30 mars 2015

Nicot comme nicotine

"Allée Jean Nicot. Voie privée interdite aux voitures étrangères
sous peine d'amende."
Proche du Parc des Expositions de Paris, cette petite rue tranquille du Quartier CentreVille-Corentin Celton-les Varennes, entre la rue Georges Marie et celle du du Quatre-Septembre, mesure une centaine de mètres. Elle est bordée de maisons et d’immeubles peu élevés. Cette rue n’est plus réservée à ses seuls riverains comme l’indique la plaque émaillée qui a subi l’usure des intempéries. De nos jours, la circulation y est autorisée à condition des respecter le sens unique. Il y a en réalité assez peu de voitures qui y passent en dehors de celles des résidents.

Jean Nicot. Gravure du XIXe s. ©XDR.
Son nom est étroitement lié à la proximité de la Manufacture des Tabacs installée en 1904 de l’autre côté de la rue Marie. Jean Nicot (1530-1600) fut ambassadeur au Portugal en 1559-1561 ; il envoya alors de la poudre de tabac à la reine douairière Marie de Médicis pour la soulager de ses migraines. Le tabac fut surnommé à l’époque "herbe à reine", "herbe à catherinaire" ou "herbe à l’ambassadeur". Le nom de Nicot fut donné en hommage à un alcaloïde, la nicotine. Considéré (à tort) comme un médicament, le tabac fut interdit en vain par Louis XIII ( fils de Marie de Médicis ! ) avant que Colbert n’en fasse un monopole d’État en 1674 ! En fait, Jean Nicot devrait être surtout connu pour son dictionnaire Le Trésor de la langue française tant ancienne que moderne édité à Paris en 1606.
P. Maestracci

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire