19 mars 2017

Vaugirard, une rue d'Issy

Cette petite rue (moins de 100 mètres de long) sert de limite entre Issy-les-Moulineaux et Meudon. Hasard ou ironie de l’Histoire, elle se trouve à l’exact opposé de la rue parisienne. Celle-ci, nettement plus connue, est d’ailleurs aussi la plus longue de la capitale avec ses 4,360 km.

Ces deux rues du même nom rendent hommage à l’abbé Gérard ou Girard de Moret qui est à l’origine d’une paroisse à Valboitron ou Vauboitron sur un territoire, dépendant comme Issy, de l’abbaye de Saint-Germain des Prés au Moyen Âge. En 1256, Gérard de Moret, abbé de Saint-Germain-des-Prés, décide d'y faire bâtir une maison de repos pour abriter ses moines malades et une chapelle. Bientôt, un hameau voit le jour. Il est appelé Vallis Gerardis par ses habitants en l'honneur de l'abbé fondateur.
En 1342, ce territoire est érigé en paroisse indépendante alors que ses habitants relevaient jusqu’alors d’Issy. Elle prend le nom de Vaugirard devenu le 15e arrondissement parisien en combinant le nom de Val et de Girard. 

Une fable de La Fontaine, Le singe et le dauphin, y fait référence :

De telles gens,il est beaucoup 
Qui prendraient Vaugirard pour Rome 
Et qui, caquetants au plus dru, 
Parlent de tout, et n’ont rien vu. 


La rue isséenne de Vaugirard, méconnue et sans une plaque avec son nom, est cependant fréquentée depuis longtemps. Elle est déjà tracée sur les cartes du XVIIIe siècle, car elle est à la limite entre la Ferme des Moulineaux et le Bas-Meudon. 
De nos jours, elle permet aux véhicules descendant la Route des gardes ou de l’avenue de Verdun de passer vers le quai de la Bataille de Stalingrad.  Sur cette photo (ci-dessus),  un parking « spontané » a remplacé un ancien immeuble d’habitation qui était dégradé faute d’entretien. Sa démolition a permis l’élargissement de cette artère très fréquentée dont le nom est le plus souvent ignoré.
Derrière les voitures, apparaît le mur latéral du dernier immeuble de l’avenue de Verdun. Le seul immeuble d’habitation du trottoir isséen est récent et se trouve au seul numéro de la rue : le n°4 !
On aperçoit le pont du tram T2 et au-delà de l’Île Saint Germain, des immeubles boulonnais sur la rive droite de la Seine.
Texte et photographie : P. Maestracci

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