5 septembre 2019

Guerre 1940-45 - Le gendarme Maurice Couton au Fort d'Issy

Voici le nouveau témoignage d'un Isséen sur son père, gendarme pendant la Seconde Guerre mondiale. Signalons que le 25 août dernier, lors des manifestations célébrant à Issy la Libération de 1944, Historim a été cité par Fabien Lavaud, président départemental de l’association des Anciens Combattants Volontaires. lors d'un discours qui reprenait un précédent témoignage publié sur le site.

Revenons au témoignage de Claude Couton. Ia confié à Historim des photographies familiales prises lors de la dernière guerre. Sa famille habitait au Fort d’Issy où lui-même est né « sur la table de la cuisine ». Son père Maurice Couton (ci-dessous) était un Garde républicain mobile nommé au Fort fin avril 1940. Il porte un képi à bande rouge. Derrière lui, une inscription en allemand signale l’entrée du Fort d’où sort un soldat allemand, sur la droite du cliché. L’indication en allemand au-dessus signifie probablement « rue de M. A Derpft, Paris ». il faut préciser qu’Issy-les-Moulineaux faisait encore partie du département de la Seine, soit Paris et la petite couronne.

Maurice Couton, Garde républicain. Années 1940/42.

Lors de la déroute française liée au Blitzkrieg (guerre-éclair) en juin 1940, sa femme Irène part en exode avec son enfant né le 20 avril 1940. Leur train est bombardé par l’aviation allemande et ils arrivent non sans mal à Chatel-Guyon (Puy-de Dôme), en zone libre, non loin de Vichy où s’installe le maréchal Pétain. Ils reviennent en septembre auprès de leur mari et père qui a été mobilisé lors de la « Drôle de guerre ». Le Fort, construit à deux kilomètres des fortifications encerclant la capitale depuis 1844, est alors occupé par les troupes allemandes. 

Vue de l'appartement familial, près des remparts.
Trois soldats allemands se détachent sur le bastion
protégé par un fossé.
La famille réside toujours au Fort d’Issy et se met à l’abri à l'intérieur du fort lors des bombardements alliés, en particulier celui sur les usines Renault à Boulogne-Billancourt. Tous subissent des privations et le père et la mère ne pèsent plus que 48 et 42 kg à la fin de la guerre !

Puis, Maurice Couton intègre les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) dont une « cellule »interne à la caserne d’Issy jusqu’à la Libération en août 1944. Il est ensuite muté au camp de Satory en 1946 dans le bataillon du 1er groupe blindé de la Gendarmerie, successeur du 45e bataillon, dont voici l'insigne (ci-dessous).



Claude Couton fait partie de l’Association de Satory (www.satorysouvenirsdejeunesse.org) avec ses deux frères, à titre de fils de gendarme du 45e bataillon de chars de combat de la Gendarmerie (une branche méconnue de l’armée) qui s’est fait décimer en mai 1940 à Stonne (Ardennes), où un char rappelle cette bataille (ci-dessous).


Monument d'un char B1bis, à Stonne. © XDR

Tous mes remerciements à Claude Couton, Isséen de naissance pour ce témoignage familial ainsi qu’ à Micheline A. qui lui a parlé d’Historim. Merci aussi à Éric pour la traduction.
P. Maestracci

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