optique, elle reçoit une initiation au camp militaire de Satory : en cas de bombardement atomique, il fallait « asperger d’eau les victimes »… se rappelle-t-elle.

Merci à Lise pour son témoignage ainsi qu’à Monique M. qui lui a parlé d’Historim.

P. Maestracci

5 mai 2019

Réponse - une plaque Robert Doisneau


Robert Doisneau (1912-1994) a vécu au 9-11, rue Telles de la Poterie, là où se trouve la plaque (ci-dessous, sur le mur en haut à gauche). Il n'y a passé que trois ans (de 1934 à 1937), suffisamment pour qu'Issy-les-Moulineaux en conserve le souvenir. Il travaillait alors pour les usines Renault.

9/11 rue Telles de la Poterie. © A. Bétry
Robert Doisneau. © XDR
Finies les vacances… et finis ces quinze jours de jeux et de découvertes qui vous auront plu, on l'espère ! PCB




3 mai 2019

Jeu - une plaque Robert Doisneau

Sur un immeuble, une plaque rappelle que Robert Doisneau, le célèbre photographe du "baiser de l'Hôtel de ville" (1950), a vécu à Issy-les-Moulineaux. Mais où ?

© A. Bétry

Réponse le 5 mai, 18 h.

2 mai 2019

Réponse - Menu au choix !




Vous l'avez trouvé le menu en images ? tête de veau, une part de pizza, une tranche de pastèque, trois bananes, de la viande en tranches fines (un carpaccio) avec lamelles de parmesan et un plat de pasta (spaghetti ?). Cette mosaïque d'un auteur anonyme orne un mur latéral à environ 3 mètres de haut du restaurant "Le Patio", 3 rue Henri Mayer.  Les Romains dans l’Antiquité ont laissé quantité de mosaïques dont le mosaïste a pu s’inspirer.

Pour autant, le restaurant et son décor sont en sursis car un permis de démolir est affiché entre la pizzeria à gauche et le restaurant japonais à droite, dont les accès sont déjà murés. L’ensemble doit être démoli sous peu pour être remplacé par un immeuble résidentiel.

La courte rue Henir Mayer ne mesure que 200 mètres environ et décrit une courbe presque à angle droit en son milieu. Elle relie le boulevard Gambetta à la Maison de Quartier Corentin Celton (10 rue Mayer). Henri Mayer fut maire de la ville de 1894 à 1903. Son nom subsiste au-dessus de l’entrée de l’immeuble qu’il habitait 42 rue Renan. P. Maestracci