29 octobre 2013

L'étrange appareil volant de M. Dekran-Aram sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux


© Agence Roll/BNF
L'inventeur Dekran-Aram à Issy-les-Moulineaux.  ©Roll/BNF

1er novembre 1913. C'était il y a un siècle ! Un inventeur oriental, du nom de Dekran-Aram - dont on ne sait pas grand chose - expérimente sur le champ de manœuvres d'Issy-les-Moulineaux un appareil pour le moins étrange : une boite capitonnée cylindrique, de 2m,50 de hauteur, larguée d'un ballon sphérique (ci-dessous). Il explique aux journalistes présents qu'il s'agit d'un appareil de secours pour les pilotes d'avion - une sorte de parachute. Il y installe des animaux et l'expérience peut débuter.

© Agence Roll/BNF
La nacelle sous le ballon. © Roll/BNF
Elle sera loin d'être concluante, comme le relate Le Petit Parisien le jour suivant :  "L'ensemble pesait 250 kilos, nous dit-on. Envoyé à bord d'un ballon sphérique, l'appareil fut lâché à environ 90 mètres de hauteur. Il vint s'écraser en partie sur le sol détrempé de l'aérodrome. L'inventeur alors se précipita seul sous son engin, souleva une des toiles, pénétra à l'intérieur et en sortit ses animaux." Le reporter continue : "Le pigeon paraissait étourdi, l'oie de même ainsi que le mouton [ci-dessous]. Le petit cochon, lui, s'enfuit en courant." Conclusion : "Pratiquement, cet appareil de sauvetage aérien paraît devoir être inapplicable parce que trop important, trop lourd".


© Agence Roll/BNF
Dekran-Aram récupère son mouton. ©Roll/BNF

De fait, on n'entendit plus jamais parlé de M. Dekran-Aram. Mais on garde de bien belles photographies de "l'arche de Noé aérienne" (le titre du Petit Parisien) de Dekran-Aram ! PCB

26 octobre 2013

Les Galpérine : la plume et l'archet


La famille Galpérine, Élise (ci-dessous) et Alexis, habite une cité des années 1930, après avoir vécu dans le 15e arrondissement de Paris et à Vanves. Elle cherchait à se loger dans les environs de Corentin Celton car leurs aînés fréquentaient les écoles maternelle et primaire Voltaire A et B (voir rubrique Les quartiers). En outre, la facilité des transports en commun et l’équidistance entre les résidences des grands-parents ont pesé sur leur choix.

La résidence

C’est ainsi qu'ils se sont installés dans un appartement des rues Matrat et Voisembert, tout proche du Parc des Expositions de Paris. « C’est un ensemble conçu comme celui des cités idéales, avec une volonté d’autonomie ». Il y avait un projet de piscine en sous-sol et de centrale électrique alimentée par l’incinération des déchets organiques. Le système Garchey était alors rare et imité des États-Unis. Sous chaque évier, une cuve en entonnoir avec broyeur envoyait les déchets en bas dans une énorme cuve. Un employé portant cuissardes gérait le tout et alimentait la chaudière. Moustiques en été, odeur puissante de la macération et de la décomposition des déchets : le système a été supprimé pour insalubrité à la fin du XX siècle. L’électricité fut aussi produite tant qu’EDF ne pas fit valoir son monopole.

Élise Galpérine. Ph. P. Maestracci.
Cet ensemble résidentiel offrait, plus rare encore dans les années 1930, deux étages de parking en sous-sol. L’automobile était ainsi intégrée à l’architecture. Ces parties communes favorisaient « une circulation secrète ». Si les façades sont modernes, l’intérieur des immeubles est plus classique : portes palières à double battant, volumes spacieux, chambres de bonnes etc. Paradoxalement, des éléments tels que portes et fenêtres de ces immeubles bourgeois sont identiques à ceux d’ immeubles HLM parisiens.
Les immeubles ont vieilli, à telle enseigne que dans le téléfilm l'Âge des passions du réalisateur suisse Claude Goretta, l'épisode sur le voyage de Sartre et de Simone de Beauvoir à Moscou fut tourné dans les deux rues Matrat et Voisembert. Une banderole ornée du portrait de Lénine avec marteau et faucille barrait la rue. Les bâtiments étaient un décor crédible mais, depuis, un ravalement a permis de retrouver la beauté originelle des façades. Parmi les résidents, il y eut longtemps de nombreux Russes et des officiers français.

Le couple.

Son mari Alexisvioloniste virtuose, a suivi les cours de Geneviève Joy, remarquable professeur de musique de chambre au Conservatoire de Paris. Elle était l’épouse du célèbre compositeur Henri Dutilleux récemment décédé. Le couple a vécu un certain temps rue Claude Matrat avant de déménager dans le centre de Paris.


Des coupons de tissus, un châle (photo en haut)…
L'amour des tissus ne la quitte jamais. Ph. P. Maestracci
Élise est chargée de cours à l’Université Paris-Descartes à Malakoff où elle enseigne le droit anglais. De temps à autre, elle donne aussi des cours à Abu Dhabi. Comme si cela ne suffisait pas, elle écrit et a participé au Salon du Livre Isséen les 23 et 24 février 2013 qui se tenait à la Médiathèque Centre-ville. Elle y présentait son premier livre Le murmure des tissus (éditions Nicolas Chaudun, 2010). Deux extraits évoquent l’historie isséenne. Le premier : « Henri Matisse et les tissus » (page 42). Rappelons que Matisse a vécu à Issy-les-Moulineaux de 1909 à 1919 ; il y a peint en particulier son jardin (voir rubrique Histoire-Personnages). Le second (page 44) : « Dans les premiers temps, les aéronefs, légères structures de bois étaient tendus de toile… ». Comment ne pas penser au terrain de manœuvres tout proche et les débuts de l’aviation (voir rubrique Aviation)  ? Terminons par une citation, à lire page 79 pour le plaisir, montrant aussi la virtuosité de l’écriture : « Chemiser un moule à gâteau ; coudre une volaille, tapisser une terrine. Bonheur du jour : hélas, c’est un meuble ! ».
Le second livre La folie Giovanna est paru chez le même éditeur en 2011. Le thème porte sur les relations complexes dans une fratrie.


Au Salon du livre isséen, février 2013. Ph. P. M
Élise n’envisage nullement de quitter sa commune qui « offre la particularité de vivre dans une petite ville et dans un département qui n’est pas Paris…un sentiment de proximité pour avoir des relations, des rencontres autour des enfants…avec beaucoup de plaisir ».  P. Maestracci avec l’aide précieuse de M. Millet.

22 octobre 2013

Honoré d'Estienne d'Orves, un Isséen Français libre

Le 29 août 1941, au Mont-Valérien le capitaine de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves et ses camarades du réseau Nemrod sont fusillés. Qui est cet illustre personnage dont on rencontre le nom dans de nombreuses villes de France, dont notre commune ?

© XDR
Honoré d'Estienne d'Orves (1901-1941),  compagnon de la Libération,
a rejoint Londres et les Forces françaises libres en 1940. © XDR 
Né quarante ans plus tôt, en 1901, issu d’une famille catholique « traditionaliste », cousin germain de Louise de Vilmorin, il est aussi cousin d’Antoine de Saint-Exupéry, l'auteur du Petit Prince. A sa sortie de Polytechnique, Honoré choisit la Royale, notre marine nationale. S’en suit la formation embarquée sur le croiseur Jeanne d’Arc, navire école. En octobre 1929, il épouse Eliane et, en mai 1932, s’interrompt la navigation pour la préparation à l’Ecole de guerre. Naissent Marguerite en juillet 1930, Monique en décembre 1931 et Rose en 1934. 

© Alain Bétry
Issy-les-Moulineaux. Gerbe du souvenir au pied
de son immeuble, 6 rue Edouard Voisembert.
© A. Bétry
C’est l’époque où la famille s’installe à Issy-les-Moulineaux : Marc, le fils unique, naît le 8 novembre 1937, après le front populaire de 1936, et la sortie de l’Ecole de Guerre. L’appel du large conduit l'officier dans les eaux chaudes de Méditerranée, aux côtés des Britanniques stationnés et bloqués dans la baie d’Alexandrie.

Le 3 septembre 1939, la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne.  Le 17 juin 40 Pétain marmonne, le 18 de Gaulle claironne. Après dix-neuf ans de bons et loyaux services, d’Estienne d’Orves, toujours bloqué à Alexandrie, rejoint Londres. Non sans mal car il est désormais déserteur et  passible de la justice militaire. Parvenu à destination, il est le 13e dans la liste des FNFL (Forces navales françaises libres). Son nom de code est Chateauvieux, et, comme tous les militaires arrivant à Londres, il gagne une case ; de lieutenant de vaisseau, il devient capitaine de vaisseau, le 30 septembre 1940. 
Nommé chef du 2e Bureau de l’état-major de la France libre le 10 octobre, il se trouve aux côtés d’un autre polytechnicien : André Dewavrin, plus connu sous le nom de Passy. Rapidement Chateauvieux se met en tête, malgré les avis contraires de bon nombre de ses amis : Passy, Maurice Schumann et René Cassin, de créer un réseau de contacts et de lui-même mener une activité d’agent en France occupée. Malgré l’avis de l’amiral Muselier, commandant les FNFL, de Gaulle lui donne le feu vert.

Timbre sorti en 1957.
A bord de la Marie-Louise, un bateau de pêche, le patron du 2e Bureau et son radio, équipé d’un poste portatif de 30 kg, rejoignent Plogoff le 21 décembre 1940. L’équipe s’installe à Nantes. Du 6 au 19 janvier 1941, Chateauvieux prend des contacts sur Paris. Gaessler, son radio, choisi parce qu’il parlait allemand, trouvant intéressant de raconter sa vie à l’occupant, provoqua leur arrestation dans la nuit du 21 au 22 janvier. 
Incarcération à Berlin,  retour à Fresnes, puis six mois des négociations qui s’achèvent le jour où le résistant communiste Pierre Georges, connu sous le nom de colonel Fabien,  abat à Paris à la station de métro Barbès un officier allemand. Résultat de l’opération : cent otages, dont Honoré d’Estienne d’Orves, sont fusillés pour cet acte isolé de résistance le 29 août au Mont-Valérien.

© Alain Bétry
Quartier Centre-Ville. © A. Bétry
Il est inhumé à Verrières-le-Buisson. Il sera nommé Compagnon de la Libération au lendemain de la guerre. Il ne porte pas l’appellation de résistant, malgré le timbre à son effigie (à gauche) ou les plaques de rue (à droite).

Pour mémoire : Churchill reconnaît de Gaulle et les Forces françaises libres le 27 juin 1940. Les Français, hommes ou femmes, ayant rejoint l’Angleterre sont : 7 000 en août 1940 - 50 000 fin 1941 – 70 000, dont 15 000 en Libye, en juillet 1942. La liste des FFL a été clôturée le 1er août 1943, après la fusion des Forces françaises libres avec l’Armée d’Afrique le 31 juillet 1943, et par décret du 22 octobre 1943. .A.B.

Pour en savoir plus :
http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_destienne_henri.htm

19 octobre 2013

Séquence nostalgie : l'ancienne école Voltaire

École Voltaire A (pour les garçons). Une rue, aujourd'hui disparue, longeait le bâtiment à 3 étages. Coll. Particulière.

Alors que débutent les vacances de la Toussaint, petit retour sur l'histoire de l'école Voltaire A (pour les garçons), dans le quartier Centre Ville-Corentin Celton.
L’ancienne école tenait son nom de la place éponyme située à un carrefour stratégique entre la route de Versailles (rues Ernest Renan et du Général Leclerc) et du chemin de Grande Communication (boulevards Voltaire et Gambetta). C’est le centre de la vie isséenne jusqu’au déplacement de la mairie en 1895. Quant à la place, elle s’appelle Paul Vaillant-Couturier depuis 1937. 

L'Ecole au fond ; à gauche, la petite maison du gardien. © Pierre Fallourd

L'école de quatre classes est reconstruite en 1876 à l’emplacement d’une autre école communale plus ancienne. La construction coûte alors 66 443,53 francs avec un léger dépassement du devis. De l’autre côté de la rue sont bâties une école de filles (future Voltaire B) et une école maternelle. N’en subsiste que l’Espace Savary construit par l’architecte Delaire en 1910.


Photo de classe CE2, années scolaire 1962-63.
Coll. Ch. Legay/Copains d'Avant.

L’école Voltaire A est par la suite agrandie et devient mixte. Bâtiment de 3 étages sur cour de récréation en briques avec des bandeaux de pierre blanche soulignant l’horizontalité de l’ensemble (photo et carte postale ci-dessus). Le dernier étage semble avoir été surélevé par la suite. L’entrée pour les élèves et les enseignants se faisait par le pavillon du gardien à gauche. En revanche, la grille séparant la cour de la place comportait un portail pour les véhicules.


Démolition de l'école en 2000.  Pierre Fallourd.


Lors de la rénovation de l’hôpital et de la place en 2000, l’école Voltaire A est démolie (photos ci-contre), puis reconstruite entre les rues Maurice Champeau, Guynemer, Séverine et allée Saint-Sauveur. A son emplacement, s'élève un immeuble résidentiel donnant sur la place et le parvis de l‘hôpital, devenus des espaces piétonniers. 
Démolition. Au fond, le clocher de l'espace Saint-Sauveur.
© Pierre Fallourd


Les photographies ont été prises lors de la démolition par M. Pierre Fallourd qui a gentiment décidé de les faire connaître à Historim. Qu’il en soit profondément remercié.  P. Maestracci






13 octobre 2013

Histoires de rue : la rue Hoche


Carte postale de 1915.  L’immeuble à droite n’a pas changé. La boutique dans l’angle avait une enseigne évocatrice sous forme de couronne mortuaire. Il est fréquent de trouver des boutiques de pompes funèbres près des mairies ! Le petit bâtiment à gauche, protégé par une marquise, a disparu remplacé par un immeuble résidentiel.

La rue Hoche, dans le quartier Centre Ville, a d’abord porté le nom de rue des Sablons comme en attestent plusieurs plaques de rues encore en place. Cette ancienne appellation s’explique par la présence du sable dans l’ancien lit de la Seine. Il est d’ailleurs heureux que la rue Hoche ait échappé de peu à la grande inondation de janvier-février 1910 !

Le général Lazare Hoche (1768-1797).
Gravure de Raffet.
Le 21 avril 1894, le Conseil Municipal rebaptise la rue et lui donne le nom de Lazare Hoche,  né à Versailles en 1768 et mort en Prusse en 1797 (à gauche). « Politique habile et grand militaire, avide de renommée, jeune et adoré des troupes, Hoche était, parmi tous les généraux du temps, le rival le plus dangereux pour Bonaparte », dit de lui M. de Norvins, auteur d'une Histoire de Napoléon parue en 1840.

La rue est plus ou moins parallèle à l’axe majeur le plus ancien de la commune (rue du Général Leclerc et avenue Victor Cresson). Initialement, elle mesurait 660 mètres entre le boulevard Galliéni et la rue Victor Hugo. Elle traverse l’ancien Parc des Oiseaux qui fut loti au XIXe siècle et, dans une moindre mesure, remplacé par le square Bonaventure Leca, qui se situe derrière l’Hôtel de Ville. La construction du CNET a amputé la rue Hoche de 110 mètres ; elle débouche dorénavant dans un carrefour en « T » sur la rue Horace Vernet. Cette rue réaménagée avec une piste cyclable sur sa plus grande partie il y a quelques années présente une grande diversité de bâtiments de part et d’autre.

Carte postale de 1911 (collection privée). Vue du sud vers le nord. 
Dans l’angle à gauche, on reconnaît (ci-dessus) la vitrine imposante du chocolatier Vinay hélas disparu. À droite au croisement des rues Hoche et Kléber, la grande maison en meulière du docteur Tariel existe toujours ainsi que son jardin.

Carte postale. Vue vers l'esplanade de la Mairie, au n°21.
On découvre une majorité de maisons à un étage (ci-dessus). Les immeubles de trois étages à l’angle de la rue Hoche avec la rue Diderot puis la rue Marceau au fond à gauche existent toujours. La cheminée d’une usine se détache sur le ciel à gauche. Cette usine fut désaffectée et l’endroit devint un bidonville remplacé par des immeubles résidentiels et le mail Menand (merci à l’Isséen qui m’a renseignée au passage).

La maison rouge, au n°38. © P. Maestracci.
Cette modeste maison basse aux volets verts est abandonnée et ses ouvertures murées depuis plusieurs années. Les deux escaliers menant à la porte condamnée de la cave ou vers le jardin à gauche mettent en évidence une dénivellation de plus de deux mètres par rapport au niveau actuel de la rue. Le jardin est retourné à l’état sauvage même si le cerisier persévère à porter des fruits. Elle demeure le témoin d'un passé que les cartes postales nous font revivre. P. Maestracci

10 octobre 2013

Lartigue photographie les avions à Issy


Autoportrait. L'Isle-Adam.

"Je ne suis pas photographe, écrivain, peintre. Je suis empailleur des choses que la vie m'offre en passant."  Ou encore : "Je suis triste de ne pouvoir photographier les odeurs. J'aurai voulu, hier, photographier celles de l'armoire à épicerie de Grand-Mère". Ainsi s'exprime Jacques-Henri Lartigue qui excella aussi bien dans la photographie que dans la peinture.

C'est à 8 ans que Jacques-Henri Lartigue (il est né le 13 juin 1894) reçoit de son père en cadeau un appareil-photo. Il n'aura de cesse tout au long de sa vie de retranscrire en image tout ce qui l'entoure, sensible au mouvement, au temps qui passe. A partir de 1907, alors qu'il n'a que 14 ans, il prend l'habitude d'accompagner son frère aîné Maurice sur le champ de manœuvres d'Issy, transformé en terrain d'aviation. Pendant sept ans, jusqu'à la veille de la guerre de 1914, il va photographier les prouesses des uns, les accidents des autres, approcher tous les grands aviateurs de l'époque : Gabriel Voisin, Santos Dumont, les frères Caudron, les frères Farman, Roland Garros…

Issy-les-Moulineaux. Chute d'un monoplan Thoman, 9 février 1911.
J.-H. Lartigue / BNF.

Ces centaines de clichés ont fait l'objet d'une exposition au Musée français de la carte à jouer : les Envols : Jacques Henri Lartigue et les débuts de l'aviation.

Alfred Agostinelli. © XDR
Sur Proust, le photographe écrit : « La Recherche est effrayante comme une cathédrale. Une cathédrale construite par un architecte unique, sculptée par un seul sculpteur dont on ne sait s’il est éveillé ou s’il dort  ». L'écrivain et le photographe ont tous deux été fascinés par l'instantané, le mouvement, la technique - l'auto ou l'avion. Dans La Recherche, Proust raconte "J'étais prêt à pleurer du moment que j'avais reconnu que le bruit venait d'au-dessus de ma tête, - les aéroplanes étaient encore rares à cette époque - à la pensée que ce que j'allais voir pour la première fois c'était un aéroplane. Alors, comme quand on sent venir dans un journal une parole émouvante, je n'attendais que d'avoir aperçu l'avion pour fondre en larmes." Marcel Proust aura une bien affreuse expérience avec l'avion. Tombé amoureux de son secrétaire Alfred Agostinelli, passionné d'aviation, il lui offre des cours de pilotage. Sans doute à Issy puisqu'ils habitent Paris. Et c'est aux commandes d'un avion, le 30 mai 1914, au large d'Antibes que ce dernier qui avait fui l'écrivain, trop entreprenant, trouvera la mort, à 26 ans, noyé.

En 1979, Jacques-Henri Lartigue fait don à l'Etat français de l'intégralité de ses photographies. Aujourd'hui conservées dans ce qui est devenue la Donation Jacques Henri Lartigue :  http://www.lartigue.org/index.php
Un témoignage passionnant sur Issy-les-Moulineaux, en tant que berceau de l'aviation. PCB.

7 octobre 2013

Intermarché fête son anniversaire

Et oui, c'est en 1973 que le nom Intermarché est choisi pour cette chaîne de magasins. En voici l'histoire. Intimement liée à Issy-les-Moulineaux.

« Voir baisser le prix de la vie, voilà aujourd’hui le grand souci des Français. On y pense, va-t-on y arriver ? » C’est ainsi que s’exprime Edouard Leclerc le 17 novembre 1959, lors de l'inauguration à Issy-les-Moulineaux de son premier magasin en région parisienne, le Centre Leclerc Paris n°1 (ci-dessous).

© AFP
Issy, 17 novembre 1959. Inauguration du premier centre Leclerc
de la région parisienne. © AFP

Dix ans auparavant, Edouard Leclerc a ouvert à Landernau, sa ville natale dans le Finistère, la première épicerie vendant à prix de gros les marchandises achetées directement aux fabricants. Un concept qu’il décide donc de développer. Il confie la gestion de ce magasin isséen à Jean-Pierre Le Roch, un jeune Breton expatrié au Brésil, qui vient de rentrer en France. Les journalistes sont nombreux et cette surmédiatisation de l’événement provoque un engouement immédiat des clients. Très vite, les magasins se multiplient dans toute la France.

© XDR
Septembre 1969. Jean-Pierre Le Roch crée le groupe des Ex. © XDR

© XDR
2013. Thierry Cotillard,
directeur d'Intermarché
à Issy-les-Moulineaux. ©XDR
Dix ans plus tard, en septembre 1969, Jean-Pierre Le Roch n’étant plus d’accord avec la politique commerciale du groupe Leclerc, prend son indépendance, entraînant avec lui 95 magasins. Il devient le président d’un nouveau groupe, les Ex, rebaptisé Intermarché en 1973. C'était il y a 40 ans.

Aujoud’hui, l’Intermarché d’Issy-les-Moulineaux, installé rue Galliéni, est toujours géré par un Mousquetaire breton (à droite), qui annonce, d’ores et déjà l’ouverture en mai 2014 d’un second magasin dans la commune, qui fera snack et drive.  PCB.