Mais elle a vécu aux Ier et IIe siècles de notre ère et n’a pas été impératrice. Il ne peut donc s’agir d’elle. Or c’est la seule sainte catholique de ce nom. La nôtre serait donc à chercher parmi les Eglises orthodoxes ou d’Orient, ce qui complique un peu. Ces Eglises sont nombreuses. Elles « sanctifient » de façon plus informelle que le monde catholique. Il ne s’y tient pas de procès en canonisation sous l’œil vigilant du pape. Les « saints locaux » sont nombreux.
Les coptes honorent ainsi le 2 septembre une sainte Eudoxie native de la région de Ménouf dans le delta du Nil. Née de parents chrétiens, là aussi à une époque où ce credo était interdit, elle ne craint pas d’afficher sa foi devant les autorités. Outré, le gouverneur particulièrement sadique se surpasse en cruautés de tout genre pour la faire abjurer. En vain. Elle aussi finit décapitée. Mais de nouveau, pas de lien avec une fonction impériale …
Une autre sainte Eudoxie, dite la Martyre, est originaire d’Anatolie. A l’issue d’une bataille ayant mal tourné, elle est déportée en Perse. Contrainte d’y servir d’esclave à un officier, elle trouve courage dans sa foi chrétienne. Elle convertit ses maîtres puis, de fil en aiguille, leurs voisins. Ce qui irrite au plus haut point les autorités locales. Arrêtée, elle est à son tour cruellement suppliciée puis décapitée. Elle est reconnue sainte par plusieurs Eglises orthodoxes qui célèbrent sa mémoire le 4 août. Mais elle a vécu au IVe siècle et n’a pas été impératrice, ce qui ne colle pas.
Ce serait donc notre sainte. Reste à savoir pourquoi la commune l’a choisie aux dépens de son homonyme d’Héliopolis plus connue. Peut-être parce qu’au contraire de cette dernière son existence est historiquement attestée ?
Signalons enfin qu’une de ses filles du même nom a aussi été impératrice au Ve siècle. Mais d’Occident, et sans avoir été reconnue sainte …
Ste Eudoxie impératrice, icône du Xe siècle
P. Baland