1 août 2012

Course d'aviation Paris-Madrid 1911- épisode n°2

La foule est nombreuse en ce 21 mai sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux. Les officiels sont là en bordure de piste : le ministre de la Guerre, Maurice Bertaux, le président du Conseil, Ernest Monis, d'autres encore. Des journalistes et des photographes font des coudes pour être au plus près des concurrents.

Les officiels, de gauche à droite : Blériot, le général Maunoury, Maurice Bertaux, Ernest Monis,
une minute avant l'accident.

La première étape doit conduire les aviateurs de Paris à Angoulême.
A 5h15 exactement Roland Garros prend le départ. "Il s’élève avec la virtuosité qu’il a acquise en volant dans les meetings d’Amérique, soulevant l’enthousiasme de la foule,” commente le reporter de la Vie au Grand Air. Il a obtenu son brevet de pilote (n°147) en juillet 1910. Il vole sur un monoplan Blériot avec hélice intégrale Chauvière et magnéto Bosch. Son vol se passe sans problème particulier : il se retrouve à la verticale de Meung-sur-Loire, puis passe au-dessus de Blois à 6h 25, de Châtellerault à 8h 45 et on peut l'apercevoir survolant Poitiers à 9 heures. Il arrive enfin à Angoulême à 10h 3mn 13s. Il est le seul à terminer l’étape dans la journée du dimanche. Et encore ! il a du atterrir en route, à Villeperdue, ce qui lui a fait perdre 45 minutes.

A 6h30, Émile Train (brevet n°167) se présente au départ sur un monoplan de sa fabrication. Il a pris à bord un passager. Et s'élance mais avec beaucoup de difficulté. Il décide de se poser au moment où un peloton de cuirassiers traverse la piste. Il tente de les éviter et c'est le drame : les officiels sont fauchés, Maurice Bertaux décède, Ernest Monis est blessé (voir rubrique Aviation). 

Émile Train.


Voici comment quelque temps plus tard, le pilote explique son accident : "Le moteur faiblissait de plus en plus et ne me permettait plus d'effectuer un virage. Je redressait l'appareil et tentais d'aller atterrir au-delà du peloton. Je fis l'impossible pour prolonger mon vol. J'allais y arriver lorsque l'appareil, complètement cabré, s'abattit lourdement".


Jules Védrines, dit Julot, (brevet n°312)  qui, la veille, a capoté au départ, évitant miraculeusement la foule, peut reprendre la course le lundi. N'ayant plus d'avion, complètement détruit, il emprunte le Morane de son ami Verrept et décolle d'Issy-les-Moulineaux, à 4h 11m 20s 2/5 du matin. Après avoir accompli deux tours au-dessus de l’aérodrome, il pique droit sur Angoulême qu'il atteint à 7h 54m 16s, soit une moyenne horaire de 107,60 km/heure. Il se classe premier de l'étape.

L'avion de Védrines, totalement inutilisable, après son crash.

Quant à Eugène Gilbert, qui a pris le départ la veille et s’est arrêté à Pontlevoy où il a décidé d’abandonner en apprenant la catastrophe, il repart le lundi et atteint Angoulême à 10h 55, ayant mis 8h 55 de vol effectif pour cette première étape. 

Ils ne sont que trois à avoir accompli cette première étape. La semaine prochaine… Angoulême-Saint-Sébastien. A suivre.


1 commentaire:

  1. Voici ce qu'écrivait mon grand père, élève aux Beaux-Arts de Paris, à ses parents, le 25 mai 1911
    "J'étais à Issy avec des camarades, lors de l'accident (nous arrivions à 4 heures1/4 d'Amboise). J'ai vu l'appareil monter péniblement, planer, descendre, remonter un peu, puis redescendre et disparaître derrière un groupe de spectateurs au loin." F. fauchez

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