15 février 2013

Issy-les-Moulineaux vu du ciel

Les vues plongeantes étaient autrefois nettement moins nombreuses que de nos jours et n’ont évidemment rien de commun avec les images satellites. Cartes et plans, voire dessins et peintures, ont longtemps été les seuls à donner une représentation du sol vu d’un point de vue élevé. La photographie et l’aviation, filles des XIXe et XXe siècles, ont permis d'apprécier différemment les paysages. Comme l'on peut s'en rendre compte avec ces documents.
Il s’agit essentiellement de photographies pour cartes postales prises des hauteurs d’Issy-les-Moulineaux et de Meudon, le quartier des Moulineaux étant de ce fait privilégié. Une photographie aérienne permet une vue plongeante nettement mieux marquée mais écrase le relief.

Panorama sur la plaine d’Issy 

Carte postale. Coll. privée
Carte postale. Coll. Privée

La photographie est prise des hauteurs de Meudon vers le nord et le quartier des Moulineaux. L’emprise au sol de Gévelot occupe plusieurs hectares. Les bâtiments longs en briques avec appareillage en pierre alternent avec de hautes cheminées. Les arches de la ligne ferroviaire (RER) sont visibles en arrière-plan ainsi que la Tour Eiffel à droite. Les tours et la coupole de l’ancien Palais de Trocadéro disparu dans les années 1930, se détachent sur la ligne d’horizon


Panorama sur la Seine pris de Bellevue

Carte postale. Coll. privée
Carte postale. Coll. privée.

Ce même quartier des Moulineaux est photographié sous un angle différent avec une vision panoramique plus large. En contrebas du funiculaire de Meudon, au premier plan, aujourd’hui disparu, quelques immeubles se trouvent le long du fleuve. À l’extrémité de l’Île Seguin, le terrain du Tir aux Pigeons tout près de la cartoucherie Gévelot ! Quelques immeubles sont visibles à gauche sur la rive boulonnaise. 
L’Île Saint-Germain est encore très boisée, même si une route épouse son tracé arrondi au sud de l’île pour desservir de rares maisons. En revanche sur la rive isséenne, des immeubles sont assez nombreux au milieu des maisons. Pourtant, les arches de la ligne Paris-Versailles se détachent encore au loin alors que les cheminées de Gévelot sont plus imposantes en bord de Seine. Sur la hauteur boisée à droite de l’image, se dessine clairement l’enceinte du Fort d’Issy.


Le Séminaire 

Photo de Collin et Chrétien de Loye, publiée dans le Séminaire Saint-Sulpice
d'Issy
(46p.) - ni date, ni lieu d'édition, un ouvrage distribué entre les deux-guerres
aux jeunes séminaristes..

Au premier plan à gauche, la patte formée par les 3 rues convergeant vers la place de la Fontaine qui est à l’ombre car le cliché a été pris dans l’après-midi. On retrouve au milieu la rue Minard dont la pente est insoupçonnable ainsi vue de haut, à gauche la rue de Vanves et à droite la rue Renan.
Dans cette rue à droite, les bâtiments de l’établissement scolaire Saint-Nicolas qui ont été rasés et remplacés, à la fin du XXe siècle, par plusieurs résidences dont l’une a conservé l’ancienne porte monumentale. La rue Vaudétard à peine visible a été élargie et prolongée vers le boulevard Voltaire, ce qui a entraîné la disparition de plusieurs bâtiments visibles sur le cliché. Le Grand Séminaire et sa chapelle depuis la fin des travaux de restauration ont retrouvé leur éclat d’origine.
Les espaces verts occupent une partie notable de la photographie. D’abord les jardins à la française du Séminaire ; ensuite, de l’autre côté de la rue Minard un parc aux allées rayonnantes dont la partie médiane correspond à l’actuel parc du Bienheureux Jean-Paul II et le haut au Foyer de la Solitude, proche de l’église Saint-Étienne. Enfin, à droite, un troisième parc jouxtant une maison de retraite et dont une zone le long de la rue est occupée de nos jours par l’Hôpital Suisse de Paris. En revanche, les jardins maraîchers sur le bord droit ont disparu après la guerre ; il y a dorénavant des immeubles d’habitation et le Centre administratif. 

P. Maestracci

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