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7 décembre 2024

Crayons, une exposition insolite





La collectionneuse Constance Fulda, "crayonnophile ? ",  a réuni
5 000 crayons depuis 1974. Elle aime dessiner.
Exposition éphémère qui s'est tenue à l'Espace Andrée Chedid jusqu'au 30 novembre dernier. 

photos Denis Hussenot


8 novembre 2024

Issy l'industrielle… à partir de 1825

La ville d’Issy-les-Moulineaux a connu de spectaculaires mutations économiques. Pendant des siècles, l’agriculture s’est développée dans la plaine ainsi que sur les hauteurs avec deux villages, le premier autour de l’église Saint-Étienne et le second près de la Ferme des Chartreux. La ville commence à s’industrialiser dès 1825 avec l’entreprise Gévelot. 

Haut de la porte d'entrée de l'usine Gévelot


D’autres industries se sont progressivement développées grâce à la proximité de Paris et de la Seine, aux lignes ferroviaires, aux carrières etc. Les bâtiments ont été construits sur des terrains agricoles disponibles. Depuis plusieurs décennies, l’activité économique s’est tertiarisée avec des grandes entreprises dont plusieurs d’envergure mondiale. Certains bâtiments industriels ont été démolis ou reconvertis pour accroître le nombre de bureaux.

Descriptif des fabrications Gévelot

Des noms de rues évoquent l’agro-alimentaire comme le chemin du Moulin, l’allée de la Brasserie ou la rue de la Biscuiterie (Guilloux qui se trouvait dans l’actuel Cœur de Ville).

L’industrie a son passage de l’Industrie, la place Gévelot (près de l’usine disparue). L’esplanade de la Manufacture occupe la cour de l’ancienne Manufacture des Tabacs de 1904 au 17 rue Renan. Après la fermeture de l’entreprise, les bâtiments ont été réhabilités en logements, bureaux et commerces. 
Il y a de nombreuses références aux avionneurs dont les usines entouraient le champ de manœuvres comme le boulevard des Frères Voisin (partagé avec Paris), la rue Gaston et René Caudron ou la rue Édouard Nieuport.

Pour le moment, aucun nom ne concerne les entreprises du secteur tertiaire implantées dans la commune mais à l’avenir, rien d’impossible…


Vue extérieure et entrée de l'usine Gévelot
Texte : P. Maestracci
photos: A.Bétry - archives Atlante


27 septembre 2024

La rue Charlot, décorée par des artistes de rue

L'avion, symbole de la ville.

La rue Charlot, dans le quartier Val de Seine/Les Arches, connaît aujourd'hui un changement de décor. Trois jeunes " artistes de rue ", anciennement tagueurs ou graffeurs des autoroutes ou autres wagons, choisis par la commune, ont pris possession des murs en béton soutenant le stade Gabriel Voisin.

Les livres, symboles de la culture.

Réalisées aux pinceaux (et non à la bombe !) leurs œuvres murales, trés figuratives, sont inspirées par plusieurs thèmes : un symbole de la ville (l'avion), la culture (des livres), la nature (fleurs et plantes) , le tout aux couleurs très vives, donnant de la gaieté à cette rue essentiellement piétonnière. À voir ...

Les fleurs, symboles de la nature.

Texte et photos : Denis Hussenot

11 juillet 2024

Gros plan sur les écoles d'Issy

Alors que ce sont les grandes vacances, consacrons un article aux écoles isséennes.

Sous la troisième République, les lois scolaires de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique rendent l’enseignement primaire gratuit (loi du 16 juin 1881), laïque et obligatoire (loi du 28 mars 1882) pour tous les garçons et les filles de 6 à 13 ans. Dès 1880, le ministre Camille See avait créé les premiers lycées pour jeunes filles.



École Paul Bert, carte postale, 

bâtiment de 1904, à l’angle des rues Aristide Briand et Paul Bert, avec son entrée monumentale maintenant fermée, annexée à l’actuel collège Victor Hugo.

 




École Voltaire, rue Maurice Champeau. 

Elle a la forme sans doute la plus originale. 
Son toit recourbé et couvert de plaques métalliques vertes protège le gymnase et un espace clos  à ciel ouvert au-dessus des classes 
le long de la rue Séverine. 
Ce bâtiment est doublé par un majestueux escalier de plein air desservant les trois étages. La cour toute en longueur s’étend jusqu’à l’allée Saint-Sauveur.



Écoles Jean de La Fontaine rue de l’Abbé Derry. Les briques recouvrent la façade et la disposition des fenêtres évoquent le style de Le Corbusier. Outre les écoles maternelle et élémentaire, il y a aussi une crèche.


Écoles Louise Michel à l’extérieur du Fort, 
rue du Docteur Zamenhoff. 
Façade en bois disposé en lattes horizontales. 






Les communes, dont c’est la responsabilité, doivent prévoir alors des écoles séparées pour filles et garçons. Si les établissements sont mixtes de nos jours, les écoles dépendent encore des communes, les collèges des départements et les lycées des régions.



Écoles des Épinettes dans un emplacement provisoire avenue de la Paix en attendant la construction de bâtiments neufs sur l’emplacement originel. Elles occupent les locaux de l’ancien collège de la Paix, lui-même déplacé à l’entrée du Fort. 
Des  bâtiments métalliques en forme de containers ont été rajoutés...

Certaines des premières écoles existent toujours. Elles étaient construites en meulière comme les écoles Jules Ferry (rue du même nom) ou Paul Bert dont le bâtiment de 1904 fait partie de l’actuel collège Victor Hugo. 
Au cours des décennies, leur architecture s’est grandement diversifiée avec des façades en briques (écoles Jean de La Fontaine), en béton, en bois (écoles Justin Oudin ou Louise Michel au Fort, entrée de Marie Marvingt restaurée en 2023), voire en métal comme l’école Françoise Giroud au Cœur de Ville. Certaines écoles ont été déplacées comme l’école Voltaire ou les écoles des Épinettes.
En 2024, Issy compte 18 écoles maternelles et 16 écoles élémentaires dont certaines sont dans un même ensemble.
Les noms qui leur ont été donnés furent longtemps ceux d’hommes connus : des politiques comme évidemment Jules Ferry, des écrivains passés dans la commune comme Ernest Renan ou Victor Hugo et plus récemment, des photographes comme Robert Doisneau. De nos jours, ce sont des femmes qui sont mises à l’honneur comme Louise Michel ou Françoise Giroud, école la plus récente. Il y a également le nom de lieux isséens comme les Épinettes ou les Varennes. Le nom le plus original est celui d’une école maternelle Le Petit train vert (rue Eugène Atget), avec un dessin illustré sur la façade vitrée de l’entrée.  

Texte et photographies : P. Maestracci 

  

16 juin 2024

Des tours vues depuis Issy

Le relief isséen est caractéristique du nom du département des Hauts-de-Seine avec une partie de son territoire dans la vallée, ancien lit du fleuve et les coteaux qui vont jusqu’à Meudon. Une position dominante permet d’apercevoir souvent les tours lointaines du paysage urbain. L’axe de certaines rues dessine un cadre pour une vision des tours avec la capitale et sa proche banlieue en arrière-plan.

Tour Eiffel depuis la rue Minard
En descendant la rue Minard, il est possible d’identifier à coup sûr la tour la plus célèbre du monde, la tour Eiffel, érigée en 1889 sur le Champ-de-Mars. Une réplique, miniature et un peu plus récente, se trouve 42 rue Renan. 

Toujours rue Minard, en regardant un peu plus vers la droite, la tour Montparnasse détache sa silhouette compacte sur le ciel. Ce fut une décision prise en 1958 lors du retour au pouvoir du Général de Gaulle avec la destruction de l’ancienne gare, la construction d’un centre commercial et d’une tour haute de 210 mètres (2e hauteur après la tour Eiffel à Paris) devant la gare placée en arrière. Une rénovation de la tour est d’ailleurs prévue. 

Vue sur la Tour Montparnasse



Les nombreuses tours du quartier d’affaires de la Défense sont repérables de loin.

Ce quartier a été décidé aussi en 1958 en empiétant sur plusieurs communes : Courbevoie, Nanterre et Levallois-Perret. L’adresse postale est pourtant Paris-La Défense. 

L’origine de ce nom vient d’une statue de Barrias érigée en 1883 sur le rond-point de Courbevoie pour commémorer la défense courageuse de Paris lors de la guerre de 1870 contre les Prussiens. 

Depuis 1958, les tours visibles de la place de l’Étoile se sont multipliées.



Une tour plus proche est celle du Groupe Accor à la limite entre deux départements et deux villes : Paris et Issy-les-Moulineaux. C’était à l’origine une tour Bouygues. On peut la voir de plusieurs lieux dont la rue du Moulin de pierre.


Depuis la rue du Moulin de pierre
Enfin, de hautes grues Porte de Versailles soulignent la construction de la tour Triangle qui a déjà plusieurs étages. Son projet décidé sous la mandature de Bertrand Delanoé fut longtemps remis en cause mais la décision finale a créé un chantier spectaculaire. Les grues sont visibles de la rue Renan et de la rue Parmentier. 

La tour Accord












Texte et photographies : P. Maestracci






 





31 mai 2024

Place Paul-Vaillant-Couturier à Issy-les-Moulineaux

Cette place, bien que très fréquentée, est peu connue car son nom est souvent supplanté par celui de Corentin Celton. Elle fut créée en 1852 sous le nom de place Voltaire sur laquelle fut construite la première mairie isséenne connue et qui fut utilisée de 1857 à 1895. 
Dans les années trente, l’école de garçons sur la place fut reconstruite et la station de métro des Petits-Ménages apparut en 1934 lors du prolongement de la ligne 12 au-delà de la porte de Versailles. En 1937, la place prend son nom actuel de Paul-Vaillant-Couturier. Ce membre du Parti Communiste Français et rédacteur du journal L’Humanité vient de mourir ; la municipalité communiste de Victor Cresson décide alors de perpétuer sa mémoire.
En 1945, l’hospice des Petits-Ménages et la station de métro prennent le nom de Corentin Celton, résistant qui travaillait aux Petits-Ménages et fut fusillé en 1943 au Mont-Valérien. 


Place contemporaine.
Ci-dessus, la place est au carrefour du boulevard Gambetta (percé en 1880) à gauche et la rue Renan.
Au premier plan sur la place, l’arrêt du Tuvim est proche de la « colonne Morris » contemporaine devant un kiosque à journaux, le seul du quartier.
Tout à droite, le bar-brasserie Le Café Français déploie ses stores rayés au rez-de-chaussée de l’immeuble Belle Époque. C’est un lieu de rencontre incontournable du quartier. L’immeuble contemporain qui le jouxte a remplacé l’école Voltaire déplacée rue Maurice-Champeau. Au fond, le parvis Corentin-Celton se trouve devant les bâtiments de l’hôpital.

Au début du XXIe siècle, la place fut transformée avec la suppression de l’école et la petite rue pour en faire un espace piétonnier. L’hôpital Corentin-Celton a été complètement reconstruit avec deux ailes parallèles de part et d’autre du jardin et un passage sous le parvis Corentin Celton. L’entrée de l’hôpital est décalée vers le passage Sténon. La place et le parvis sont utilisés trois fois par semaine pour un marché en plein air, des manifestations comme des cérémonies militaires ou les structures d’un jour d’Éducap City par exemple.
 
Ci-contre, la place avec vue vers la rue Renan et le boulevard Voltaire (percé en 1867).
Au premier plan, la sortie de la station Corentin Celton de la ligne 12. Sur la droite, un arrêt de bus très fréquenté avec plusieurs lignes (126, 189, 394 et N62). L’immeuble à l’angle de la rue Renan et du boulevard Voltaire date aussi de la Belle Époque.
Texte et photographies : P. Maestracci 

21 mai 2024

L'atelier rouge isséen de Matisse à la Fondation Louis Vuitton

Depuis qu'elles ont quitté l'atelier de Matisse (ci-dessous) dans sa villa du 92 avenue Charles-de-Gaulle,  à Issy-les-Moulineaux, les œuvres contenues dans celui-ci, sont pour la première fois présentées à la Fondation Louis Vuitton.

La maison de Matisse, avenue Charles-de-Gaulle, à Issy. © PCB

L'atelier de Matisse peint par C.M. Burgun

Peintures, sculptures et objets y sont représentés dont le célèbre "Atelier rouge" célèbre chef-d'œuvre de 1911 (ci-dessous). 

L'Atelier rouge de Matisse

L’exposition « Matisse, L'Atelier rouge » est issue d’une exposition conçue par le Museum of Modern Art, New York, et le SMK– Statens Museum for Kunst, Copenhague.

L'exposition se tient à la Fondation Louis Vuitton (ci-dessous), 8 avenue du Mahatma-Gandhi, Paris 16e arrondissement, du 4 mai au 9 septembre 2024.     PCB

Une vue depuis l'intérieur de la Fondation Vuitton © PCB


13 mai 2024

Grands propriétaires et noms isséens

 Dès le Moyen Âge, on connaît le nom de riches propriétaires, nobles ou ecclésiastiques à Issy et aux Moulineaux.

Si certains noms subsistent, il faut reconnaître que c’est une minorité.
Commençons par les noms qui n’ont pas été retenus.
Le roi mérovingien Childebert 1er n’apparaît pas directement mais le nom de la rue Clotilde est celui de sa mère, épouse de Clovis. 

Bâtiment de l’entrée de la propriété des Conti. 
Actuelle Galerie d’histoire du 
Musée Français de la Carte à Jouer, 
rue Auguste-Gervais. 




Le nom des princes de Conti, branche cadette des Condé et des Bourbons est juste cité sur la plaque de la rue de la Glacière. C’était une grotte conservant la glace toute l’année pour les menus princiers. Elle dépendait de  la vaste propriété des Conti de 1699 à 1776, entre l’actuelle rue Auguste-Gervais et le parc Henri-Barbusse. Le financier Nicolas Beaujon possédait deux fiefs isséens (la Gentillesse et le Bois-Vert, nom d’un actuel chemin). Il fit construire une magnifique demeure (à l’emplacement de l’Hôtel de ville) avant de la vendre en 1784 pour acheter l’Hôtel d’Évreux (Palais de l’Élysée) et créer un hôpital à son nom à Paris, rue du faubourg-Saint-Honoré. Deux maréchaux d’Empire ont possédé des propriétés ; la Ferme aux Moulineaux appartint à Berthier, prince de Neuchâtel et de Wagram, et l’ancienne propriété de Beaujon à Mortier, duc de Trévise. La famille de Menou, comte d’Empire, acheta l’ancienne propriété de La Haye.


À l’inverse de ces noms oubliés, des rues et des bâtiments ont été choisis pour perpétuer le souvenir de grands propriétaires. La plus illustre des Isséennes, la Reine Margot a une rue à son nom depuis quelques années. Cette première épouse du roi Henri IV est venue à Issy en 1606 chez Jean de La Haye qui possédait le fief Vaudétard. Séduite par le terrain en face de la demeure de celui-ci, elle le lui acheta. Cette partie du fief correspond à l’actuel Séminaire Saint-Sulpice ainsi qu’au parc Saint Jean-Paul II. La rue Vaudétard se trouve à proximité. 


Cours de la Reine Margot. 

Les vantaux du porche (non visible) de l’église Saint-Étienne sur la gauche furent offerts par Louis XIV et sa mère, d’où les fleurs de lys gravées sur le bois. 

Au fond du cours, c’est l’entrée du Domaine de la Reine Margot, hôtel 5 étoiles et restaurant Marguerite 1606, références à la Reine et à l’année de sa venue à Issy.


Un peu plus loin sur les hauteurs, le cours de la Reine Margot (ancienne impasse Cloquet) fait ironiquement écho au Cours-la Reine créé en 1616 sur la rive droite de la Seine par Marie de Médicis, seconde épouse de Henri IV. 

Le nom de certaines familles existe encore dans les noms de la Villa Marguerite et de la rue Delahaye (famille qui a reçu la reine Margot).

Les noms de deux communautés ecclésiatiques sont mis en valeur. Childebert 1er donna à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés des terres du Quartier latin à Issy en 558, date de sa mort. L’île Saint-Germain en perpétue le souvenir. Les Chartreux, à qui le chanoine Jean de Meudon donna la Ferme au XIVe siècle, sont évoqués dans le nom d’écoles, d’un gymnase et d’une médiathèque entre le tram et le quai. La Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice hérita de l’ancien  domaine de la Reine en 1676 pour former de futurs prêtres, c’est l’actuel Séminaire Saint-Sulpice, rue du Général-Leclerc.

Texte et photographies : P. Maestracci

31 mars 2024

Issy – Les archéologues s’invitent sur le chantier Centre Ville – (suite et fin).

En mars 2018, les fouilles préventives initiées par l’INRAP se terminaient par la découverte de superstructures et d’un squelette (ci-dessous) donné comme étant celui d’un homme du Moyen Âge. (http://www.historim.fr/2018/03/issy-les-archeologues-sinvitent-sur-le_30.html)

Fouilles de mars 2018. 

Quatre ans après, le premier semestre 2022, le rapport des archéologues était rendu « public ». Il en ressort, premièrement, que le squelette n’est pas, comme il a été dit, un homme mais une femme. Celle ci, âgée d’une soixantaine d’années, date bien du Moyen Âge comme annoncé (XIIIe siècle), sans plus de précision.
Dans le précédent article, les structures découvertes avaient un début de réponse mais il fallait des études plus poussées pour en découvrir la finalité.
Pour faire simple, les fouilles seront divisées en trois catégories. 1. Moyen Âge, 2. XVIIe siècle, 3. XIXe et XXe siècles.
Les traces les plus anciennes remontent au haut Moyen Âge, période mérovingienne, pourquoi pas à Childebert (http://www.historim.fr/2018/02/conference-childebert-et-le-fief-dissy.html). Elles se t
rouvent le long de la voie principale (rue du Général-Leclerc).


Vestiges du logis principal du XVIIe siècle.

Pour le XVIIe siècle, les vestiges sont plus flagrants (ci-dessus). Il reste le mur est du logis principal ainsi que la base d’un escalier menant à la cave. Ils peuvent être attribués à la propriété de M. Nicolas Potier de Novion. Il a été trouvé quelques petits tessons de poterie ainsi qu’une pièce de monnaie à l’effigie de Louis XIV. Et, ce que l’on prenait pour un puits, n’est autre que la base d’un bassin d’agrément et sa conduite d’évacuation (ci-dessous). 


Base du bassin d'agrément.
Pour le XIXe siècle, un puisard comme l’on peut trouver dans les campagnes affleure le sol. Il résulterait d’un bâtiment attesté par le cadastre.
Pour le XXe siècle, une tranchée parallèle à la rue Victor-Hugo, a mis à jour les vestiges de la galerie de chauffe de la biscuiterie Guillout (ci-dessous). Quant aux occupations ultérieures, Peugeot, Le Raphia et le CNET, il ne reste plus aucune trace.


Vestiges de la galerie de chauffe de la biscuiterie Guillout © INRAP
                                                               
Petit clin d’œil à l’histoire, le Nidā, pôle culturel du Cœur de ville, se trouve à l’aplomb du lieu où a été exhumé le squelette.

 

Je tiens à remercier les archéologues pour leur bienveillance et particulièrement M. G. Drwila, responsable des fouilles, ainsi que M. Garcia, président de l’INRAP qui m’a fourni une synthèse des fouilles que vous pouvez retrouver ici https://journals.openedition.org/adlfi/111097.


Textes et photos Michel Julien

Pour mémoire, le 1er avril 2018, notre association Historim a rendu compte de l’avancement des travaux de fouilles du quartier Cœur de ville à venir. Ce sont les images de notre adhérent Michel Julien qui ont alerté notre maire André Santini de la découverte d’un squelette sur le chantier. Certaines personnes de la mairie nous ont contactés pour savoir s’il ne s’agissait pas d’un canular de 1er avril. L’information tardive provoqua au niveau de la municipalité quelques turbulences. Le présent article récapitule et met un terme à l’événement. A. Bétry

 


21 mars 2024

SITI, un bâtiment très discret et méconnu…

En 1958, est créé l’Atelier de Montrouge par un groupe de jeunes architectes. Celui-ci œuvre pour l'EDF de 1962 à 1977.

Au début des années soixante, EDF demande à l’Atelier de Montrouge de transformer l’ancienne centrale thermique d'Issy-les-Moulineaux par un bâtiment moderne. En 1963, après démolition, débute la construction d’une petite tour qui va abriter les ordinateurs de la première génération. Celle-ci sera nommée SITI (Service de Traitement de l'Information).


2007 vue sur la tour avant démolition.

Ce bâtiment qui va perdurer, accueillera la gestion des clients de l’Ile-de-France (5 à 6 millions d’usagers). En 1969, le travail s’amplifiant, des préfabriqués sont installés pour accueillir du personnel supplémentaire.
En 1972-73, pour compléter le site et en faire un ensemble administratif et technique, commence la construction d’une tour plus haute et adaptée aux nouvelles technologies. Elle abritera tout le personnel qui était réparti sur plusieurs sites (1 200 à 1 300 personnes). Celle-ci est opérationnelle en 76-77. Elle est ultramoderne. 
Des délégations étrangères venaient la visiter. IBM y avait installé un des plus gros ordinateurs d’Europe. C’est l’informatique qui démarrait. Prenaient place le service d’exploitation qui avait en charge les ordinateurs, le service de programmation, le fichier clientèle avec la facturation des clients ; c’était l'époque des cartes perforées. 

Vue plongeante sur les nouveaux immeuble d'affaires.
C’était la tour la plus haute du paysage urbain isséen. Bien située, vue chaque jour par des milliers d’automobilistes empruntant le périphérique. C’était une très bonne image de l’entreprise. Cette tour sera reliée au SITI par une passerelle.

Elle a même servi aux pompiers de Paris pour leur exercice de sauvetage en milieu périlleux (GRIMP) quand il était basé à Issy.

Vue aérienne montrant la proche situation du boulevard périphérique
© XDR.
Trente ans plus tard (1977-2007), EDF vend le terrain. La tour sera détruite mais le petit bâtiment, lui, sera réhabilité. Mais il a perdu de sa superbe car il se trouve complètement enchâssé par les immeubles Systra dont il dépend et qui le desservent.

Lors de la démolition, 95 % des matériaux seront recyclés. Aujourd'hui, EDF n'occupe plus les lieux.


Actuelle configuration de l'ancien site EDF, devenu très discret.
Il existe à la médiathèque centre-ville, un DVD (Un jour, mon bureau) qui retrace la genèse de la tour EDF et sa démolition.    Texte et photos Michel Julien

Mise au point. La centrale thermique d’Issy-les-Moulineaux fut construite en 1911 sur l’ancien champ de manœuvres (héliport) annexé par la ville de Paris. Le SITI, s’y trouve aussi à moins de 10 m de la limite communale. Quant à la tour, elle se trouvait bien sur la commune.

5 mars 2024

Constant Pape - Exposition à Issy-les-Moulineaux

Le Musée Français de la Carte à Jouer organise avec le Musée d’art et d’histoire de Meudon une exposition de l’artiste Constant Pape (1865-1920). Cet important paysagiste francilien, inspiré par l’École de Barbizon et les Impressionnistes, a consacré sa vie aux paysages des Hauts-de-Seine au tournant du siècle, livrant une image idéalisée de la banlieue entre sous-bois, paysages de carrières et fêtes champêtres. 

La Seine à Issy-les-Moulineaux 1907, Huile sur toile, 167,5 × 212 cm, Collections municipales d’Issy-les-Moulineaux, © Ville d’Issy-les-Moulineaux / François Doury

L’exposition a été rendue possible par une campagne de restauration d’envergure des œuvres de l’artiste conservées dans plusieurs musées et mairies d’Ile-de-France, menée par le Musée Français de la Carte à Jouer.

Vieille carrière, à Issy-les-Moulineaux 1905, Huile sur toile, 198 × 130 cm . Collections municipales d’Issy-les-Moulineaux © Ville d’Issy-les-Moulineaux / François Doury

Né à Meudon en 1865, Constant Pape côtoie dès son jeune âge les peintres de plein-air qui viennent poser leur chevalet dans les clairières et sous-bois de Meudon et Clamart. Son père tient en effet une auberge où convergent des paysagistes rattachés à l’École de Barbizon comme Louis Français, l’ami et protecteur des Impressionnistes, Antoine Guillemet, ou encore Paul Trouillebert. A leur contact, il développe un goût prononcé pour la peinture de paysage qu’il aiguise en suivant l’enseignement de Français puis de Guillemet. Un séjour à Auvers-sur-Oise l’amène à s’intéresser aux motifs chers aux Impressionnistes et à éclaircir sa palette, dans des compositions au larges ciels ou de petites pochades prises sur le vif où il étudie les effets de la lumière sur l’eau, gardant toutefois une fidélité au style classique hérité de ses maîtres, nourrissant une profonde admiration pour Corot. 

Les Brillants, Meudon 1913, Huile sur toile, 216 × 173 cm Collections municipales d’Issy-les-Moulineaux  
© Ville d’Issy-les-Moulineaux / François Doury

Ses vues de l’ouest francilien sont présentées chaque année au Salon des Artistes français de 1886 à 1914, puis en 1920 (et à titre posthume en 1921), et il obtient une médaille d’Or pour un grand paysage intitulé Les Brillants à Meudon (ci-dessus) en 1913, conservé à Issy-les-Moulineaux. Il complète ses revenus en exerçant comme restaurateur d’œuvres d’art tout en étant actif sur les grands chantiers de décor de mairies de banlieue (Villemomble, Noisy-le-Sec, Clamart, Fresnes, Vanves). Il effectue un séjour dans le Cotentin où il peint sur le motif (Saint-Vaast-la-Hougue et Barfleur) puis à l’île d’Yeu et au Luxembourg après avoir reçu un prix de peinture.


Un catalogue coédité avec les éditions Lienart (ci-contre), richement illustré, et une programmation culturelle dédiée (conférences, actions de médiation) accompagnent l’exposition qui se tient au Musée français de la carte à jouer jusqu'au 13 juillet 2024. 



Charlotte Guingois, conservatrice en chef du patrimoine, Musée français de la carte à jouer.

 

1 mars 2024

Première bibliothèque municipale d'Issy-les-Moulineaux

Les livres sont souvent mis à l'honneur sur notre site. Alors restons dans le monde de la lecture avec la découverte de la toute première bibliothèque municipale d'Issy.

Si la Médiathèque du Centre-Ville existe depuis trente ans, il existait bien avant une bibliothèque municipale. Celle-ci se trouvait au premier étage de la Mairie (qui date de 1895), au fond du couloir, et donnait sur la rue Kléber. Deux catalogues édités pendant la Seconde Guerre mondiale sous l'occupation allemande permettent de se replonger dans un passé plus ancien.

Le premier catalogue date du 1er juillet 1942 et compte 119 pages (ci-contre). Un certain nombre de renseignements pratiques sont sur la page de titre. La bibliothèque est toujours au premier étage de la Mairie (actuel Hôtel de Ville) et offre un « prêt gratuit à domicile ». La devise en latin Habeo semper alas domine l’écu. Sur celui-ci, un petit avion survole trois moulins à vent avec le soleil à l’horizon, comme on peut le voir.

La deuxième page explique la répartition en 15 domaines de la 
« Philosophie, Morale, Religion » aux « Publications périodiques ». Le premier livre est celui d’Alain (Émile Chartier) Histoire de mes pensées (cote 17082). Le dernier est un Journal de voyages de 1927 à 1939 en 24 volumes (cote 20333). Il est précisé par ailleurs qu’au-delà de la cote 20000, ce sont des grands formats.


Le second catalogue (à droite) est le premier supplément payant paru en janvier 1944. Il ne compte que 22 pages. Les armoiries ont été modifiées avec la devise placée au-dessous. 

Un extrait de règlement (ci-dessous) est imprimé sur la deuxième page comme la table des matières et les « ouvrages désuets ou en mauvais état retirés de la circulation »… 
On y découvre les jours et les horaires d'ouverture de la bibliothèque, la durée du prêt, le nombre de livres que l'on peut emprunter.


En page 3, anticipant les actuelles boîtes à don des livres, on demande aux lecteurs de donner les ouvrages dont ils veulent se séparer « plutôt que de les reléguer au grenier ou de les mettre au pilon ».

Les armoiries de la ville d'Issy.

Je remercie la généreuse Muriel qui m’a fait connaître ces catalogues, héritage familial précieux. 

Texte et photographies : P. Maestracci