8 janvier 2026

L'Epiphanie


Le 6 janvier, près de deux semaines après la naissance de Jésus, les rois mages arrivent dans la crèche. Ils ont été alertés par l’apparition d’une étoile nouvelle et particulièrement brillante. Alors, sans hésiter, Melchior, Gaspard et Balthazar ont pris la route dans la direction qu’indiquait l’astre. En occident, la célébration de l’Epiphanie se traduit par la dégustation d’une fameuse galette, dans laquelle se cache une fève. Quel est le lien entre cette habitude culinaire et l’histoire des rois mages ?

L’épisode est rapporté par saint Matthieu. Les mages étaient des astrologues venus d’Orient, il n’est donc pas surprenant qu’ils aient immédiatement repéré cet astre nouveau. Il pourrait en réalité s’agir la conjonction des planètes Mercure, Jupiter et Saturne, phénomène rare qui eut lieu en 6 avant J.C. Traversant le désert, ils apportèrent à l’Enfant-Jésus des présents de leurs pays : de l’or, de la myrrhe et de l’encens. Le récit de l’évangéliste ne précise pas leur nombre, mais la tradition populaire, influencée par la description des trois cadeaux, a rapidement conclut à l’existence de trois personnages. Leurs prénoms n’apparaissent d’ailleurs qu’au VIe siècle.

 

Au Moyen-âge, le chroniqueur italien Jacques de Voragine renforce le culte des rois mages en détaillant l’épisode dans sa Légende Dorée, une grande fresque biblique écrite entre 1261 et 1266. Dès lors, en France, on fête l’Epiphanie en dégustant une galette dorée avec une fève cachée à l’intérieur. Un enfant désigne à l’aveugle l’attribution de chaque part. Celui qui trouve la fève est appelé « roi ». Il gardera cet attribut toute la journée.

 

Si elle fait évidemment référence aux rois mages, l’élection d’un roi avec inversion de rang est fréquente dans les festivités médiévales. On la retrouve à l’occasion du carnaval ou de la fête des fous. Quant à la fève, elle vient d’une coutume préchrétienne. Cette légumineuse poussant au printemps est considérée comme un aliment magique, symbole de vie et de fécondité, elle est aussi le premier présent offert aux vivants par les morts de l’année passée.
 
Au XIXe siècle, il était d’usage, lorsqu’on « tombait sur la fève », d’offrir à boire à toute l’assemblée. Pour éviter que quelques pingres ne choisissent de l’avaler plutôt que de payer leur tournée, les fèves sont progressivement remplacées par des figurines en porcelaine, moins digestes ! Elles prennent alors la forme de l’enfant Jésus emmailloté, puis de personnages divers, aujourd’hui prisé des collectionneurs, les « fabophiles ».
 
À cause de ses références à la monarchie, la galette des Rois faillit être interdite pendant la Révolution. Elle garde finalement sa place à table, mais est renommée « galette de l’Égalité ». De nos jours, la galette dégustée chaque année par le président de la République ne comporte pas de fève… il serait malvenu qu’il devienne roi !

A. Bétry

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