15 mars 2012

Hommage à Janusz Korczak

L'Année Janusz Korczak 2012 est officiellement proclamée par le Parlement de la république de Pologne à l'occasion de la commémoration du 70e anniversaire de sa mort et du 100e anniversaire de son premier orphelinat.

Qui est cet homme commémoré à Issy-les-Moulineaux, le 17 mars prochain ? 
Photo AFJK.
Écrivain, médecin, éducateur, Janusz Korczak entre dans l’Histoire le jour de sa déportation au camp de Treblinka. Refusant d’abandonner les enfants du ghetto de Varsovie, il choisit de les accompagner dans la mort.
Dès l’âge de 12 ans, Janusz Korczak doit subvenir aux besoins de sa famille ruinée par l’internement psychiatrique de son père. Il découvre son goût et ses capacités à communiquer avec les enfants. En aidant les orphelins perdus dans la ville de Varsovie, il comprend l’importance de l’amour, du respect et de l’éducation dans la vie de l’enfant et acte ses premières théories pédagogiques. De 1896 à 1907, il écrira plus de 600 articles dans des revues spécialisées.
Son œuvre est considérable et consacrée à l’enfance. En Pologne, le roi Mathias 1er est aussi connu que le Petit Prince de Saint-Exupéry ou les Contes de Perrault ; il est régulièrement étudié à l’école.

Loin des démarches humanitaires ou charitables, l’AFJK (Association française Janusz Korczak) s'applique à transmettre son héritage pédagogique au bénéfice des jeunes générations, parents et professionnels de l'animation et de l'éducation. L'association œuvre à la promotion d'un véritable respect de l'enfance, au quotidien et dans tous les domaines, qui serait fondé sur une reconnaissance effective des droits actifs des enfants reconnus par la Convention internationale des droits de l’enfant du 20 novembre 1989. 
Le programme pédagogique de Korczak repose sur l’idée qu’il faut pleinement comprendre les enfants, qu’il faut pénétrer dans leur monde et saisir leur psychologie, mais qu’il faut avant tout et surtout les respecter et les aimer, c’est-à-dire les traiter en fait comme des partenaires et des amis. Pour reprendre ses propres termes : « Les enfants ne sont pas de futures personnes ; ce sont déjà des personnes... Les enfants sont des êtres dont l’âme contient les germes de toutes les pensées et de toutes les émotions qui nous animent. La croissance de ces germes doit être guidée en douceur ».
L’idée que les enfants ne diffèrent que très peu des adultes imprègne presque toute l’activité de Korczak. Il traitait chaque enfant comme on doit traiter un adulte dont on respecte les pensées et les sentiments. Il avait coutume d’affirmer que la principale différence entre les enfants et les adultes se situe dans le domaine des émotions, et qu’il fallait par conséquent étudier ce domaine et se mettre en mesure de partager les émotions des enfants.

Affiche du Clavim.
Le 17 mars prochain, un hommage sera rendu à l’œuvre à Janusz Korczak à 16 h au Clavim d’Issy-les-Moulineaux, 14 rue du Chevallier de la Barre, avec la présentation de Le roi Mathias 1er, de diaporamas, d’exposition photographique et du film L’Adieu aux enfants, évoquant la vie, l’œuvre et la pédagogie de Janusz Korczak. A. Bétry

Et pour terminer, un de ses écrits sur l’enfance :
« Vous dites :
— C’est épuisant de s'occuper des enfants.
— Vous avez raison.
Vous ajoutez :
— Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser.
Là, vous vous trompez. Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments.
De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre.
Pour ne pas les blesser. »
Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit (prologue), 
AFJK, traduction révisée en 2007.

Pour en savoir plus : 





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