23 février 2012

Issy, berceau de l'aviation - 1912

Issy-les-Moulineaux, "berceau de l'aviation" : un qualificatif loin d'être usurpé, comme vous avez pu le lire dans l'article Val de Seine (voir rubrique Quartier).
Nous allons évoquer au fil des mois l'histoire de ces hommes-oiseaux et de leurs drôles de machines. De ces femmes, aussi, qui bravèrent sans complexe les éléments - on les découvrira notamment dans une conférence donnée par le célèbre journaliste-historien de l'aviation Bernard Marck, en avril. On vous en reparlera.
Arrêtons- nous un instant sur l'année 1912, dans le ciel d'Issy. Beaucoup moins palpitante que l'année précédente, marquée par l'accident survenu au départ de la course Paris-Madrid qui coûta la vie au ministre de la Guerre, Maurice Bertaut (voir rubrique Aviation). Malgré tout, les avionneurs décollèrent et la victoire revint à Jules Védrines (1881-1919), brevet n°312, qui accomplit aussi un Issy-Poitiers-Issy. Il se fait, en cette fin d'année 1912, l'ambassadeur  de l'aviation à travers la France. Chaque étape de son tour est marquée par une conférence.
Jules Védrines. © XDR
Le 13 décembre, à 7 h 40, aux commandes de son monoplan Deperdussin, il décolle d'Issy pour Châlons-sur-Marne, où l'attend une foule enthousiaste. Détenteur du record du monde de vitesse qu'il remporte à sept reprises en 1912, il est affecté pendant la Première guerre mondiale, à l'escadrille n°3 des Cigognes. Il continue ses exploits insensés, comme se poser sur le toit des Galeries Lafayette, à Paris, en 1919 - un succès -  ou tenter un Paris-Rome sans escale au-dessus du Mont-Blanc - qui lui coûta la vie, ainsi qu'à son mécanicien Guillain le 21 avril.

Georges Legagneux. © XDR
Autre pilote qui se fait remarquer sur le terrain d'Issy :  Georges Legagneux (1882-1914), véritable titi parisien, breveté n°55. Il gagne une solide réputation à l'étranger grâce à ses démonstrations pour le moins hardies. Et collectionne les records sur le terrain d'Issy : 19 août 1908, à bord d'un Ferber IX, il parcourt 256 m ; le 19 septembre suivant, il vole 500 m sur le monoplan Antoinette ; le 17 septembre 1912,  il atteint les 5450 mètres d'altitude, sur un Morane-Saulnier - un record que Roland Garros lui prend quelques mois plus tard et qu'il reprend en 1913 atteignant 6120 mètres. Il meurt le 6 juillet 1914, victime de sa passion.

Maire-Louise Driancourt. © XDR
1912 est également marquée par l'accident (sans gravité) de Marie-Louise Driancourt (1887-1914), brevetée n°522. La jeune femme cumule les exploits tout au long de l'année 1911 : vols à 250 mètres pendant vingt minutes, à 600 m d'altitude au-dessus de Paris, prix du Syndicat des Aviateurs (une association qui regroupe les pilotes d'Issy) le 23 septembre. Le 9 mars 1912, elle se crashe sur le terrain d' Issy, mettant fin à sa carrière d'aviatrice quelques mois plus tard, après un brillant meeting à Pampelune.

"Sera maître du monde qui sera maître de l'air", a écrit Clément Ader, l'inventeur de l'avion qui, le 9 octobre 1890, décolla de quelques centimètres à bord de son Eole. Il faudra attendre les années 1900 et les frères Wright pour que sa prophétie devienne réalité. PCB


A lire, Dictionnaire universel de l'Aviation, Bernard Marck, Tallandier.

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