13 janvier 2016

Un vestige de l'Exposition universelle de 1867

Alors que la France est candidate à l'Exposition universelle de 2025, rappelons qu'Issy abrita, du 1er avril au 3 novembre 1867, sur l'île Saint-Germain les pavillons de l'Agriculture, une extension de l'Exposition universelle de Paris.

L'exposition universelle de 1867 à Issy
Un vaste bâtiment de l’Île Saint-Germain doit son existence à l’Exposition universelle de 1867. Celle-ci est la quatrième après la précédente à Paris en 1855 et celles de Londres. Ces expositions internationales succédèrent aux Expositions industrielles qui se tinrent du Directoire à la Restauration sur le Champ-de-Mars, aux Invalides et surtout au Louvre. 

Façade du poney-club.
© P. Maestracci
Carte du début XXe siècle. On y lit "Magasins de réserve
de subsistances militaires".
Napoléon III veut pour la seconde fois une Exposition universelle. Elle est prévue au Champ de Mars et en amont de l’Île Saint-Germain (dont l’autre extrémité se nomme l’Île de Billancourt). Un Palais de l’Industrie ou « Omnibus » est construit sur le Champ-de-Mars qui appartient encore à l’Armée. Quatre pays y sont mis à l’honneur : la France et ses alliés, Belgique, Royaume-Uni et Russie. L’annexe isséenne est consacrée à l’agriculture sur une trentaine d’hectares. Il faut de l’espace pour présenter les révolutionnaires machines agricoles et les animaux d’élevage. 



Pour visiter les deux parties de l’exposition distantes de plusieurs kilomètres, les visiteurs ont à leur disposition des bateaux à vapeur qui font la navette sur la Seine. Ceux-ci préfigurent les actuels bateaux-mouches. L'Exposition est un succès : plus 9 millions de visiteurs, d’avril à août ; le plus assidu fut probablement le tsar Alexandre II.
Si le Palais de l’Industrie fut démoli et le terrain rendu aux militaires jusqu’à l’Exposition universelle de 1889, les bâtiments de l’Île Saint-Germain furent récupérés par l’Intendance pour préparer des conserves et des lits destinés aux soldats. Au cours du XXe siècle, les bâtiments furent laissés à l’abandon mais une halle fut restaurée et abrite depuis plusieurs années un Poney-club apprécié des petits. 

Exposition universelle de 1867, ile Saint-Germain. On aperçoit, au centre, le pavillon qui deviendra le poney-club.
Au premier plan, les bateaux à vapeur qui font la navette avec le Champ-de-Mars.
Les expositions universelles de 1889 et 1900 à Issy
Deux autres Expositions universelles à Paris eurent par la suite des conséquences contrastées pour Issy-les-Moulineaux. En 1889, la tour Eiffel n’est pas démolie comme prévu sur le Champ de Mars ; l’armée obtint en échange dans la plaine de Vaugirard un vaste terrain isséen grâce à un jugement d’expropriation du 31 décembre 1891. Ce champ de manœuvres connut les débuts de l’aviation dès 1905 puis fut récupéré par la ville de Paris en 1925. C’est de nos jours l’Héliport et le parc Suzanne Lenglen bordé sur trois côtés par Issy-les-Moulineaux.

Pour les besoins de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, la Société anonyme Westinghouse construisit deux centrales électriques au charbon. La première fut construite en 1895 sur les quais et la suivante en 1898 aux Moulineaux ; elle brûlait 70 tonnes de charbon par jour. Westinghouse exploitait ces usines pour la Compagnie de l’Ouest. C’est également en 1900 que la première ligne de chemin de fer électrifiée en France fut celle reliant les Invalides à Versailles : c’est l’actuelle ligne de RER C (voir
En effet, l’électricité produite dans la commune devait alimenter la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest (la SNCF n’est créée qu’en 1937) mais aussi la première ligne de métro conçue par Fulgence Bienvenüe ainsi que les lignes de tram dont certaines desservaient la commune. P. Maestracci

Le poney-club, vu du manège. A l'arrière-plan, la Tour Dubuffet,
inaugurée en 1988. © P. Maestracci.

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