4 juin 2026

Deux papes à Issy ?

La réponse est à la fois oui et non. Une certaine ambiguïté est à l’origine de ce titre un peu volontairement provocateur.

OUI.
Un fait est certain, le pape Jean-Paul II est bien venu à Issy le 1er juin 1980 lors de son séjour en France durant trois jours. Ce premier dimanche de juin, après avoir assisté à la grand-messe au Bourget, il arrive à bord d’un hélicoptère Puma blanc et bleu du GLAM, baptisé Arc de Triomphe. L’appareil.se pose, à 16 h 10, dans le jardin du Séminaire. Le souverain pontife se rend ensuite à la chapelle où il préside une réunion de la Conférence épiscopale française en présence de 130 évêques. Après deux heures de huis clos, une collation lui est offerte avec l’ensemble de l’épiscopat.
Pendant ce temps, une foule nombreuse s’est massée dans la rue du Général-Leclerc. Sous la surveillance d’un service d’ordre attentif, elle patiente depuis de longues heures dans l’attente de la sortie du Saint-Père qui doit emprunter cette rue pour se rendre au Parc des Princes où il doit rencontrer la Jeunesse de France





Lorsqu’il apparaît enfin, dans la SM présidentielle, c’est sous des acclamations enthousiastes et ininterrompues qui l’accompagnent jusqu’à la disparition du cortège.
Ainsi s’achève cette journée mémorable que vous pouvez retrouver en visionnant le reportage du journal d’Antenne 2 (https://tinyurl.com/4u5swh8k).



NON.

Car un autre est bien venu à Issy… mais sans encore l’être.

En 1950, Monseigneur Angelo Giuseppe Roncalli,– futur Jean XXIII, élu le 28 octobre 1958, pour succéder à Pie XII.– passe un après-midi au Séminaire.

A cette époque, il est nonce apostolique en France, fonction qu’il occupe de fin 1944 à fin 1952. Il vient visiter l’établissement à l’occasion d’une journée portes ouvertes destinée au recrutement des séminaristes.


Sur le cliché pris au moment de son départ, on y distingue sa silhouette caractéristique, un document sous le bras, s’apprêtant à monter dans sa voiture de fonction, une Ford Mercury ornée du fanion de la cité vaticane. Derrière lui, dans l’ombre du porche, apparaît le supérieur général de Saint-Sulpice, Pierre Boisard.

A trente ans d’intervalle, deux hommes appelés à marquer l’histoire de l’Église ont franchi les portes du Séminaire d’Issy. L’un était déjà pape. L’autre le deviendrait quelques années plus tard.

Michel JULIEN

Photos : collection M. Julien