12 août 2017

Issy-les-Moulineaux primé "Villes de Miel"

Septième escale
 7e Assises de la Biodiversité, Ajaccio, 5-7 juillet



Les abeilles sont en danger, menacées par les pesticides ! La production de miel chute tous les ans : 33 000 tonnes en France, en 1995 ; plus que 9 000 tonnes en 2016. Des chiffres terribles.

© XDR
Mais un certain nombre de villes et leurs "éco-maires" ont décidé de produire du miel dans leurs communes, comme à Issy-les-Moulineaux où des ruches ont été installées notamment dans l'île Saint-Germain. Pour récompenser ces commues, un concours national "Villes de miel" est organisé depuis 2016, dans le cadre des Assisses de la Biodiversité qui, cette année, se tenaient à Ajaccio.

Et soyons fiers ! Issy-les-Moulineaux est arrivé en deuxième position, juste après le village de Zévacco (Corse-du-Sud). Des dégustations à l'aveugle ont lieu. Puis le jury découvre les actions pédagogiques et écologiques menées par chaque commune. Et vote.

Vous pouvez acheter ce fameux miel isséen à l'Office du tourisme, 62 rue du Général Leclerc (entrée sur l'esplanade). Faites un détour, vous verrez qu'il mérite bien son deuxième prix. PCB

Les ruches de l'île Saint-Germain. © A.Bétry
Pour en savoir plus : 
http://www.historim.fr/2011/08/ile-st-germain-les-jardins-imprevus.html

5 août 2017

Ichikawa, Japon - ville jumelle

Sixième escale

Ichikawa, Japon

Parc d'Ichikawa. ©XDR
Le 22 octobre 2012, les maires d'Issy-les-Moulineaux et d'Ichikawa ont signé un accord de partenariat entre leurs deux communes dans l'objectif de développer échanges artistiques, culturels et services numériques.
Ichikawa se situe à une vingtaine de kilomètres de Tokyo. La ville a été créée en 1934 par la fusion de plusieurs bourgs. Aujourd'hui, elle compte plus de 450 000 habitants.
Elle est réputée pour son spectaculaire feu d'artifice, tiré sur les deux rives du fleuve Edogawa, tous les ans le premier samedi d'août. 14 000 fusées sont tirées, 450 000 spectateurs font le déplacement.

Qui dit Japon, dit jardin japonais… une coutume ancestrale qui a fait son apparition dans l'éco-quartier du fort d'Issy, grâce aux concepteurs Hirokazu Yuasa et Kinzo Hirakawa, venus d'Ichikawa. On y trouve les traditionnels graviers, eau, tonnelle, pierres et les lanternes. Un jardin qui appelle au repos et à la méditation… PCB

Jardin japonais Ichikawa, au Fort d'Issy. © PCB




29 juillet 2017

Une place Valérie André à Dugny (Seine-Saint-Denis)

Cinquième escale
Dugny (Seine-Saint-Denis)


Le vendredi 30 juin, la Générale Valérie André, Isséenne de 95 ans, tante du maire André Santini, assistait à Dugny, à deux pas de l'entreprise Airbus Helicopters, à  l'inauguration d'une place portant son nom !

Première femme pilote d'hélicoptère, première femme Général, diplômée de médecine, elle devient parachutiste pour pouvoir soigner les blessés en Indochine. Puis obtient son brevet de pilote d'hélicoptère et s'engage dans la guerre d'Algérie. 
3 200 heures de vol, décorée de la croix de guerre avec sept citations, Grand Croix de l'ordre de la Légion d'honneur, cette femme d'exception méritait bien d'avoir une place à son nom.

Quand vous passerez par Dugny, en Seine-Saint-Denis, souvenez-vous de ses paroles : "J'ai eu une vie plaisante. Si je devais recommencer, je le ferai de la même manière". PCB.

 La générale Valérie André, au centre, le maire de Dugny à gauche, André Veyssière, dévoilent la plaque de la place
qui porte son nom, tout près de l’entreprise Airbus Helicopters.© LP/R.C.

22 juillet 2017

Pozuelo de Alarcon - Espagne

Quatrième escale 
Notre ville jumelle espagnole de Pozuelo de Alarcon



Cette ville espagnole, située dans la grande banlieue de Madrid, est jumelée à Issy-les-Moulineaux depuis 1990.


© XDR
Fondée au XIIIe siècle, longtemps spécialisée dans l'artisanat de la tannerie et la tapisserie, la commune de Pozuelo doit son nom de Alarcon à un noble espagnol Don Gabriel de Ocana de Alarcon qui, un jour de chasse en compagnie du roi de France François 1er, aurait acheté le puits de Pozuelo, où les deux hommes se seraient désaltérés… mais rien n'est moins sûr !
Le blason municipal (ci-dessus), adopté le 5 décembre 1975, représente un château fort et une croix, surmontés de la couronne royale.

Aujourd'hui, la cité trouve sa notoriété dans le secteur de l’audiovisuel, notamment avec la Cité de l’Image (ci-dessous) qui abrite l’École Régionale du Cinéma et des Arts Visuels et le plus grand complexe cinématographique d’Europe (25 salles).

La Cité de l'Image © XDR
A noter également, l'implantation de l'École Saint-Louis des Français (ci-dessous) qui, de la maternelle à la terminale, accueille près de 800 élèves.

L'École Saint-Louis des Français © XDR
Alors, si vous passez par Madrid, cet été, faites une petite escale dans notre ville jumelle, si belle la nuit (ci-dessous) ! PCB.


© XDR

15 juillet 2017

Issy-Bruxelles… liaison par hélico !

Troisième escale

Issy-Bruxelles en hélicoptère



Pour aller à Bruxelles, le TGV s'impose. Eh bien, en 1957, on se rendait à l'héliport d'Issy-Paris et l'on partait en hélicoptère sur la compagnie SABENA. Retour dans ces années-là !
Tout le monde (ou presque) sait que le terrain d’aviation d’Issy-les-Moulineaux a été le berceau de l’aviation au début du XXe siècle et un site de grande production d’avions jusqu’à la Seconde guerre mondiale. Mais on sait moins que le terrain, peu à peu déclassé pour les avions, est revenu sur le devant de la scène dès les années 1950 avec les hélicoptères. L’histoire est riche et se poursuit aujourd’hui encore.
Mais arrêtons-nous sur l’un des épisodes, la liaison par hélicoptère entre Issy (ou Paris, si vous préférez) et Bruxelles, ouverte en 1957 par la compagnie belge SABENA, quarante-sept ans après le premier Issy-Bruxelles de Wynmalen et Legagneux le 16 octobre 1910.

Du service postal au transport régulier de passagers par hélicoptère

En fait, l’histoire débute en Belgique à la fin des années 1940, alors que la Poste belge développe avec la compagnie SABENA un service postal sur de courtes distances avec de petits hélicoptères américains Bell 47.

Affiche publicitaire.
En 1953, alors que ce service postal par hélicoptère s’avère concluant, s’agissant notamment de la régularité des vols, SABENA décide de développer un réseau pour les passagers. Les États-Unis le font depuis 1951 et les études montrent que l'hélicoptère est rentable sur des distances limitées mais pouvant aller jusqu’à 100 voire 200 km. Certes, l’hélicoptère est plus lent que l’avion mais, comme il vole moins haut, l’approche est plus rapide, sans longs roulages sur des taxiways, et le lieu d’embarquement est tout près du centre-ville.
En septembre 1953, le réseau Hélibus est donc lancé, d’abord en Belgique puis étendu à la Hollande, l’Allemagne et enfin la France (Lille) avec des Sikorsky S-55 pouvant transporter sept passagers sur 500 km. Le transport de passagers est combiné avec le service postal.

Issy - Bruxelles en 1h45
Le 3 mars 1957, deux évènements ont lieu sur l’héliport d’Issy : d’abord, c’est l’inauguration du nouvel héliport, désormais géré par Aéroports de Paris. Ensuite, SABENA ouvre la liaison Bruxelles - Issy (Paris), avec les nouveaux hélicoptères Sikorsky S-58. Ses huit appareils flambants neufs sont d’ailleurs tous présents à Issy ce jour-là (ci-dessous). 

Les Sikorsky S-58 à l'héliport d'Issy, 3 mars 1957.

 Le S-58 peut transporter douze passagers à 170 km/h dans une cabine plus silencieuse. Il n'y a pas d’hôtesse à bord mais les passagers disposent d’un téléphone dans chaque cabine pour entrer en contact avec le pilote.

Enveloppe 1er jour de la poste.

Carte postale, 1er jour de la poste.

 Les deux capitales sont reliées deux fois par jour en 1h 45 minutes de vol. Bien que le nouveau train Trans Europe Express soit mis en service cette même année 1957, l'hélicoptère reste compétitif en terme de durée du voyage (Bruxelles-Paris en 2h53 en TEE; 2h en avion et 1h50 en hélicoptère).

La cabine du S-58.

Mais l'hélicoptère est une machine complexe qui exige, à l’époque, des contrôles nombreux après chaque vol ainsi que le remplacement fréquent de certaines pièces. Par ailleurs, si la régularité des vols est excellente en été, elle chute en hiver, incitant les clients à préférer le train, plus confortable et moins bruyant. 

Pour ces raisons, l'exploitation des hélicoptères engendrant des pertes annuelles importantes, la SABENA arrête d’abord le service postal en 1959 en Belgique, puis certains vols internationaux de passagers en juin 1963, dont les liaisons avec Paris.

Mais l’héliport d’Issy (Paris, si vous préférez) vit toujours, bien sûr dans des conditions aujourd’hui adaptées à la présence de nombreux riverains dans les nouveaux quartiers du bord de Seine.
Jacques Primault

Pour en savoir pus:
Issy-les-Moulineaux, l’héliport, par Jean-Marie Potelle -site hélico-fascination
Sabena et les hélicoptères, par Luc Barry 2012 -site flyingzone.be
Poste par hélicoptère, par Roger Baurain - Amicale philatélique N° 596 / Juin 2014 - site amiphila.be

Hélicoptère de la SABENA à Issy.

8 juillet 2017

L'Arche de Noé en 'Arménie

Deuxième escale
L'Arche de Noé d'Etchmiadzine

L'Arménie, un pays si proche de notre commune. Ne sommes-nous pas jumelés avec la ville de Etchmiadzine, siège de l'Église apostolique arménienne, Patrimoine mondial de l'Unesco ! (voir : http://www.historim.fr/2012/12/etchmiadzine-larmenienne-patrimoine.html)

Alors évoquons cet étonnant projet arménien : la construction de la réplique de l'Arche de Noé, face au mont Ararat. Cette réplique aux dimensions exactes (132 m de long, 22 de large et 13,2 de hauteur) abritera 200 stands représentant 200 pays. Seront construits également un musée, une salle de spectacle, une de cinéma, une bibliothèque et des salles de conférence (ci-dessous).

Le projet arménien, face au mont Ararat.
Retour sur cet épisode biblique (Genèse 6.9).
"Et Dieu dit à Noé : La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d’eux ; et voici, je vais les détruire avec la terre.
Fais-toi une arche de bois de gopher. Tu feras l’arche avec des loges, et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors.
Et c’est ainsi que tu la feras : la longueur de l’arche sera de trois cents coudées, sa largeur de cinquante coudées, et sa hauteur de trente coudées.
Tu feras un jour à l’arche, et tu l’achèveras en lui donnant une coudée d’en haut ; et tu placeras la porte de l’arche sur son côté ; tu y feras un étage inférieur, un second, et un troisième.
Et moi, voici, je fais venir le déluge d’eaux sur la terre, pour détruire de dessous les cieux toute chair en laquelle il y a esprit de vie ; tout ce qui est sur la terre expirera.
Et j’établis mon alliance avec toi, et tu entreras dans l’arche, toi, et tes fils et ta femme et les femmes de tes fils avec toi.
Et de tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l’arche deux de chaque espèce, pour les conserver en vie avec toi ; ce seront le mâle et la femelle.
Des oiseaux selon leur espèce, et du bétail selon son espèce, de tout reptile du sol selon son espèce, deux de chaque espèce entreront vers toi, pour les conserver en vie.
 Et toi, prends de tout aliment qui se mange, et tu en feras provision près de toi ; et cela vous sera pour nourriture, à toi et à eux.
Et Noé le fit ; selon tout ce que Dieu lui avait commandé, ainsi il fit."
Un peu plus loin (Genèse 8.4) le texte révèle que l'Arche "se posa sur les montagnes de l'Ararat, aujourd'hui en territoire turc.

Cette histoire a inspiré de nombreux peintres, tel Marc Chagall (1887-1985) dont cette toile qui se trouve exposée au Musée national Mac Chagall, à Nice.

L'Arche de Noé, Marc Chagall (1961-66).

Les recherches archéologiques
De nombreuses expéditions archéologiques ont été organisées depuis le 1er siècle par. J.-C.… et continuent aujourd'hui encore, afin de retrouver sur le mont Ararat des traces de cette Arche. La CIA américaine vient de déclassifier des documents, comprenant notamment des photos aériennes, pour faire le jour sur cette "Anomalie du mont Ararat", observée en 1949, puis en 1989 (photo ci-dessous)… une "anomalie" qui pourrait se révéler être des vestiges de l'Arche ! Sans aucune certitude.


Photo de 1989, indiquant la position de l'"Anomalie".
Document déclassifié de la CIA.
En 2010 des archéologues turcs et chinois auraient retrouvé vers 4000 mètres d'altitude  des restes en bois de la structure de l'Arche dont la datation au carbone quatorze remonterait à 4 800 ans, époque présumée où l'arche aurait navigué. Mais toujours aucune certitude.
En revanche, la crypte de la cathédrale Sainte-Etchmiadzin, à Etchmiadzine, possède trois reliques dont un morceau du bois de l'Arche !

Pour les membres de la Fondation pour l'Arche, il n'y a aucun doute sur l'endroit où se serait échouée l'Arche de Noé. Donc ce projet, ils le mèneront jusqu'au bout, car "l'Arche doit rappeler que le berceau de l'humanité est en Arménie". Affaire à suivre. PCB

1 juillet 2017

Le Bouddha du parc Rodin d'Issy-les-Moulineaux

A ceux qui, cet été, restent à Issy-les-Moulineaux, Historim va tenter de vous faire voyager, de vous évader, de vous entraîner dans un vagabondage divertissant et enrichissant. Tous les samedis, 18 h, retrouvez-nous sur www.historim.fr

Première escale
Le Bouddha du parc Rodin

Samedi 1er juillet 2017. Il y a une petite foule dans le parc Rodin pour l'inauguration de ce Bouddha assis qui trône en haut des escaliers mécaniques… C'est sous une pluie battante que les maires d'Issy et de Leshan (ci-dessous) ont inauguré ce Bouddha assis, qui regarde la tour Eiffel. Il mesure 2 mètres de haut quand même !

Les maires d'Issy-les-Moulineaux et de Leshan devant le Bouddha du parc Rodin. ©A. Bétry
Il s'agit d'un cadeau de Leshan (province du Sichuan), notre ville chinoise jumelle. Leur Grand Bouddha assis (ci-dessous) , lui, mesure 71 mètres de hauteur. Il a été taillé dans le roc, à l'époque de la dynastie Tang (618-907). Les travaux ont duré quatre vingt-dix ans. Il est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Le Bouddha assis de Leshan. © XDR
Puis les spectateurs du parc Rodin assistent à la traditionnelle danse du lion, interprétée par deux danseurs acrobatiques, suggérant toute la férocité et l’agilité du puissant lion. Le lion arbore une combinaison de rouge, orange et jaune (les couleurs royales). 

La danse du lion devant messieurs les maires. © A. Bétry

Photo souvenir. © A. Bétry
La délégation chinoise n'est pas venue les mains vides : dix dessins racontant l'histoire extraordinaire de ce Grand Bouddha de Leshan (ci-dessous).
Pas de doute, cette première escale méritait bien le déplacement… PCB.

Dessin. ©XDR
Pour en savoir plus sur Leshan : http://www.historim.fr/2014/03/leshan-issy-un-partenariat-qui.html




26 juin 2017

Visite entre Seine et Héliport

Ce samedi 24 juin 2017, notre fidèle Historimienne Pascale nous avait donné rendez-vous pour une visite privée entre la place La Fayette et la place Maréchal de Rochambeau.


"Issy, c'est ici" ; "Ici, c'est Issy"… Panneaux lumineux sous le pont du RER.
Ce quartier a connu une métamorphose spectaculaire pas encore achevée. La promenade permet de comprendre la transformation radicale de cette zone industrielle polluante aux XIXe et XXe siècles en quartier de bureaux et d’immeubles depuis les années 1980. Les transports eux-mêmes ont évolué depuis la première ligne ferroviaire électrifiée en 1900. Ironie de l’Histoire : le ballet d’hélicoptères au-dessus de nos têtes est incessant en raison du Salon aéronautique du Bourget ! L’Héliport de Paris se trouve d’ailleurs sur un ancien terrain isséen récupéré par l’Armée selon une loi de 1890.

Carrefour des rues Desmoulins et Rouget de Lisle. L'hôtel,
de couleur cuivre, est encadré par des immeubles résidentiels.
À droite, la place La Fayette.
Le nom des rues et des places relève très largement de deux registres. Les références les plus nombreuses sont celles concernant l’aviation qu’il s’agisse des aviateurs ou des constructeurs, certains étant les deux ! Le second thème oppose la guerre à la paix. Premier exemple : La Fayette se bat au côté des Insurgents américains tandis que le maréchal de Rochambeau commande l’armée royale et conseille Washington. Pour le XXe siècle, Gallieni et Roosevelt symbolisent les deux Guerres mondiales.

La visite qui commence place La Fayette permet d’appréhender les transformations radicales de la ZAC du Pont d’Issy. Sur le quai, il y avait de nombreuses usines comme la Fabrique de Produits de Chimie Organique De Laire ou celle de l’Eau de Javelle [sic] en 1886 dirigée par M. Foucher Lepelletier. De nos jours, elles sont remplacées par l’usine végétalisée Isséane ou le bâtiment EOS à la limite de la capitale. 

Rue Rouget de Lisle. A gauche, derrière l'immeuble, se profilent
les bâtiments de la Blanchisserie de Grenelle. Carte postale ancienne.
Rue Rouget de Lisle, les usines Mazda et la Blanchisserie de Grenelle ont disparu au profit d’immeubles et de bureaux comme l’ensemble Amiral abritant des sociétés de services et de médias telles RFI, Eurosport etc. Deux squares retirés évoquent la mémoire de Blériot et de Santos-Dumont. Non loin, les Arcades (Atelier de Recherche, de Création artistique et d’Enseignement Supérieur ) sont boulevard Gallieni.

La rue Desmoulins est bordée par des bureaux d’entreprises connues, ne serait-ce que Safran ou le siège français de Cisco dont le logo sinusoïdal évoque le courant électrique monophasé.

Rue Desmoulins  et ses bureaux. Au loin, la tour Sequana
et le logo d'Accor Hotels, depuis 2016.

L’École Française du Barreau dessinée par Jean-Michel Wilmotte est inaugurée en 2013. Son adresse est judicieusement rue Berryer, du nom d’un avocat réputé du XIXème siècle.

Tout près, un autre architecte renommé, Christian de Portzamparc, est l’auteur du splendide immeuble vitré Galeo à l’angle du boulevard Gallieni et la rue Bara. Deux autres ensembles se trouvent à la limite de Paris : EOS qui abrite le siège européen de Microsoft entre le quai du Président Roosevelt et la place du Maréchal de Rochambeau et la tour Sequana rue Farman.
La visite qui a duré deux heures environ s’achève dans cette zone isséenne la plus septentrionale.

Un grand merci aux Historimiens présents qui ont déambulé vaillamment dans ce quartier qui mérite d’être découvert. Merci à ceux qui ont complété le commentaire de leur savoir et de leurs souvenirs : Odile et Odile, Monique, Anne-Marie, Didier et Michel pour n’en citer que quelques uns. P. Maestracci (texte et photographies)

24 juin 2017

1342 - Vaugirard fait sécession

Il y a 675 ans, Issy perdit une grande partie de son territoire, ce qui correspond à l’actuel 15e arrondissement de Paris.

La plaine de Vaugirard, traversée par une antique voie romaine comme Issy, s’est d’abord appelée
Valboistron ou Vauboitron du latin vallis bostroniae, soit la « vallée aux étables ». Les terres depuis l'an 558 relèvent du fief d’Issy, lui-même sous domination de l’abbaye de Saint-Germain des Prés, qui fut aussi la nécropole mérovingienne.

En 1256, l’abbé Gérard ou Girard de Moret (mort en 1278) fait construire une maison de convalescence pour ses moines. Elle se trouvait entre les rues de Vaugirard, Dombasle et Olivier de Serres. Ce fut le siège de la seigneurie ecclésiastique de Vaugirard ou Val de Girard/Gérard en hommage à l’abbé du XIIIe siècle. En 1336, Jean de Précy fait entourer le clos de Vaugirard d’un haut mur d’enceinte et y incorpore un moulin.

En 1341, un seigneur laïque, le parlementaire Simon de Bucy mort en 1356, avait offert aux villageois une église dédiée à Saint-Lambert. Le village comptait environ 300 âmes. Auparavant, les paroissiens devaient parcourir un peu plus de deux kilomètres pour aller à l’église Saint-Étienne sur la hauteur d’Issy en empruntant les rues de Vaugirad et Renan, avant de grimper le long de la rue Minard. En 1342, la paroisse de Vaugirard ne dépend plus d’Issy.

Carte postale ancienne.

Alain Chartier, (1385-1435), dont une rue du quartier porte le nom, est un poète pas très connu (poème ci-dessous). Descendant de Simon de Bucy, il  fut le secrétaire du roi Charles VII. 

Riche d'espoir et povre d'autre bien

Riche d'espoir et povre d'autre bien, 
Comblé de dueil et vuidé de liesse, 
Je vous supply, ma loyalle maistresse, 
Ne me tollez ce que je tiens pour mien.

Si je le pers, je n'auray jamais bien :
C'est l'espargne de toute ma richesse, 
Riche d'espoir et povre d'autre bien.

Souffrir pour vous, hélas, je le vueil bien 
Je n'ay rien mieulx que le mal qui me blesse ; 
J'ayme trop mieulx l'endurer qu'il me laisse, 
Mais que Pitié me retiengne pour sien, 
Riche d'espoir et povre d'autre bien.


Il est à noter que la plaine de Grenelle qui dépendait de Vaugirard n’était pas encore habitée ; il y avait des champs et des pâtures pour les bovins. Le cahier de doléances d’Issy en 1789 y fait d’ailleurs référence pour s’en plaindre.
La maison de convalescence de Vaugirard fut démolie en 1704 et l’actuelle rue de la Convention passe à son emplacement.
Il faut compléter cette histoire de perte de territoire isséen au profit du 15e arrondissement avec celle du Champ de manœuvre en 1925 ! C’est l’actuel Héliport de Paris. P. Maestracci

Carte postale ancienne.

18 juin 2017

La Picardie, combats et mémoire


Grâce à la volonté de résistants et déportés de la Deuxième Guerre mondiale, un musée a été créé en 1986 sur la communauté de communes de Chauny-Tergnier, dans le département de l’Aisne. Un endroit qui mérite un détour certain par la richesse des pièces et documents présentés au public. Sous vitrines ou même en extérieur sous abri, par la diversité des collections, la surprise fut de taille.
Musée de Chauny-Tergnier. © A. Bétry
C’est le thème du voyage choisi par Michel Rossignol et Roger Fleury, tous deux acteurs de la vie associative d'Issy-les-Moulineaux. Proposé à divers membres, un autocar fut mis à leur disposition par la commune le 15 juin dernier.

Un autre moment a été proposé par un long arrêt au pied d’un monument du talentueux sculpteur Paul Landowski. Mort à Boulogne–Billancourt le 31 mars 1961 à 85 ans, il est l’auteur d’un grand nombre d’œuvres dont les plus connues, sont le Christ rédempteur de Rio au Brésil, le tombeau du Maréchal Foch aux Invalides, et bien d’autres.

Genève, le Monument de la Réformation de Paul Landowski. © A. Bétry
Celui qui nous concerne, les Fantômes se situant en Picardie sur la Butte de Chalmont, à la mémoire des disparus de la Première Guerre mondiale et de la deuxième victoire de la Marne de 1918, est particulièrement impressionnant. A. Bétry

Les Isséens à la Butte de Chalmont, le 15 juin 2017. ©A. Bétry




13 juin 2017

Suzanne, une petite Isséenne des années 1950

La « rue » de Suzanne correspond en réalité au tout début du boulevard Rodin compris entre la place Kennedy ( ex-place de la Source ) et son intersection avec la rue de la Défense. Ses souvenirs évoquent une vie de « village » dont elle a gardé des souvenirs aussi précis qu’émouvants.

Le père Haïg, la mère Zepur,
 les frèresBernard et André.
Origines familiales

Les parents de Suzanne des deux côtés sont arméniens. La famille paternelle vient de la province de Sebastia [Sivas en Turquie] . C’est une dynastie de commerçants. Le grand-père a été décapité par les Turcs et la famille fuit et se réfugie en France. Haïg, le père de Suzanne, est bottier et travaille d’abord dans une boutique rue Blomet dans le 15e arrondissement à Paris. Il occupe un petit appartement au-dessus de la boutique « avec son épouse, ses deux fils et sa belle-mère ». Mais pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier de guerre et torturé. En raison de graves problèmes cardiaques au stalag IV B en Allemagne, il est rapatrié mais sa santé est définitivement ruinée. Il s’installe en 1948 avec sa famille au 6 bis boulevard Rodin.

La famille maternelle de la petite Suzanne est aussi arménienne mais de la province de Bardizag. C’est une famille d’intellectuels. Le grand-père était l’instituteur du village mais aussi le secrétaire du gouverneur turc. C’est lui qui reçut le télégramme en 1915 ordonnant la déportation des Arméniens. Avant d’informer le gouverneur analphabète, il prévint ceux qui pouvaient s’enfuir tandis que lui-même et les siens furent déplacés à Konya, au sud d’Ankara.
Zepur, la mère de Suzanne arriva ainsi en France à l’âge de quatre ans avec ses parents et ses sœurs pour rejoindre le frère aîné qui était venu grâce à un contrat de travail. Elle fut la seule de sa fratrie à être vraiment scolarisée à l’école Jules Ferry et entra ensuite dans un centre d’apprentissage pour y apprendre la couture.


Vie isséenne

Les parents de Suzanne se rencontrent à l’association de la Croix-Bleue et se marient.

L'ancienne maison familiale du 6bis Bld Rodin. Elle a été transformée
avec l'ajout d'un étage mansardé et la transformation de la boutique
du rez-de-chaussée en appartement.
La famille s’installe dans la maison du 6 bis boulevard Rodin (ci-dessus) où un café occupait le rez-de-chaussée. Haïg « transforme le café en cordonnerie où il travaille jusqu’au début des années cinquante puis cesse ses activités professionnelles ». Zepur, sa femme, est couturière à domicile. Elle fait ses patrons en toile dans de vieux draps ; ses clientes aisées se font faire des vêtements inspirés de la haute couture. Ensuite lorsque la santé de son mari se détériore, elle travaille toujours à domicile mais pour un atelier du Sentier à Paris. Suzanne se remémore les nombreux chemisiers en nylon à fleurs payés à l’unité. 

Suzanne, son oncle et sa tante, dans leur maison,
 27 Bld GaribaldI. Elle venait y regarder la télévision.
Le père de Suzanne cuisinait le lundi pour la famille y compris « la tata et le tonton cordonnier » (ci-dessus) qui ne travaillait pas ce jour-là. Ses recettes fétiches sont au nombre de deux. La bomba (ichli keufté), boule de boulgour mouillée creusée pour y déposer une farce de viande (bœuf ou mouton haché ) et d’oignons. La boule était ébouillantée. Le beureg est un chausson de pâte à pain acheté chez le boulanger, fourré à la viande avant d’être frit.


Le « village » du boulevard Rodin

Le boulevard Rodin dans les années 1950 était pavé et bordé de platanes. De nombreuses familles qui y habitaient avaient une vie de « village » dans cette « rue » ! L’entraide était normale : les voisins profitaient d’un plat quand la famille en avait trop préparé, le boulanger mettait son four à disposition le dimanche pour le poulet rôti familial. 

Certains dimanches d’été, l’épicier Baptiste emmenait les familles dans son camion à Gif-sur-Yvette (Essonne) pour un pique-nique en plein air (photo ci-contre). Les personnes âgées s’installaient dans la rue et grignotaient des pépins de courge ou de tournesol tout en se racontant des histoires. Certaines grands-mères ne parlaient que le turc car parler arménien leur avait été interdit autrefois par les autorités ottomanes. La source qui donnait son nom à la place se situait au débouché de la rue Tariel. Les habitants du quartier venaient y faire rafraîchir les pastèques et les bouteilles de vin s’ils n’avaient pas de glacière. De nos jours, la source est canalisée sous des immeubles résidentiels. 

De part et d’autre du boulevard, des boutiques permettaient un ravitaillement quotidien. À l’angle du boulevard et de la place de la Source (J. F. Kennedy de nos jours), une épicerie faisait également office de bistrot et vendait des romans-photos achetés par les filles du coin. Dans le prolongement de ce trottoir aux numéros pairs, on trouvait un tailleur arménien, des maisons dont celle de Suzanne avec un jardin derrière, une épicerie arménienne, un garagiste une boucherie, un café puis un marchand de couleurs avant l’intersection de l’allée des Carrières. Le boucher, M. Malépart offrait une tranche de saucisson à l’ail à chaque enfant venant faire des achats. 

La petite Suzanne dans "le bois", remplacé aujourd'hui
par l'École Anatole France.
En face, où se trouve de nos jours l’école Anatole France, il y avait un terrain boisé surnommé « la colline » ou « le bois » (ci-dessus), une sorte de « terrain de jeu privé » où les mères et les tantes y faisaient les finitions de leurs ouvrages de couture tout en surveillant les enfants. Les garçons jouaient au ballon sur la plate-forme supérieure de cet espace laissé à l’état sauvage. Il y avait un accès discret à travers la grille pour accéder au parc Henri Barbusse.

Au-delà de cet espace en friche, du côté des numéros impairs, on trouvait un charbonnier puis une boulangerie, une mercerie où les enfants achetaient des tabliers lors de la Fête des mères. Les maisons étaient « suspendues »en raison de la déclivité du lieu (photo ci-dessous). La boucherie arménienne Manissian se situait à l’angle du boulevard et de la rue de la Défense.

Aux n°25 et 27, les maisons sont suspendues : les garages à l'étage inférieur,
les habitations au niveau supérieur, lui-même en contrebas de la rue de la Défense.

À l'école

Les filles allaient à l’école primaire Anatole France rue Tariel. L’école a été déplacée à l’emplacement de « la colline ». Les filles allaient ensuite au collège Voltaire (immeuble Savary actuel, 4 rue du Général Leclerc).

Suzanne raconte une attaque que « les filles allaient voir ». En effet, les bus à plate-forme arrière de la ligne 190 furent déviés par la rue de la Défense lorsque la partie supérieure du boulevard Rodin fut goudronnée. Des garçons munis de sarbacanes lançaient des fléchettes à l’arrière des bus pour « attaquer comme si c’était une diligence ».
Un personnage pittoresque était surnommé « la sorcière » par les enfants. C’était une dame âgée au nez crochu, aux joues creuses. Elle portait un foulard et plusieurs jupes les unes sur les autres. C’était la vendeuse de cacahouètes ou de graines de courge qu’elle faisait sécher au soleil sur une couverture sur le trottoir ».

La fête de l’Été était célébrée au parc Barbusse avec une fête foraine. On aménageait une salle de spectacle en plein air où Claude Nougaro se produisit à ses débuts.


Le cinéma

Haïg aimait aller avec sa femme et sa fille au cinéma, soit au Casino, 3 avenue Cresson, soit à l’Alambra, 4 avenue Jean Jaurès. Deux films par semaine étaient programmés dans chaque salle. Suzanne y allait le jeudi car le billet ne coûtait qu’1 franc ; en effet, la séance était réservée aux jeunes (enfants et adolescents). Quelques parents les accompagnaient dont le père de Suzanne.

Les garçons se plaçaient d’un côté de la salle et les filles de l’autre. Les jours suivants, Suzanne racontait avec force détails le film, péplum ou western, à ses deux amies Alice et Rosette. Le trio, bras dessus, bras dessous se promenait « en montant et en descendant la rue ».


Angle du Bld Rodin et de la rue de la Défense. A gauche du restaurant-traiteur,
se trouvait la boucherie Manissian, dans les années 1950

Je tiens à remercier très chaleureusement Suzanne qui a raconté avec sa verve habituelle ses souvenirs d’enfance ainsi que Monique, à l’initiative de ce précieux témoignage. Un grand merci à Bernard, frère aîné de Suzanne pour nous avoir confié les photos familiales.
Merci aussi à Sophie, rencontrée par hasard boulevard Rodin, et qui a confirmé que l’esprit de village perdure en 2017 ! T
exte et photos P. Maestracci ; et photographies familiales. 


7 juin 2017

Normandie-Niémen à Issy-les-Moulineaux

2017 marque le 75e anniversaire de la création du GC III (groupe de chasse Normandie), devenu Normandie-Niémen. En effet, il fut créé en 1942, à Londres par le général de Gaulle, pour venir en aide aux Soviétiques. Le 12 février 2017 le dernier pilote survivant du célèbre groupe de chasse  : Gaël Taburet, né à Messac en Ile-et-Vilaine, est décédé.


Insigne du régiment, 1944.
La flèche blanche indique
que le régiment appartenait
à la 303e division aérienne
de l'Armée rouge.
Rappel des faits
Le 17 juin 1940, un accord d’armistice est proposé à l’ocupant par le maréchal Pétain. Le lendemain le 18 juin, depuis Londres, le général de Gaulle lance l’Appel qui demeura historique. Tout Français, renonçant au pacte avec les nazis est invité à rejoindre Londres pour créer ce qui deviendra la Résistance.
L’histoire du Groupe Normandie Niemen démarre dès 1941 à Londres où les FAFL (Forces aériennes françaises libres) proposent à la Russie leur aide pour combattre l’ennemi sur le front de l’Est.
Des volontaires, pilotes et mécaniciens, rejoignent Rayak au Liban en 1942. Le transfert s’effectue par la route et avec le soutien de la Russie par avion. En janvier 1943 le premier avion Yak-1 est confié aux pilotes du GC 3 à Ivanovo. Les missions se succèdent. Le 17 juillet, une grande figure du GC 3, le commandant Tuslane est porté disparu en combat aérien. Après 50 victoires homologuées, le groupe est fait Compagnon de la Libération. Devenu régiment « Normandie » le 7 février 1944, un record de 29 avions abattus dans la même journée, est établi le 16 octobre. Le général de Gaulle décore le fanion et les pilotes à l’ambassade de France à Moscou le 9 décembre.

Célébrée le 9 mai en Prusse-Orientale, 1945 marque la victoire. Le 1er juin, le maréchal Staline offre à la France les 40 Yak-3 du régiment. Après des escales à Elbing, Prague, Stuttgart et Saint-Dizier, le 20 juin 1945, le régiment avec 273 victoires homologuées se pose au Bourget (ci-dessous).


Ce régiment est le plus titré de France. Ses 96 pilotes volontaires, dont 42 ne sont pas rentrés, ont inscrit une page glorieuse de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Deux d’entre-eux sont enterrés au cimetière d’Issy-les-Moulineaux : Yves Mahé et Albert Mirlesse.


Yves Mahé
Refusant les accords d’armistice avec l’envahisseur, le jeune Yves Mahé (ci-dessous) décide de rejoindre les FFL du général de Gaulle à Londres où il retrouve son frère aîné, lui aussi dans l’aviation. En tant qu'aspirant, Yves Mahé, rejoint Rayack au Liban le 15 août 1942. Il est parmi les 14 premiers engagés au "Normandie".


La Russie accueille ses alliés le 29 novembre et rapidement débutent les missions de chasse contre les Nazis. Contraint de se poser le 7 mai 1943 en zone ennemie, il est fait prisonnier, s’échappe le 28 mai mais repris le 10 juin, et malgré quatre autres tentatives il est interné en Pologne dans un immense camp où sont parqués de nombreux condamnés à mort. Il réussit cependant à survivre clandestinement jusqu’au 25 avril 1945, date de la libération par les Soviétiques.
Sur les quatre frères Mahé, l’un est mort en déportation, les trois autres retrouvent leur mère veuve depuis 1937 et leur passion pour l’aviation dans laquelle ils s’engagent à vie, les conduira à leur perte. Sur un vol d’entraînement,  Yves s’écrase le 29 mars 1962 dans les Ardennes.
Le lieutenant-colonel Yves Mahé est titulaire d’un nombre impressionnant de décorations françaises et étrangères. Il est Compagnon de la Libération.

Albert Mirlesse
Albert Mirlesse est natif de Suresnes. En 1936, il est conseiller des services techniques de l’Aérotechnique au CNRS. En juin 1940, il rejoint les Forces Aériennes de la France Libre en Angleterre. Il devient la cheville ouvrière de toutes les négociations et à la formation du GC 3 Normandie (Groupe de Chasse n°3).

Albert Mirlesse, (2e en partant de la gauche) et le général Zakharov
(1er en partant de la gauche), à Khationki (URSS), juillet 1943.
De 1942 à 1944, Albert Mirlesse est adjoint au chef de la Mission militaire française à Moscou.
Après l’armistice de 1945, le lieutenant-colonel Albert Mirlesse occupe de nombreuses responsabilités auprès d’organismes internationaux comme l’ONU, l’UNESCO, et bien d’autres. Il décède à Genève en 1999. 
A.B



1 juin 2017

Rue Michelet, Issy - Lycée Michelet, Vanves

Cette rue Michelet longue de 200 mètres environ, située dans le Quartier Centre-Ville/Corentin Celton/Les Varennes, relie par une légère montée la rue Renan à Vanves. 


Monument funéraire de
Jules Michelet, Père-La Chaise, Paris.

Elle rend hommage au grand historien du XIXe siècle, Jules Michelet (1798-1874), enterré au cimetière du Père-Lachaise, dans un monument funéraire offert par une souscription nationale (photo ci-contre). La rue Michelet est prolongée à Vanves par la rue Jullien, du nom du premier proviseur de 1864 à 1870.



Portail désaffecté du lycée Michelet.
Quelque temps plus tard, le lycée dont le domaine jouxte en partie cette rue, nommé Lycée du Prince impérial, créé par la volonté de Napoléon III, puis Lycée de Vanves en 1870 à la chute du Second Empire, prend le nom de lycée Michelet avec l'accord de la veuve de Jules, en 1888. En effet, Jules Michelet fut un des grands opposants au régime instauré par Napoléon III. Ce portail (photo ci-contre) est l’ancienne entrée par laquelle les familles venaient, au XIXe siècle et début du XXe siècle, en calèche puis en voiture visiter leurs jeunes fils qui étaient internes. 

Cette rue sur le côté gauche (numéros impairs) en montant, est longée par les bâtiments de l’ancienne Manufacture des Tabacs fondée en 1904 et, depuis 1984, reconvertie en immeubles résidentiels. Les trois bâtiments sur la gauche sont ceux de l’ancienne Manufacture des Tabacs. Tout au fond, on distingue l’ancienne entrée officielle du lycée Michelet et l’amorce de la rue Jullien (photo ci-dessous).

Vue de la rue Michelet, en contre-plongée.
Quelques bâtiments caractéristiques s’échelonnent du côté des numéros pairs. 
Tout d’abord à l’angle des rues Renan et Michelet un immeuble construit par Émile Delaire en 1903. Cet immeuble est de style post-haussmannien. Les balcons filants des deuxième et cinquième étages sont soutenus par de nombreuses consoles. Les garde-corps sont élégants tout comme les sculptures sur les deux façades et l’angle (photo ci-dessous).

Angle des rues Renan et Michelet
Carte postale ancienne.

Un peu plus loin, le pavillon au numéro 4 est celui de l’ancienne crèche de la Manufacture des Tabacs qui en arbore le monogramme MT sur la façade. 

Au  numéro 10, un immeuble résidentiel de style composite, avec deux avant-corps encadrant la partie centrale en retrait, offre un décor polychrome superbement restauré (photo ci-dessous). Son style est composite : l’encadrement des portes et fenêtres est en pierre. Les murs sont en briques polychromes dont le décor est de plus en plus diversifié aux deux premiers étages. En revanche, le troisième en briques rouges semble constituer une simple surélévation. P. Maestracci (texte et photographies).


Immeuble du début de siècle, au n°10.