8 juillet 2014

La Libération, vue par une Isséenne - Été 1944 - Chronique n° 1

Nous allons passé tout l'été (les mardis à 18 heures) avec les chroniques familiales d'une famille isséenne. Le journal de Jeannine Provôt, au format d’une demi-feuille A4, narre élégamment - sur le fond et la forme - les événements privés et historiques qui ont eu lieu pendant les semaines de la Libération de Paris, il y a 70 ans. Les extraits (en gras) reflètent les espoirs et les chagrins d’une Isséenne. Les commentaires sont de notre Historimienne Pascale. .

Mardi 15 août - goûter ; biscottes au lait condensé…

La population souffre de la faim tout particulièrement dans les villes. Ce goûter est d’autant plus apprécié par les enfants qu’il est rarissime et que la population française souffre de la faim depuis de longues années.
En ce jour de fête, un convoi de déportés part vers les camps d’extermination en Allemagne et Pologne et le second débarquement, l’opération Dragon, a commencé ce jour-là en Provence sur la Côte des Maures avec une importante participation des FFL (Forces Françaises Libres). La 1re DB, sous le commandement de De Lattre de Tassigny, compte de nombreux soldats originaires d’Afrique du nord et d’Afrique subsaharienne. La nouvelle n’est pas encore publique.
Le premier débarquement allié (Overlord) en Normandie avait débuté le 6 juin, plus de deux mois auparavant avec les seuls 177 Français du commando Kieffer. La 2e DB dirigée par Leclerc arrive en Normandie le 1er août. Après de sanglantes semaines face aux Allemands sur un littoral fortifié par Rommel et dans le bocage normand, les Alliés sous le commandement en chef d’Eisenhower arrivent enfin à enfoncer le front ennemi et se dirigent vers la région parisienne.


Mercredi 16 août - La rue est très bruyante comme avant la guerre. C’est un passage incessant de voitures, camions, tanks allemands. Ils déménagent et comme cela fait plaisir de les voir s’en aller ! …On sent la débandade…on les voit passer sur des charriots [sic] de ferme.

Certains Allemands comme les collaborationnistes veulent fuir. Il y a pourtant des exécutions de résistants dans le bois de Boulogne et à Vincennes.
En réalité, Paris ne constitue pas un objectif stratégique car le plan d’Eisenhower prévoyait de contourner Paris par Mantes et Melun pour combattre au plus vite le Troisième Reich.
Toujours le 16, en Normandie, « dans l’enfer de Falaise », les blindés allemands sont mis hors d’état de nuire. Les troupes alliées peuvent alors progresser plus vite.


Jeudi 17 août – Nous entendons les explosions de Villacoublay et des forts. Le déménagement des allemands continue…… 1 h de gaz, pas d’électricité, pas de journaux ; grève des PTT et des agents de police.

La situation devient compliquée avec à la fois des grèves et des combats en banlieue ouest. L’aéroport militaire de Villacoublay (78) et les forts autour de Paris, tel celui d’Issy, sont particulièrement visés. Pétain et Laval quittent la France sous protection allemande.
Il y a débat au sein de la Résistance sur le déclenchement prématuré de l’insurrection.


Vendredi 18 août – Couvre-feu de 9h du soir à 6 h du matin.

Rol-Tanguy à la tête des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) lance la mobilisation et deux syndicats, la CGT et la CFTC, appellent à la la grève générale. Les FFI sont créées depuis février 1944 avec l’association de toutes les formations para-militaires de la Résistance intérieure (Armée secrète, FTP Francs-Tireurs et Partisans etc.)

Merci à Mme Colette Provôt et à sa famille d’avoir confié ce touchant témoignage à Historim. À suivre. P.Maestracci





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