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13 janvier 2025

Un certain 13 janvier 1908

Dans la même tranche de temps, trois fratries se passionnent pour l’aéronautique :
Leurs noms, Farman, Caudron et Voisin et sans oublier Clément Ader, qui en individuel, brilla dans ses exploits.
Les frères Wright, de nationalité américaine, seront amenés à cotoyer les fratries françaises.


La mythique photo du13 janvier 1908 à Issy-les-Moulineaux
Dans la mémoire isséenne, Henri Farman représente une place de choix en accomplissant le premier vol d’un kilomètre en circuit fermé le 13 janvier 1908 sur un avion biplan conçu et construit par les frères Gabriel et Charles Voisin.
D’abord passionnés de cyclisme, Henri Farman et son frère Maurice découvrent l’aviation et deviennent constructeurs d’avions puis, par la suite, constructeurs d’automobiles.
C’est ainsi qu’est créée en 1936 la société des Avions Farman.
Le 30 octobre 1908, toujours à bord d’un biplan Voisin, Henri Farman signe le « premier vol de ville à ville », depuis le village de Bouy dans la Marne et Reims, trajet de 27 kilomètres en 20 minutes.


De nombreux records se suivent progressivement et le 18 décembre 1910 en 8 heures 12 minutes à bord cette fois d’un biplan Farman, il obtient le record de temps de vol.
En 1919, Farman crée une marque, les « automobiles Farman ». 
Britannique de nationalité, il choisit en 1937 d’opter pour la nationalité française.
La marque Farman disparaitra ensuite dans l’oubli.
Nous comptons vous raconter tout le long de l’année 2025 l’aventure de cette aviation, Issy-les-Moulineaux étant le point de convergence d’un bon nombre de ces aventuriers. 
A bientôt donc !
A droite Henri Farman et son épouse.
A. Bétry

31 mars 2023

Issy et les jeux de mots… de la restauration

On a déjà consacré des articles aux jeux de mots utilisés par les commerçants isséens. Aujourd'hui, après "les Colonnes" et "le Café Français", place aux restaurateurs et aux noms de leurs restaurants typiquement isséens, se focalisant sur les deux noms associés de la ville. 


Rappelons que le mot restaurant est d’abord un participe présent utilisé par Monsieur Boulanger en 1765 pour son bouillon « restaurant » les forces de ses clients dans sa taverne rue des Poulies à Paris. Ce mot devient un substantif pour les restaurants créés un peu après autour du Palais-Royal. 


Le Paris'Sy de l'esplanade du Belvédère, au Fort. © PCB

Le nom d’Issy se retrouve pour la cuisine traditionnelle du Moulin d’Issy (1, place Madaule) ou le Paris’Sy (7, esplanade du Belvédère - ci-dessus) ; le Restaurant Issy Guinguette ( 113 bis, avenue de Verdun ) ou le Par’Issy du Courtyard Marriott, un hôtel 4 étoiles (5, rue Ernest-Renan. Un bel immeuble Art Nouveau se reflète dans la vitrine du restaurant (ci-dessous). 

©  P.Maestracci

Il est tout autant présent pour des brasseries telles que Le Tramway d’Issy (267, rue Jean-Jacques-Rousseau) ou Au Longchamp d’Issy (29, avenue Victor-Cresson). 

Plusieurs restaurants proposant de la cuisine asiatique ont eu la même inspiration : Le Palais Royal d’Issy (6, boulevard Voltaire), Issy l’Asie (7, rond-point Victor Hugo) ou Issy Tokyo (35, rue Rouget-de-Lisle). Ce restaurant japonais (ci-dessous) se situe dans un quartier particulièrement animé.


Issy Tokyo, 35, rue Rouget-de-Lisle. © P. Maestracci

Quant au restaurant thaï, le Pitaya (17 rue du Général-Leclerc), il arbore cette amusant publicité anglophone, derrière son comptoir (ci-dessous) : "De Bangkok à Issy-les-Moulineaux"… tout un programme !


Au restaurant Pitaya., 17, rue du Général-Leclerc. © P. Maestracci

La restauration rapide n’est pas en reste avec Issy d’Asie et Croq d’Issy (respectivement aux 1, et 41, rue Rouget-de-Lisle) ou Les Papillons d’Issy (41, allée Sainte-Lucie). Toutes ces formes de restauration se retrouvent dans les Halles d’Issy (1 000 mètres carrés) gérées par l’entreprise Biltoki, inaugurées fin 2022 et qu'un certain nombre d'entre vous ont eu la chance de découvrir il y a quelques semaines, accompagnés de notre Historimien Florian (ci-dessous).


Biltoki - Les Halles d'Issy.  © PCB

La référence aux Moulineaux est moins fréquente mais on peut citer Monsieur Moulinot (5, boulevard des Îles) ou La Brasserie des Moulineaux (2, rue Marcel-Miquel).  P. Maestracci


PS. Pour découvrir les articles "jeux de mots" déjà parus :

http://www.historim.fr/2018/04/par-issy-les-jeux-de-mots.html

http://www.historim.fr/2019/02/issy-enseignes-et-jeux-de-mots.html


 

26 mars 2023

"Le Café Français" au patrimoine d'Issy-les-Moulineaux

Après l'article consacré aux Colonnes (http://www.historim.fr/2023/01/les-colonnes-au-patrimoine-dissy-les.html), il était normal que le Café Français, un autre haut-lieu isséen du quartier Centre Ville/Corentin-Celton/les Varennes, soit présent.

Le Café Français, 2 place Vaillant-Couturier, aujourd'hui. © PCB

Les débuts historiques

Dans les années 1850-1900, un immeuble de quatre étages fut construit au 44 bis, rue Ernest-Renan, formant l’angle avec la place Vaillant-Couturier. Son rez-de-chaussée fut d’emblée prévu pour y recevoir un café qui porta le nom de « Café Français ». Outre sa salle ouvrant directement sur la place (ci-dessous), l’établissement comporte alors quatre salles de billards français (billard  à 3 billes), en opposition au billard américain (à 16 billes), justifiant peut-être son nom. Il s’y déroulait des compétitions internationales.


Le Café Français en 1982. Coll. privée.

De 1933/35 à 1992, l’établissement appartient et est tenu par Charles Hiver qui décède en 1986 à l’âge de 99 ans, puis par ses fils Raymond et, surtout, Roger (qui décèdera, lui, à l’âge de 95 ans !).Dans l’entre-deux guerres, le Café français proposait à ses clients trois soirs par semaine un dancing qui était très apprécié par la population isséenne.

Lors de la Seconde guerre mondiale, les bombardements qui visèrent l’usine Gévelot, éventrèrent à plusieurs reprises le café nécessitant des travaux successifs.


L'arrivée de Robert Alaux 

En 1973, Robert Alaux, Aveyronnais de 19 ans, monte à Paris pour prendre un emploi de « garçon » dans le café la Tour, place du 18 Juin, à Montparnasse. Il rencontre lors de soirées auvergnates organisées dans les salons Vianey, dans le 12e arrondissement, son épouse Noëlle. En 1982, Robert et Noëlle Alaux prennent l’établissement d’Issy en location gérance.


Les couples Hiver et Alaux en 2002. Coll. privée

En 1986, d’importants travaux sont effectués pour l'agrandissement et la création d'une cuisine pour assurer une restauration plus importante.


En 1992, l’équipe du tournage du film « le Bal des casse-pieds » (avec Jean Rochefort, Jacques Villeret, Miou Miou) va investir les lieux, tous les soirs, pour leur intendance.

En 1995, sous l’impulsion de la responsable municipale des commerces de Corentin Celton, la fête du beaujolais (ci-dessous) et la fête du printemps y seront régulièrement organisées.


La fête du beaujolais, en 2002. © Coll. privée.


Une personnalité politique sera un fidèle client : Jean Glavany (dont les parents habitaient Issy). Socialiste, il fut Secrétaire d’état à l’enseignement technique, puis ministre de l’Agriculture et de la Pêche, député à plusieurs reprises et l’un des plus proches collaborateurs de François Mitterrand.


Depuis 2003, le Café Français est à nouveau mis en location gérance pour y poursuivre une brillante activité avec ses 12 membres du personnel. 

Un grand merci à toute l'équipe. Denis Hussenot

22 janvier 2023

"Les Colonnes" au patrimoine d'Issy-les-Moulineaux

Restaurant "les Colonnes", 65 rue du Général-Leclerc, Issy.. © PCB

C’est en 1932 que commence l’histoire des « Colonnes »  par la construction, à l’angle de la rue Auguste-Gervais et de la rue du Général-Leclerc, d’un immeuble de six étages dont le rez-de-chaussée est d’entrée prévu pour l’installation d’un café. Aujourd'hui, une brasserie bien connue des Isséens y propose de bons petits plats sept jours sur sept !

Une architecture hors norme
Les colonnes de l'immeuble bien visibles. © D. Hussenot
Les architectes de cet immeuble original sont Delaire et Sage ; les constructeurs Barde et Boyer, eux, sont Isséens. En raison de l’incertitude de la stabilité du sous-sol, le bâtiment est construit sur quatre pilotis en béton armé, descendant à 20 mètres de profondeur, et recouverts sur toute leur hauteur extérieure de coffrages leur donnant l’aspect de colonnes (ci-contre). C’est cet aspect qui est à l’origine du nom de l’établissement : « les Colonnes »
Le bâtiment initial fut complété, un peu plus tard, après la destruction de la maison individuelle voisine, à laquelle s’opposait son propriétaire qui y tenait sa crémerie… par un autre bâtiment, celui-ci situé aujourd’hui au-dessus du magasin « Nicolas ».


Des débuts historiques

Les premiers propriétaires furent M. et Mme Vacarès d’origine auvergnate, qui ouvrirent un simple café proposant également quelques charcuteries auvergnates. Ils menèrent leur activité jusqu’en 1946, assistant entre autres, en 1944, au passage devant le café de la 2e DB du général Leclerc.

En 1946, l’établissement fut vendu à M. et Mme Léon Barrier, correziens, qui poursuivront l’activité de café jusqu’en 1966. Il devient, au cours de ces années-là, un lieu de rencontre des ouvriers communistes travaillant sur les sites industriels de la commune et du personnel de la RATP (conducteurs, contrôleurs et poinçonneurs), chacun venant avec sa gamelle ! L’établissement était ainsi ouvert de 5 h du matin (premier métro) jusqu’à l’heure d’arrivée du dernier métro !


L'arrivée de la famille Nayrolles 

Pendant ce temps-là, Justin et Marielle Nayrolles (toujours présente dans le restaurant à 90 ans !) décident, devant l’insuffisance de rentabilité de leur exploitation, de quitter leur Aveyron natal et  « monter » à Paris… à la recherche d’une activité plus rémunératrice. Ils obtiennent alors la gérance d’un tabac, situé au pont d’Argenteuil.


Justin et Marielle Nayrolles, propriétaires en 1964. coll. particulière


Fort de cette expérience, le couple Nayrolles (ci-dessus) rachète le 6 juillet 1964 l’établissement d’Issy pour la somme de 100 millions d’anciens francs (soit 1 million de nouveaux francs) avec l’aide financière de la maison Richard. La maison Richard, fondée en 1892, est une belle histoire  de famille qui se confond avec la vie des cafés, bistrots et restaurants français. Elle a prospéré tout en restant fidèle au principe d’entraide, allant jusqu’à accompagner la propre installation de leurs clients cafetiers, et créa en 1955 l’activité de torréfaction du café à Gennevilliers. 


C’est ainsi que la famille Nayrolles bénéficiera de l’aide de la maison Richard pour acquérir puis exploiter l’établissement d’Issy, en conservant les mêmes locaux, y compris deux salles de billard au sous-sol (qui deviendront plus tard des lieux de réserves et de chambres froides), avec le même équipement. 

Guy Ducoloné. © A. Bétry

En 1968, l’apparition et l’utilisation du formica transforment l’ameublement du café. Au cours des événements de 1968, les salles de billard servent de lieux de réunion des agitateurs de la CGT car elles possèdent une porte dérobée, donnant sur une cour intérieure, permettant la fuite lors des descentes policières.
 
Durant cette période et pendant de nombreuses années l’un des plus fidèles clients et amis de Justin Nayrolles est Guy DucolonéAncien résistant et déporté, il fut secrétaire de l’Union de la jeunesse républicaine de France, puis membre du comité central du parti communiste. Pendant une quinzaine d’années, il fut conseiller municipal d’Issy, où il habitait. Il est décédé en août 2008, peu après avoir participé à la Journée de la déportation, le 27 avril 2008 (ci-dessus). 

 

L'installation du restaurant 

En 1975, l’établissement se met à assurer une petite restauration avant de devenir un restaurant, avec l’installation d’une véritable cuisine qui restera en l’état jusqu’en 2001. En 1978, Patrick Nayrolles, le fils de Justin, bachelier à 17 ans, entreprend des études supérieures et obtient une maîtrise de droit… mais il devient photographe !


Patrick Nayrolles et Mme Fernandez, une fidèle employée.
coll. Particulière.


En 1990, suite à un problème de santé de son père, et ne voulant pas laisser sa mère toute seule à la tête d’une telle affaire, Patrick (ci-dessus) décide de prendre la direction des "Colonnes". Il va faire prospérer l’affaire, d’autant que la clientèle s’est fortement embourgeoisée avec le développement de la ville. En juillet 2001, une réfection totale des lieux est entreprise, mais qui conserve la disposition du comptoir d’origine.


La salle de restaurant des Colonnes.
© D. Hussenot

En 2021, de nouveaux travaux sont engagés pour agrandir, chauffer et climatiser l’ensemble des locaux, comme on peut le voir sur cette photo (ci-contre), à la grande satisfaction du personnel. 

Le 1er janvier 2022, suite à de gros problèmes de santé, Patrick  se voit contraint de laisser sa place à son fils Julien, à sa fille Camille et son gendre Joe.

L’affaire est aujourd’hui florissante et les 19 membres du personnel assurent un parfait accueil et une excellente cuisine. 


Un grand merci à Patrick de nous avoir raconté l'histoire de ce patrimoine de la ville. Denis Hussenot

15 mai 2022

Edouard Leclerc à Issy-les-Moulineaux - 17 novembre 1959

Les Leclerc, père et fils. © Le Télégramme

Michel-Edouard Leclerc est depuis quelques semaines sur tous les réseaux sociaux, les télévisions, les radios pour promouvoir ses magasins Leclerc et sa politique de baisses des prix, afin de lutter contre l'inflation. Une campagne médiatique qui rappelle celle de son père Edouard, notamment lors de l'ouverture du premier magasin Leclerc en région parisienne. C'était à Issy-les-Moulineaux en 1959. Historim l'a déjà évoqué : http://www.historim.fr/2013/10/intermarche-fete-son-anniversaire.html Mais ce que l'on ne vous avait pas dit, c'est que cette inauguration fut plus que houleuse.

Le 17 novembre 1959, Édouard Leclerc ouvre donc ce magasin (qui deviendra Intermarché en 1973), au 110, boulevard Gallieni, dans un ancien atelier de mécanique, tout juste restauré. Dans les rayons, des produits d'entretien, d'alimentation, de parfumerie y sont vendus "directement aux consommateurs à prix de gros ".

André Fontanié. 

Dans la matinée, Édouard Leclerc a tenu une conférence de presse dans le café-tabac de la Poste (ci-dessous), une institution familiale isséenne, installé juste à côté au 116, boulevard Gallieni. 
Le Café appartient à la famille Fontanié depuis bien longtemps. Le patriarche André (ci-contre) s'y est installé après la Première Guerre mondiale avec son épouse Madeleine. Leur fille Huguette y est née le 1er septembre 1930.  


Le café-tabac de la Poste, boulevard Gallieni, Issy.

Le 17 novembre 1959, une centaine de journalistes (ci-dessous) ont donc été conviés chez les Fontanié pour une conférence de presse qui va se transformer en véritable joute oratoire. Les uns défendent la politique des magasins Leclerc pour un meilleur pourvoir d'achat des travailleurs ; les autres se battent pour la survie des petites épiceries. 

Inauguration du Leclerc d'Issy. © AFP
Maurice Vignaux, président du Syndicat de l'Épicerie française, aurait même ses mots terribles : "Leclerc est un valet des grands trusts commerciaux, un loup caché dans un agneau. On s'en débarrassera quand il aura fait son office "… l'avenir lui donnera tort.

Suzanne et Louis tiennent le buffet du Café-Tabac, ce 17 novembre 1959. 

Un véritable pugilat… qui se terminera autour d'un buffet (ci-dessuset d'une consommation d'huitres de Riec-sur-Belon, apportées directement de Bretagne par l'ostréiculteur Louis le Floch, "l'article d'appel du nouveau centre distributeur, vendu moitié moins cher qu'ailleurs" ! Quant à Madeleine Fontanié, elle n'aura qu'une seule peur ce jour-là… "que les banquettes se brisent sous le poids des journalistes qui s'y tenaient debout" ! PCB

PS. Un grand merci à Daniel Grolleau-Foricheur, fils d'Huguette, petit-fils d'André et de Madeleine Fontanié pour ces documents et ces informations.
Citations extraites des Archives du journal le Monde
Le Café-Tabac de la Poste est devenu aujourd'hui une pharmacie. 

24 février 2019

Issy - enseignes et jeux de mots

Les vacances sont de retour, le temps… de prendre le temps de s'amuser 
avec Historim dans les rues d'Issy.

La commune offre de nombreux commerces et services pour satisfaire les besoins et envies de la clientèle. Le plus souvent, les noms des enseignes relèvent d’un registre sérieux qu’il s’agisse de banques, assurances, hôtels, pharmacies, etc. D’autres portent le nom d’entreprises connues comme supermarchés, supérettes, parfumeries et autres.

Activité beauté !
Il n’empêche que la fantaisie et l’originalité l’emportent dans certains secteurs d’activité comme celui de la beauté. C’est ainsi qu’une grande diversité a inspiré les coiffeurs indépendants. Leurs enseignes jouent sur des mots français. Comment résister à Belom Paris (5 rue Auguste Gervais) ? On peut signaler Élégance (120 avenue de Verdun), Caprice des Dames (2 rue Baudin), Maud’L (33 rue Jean-Pierre Timbaud), DS Beauté (38 rue Jean-Pierre Timbaud) ou Mo’Tif Coiffure (2 place Bonaventure Leca).

Salon de coiffure 1929… rien à voir avec celui d'aujourd'hui. © XDR
L’usage de l’anglais n’est pas non plus négligé, souvent en se jouant de la prononciation identique pour des francophones air/hair (cheveu) : L’Air du Temps (9 rue Jean-Pierre Timbaud),  Mod’s Hair (36 rue Ernest Renan). L’enseigne New Cut (36 avenue Victor Cresson) sonne mieux que « Nouvelle coupe de cheveux », non ! 
Quant à @Na&Co (8 rue Auguste Gervais), il mérite une franche explication. L’arobase @ bien connue des internautes se prononce at en anglais ou aen français. Les trois premiers caractères forment ainsi un prénom féminin, suivis de l’esperluette &, et, et d’une abréviation anglaise Co, compagnie ou Cie !
Certaines ongleries ont recours au mot anglais nail que ce soit Beauty Full Nails (54 rue Jean-Pierre Timbaud) ou Red Nails & Beauté (10 avenue de la République).

Activité mode !
En ce qui concerne les chausseurs, deux exemples sont intéressants. Le P’tit Soulier (14 avenue Victor Cresson) est dédié aux enfants et peut faire penser à une chanson de Tino Rossi consacrée au Père Noël qui fut un tube pendant de nombreux hivers ! 
Modèle de chaussure Louis XIV
avec talon (rouge) et large ruban. © XDR
En revanche, Talon Pourpre (30 rue Ernest Renan) vend des chaussures pour adultes. La couleur pourpre est celle des cardinaux dans l’Église catholique après avoir été celle des empereurs romains. Sous Louis XIV, les chaussures d’hommes se devaient d’avoir un talon (ci-contre). Celui-ci était obligatoirement rouge en signe de noblesse. Le rouge évoquait le sang que les gentilshommes n’hésitaient pas à verser pas tant lors de duels interdits qu’à la guerre. Cette noblesse d’épée justifiait ainsi le droit de ne pas payer d’impôt sinon celui du sang.

Deux exemples peuvent également être donnés pour les magasins de vêtements pour dames. Cécile (19 bis rue Ernest Renan) sans rapport évident avec Sainte Cécile, patronne des musiciens ; et Hypothèse (30 rue du Général Leclerc) dont le nom suppose mûre réflexion avant de choisir. Il faut ajouter que les vêtements peuvent être ajustés ou réparés grâce aux nombreuses ressources d’une mercerie À La Pâquerette (20 rue du Général Leclerc).

Activité hôtellerie !
Les jeux de mots sont plus rares en ce qui concerne les hôtels. Le Paris d’Issy Hôtel  (3 rue Auguste Gervais) est moins amusant que le polysémique nom de l’Izzy Hôtel Porte de Versailles (3 rue Georges Marie). Izzy peut évoquer Issy si l’on confond la prononciation du Z et du S mais plus vraisemblablement à easy (facile, commode, en anglais).

Activité décoration !
En ce qui concerne la maison, il y a deux boutiques de décoration : Décoémotion (32 rue Jules Ferry) et Bois et Tentations (4 rue Hoche). 

Activité reprographie !
La spécialisation dans le domaine de la reprographie/distribution de tracts recèle quelques pépites comme Dans le Mille (16 passage de l’Industrie)… quand il ne faut pas rater sa cible ; D. Maintenant (1 rue Ernest Renan)… quand c’est urgent ; ou Ouaf ! Ouaf ! Le marchand de couleurs (16 passage de l’Industrie)… le chien aboie, la caravane passe… et le message aussi.


Petit ramoneur. © XDR


Nous finirons cette énumération arbitraire mais humoristiques par une référence à la mythologie nordique. Il s’agit des Elfes Ramoneurs (3 rue de la Pastorale d’Issy). Les elfes sont des génies symbolisant les éléments comme l’air et le feu, en adéquation avec des cheminées.
P. Maestracci

1 juin 2018

Issy - des pâtisseries pour becs sucrés


Comme nous l'avons vu, Ferrandi, Ducasse, les grands noms de la gastronomie et de l'hôtellerie sont présents à Issy. Mais n'oublions pas non plus les pâtisseries et autres chocolateries de la ville aux noms si évocateurs qu'ils ne peuvent que réjouir les gourmands avant même toute dégustation de leurs productions aussi variées et appétissantes les unes que les autres. Toutefois, ne pas négliger la modération dans la consommation pour respecter l’équilibre nutritionnel !


Le Pâtissier. Illustration du Larousse du XXe siècle, 1931.

Gros plan sur l'illustration (ci-dessus)
Le travail du pâtissier est dessiné sur les deux plans supérieurs : préparation de la pâte (1), de biscuits à la cuiller (6) ou de crème (9) avant l’enfournement (10).
En bas, présentation de différentes pâtisseries : Saint-Honoré (16), brioche (11), tarte, savarin (12), madeleine etc. De nos jours, l’offre s’est nettement diversifiée sans faire disparaître pour autant ces gâteaux traditionnels.

Revenons à Issy-les-Moulineaux.
Certaines enseignes sont plus qu’évocatrices comme Les Délices de l’Étoile, 2 boulevard Voltaire ou La Gourmandise d’Issy, 4 rue de l’Abbé Grégoire. Une autre fait référence à un gâteau précis ; il s’agit de Citron meringué, 71 esplanade du Belvédère dans le Fort. En revanche, le nom de Ze Gato, 28 avenue du Bas-Meudon est issu d’un mélange entre le pronom personnel anglais the (le) et une prononciation simplifiée du mot gâteau. C’est amusant mais assez déconcertant pour ceux qui parlent espagnol ou italien car gato ou gatto signifie un chat dans ces deux langues !
Bien entendu, il existe dans la commune bien d’autres pâtisseries, chocolateries et boulangeries. Certaines d’entre elles ont aussi un nom évoquant la cuisson du pain : Au Vieux Pétrin (35 avenue Victor Cresson), La Fournée des Isséens (36 bis rue Renan) ou Le Fournil du Parc (13 rue Georges Marie). 
Bien entendu, il existe dans la commune bien d’autres pâtisseries, chocolateries et boulangeries. Certaines d’entre elles ont aussi un nom évoquant la cuisson du pain : Au Vieux Pétrin (35 avenue Victor Cresson), La Fournée des Isséens (36 bis rue Renan) ou Le Fournil du Parc (13 rue Georges Marie). 
Vous avez le choix, n'hésitez pas. P. Maestracci

11 mai 2018

Issy-les-Moulineaux, la ville où il fait bon lire

Dans notre commune, tout est facilité pour la lecture de livres et de journaux, qu’ils soient sous forme papier ou sous format numérique. Il y a, évidemment, différents points de presse spécialisés dans les quartiers et tout particulièrement deux kiosques à proximité des deux stations de métro de la ligne 12, Mairie d'Issy et Corentin-Celton.

Charles V le Sage
(1337-1380)
Mais avant de parler d'Issy-les-Moulineaux, évoquons Charles V le Sage.  Ce roi amoureux des livres, installe en 1367-68 une librairie, en fait sa bibliothèque, au Louvre. Elle compte plus de neuf cents manuscrits abordant des thèmes variés. Elle se déploie sur trois étages dans la tour de la Fauconnerie au nord-ouest de l’enceinte du château-fort. C’est l’ancêtre de la Bibliothèque nationale. Il n’en reste qu’un marquage au sol dans le Louvre médiéval restauré près du donjon.
Les librairies
Issy-les-Moulineaux a la chance de disposer de quatre librairies dont le nom fait référence à l’histoire du livre. Nous allons les citer par ordre alphabétique.

La librairie Caractères , 5 rue du Général Leclerc ; son nom fait penser aux caractères d’imprimerie. Au XVIe siècle, le célèbre fondeur et graveur français, Claude Garamond crée ceux qui portent encore son nom. Les italiques, en revanche, sont l’invention d'Ale (ou Aldo) Manuce à Venise en pleine Renaissance. Les claviers contemporains offrent ainsi une diversité de caractères comme le times new roman, l’arial etc.

Le nom de la librairie Chantelivre, 32 avenue de la République, associe deux plaisirs : la lecture et la musique ! Un établissement similaire se trouve rue de Sèvres à Paris VIe, à quelques stations de métro sur la ligne 12. www.chantelivre.com 


Gutenberg (1400?-1468).
La librairie Gutenberg, 17 boulevard Voltaire, rend un bel hommage à Johan Gutenberg (ci-contre). Celui-ci perfectionna l’invention chinoise de l’imprimerie en inventant, à Strasbourg vers 1440, la typographie, soit la fonte de caractères mobiles en plomb. Le premier livre imprimé est sa Bible à 42 lignes, éditée à Mayence en 1455. C’est le premier incunable (ouvrage imprimé avant 1500).

Le livre et la Tortue, 47 esplanade du Belvédère ( www.lelivreetlatortue.com ) est dans l’éco-quartier du Fort. Son nom, omettant volontairement une lettre, évoque malicieusement une fable de La Fontaine !

Il faut rajouter à cette liste le Porte-Plume, 58 avenue Victor Cresson. Si ce sont essentiellement des journaux qui y sont vendus, la boutique prend des commandes de livres surtout pour les fêtes. Son enseigne rend hommage à l’écriture manuelle ancienne. Autrefois, les écoliers apprenaient à écrire avec un porte-plume et un encrier. Dans certains pays actuellement, l’apprentissage de l’écriture manuelle est négligé au profit du clavier…

Les médiathèques
Mais pour lire, il est aussi indispensable de fréquenter les trois médiathèques isséennes (www.issy.com/mediatheques) qui proposent des ordinateurs, des lectures sur place ou des prêts, y compris de tablettes, voire d’instruments de musique, de nombreuses animations etc. ainsi que des espaces de travail très fréquentés par les étudiants à l'approche des examens.

La Médiathèque Centre-Ville (ci-dessous) remplace depuis 1994 une bibliothèque, autrefois logée à l’étroit 18 rue de l’Abbé Derry (actuelle Ludothèque). Le changement sémantique de nom illustre l’élargissement des activités proposées avec le recours systématique à l’informatique. Elle est installée dans un immeuble de deux étages reliés par un escalier de belle ampleur. Son entrée se fait sur une place perpendiculaire à la rue du Gouverneur Général Éboué. 


Médiathèque du Centre-Ville. On y donne aussi des concerts.

La Médiathèque des Chartreux se trouve à l’angle de la rue du Clos Munier et du quai de la Bataille de Stalingrad. Son nom rappelle une ancienne propriété qui appartenait depuis 1343 aux moines dont l’ordre fut fondé par Saint-Bruno au XIe siècle dans le massif de la Grande Chartreuse. Ce fief comportait une ferme qui a laissé son nom au quartier ainsi que les Chartreux.

La médiathèque la plus récente est Le Temps des Cerises qui date de 2014, soit vingt ans après la médiathèque du Centre-Ville. On la trouve 90-98 promenade du Verger, dans l’éco-quartier du Fort. Son nom rend hommage à la fameuse chanson de Jean-Baptiste Clément ainsi que la sculpture de Christian Renonciat, Merle moqueur, sur le rond-point tout proche. Elle propose toute une série de services dans le domaine culturel et numérique. L’histoire du Fort et de la Commune de 1870/71 y bénéficie d’une présentation spécifique très intéressante.

Place Madaule. Extérieur.

Les bibliothèques partagées


Enfin, il ne faudrait pas oublier les bibliothèques partagées qui permettent aux uns d'y déposer un livre, aux autres de l'emprunter pour le lire.  On en compte deux aujourd'hui. La plus ancienne se situe place Madaule, dans une cabine téléphonique abandonnée (ci-contre). Une seconde a été inaugurée en décembre dernier en haut de l'avenue du Bas-Meudon.

Place Madaule. Intérieur.






N'oubliez surtout pas d'apposer sur la couverture une petite étiquette : "Ceci est un livre voyageur. Merci de le remettre en circulation après lecture".






Merci à mon amie Monique qui m’a fourni une réponse rapide lors de la préparation de cet article. Texte et photographie 
P. Maestracci

25 septembre 2017

Issy- Souvenirs, souvenirs… Ils ferment - 2

Et puis, ce fut au tour du célèbre bottier Robert F. de fermer le 31 août dernier.

Les derniers jours du magasin. © XDR

Historim avait consacré un grand article à l'histoire de Robert Fermanian. A lire et relire :
http://www.historim.fr/2016/03/robert-f-46-ans-de-chassures.html

22 septembre 2017

Issy - Souvenirs, souvenirs ! Ils ferment - 1

Cette rentrée est marquée par deux fermetures - définitives - d'incontournables bonnes adresses de notre commune.

A commencer par le Restaurant du Stade


Le Restaurant du Stade, côté stade. © Michel Julien
Il était une fois un restaurant, mais pas n'importe quel resto, un resto de stade, une institution sur la ville d'issy. De nombreuses personnalités y sont venues pour y déguster la fameuse andouillette de l'ami Jean Luc, les excellentes charcuteries de mon ami Pierre Oteiza, enfin une carte adaptée à notre clientèle. Quinze année d'exercice ont fait de ce Resto et de son Musée du sport la grosse cote de la ville. Merckx, Hinault, Gimondi, des champions par dizaines sont venus me raconter leurs exploits. Les Isseens Riboud, Diomede, et bien d'autres. Les politiques, les journalistes aussi… Ils ont écrit sur les murs des petits mots d'au-revoir. Voilà  le grand livre du sport et de la gourmandise restera, je pense, dans l'histoire du stade et de notre belle ville. Serge Rebondy.
Merci à notre Historimien Michel qui conserve la mémoire de ce Resto à travers la photo.

Messages d'amitié sur les murs. © Michel Julien


17 juin 2016

La maroquinerie AIR LINE - 62 ans et… c'est fini !

Catherine Carreau-Postaire.
La boutique, installée au 37 rue Renan, succède à un salon de coiffure et fut fondée en 1954 pour se vouer à la maroquinerie. Elle vient de fermer au bout de 62 ans avant de laisser place à une autre activité commerciale. Catherine Carreau-Postaire (ci-contre), la troisième génération, nous raconte cette longue histoire.

Naissance de la boutique
En 1954, Caroline, la grand-mère de Catherine, choisit pour le nom de la boutique de combiner deux éléments : le mot AIR, inspiré par la compagnie Air Fance, et la fin de son prénom LINE. En effet, elle vendait des « valises Airfrance » qui étaient recouvertes de toile écossaise bleue avec des filets rouges et blancs évoquant les couleurs nationales. Ces valises de format imposé pour la cabine se fermaient grâce à une fermeture-éclair posée sur trois côtés.

Cette grand-mère avait eu une éducation soignée et avait même pratiqué le tennis dès l’âge de 15 ans. Son père était pilote d’essai chez Citröen. Caroline avait « une très grande personnalité et ressemblait à Michèle Morgan avec ses grands yeux bleus ». Toujours chic, elle tint la boutique jusqu’en 1968. À cette période, les collections étaient assez limitées : il y avait 3 ou 4 modèles de sac déclinés en trois couleurs seulement : noir, marron et bordeaux. La maison vendait également des gants et chapeaux assortis. Il était alors impensable de sortir sans gants et sans chapeau ni « en taille », c’est-à-dire sans veste ! Sa petite-fille se souvient que sa grand-mère l’accompagnait sur la place Vaillant-Couturier où se trouvait un manège à l’ancienne avec des chevaux de bois et une voiture bleue avec 4 volants factices pour les jeunes conducteurs. Ce manège était surnommé « à poux » bien que toutes les vérifications familiales de parasites au retour du manège se soient révélées négatives.

Les deux grands-pères de Catherine Carreau-Postaire travaillaient dans l’usine Boulanger (Christofle) : l’un, comme orfèvre tourneur sur argent, et l’autre comme cadre. Son père reprit la direction d’Air Line en 1968 alors que sa maman tenait une maroquinerie à Vitry.

La boutique en décembre 2015.
L'enfance de Catherine
Catherine affirme avec humour qu’elle est née « entre deux sacs ». En tout cas il lui arrivait à l’âge d’un an de mâchouiller du cuir. Quand elle avait 7 ans, son père déclare imprudemment qu’« elle vendra quand elle fera un paquet-cadeau ». Elle releva le défi dès le lendemain ! À 8-9 ans, elle tient la caisse après la classe. Elle va à « l’école Caltex », proche de la station-service 37 bis rue du Général Leclerc, remplacée depuis par un cabinet d’audit. L’école, à l’emplacement de la résidence actuelle du Bois-Vert, était proche d’une grande bâtisse bourgeoise délabrée et environnée de hautes ronces (centre administratif et immeubles d’habitation de nos jours). L’école fut démolie en 1964/65. Catherine Carreau-Postaire fréquenta ensuite l’école de garçons Voltaire A devenue mixte pour l’occasion. « Ce fut l’enfer », car rien n’était prévu pour les filles. Au collège 27 rue Renan, une femme remarquable, peintre et professeure de dessin fit voter ses élèves pour choisir le nom de l’établissement ; Matisse l’emporta ! La mixité toute récente posa problème aussi au lycée Michelet (Vanves) où les toilettes des filles furent installées dehors dans l’urgence et où les cours de gym pour filles étaient un défi toujours relevé par le professeur.

Souvenirs, souvenirs
Catherine, qui aurait aimé être professeur de sciences naturelles ou d’espagnol, reprit en fait la succession de son père à la boutique. Elle devait remplacer une vendeuse quelques semaines mais ce fut définitif car elle « adore son métier » et apprécie « le contact avec les gens ». En outre, elle a toujours su choisir sa marchandise. « Pas un ratage ! » jusqu’au bout où elle a écoulé tout son stock lors de la cessation d’activité au premier trimestre 2016.
Quelques souvenirs d’une clientèle présidentielle. Air Line a fourni 110 portefeuilles pour les chefs d’État et de gouvernement reçus lors d’une grande conférence internationale par le président Mitterrand. Sous la présidence de Jacques Chirac, ce furent les parapluies de l’Élysée. Ces parapluies de golf noirs étaient fabriqués spécialement à la Sofrap, installée à Aurillac (Cantal), capitale française du parapluie. D’un diamètre de 75 centimètres, ils ont une canne-poignée utilisée par les huissiers pour protéger des intempéries les personnalités, président inclus.

Outre sa présence souriante et efficace dans sa boutique, Catherine Carreau-Postaire présida de 1997 à février 2003, l’AICR (Association des commerçants-Issy-Corentin-Renan). « Ce fut beaucoup de travail mais une période très agréable ». C’est une figure marquante du quartier Corentin Celton qui passe la main après trois générations au service de l’élégance isséenne. Pour autant, elle saura trouver de nouvelles occupations tout autant au service de l’esthétique et de la joie de vivre. Texte et photos P. Maestracci

Dernière vitrine de Noël : décors blancs, des articles de couleur sombre avec des pointes de rouge et de bleu - une forme d'hommage aux valises tricolores vendues à l'origine ?

24 avril 2016

Marcel… 3e génération en soixante ans

1re génération
Garbis Karaboghossian, originaire du village d’Afion en Arménie, arrivé en France en 1950 à l’âge de 45 ans, s’installe à Issy avec son épouse, d’origine italienne. Il est d’abord coiffeur, boulevard Rodin où il crée parallèlement un atelier de fabrication artisanale de chaussures.

Marcel (à droite) dans les années 1950… 
En 1954, il décide d’acquérir un fonds de commerce, rue de la République, et ouvre le premier magasin arménien de chaussures de la ville. Il l’appelle « Marcel » en référence au surnom que lui ont donné ses amis français. Il y poursuit aussi son activité de « cordonnier ». Ses voisins sont alors le « Cours des Halles » de M. Papazian, et un fournil aujourd’hui disparus. Devant c’est la station d’autobus (ci-dessus). A l’époque, les fournisseurs en chaussures s’appellent Peter Kaiser (marque allemande), Pindière, Corinne.

2e génération
En 1972, Arthur le fils qui travaille déjà au magasin, succède à son père et à sa mère. Secondé par son épouse Josiane, Arménienne, il va tenir le commerce pendant plus de quarante ans ! Les fournisseurs évoluent et s’appellent dorénavant : Mephisto, Alexandira, Marco et autres Siux.

3e génération
Frank, le petit-fils, beaucoup plus attiré par le magasin que par l’école… participe dès l’âge de 8 ans à l’activité de ses parents et apprend ainsi, sur le tas, les méthodes de vente. Le 1er décembre 2009, après trois ans de travail en binome avec son père, Frank prend seul la responsabilité du magasin et poursuit avec bonheur l’œuvre familiale d’un commerce de proximité.
Actuellement, sa clientèle à 95% féminine, attachée au caractère « personnel » du magasin, vient souvent de très loin. Elle ne se doute pas que, sous cette discrète boutique, se trouve un immense sous-sol, s’étendant sous la pharmacie et la banque voisines, où s’accumulent des centaines de boites à chaussures… de quoi toujours la satisfaire !

Le magasin aujourd'hui… ©PCB
Ainsi, avec ses soixante ans d’existence, « Marcel » entre dans le club des plus anciens commerces de la ville. Denis Hussenot.

12 mars 2016

Robert F… 46 ans de chaussures !

© A. Bétry
La famille
Issu d’une famille rescapée du génocide arménien de 1915, Robert Fermanian (ci-contre) est né en 1939 en Algérie où ses parents s’étaient réfugiés après la Turquie et Athènes. Son père, bottier, aidé de sa mère piqueuse de tiges, tenait un atelier de fabrication de chaussures sur mesure. Durant toute son enfance, Robert vécut dans ce milieu de cuir, mettant même la main à la pâte. Mais sa nature sportive l’orientait davantage vers le football… au point de venir à Paris en 1956 pour y tenter une carrière footballistique ! Bien qu’assez doué pour ce sport, il fut contraint de l’abandonner pour des raisons familiales.
En 1968, suite à son mariage avec Olga, déjà Isséenne, Robert F. s’installe à Issy et décide, tout naturellement, de se lancer dans le commerce de chaussures pour hommes et femmes. C’est ainsi qu’en 1969, en lieu et place d’une agence du « Gaz de France », avenue Victor Cresson, en plein Centre Ville, il ouvre son magasin de chaussures.
La maison de luxe « Dior et Jourdan » lui propose de favoriser son installation à Issy. Mais les contraintes de la grande marque, sa soif d’indépendance et les conditions locales peu favorables à un commerce de luxe (Issy est encore une ville à majorité ouvrière), lui font refuser l’offre.

La boutique
Intérieur de la boutique.
Il appelle son magasin « Robert F»… F comme Fermanian mais aussi comme Frère, en souvenir de son frère aîné, mort pour la France en Algérie, en 1956. Il faudra trois bonnes années pour un véritable démarrage du commerce. En 1978, son épouse le rejoint au magasin pour l’aider dans le choix des modèles. Ils parcourent alors l’Italie (Milan, Venise, Florence) pour y trouver leurs fournisseurs : Siltana, Rosetti, Paluso.

En 1980, lors des élections municipales, Robert F. participe auprès de la communauté arménienne à la campagne électorale d’André Santini, qui remporte la mairie face à son adversaire Guy Ducoloné. Robert devient un représentant incontournable des Arméniens d’Issy. Il parraine la construction de l’église Apostolique arménienne et crée le club arménien de football.

C’est alors que la ville se développe et que « les grandes surfaces » s’installent à Issy ! … créant l’inquiétude chez les commerçants de proximité. Aussi, en 2008, pour les défendre se crée l’Association « Issy Mairie Commerce » (IMC) dont Robert F devient le président. Plusieurs événements (marchés du terroir, des producteurs, braderies, antiquaires) sont organisés par l’IMC pour animer le centre ville.

Aujourd’hui, après quarante-six ans d’existence, la boutique « Robert F » est très fréquentée par une clientèle toujours fidèle, à la recherche de grandes marques italiennes ainsi que Church ! Il est le plus ancien commerce de la ville. Denis Hussenot.

La boutique Robert F… avenue Victor Cresson, à Issy.