16 octobre 2011

Des hommes préhistoriques dans la plaine d'Issy

Imaginez-vous ! Une forêt peuplée de cerfs et de sangliers. Des oiseaux chantent dans les futaies. Au loin, en bordure de Seine, à l'emplacement de l'actuel héliport, une fumée monte. Vous vous approchez silencieusement. Et vous entendez alors distinctement le bruit de pierres que l'on frappe l'une sur l'autre. Là devant vous, au lieu des immeubles modernes du Val de Seine, le long du périphérique, des hommes d'un autre âge affûtent leurs flèches.

Des fouilles archéologiques ont été entreprises, à partir de 2008,  rue Henry-Farman, à la limite du quartier Val de Seine et du 15e arrondissement de Paris, sur le site de construction d'un centre de tri de collectes sélective. Une découverte extraordinaire : c'est la deuxième fois (après les Closeaux, à Rueil-Malmaison) que l'on découvre, en région parisienne, des traces de chasseurs-cueilleurs du Mésolithique. Il y a 9000 ans, le climat est alors tempéré, la forêt a remplacé les steppes inhospitalières de l'ère glaciaire, le cerf et le sanglier ont succédé aux rennes et aux mammouths.Une équipe de préhistoriens de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) a travaillé sur cet espace de 5000 mètres carrés, situé à l'origine le long de la Seine (qui coule aujourd'hui à 250 mètres du champ de fouilles). Des traces de ce bras du fleuve ont d'ailleurs été repérées sous l'héliport.

Percuteur en grès servant au débitage de lamelles
de silex (à dr.) et bloc de silex débité (à g.).
© Denis Gliksman, Inrap. 
Bénédicte Souffi, la responsable des fouilles, évoque la présence de plusieurs haltes de chasse temporaires : l'absence de structures d'habitat (trou de poteaux) plaide, en effet, pour une occupation de quelques jours seulement. Grâce notamment aux outils retrouvés : silex taillés (ayant servi à la confection de flèches - les chasseurs de cette époque utilisent l'arc), grattoirs et lames (ayant pu être utilisés pour le dépeçage du gibier et la préparation des peaux), elle peut conclure que ces peuplades venaient là pour trouver la matière première pour confectionner leurs outils. "Des fragments d'os permettront d'affiner la date de l'occupation et de déterminer quelles étaient les espèces chassées", confie-t-elle. On a même retrouvé des traces d'un foyer.
Hypothèse d'emmanchement des pointes de flèche
en silex sur une hampe. © Denis Gliksman, Inrap.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de vous rendre sur le site de l'Inrap :
http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources-multimedias/Reportages-videos/Reportages-2008/p-2212-Paris-et-les-derniers-chasseurs-cueilleurs.htm

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