31 janvier 2018

Réponse - une étrange proue de navire


Immeuble Quartz, en cours de finition, vue
de la rue d'Oradour-sur-Glane
Il s'agit de la partie supérieure d’un imposant immeuble de bureaux (ci-dessus) à la jonction des rues du colonel Avia (Paris 15e) et Guynemer. La hauteur totale est de 72,32 mètres. Compte tenu de la surface triangulaire du terrain, la façade étroite donnant sur Paris évoque le proue majestueuse d’un géant des mers !

Avant la démolition. © P. Maestracci
Il s’agit en réalité de deux immeubles l’un derrière l’autre. Le plus proche de Paris et de la rue d’Oradour-sur-Glane remplace une maison et un restaurant démolis en 2015 (ci-dessus). L’autre, dans son prolongement, se situe à l’emplacement d’un ancien immeuble dont la façade était recouverte de granit gris et de verre (ci-dessous).

Chantier de démolition. © P. Maestracci
Le permis de construire délivré en juillet 2015, juste un mois après le permis de démolir, consacre un projet du célèbre architecte Christian de Portzamparc
Les deux immeubles respectivement appelés Quartz et Opale sont des bâtiments respectueux de l’environnement. Ils offriront 24 594 mètres carrés de bureaux. Le siège social de l’entreprise Colas y sera installé. P. Maestracci.

26 janvier 2018

Jeu - une étrange proue de navire

La météo annonce un arrêt des pluies pour les jours qui viennent… alors profitez-en pour sortir de chez vous et partir à la recherche de cette étrange proue de navire !


© P. Maestracci

23 janvier 2018

Engagement associatif : Historim médaillé

Ce samedi 20 janvier 2018 fut une matinée peu ordinaire pour Historim. Sa présidente recevait dans le salon Élysée de l'Hôtel de ville d'Issy-les-Moulineaux, en présence de M. le Maire, la Médaille de bronze de la Jeunesse, des Sports et de l'Engagement associatif. 
Mais quelle est cette médaille qui, vous l'aurez compris, récompense l'ensemble des membres de notre Association ? Comme on dit, un capitaine sportif ou un rédacteur en chef de presse n'est rien sans ses joueurs ou sans ses journalistes !

De g. à dr. : la présidente d'Historim, le Maire André Santini
et le représentant du Ministère de la Jeunesse, des Sports et
de la Vie associative. .© A. Bétry
Cette médaille instaurée par décret du 14 octobre 1969 remplace l'ordre du mérite sportif et la médaille d'honneur et de la jeunesse et des sports créés en 1956. En 2013, est rajouté l'intitulé : "engagement associatif".
Cette médaille "est destinée à récompenser les personnes qui se sont distinguées d’une manière particulièrement honorable au service de l’éducation physique et des sports, des mouvements de jeunesse et des activités socio-éducatives, des colonies de vacances, des œuvres de plein air, des activités de loisir social et de l’éducation populaire ou d’activités associatives au service de l’intérêt général.

Il existe plusieurs échelons : bronze (6 ans de service) - ce qui était le cas le 20 janvier ; argent : 10 ans de service ; or : 15 ans de service !
Cette médaille ministérielle est frappée par la Monnaie de Paris.

Un grand merci à tous… Mais nous avons encore beaucoup de choses à faire découvrir. Ne nous endormons pas sur nos lauriers !!!! PCB

Bernard de Carrère, maire-adjoint Éducation et Sports, en plein discours. © A. Bétry

19 janvier 2018

Issy-les-Moulineaux - la rue Rouget de Lisle

Historique
Ce fut longtemps un simple chemin entre le village et la rive gauche de la Seine, proche de la pointe amont de l’Île Saint-Germain (aujourd'hui Quartier Val de Seine-Les Arches). Il fut emprunté d’ailleurs par la reine Margot le 14 mai 1610. Elle fêtait son anniversaire dans sa propriété isséenne lorsqu’elle apprit l’assassinat de son ex-époux Henri IV par Ravaillac. Le cortège royal arriva au bord de la Seine pour permettre à la reine de remonter le fleuve jusqu’au palais du Louvre où la dépouille royale était exposée.
Ce chemin de Grande Communication prit d’abord le nom de Chemin de l’Abreuvoir car il se trouvait entre Seine et rond-point de l’Abreuvoir (Rd-Pt Schuman de nos jours). Cet abreuvoir servait aux chevaux des écuries royales. 

Ce chemin devint la rue Rouget de Lisle en souvenir du militaire qui composa en avril 1792 Le chant de guerre de l’Armée du Rhin à Strasbourg. Est-il utile de préciser que ce chant devint La Marseillaise ? Rouget de Lisle, emprisonné sous la Terreur, quitta l’armée en 1796 et vécut dans la pauvreté jusqu’en 1836.
La rue Rouget de Lisle est longue de 500 mètres et large comme le boulevard des Frères Voisin dans son prolongement. Elle devint un axe majeur lors de la construction du pont d’Issy entre la commune et Boulogne-Billancourt en 1905. Ce pont fut refait et élargi dans les années 1970.


L'ère industrielle
Aux XIXe et XXe siècles, la rue était bordée par des usines et des bâtiments modestes. Le côté des numéros impairs partant de la gare est composé pour un tiers environ d’immeubles de bureaux et pour le reste de logements avec commerces de proximité au rez-de-chaussée. 
Le côté des numéros pairs est aujourd'hui occupé par des bureaux et aussi l’école Jules Ferry. Seuls subsistent les ponts de lignes ferroviaires pour le tram T2 et le RER ainsi que l’immeuble à l’angle de la rue avec le boulevard Gallieni. 

Aujourd'hui
Il n’en reste rien car la transformation est totale depuis plusieurs décennies avec de nouveaux immeubles d’habitation, y compris une résidence pour étudiants et de nombreux bureaux. Texte et légendes illustrations P. Maestracci


Illustrations

La Blanchisserie de Grenelle 

Blanchisserie de Grenelle. Carte postale. Coll. particulière
Le cliché (ci-contre) est pris devant la grille imposante de l’entrée où posent surtout des ouvrières. Derrière le mur d’enceinte en meulière, on distingue les bâtiments administratifs à droite et les ateliers à gauche et au fond.
Cette entreprise fut fondée en 1865 à Paris par la Compagnie des Lits militaires avant son installation en 1905 sur un terrain de 11,7 hectares dont 7 furent construits. Il y avait un puits artésien. Des centaines d’ouvrières et d’ouvriers (en moindre nombre) y travaillaient. Deux services étaient proposés : la location de linge aux restaurants mais surtout la blanchisserie pour l’Armée, les hospices tels les Petits-Ménages (hôpital Corentin-Celton), les collèges ainsi que le linge et vêtements professionnels des hôtels. Le transport du linge au début du XXe siècle se faisait grâce à 22 voitures et 50 chevaux.
La Blanchisserie de Grenelle fut en activité jusqu’aux Trente Glorieuses. Des bureaux la remplacent depuis plusieurs décennies.

© Pascale Maestracci
À l’emplacement de la Blanchisserie de Grenelle (aux numéros 14 à 18) de part et d’autre de la rue Eiffel, se dresse aujourd'hui des bureaux (ci-dessus). Á gauche, le bâtiment a été inauguré en 1992 et abrite des entreprises aux activités fort diverses. Celui à droite est tout entier occupé par une société financière.

Rond-Point Rouget de Lisle (Usine Larnaude)

Usine Larnaude. Carte postale. Coll. particulière
Cette carte postale (ci-contre) est prise au carrefour des rues Desmoulins et Rouget de Lisle (en direction du Rd-Pt Schuman). Les bâtiments n’ont qu’un étage avec un café dans chaque angle. Rues et trottoirs sont pavés. Une enseigne détache sur le ciel ses lettres (on peut lire « LAMPE IRIS ». Il y eut à cet emplacement en 1898 La Compagnie des lampes électriques sur un terrain de 2500 mètres carrés. L’usine comptait de 80 à 120 ouvriers et produisait un million de lampes par an. Ensuite, ce fut l’usine Larnaude puis les lampes Mazda jusque dans les années 80. Le dernier étage de l’usine était illuminé par des ampoules jour et nuit. Il était difficile d’en ignorer l’existence !

 Rue Rouget de Lisle

Rue Rouget de Lisle. Carte postale. Coll. particuière

Le cliché (ci-dessus) est pris en direction du pont ferroviaire près des quais. Tous les bâtiments à gauche ont des numéros pairs. L’immeuble de trois étages avec Le café de l’Aviation à l’angle jouxte la Blanchisserie de Grenelle dont on aperçoit d’abord les cuves cylindriques. L’entrée avec son grand portail est un peu plus loin. De toutes ces constructions de un à trois étages et en briques, y compris le petit hôtel meublé, il ne reste rien.
Une ligne de tramway empruntait la rue comme en témoignent les rails et les caténaires. C’était la ligne Auteuil-Champ de Mars ( passant par Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux ) exploitée par La Compagnie de l’Ouest-Parisien. Au fond, la ligne ferroviaire Paris-Viroflay (actuel ligne du RER) passait sur le pont.

Gare d’Issy-Plaine

D’abord, le nom de la station était seulement Halte d’Issy. Les deux ponts parallèles sont ceux des deux lignes ferroviaires, Paris-Viroflay et Saint-Lazare-Invalides ( par Puteaux et Issy-les-Moulineaux ) qui divergent juste après la gare. Celui au premier plan avec un tablier métallique correspond au tram T2, l’autre en arrière-plan, avec une arche en pierre, est emprunté par le RER.

Gare d'Issy-Plaine. Carte postale. Coll. Particulière.
L’accès à la gare se faisait, soit par une passerelle avec un décrochement au-dessus des deux lignes, soit à partir du quai par une rampe à angle aigu. Cette zone a ensuite été occupée par les bureaux du journal L’Équipe, eux-mêmes démolis depuis peu. Il y aura dans quelques années une tour abritant le siège social d’Orange et le remontage de la Halle Eiffel le long de la rue. Rendez-vous dans quelques années !

14 janvier 2018

Les loups ont envahi Paris, soit par Issy, soit par Ivry

Cette magnifique chanson d'Albert Vidalie, sur une musique de Louis Bessières, interprétée par Serge Reggiani, en 1967, évoque l'arrivée des Prussiens dans Paris en 1870, puis la chute de la Commune en 1871 et l'entrée des Versaillais dans la capitale.



Ecoutez…
https://www.youtube.com/watch?v=hVkWgksDZDI&list=RDhVkWgksDZDI






Lisez…  

Des loups ououh! ououououh!
Des loups sont entrés dans Paris
L´un par Issy, l´autre par Ivry
Deux loups sont entrés dans Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Deux loups sont entrés dans Paris.

Cent loups, ououh! ououououh!
Cent loups sont entrés dans Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Cent loups sont entrés dans Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Cent loups sont entrés dans Paris.


Les loups ououh! ououououh!
Les loups ont envahi Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups ont envahi Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Les loups ont envahi Paris.

Les loups ououh! ououououh!
Les loups sont sortis de Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups sont sortis de Paris
J'aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris
J´aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris…

Décriptez…

La chanson fait-elle référence à l'invasion allemande en 1940 ? Pas certain. Il semblerait plutôt quelle évoque le conflit de 1870. Lors de la guerre contre la Prusse de 1870-71, le fort d'Ivry comme celui d'Issy jouent un rôle majeur dans la défense de Paris.  La clé pour entrer dans Paris est le Fort d'Issy dont Historim a longuement parlé dans sa rubrique "Commune". Si en janvier 1871 le Fort résiste aux Prussiens, en mai il est pris par les troupes versaillaises. Près de la moitié des édifices isséens seront alors touchés. Ah "Charmante Elvire"… PCB

9 janvier 2018

Orange, un an après


Il y a tout juste un an, Historim consacrait un article à la fermeture d'Orange, le CNET http://www.historim.fr/2017/01/orange-quitte-issy-les-moulineaux-en.html Qu'en est-il aujourd'hui de l'avancement des travaux ? Notre Historimien Michel a obtenu les autorisations pour suivre et photographier le chantier. Reportage.



« Au CNET avait été regroupés tous les services de recherche des télécommunications dont 1 500 chercheurs et un centre de documentation technique spécialisé en télécommunications, informatique ou bureautique, comprenant plus de 33 000 documents et 480 revues.
Ses travaux dans le domaine des câbles, notamment, lui valent une reconnaissance internationale : c’est, par exemple, en 1947, la création de la technique des câbles sous-marins téléphoniques des grands fonds amplifiés. En 1953-1954, le centre d’Issy-les-Moulineaux incarne le nouveau CNET. En 1960, ses murs captent les signaux émis depuis Holmdel (États-Unis) et relayés par le satellite Echo 1 : c’est un prélude à la première retransmission transatlantique d’images télévisées d’Amérique en Europe captée à Pleumeur-Bodou le 11 juillet 1962. » (Le Patrimoine des Télécommunications françaises, Flohic éditions).
De ses laboratoires sortiront, entre autres, l’ébauche de la TNT, le Numeris, le Bi-Bop, etc.

Avant. © Michel Julien
Après. © Michel Julien

Ce 6 décembre 2017, la pelleteuse, de ses puissantes mâchoires, grignotait les derniers restes de la salle de conférences, ultime vestige de ce vaste édifice qu’était le CNET, dernier emblème de la ville. Une présence de soixante et onze ans au cœur de la ville.
Un vaste chantier commencé au mois de juillet avec, en préambule, la
« dépollution » de l’intérieur des édifices (voir plan ci-dessous) et le recouvrement des bâtiments (F) d’un voile en non-tissé (désamiantage) telle une œuvre de Christo.

Plan du CNET. © Michel Julien

Comme ont pu le voir les Isséens avec l’expo photo affichée sur les grilles qui entouraient le site, ce vaste ensemble a été acquis en 1944 auprès de l’ancienne usine Peugeot (3 ha) qui avait succédé, elle-même, à la biscuiterie Guillout.
En 1946, fut édifiée la première aile (B) le long de la rue Victor-Hugo. Ensuite, en 1954, fut construit le bâtiment principal (A), rue du Général-Leclerc suivi de l’aile (E1), rue Horace-Vernet. Puis, en 1963, celle-ci est agrandie (E2) et augmentée du bâtiment de sept étages (le plus élevé du site - E3) qui sera démoli en premier (juillet).
S’ensuivront les derniers bâtiments dans les années soixante-dix (F), le long de l’avenue de la République, le bâtiment (D) et la salle de conférences (H) qui avait été remaniée dans les années 1990.

Avant. © Michel Julien.
Après. © Michel Julien
Un nouveau cœur de ville verra le jour à cet emplacement… mais c’est une autre histoire.
Quant à Orange, ses 3000 salariés se réinstalleront à Issy-les-Moulineaux, en 2020 environ, dans un complexe situé en bordure de Seine, dessiné par l'architecte Jean-Paul Viguier. À suivre. Michel Julien.