13 octobre 2013

Histoires de rue : la rue Hoche


Carte postale de 1915.  L’immeuble à droite n’a pas changé. La boutique dans l’angle avait une enseigne évocatrice sous forme de couronne mortuaire. Il est fréquent de trouver des boutiques de pompes funèbres près des mairies ! Le petit bâtiment à gauche, protégé par une marquise, a disparu remplacé par un immeuble résidentiel.

La rue Hoche, dans le quartier Centre Ville, a d’abord porté le nom de rue des Sablons comme en attestent plusieurs plaques de rues encore en place. Cette ancienne appellation s’explique par la présence du sable dans l’ancien lit de la Seine. Il est d’ailleurs heureux que la rue Hoche ait échappé de peu à la grande inondation de janvier-février 1910 !

Le général Lazare Hoche (1768-1797).
Gravure de Raffet.
Le 21 avril 1894, le Conseil Municipal rebaptise la rue et lui donne le nom de Lazare Hoche,  né à Versailles en 1768 et mort en Prusse en 1797 (à gauche). « Politique habile et grand militaire, avide de renommée, jeune et adoré des troupes, Hoche était, parmi tous les généraux du temps, le rival le plus dangereux pour Bonaparte », dit de lui M. de Norvins, auteur d'une Histoire de Napoléon parue en 1840.

La rue est plus ou moins parallèle à l’axe majeur le plus ancien de la commune (rue du Général Leclerc et avenue Victor Cresson). Initialement, elle mesurait 660 mètres entre le boulevard Galliéni et la rue Victor Hugo. Elle traverse l’ancien Parc des Oiseaux qui fut loti au XIXe siècle et, dans une moindre mesure, remplacé par le square Bonaventure Leca, qui se situe derrière l’Hôtel de Ville. La construction du CNET a amputé la rue Hoche de 110 mètres ; elle débouche dorénavant dans un carrefour en « T » sur la rue Horace Vernet. Cette rue réaménagée avec une piste cyclable sur sa plus grande partie il y a quelques années présente une grande diversité de bâtiments de part et d’autre.

Carte postale de 1911 (collection privée). Vue du sud vers le nord. 
Dans l’angle à gauche, on reconnaît (ci-dessus) la vitrine imposante du chocolatier Vinay hélas disparu. À droite au croisement des rues Hoche et Kléber, la grande maison en meulière du docteur Tariel existe toujours ainsi que son jardin.

Carte postale. Vue vers l'esplanade de la Mairie, au n°21.
On découvre une majorité de maisons à un étage (ci-dessus). Les immeubles de trois étages à l’angle de la rue Hoche avec la rue Diderot puis la rue Marceau au fond à gauche existent toujours. La cheminée d’une usine se détache sur le ciel à gauche. Cette usine fut désaffectée et l’endroit devint un bidonville remplacé par des immeubles résidentiels et le mail Menand (merci à l’Isséen qui m’a renseignée au passage).

La maison rouge, au n°38. © P. Maestracci.
Cette modeste maison basse aux volets verts est abandonnée et ses ouvertures murées depuis plusieurs années. Les deux escaliers menant à la porte condamnée de la cave ou vers le jardin à gauche mettent en évidence une dénivellation de plus de deux mètres par rapport au niveau actuel de la rue. Le jardin est retourné à l’état sauvage même si le cerisier persévère à porter des fruits. Elle demeure le témoin d'un passé que les cartes postales nous font revivre. P. Maestracci

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