26 octobre 2013

Les Galpérine : la plume et l'archet


La famille Galpérine, Élise (ci-dessous) et Alexis, habite une cité des années 1930, après avoir vécu dans le 15e arrondissement de Paris et à Vanves. Elle cherchait à se loger dans les environs de Corentin Celton car leurs aînés fréquentaient les écoles maternelle et primaire Voltaire A et B (voir rubrique Les quartiers). En outre, la facilité des transports en commun et l’équidistance entre les résidences des grands-parents ont pesé sur leur choix.

La résidence

C’est ainsi qu'ils se sont installés dans un appartement des rues Matrat et Voisembert, tout proche du Parc des Expositions de Paris. « C’est un ensemble conçu comme celui des cités idéales, avec une volonté d’autonomie ». Il y avait un projet de piscine en sous-sol et de centrale électrique alimentée par l’incinération des déchets organiques. Le système Garchey était alors rare et imité des États-Unis. Sous chaque évier, une cuve en entonnoir avec broyeur envoyait les déchets en bas dans une énorme cuve. Un employé portant cuissardes gérait le tout et alimentait la chaudière. Moustiques en été, odeur puissante de la macération et de la décomposition des déchets : le système a été supprimé pour insalubrité à la fin du XX siècle. L’électricité fut aussi produite tant qu’EDF ne pas fit valoir son monopole.

Élise Galpérine. Ph. P. Maestracci.
Cet ensemble résidentiel offrait, plus rare encore dans les années 1930, deux étages de parking en sous-sol. L’automobile était ainsi intégrée à l’architecture. Ces parties communes favorisaient « une circulation secrète ». Si les façades sont modernes, l’intérieur des immeubles est plus classique : portes palières à double battant, volumes spacieux, chambres de bonnes etc. Paradoxalement, des éléments tels que portes et fenêtres de ces immeubles bourgeois sont identiques à ceux d’ immeubles HLM parisiens.
Les immeubles ont vieilli, à telle enseigne que dans le téléfilm l'Âge des passions du réalisateur suisse Claude Goretta, l'épisode sur le voyage de Sartre et de Simone de Beauvoir à Moscou fut tourné dans les deux rues Matrat et Voisembert. Une banderole ornée du portrait de Lénine avec marteau et faucille barrait la rue. Les bâtiments étaient un décor crédible mais, depuis, un ravalement a permis de retrouver la beauté originelle des façades. Parmi les résidents, il y eut longtemps de nombreux Russes et des officiers français.

Le couple.

Son mari Alexisvioloniste virtuose, a suivi les cours de Geneviève Joy, remarquable professeur de musique de chambre au Conservatoire de Paris. Elle était l’épouse du célèbre compositeur Henri Dutilleux récemment décédé. Le couple a vécu un certain temps rue Claude Matrat avant de déménager dans le centre de Paris.


Des coupons de tissus, un châle (photo en haut)…
L'amour des tissus ne la quitte jamais. Ph. P. Maestracci
Élise est chargée de cours à l’Université Paris-Descartes à Malakoff où elle enseigne le droit anglais. De temps à autre, elle donne aussi des cours à Abu Dhabi. Comme si cela ne suffisait pas, elle écrit et a participé au Salon du Livre Isséen les 23 et 24 février 2013 qui se tenait à la Médiathèque Centre-ville. Elle y présentait son premier livre Le murmure des tissus (éditions Nicolas Chaudun, 2010). Deux extraits évoquent l’historie isséenne. Le premier : « Henri Matisse et les tissus » (page 42). Rappelons que Matisse a vécu à Issy-les-Moulineaux de 1909 à 1919 ; il y a peint en particulier son jardin (voir rubrique Histoire-Personnages). Le second (page 44) : « Dans les premiers temps, les aéronefs, légères structures de bois étaient tendus de toile… ». Comment ne pas penser au terrain de manœuvres tout proche et les débuts de l’aviation (voir rubrique Aviation)  ? Terminons par une citation, à lire page 79 pour le plaisir, montrant aussi la virtuosité de l’écriture : « Chemiser un moule à gâteau ; coudre une volaille, tapisser une terrine. Bonheur du jour : hélas, c’est un meuble ! ».
Le second livre La folie Giovanna est paru chez le même éditeur en 2011. Le thème porte sur les relations complexes dans une fratrie.


Au Salon du livre isséen, février 2013. Ph. P. M
Élise n’envisage nullement de quitter sa commune qui « offre la particularité de vivre dans une petite ville et dans un département qui n’est pas Paris…un sentiment de proximité pour avoir des relations, des rencontres autour des enfants…avec beaucoup de plaisir ».  P. Maestracci avec l’aide précieuse de M. Millet.

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