1 février 2017

Pierre Renvoisé : souvenirs des années 1939-40 à Issy-les-Moulineaux


Pierre Renvoisé était élève au Cours Préparatoire à l’école Sainte-Clotilde, alors rue de l’Abbé Grégoire, lors de l’année scolaire 1939-1940. Il était fort jeune mais un événement marquant lui a laissé un souvenir encore vivace mais sans pouvoir en donner une date précise.

Souvenirs 

Pierre. Coll. privée
Pierre (ci-contre)  était en classe lorsque des sirènes ont donné l’alerte d’un bombardement en cours. Pierre et ses camarades, sous la conduite de leur maîtresse, ont couru le long de la rue de l’Abbé Grégoire pour rejoindre l’abri prévu. Il s’agissait des caves de l’immeuble à l’angle des rues Auguste Gervais et Lasserre. L’entrée se faisait au 27 de la rue Lasserre. Une affiche indiquait qu’il y avait un abri anti-aérien en précisant le nombre potentiel de personnes mises à l’abri.

Les écoliers ainsi protégés entendirent une explosion et sentirent le sol en terre battue trembler sous le choc. La poussière et la terre ainsi soulevées formèrent une sorte de brouillard. Mais les enfants portaient leur masque à gaz en caoutchouc alors que celui des adultes était en toile !
Quand Pierre ressortit de l’abri, il est témoin du ruissellement de l’eau au carrefour des rues Gabriel Péri et Auguste Gervais. En outre, l’immeuble (ci-dessous) dans lequel il avait trouvé refuge avait reçu une bombe aux étages supérieurs du côté de la rue Gervais. Cette bombe a probablement été lancée d’un avion Domier allemand.

Immeuble bombardé, 12 rue Auguste Gervais. Les étages supérieurs furent
réparés avec des briques de couleur un peu différente.
La maman de Pierre qui avait entendu l’alerte vint en courant chercher son jeune fils et repartit avec lui très vite. Il fallait aussi récupérer Henri l’aîné qui était au cours complémentaire de l’école Anatole France. Un immeuble jouxtant l’école au 35-37 avenue Victor Cresson (ex avenue Verdun) avait lui aussi reçu une bombe. Pierre Renvoisé se souvient des radiateurs pendant aux fenêtres du 4ème étage.

Il pense que les bombardements eurent lieu en septembre-octobre 1939. Pourtant, c’était « la drôle de guerre » ; il semble plus vraisemblable qu’il s’agisse du début de l’été 1940 (le 3 ou le 11 juin) lors de l’offensive victorieuse du Troisième Reich avant la signature de l’armistice le 22 juin. 


L’école Anatole France 

L’ensemble scolaire occupait un terrain en pente délimité par les avenues de Verdun et Bourgain et se présentait en trois parties. Le plan (ci-dessous) a été dessiné par Pierre.


1. Les salles de classe du Primaire donnaient sur l’avenue de Verdun, ce qui correspond de nos jours aux numéros 37 bis, 39 et 41 de l’avenue Victor Cresson. Il y avait le bureau du directeur au premier étage ainsi que le logement du gardien. Tout à droite, un escalier donnait accès au sous-sol (au niveau en fait de l’avenue). On y trouvait un atelier du fer pour les élèves du Cours complémentaire général, la cantine et une piscine « où le Directeur Mr Badou apprenait aux élèves à nager sur un appareil en métal. La piscine était très réduite, peut-être 5 à 6 mètres sur 2, ne pouvant que recevoir deux élèves, graines de futurs champions ».

2. Dans la partie centrale, un second atelier du fer, celui du professeur M. Dubois se trouvait à gauche le long du mur mitoyen. Au milieu, la grande cour arborée pour les récréations et à droite, les WC étaient installés le long de l’autre mur mitoyen.

3. Enfin, l’établissement occupait les numéros 12 et 14 de l’avenue Bourgain. L’entrée des élèves se faisait sur la gauche puis l’on trouvait l’atelier du bois, les salles du Cours complémentaire général et enfin un préau tout en long.

Pour mémoire, l’école Anatole France (ci-dessous) a déménagé pour être reconstruite au numéro 1 du boulevard Rodin. À son ancien emplacement, il y eut le lycée Farman et le CEAP, tous deux démolis et remplacés de nos jours par les immeubles du Cœur de Ville.


Ancienne école Anatole France et CEAP, 41 av. Victor Cresson. Démoli,
l'ensemble  été remplacé par des immeubles d'habitation, Cœur de ville

La Libération

Pierre Renvoisé se souvient aussi qu’il fallait aller chercher les bons de rationnement « et de galoches » rue Marceau.

Qu’il soit remercié vivement pour avoir apporté son témoignage émouvant aux lecteurs d’Historim et avoir confié des photographies familiales prises lors de la Libération de Paris. P. Maestracci


26 août 1944. Foule place Vaillant-Cooturier. Coll. privée

26 août 1944. Place de la Concorde. Le général de Gaulle descend les Champs Élysées avant de se rendre à Notre-Dame. « Je n’ai pas vu malheureusement le Général de Gaulle sur les Champs Élysées. Peut-être un horaire différent mais une foule que je n’ai jamais revue aussi dense à cet endroit »., raconte Pierre. Coll. privée

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