2 février 2016

L'avenue Victor Cresson


L’avenue Victor Cresson longue d’un kilomètre est un segment de l’ancienne Grande Rue. Celle-ci, à la limite du lit inondable de la Seine, reprend l’itinéraire de l’antique voie romaine menant de Lutèce à Dreux. Dans le prolongement des rues Renan et Général Leclerc, c’était le début de l’avenue de Verdun (ci-dessus) depuis la Grande Guerre jusqu’en 1945. 

Cette année-là, le nom de Victor Cresson remplaça celui de Verdun en hommage au maire de la commune de 1935 à 1939 qui habitait avant-guerre au n°33. Une plaque (ci-contre) rappelle que Victor Cresson, déporté par l’occupant allemand pour raison politique, mourut en déportation, "victime de la barbarie". Il est à noter que sur les quarante maires précédant André Santini, actuel député-maire, seuls neuf maires (22,5%) ont eu l’honneur de laisser leur nom à une rue ou une place. Victor Cresson est le seul maire dont le nom se trouve sur un axe majeur.

L’avenue Victor Cresson commence près de l’Hôtel de Ville avec la place du maréchal de Lattre de Tassigny, héros de la Seconde Guerre mondiale et débouche, un kilomètre plus loin sur la place Léon Blum, chef de la SFIO, président du Conseil pendant le Front Populaire puis emprisonné sous le régime de Vichy, accusé au procès de Riom puis déporté en 1943.

De part en d’autre de cette avenue, on peut étudier une grande diversité architecturale des bâtiments reflétant plus d’un siècle de construction. Impossible d’être exhaustif mais en voici quelques exemples. Au 25, l’ancienne Salle des Fêtes (ci-contre) inaugurée en 1932 présente une façade Art déco ; l’architecte en est Chappey, grand prix de Rome. C’est l’actuel PACI (Palais des Congrès d’Issy) depuis sa restauration en 1988.

Presqu’en en face au 22, le nouvel Hôtel de Police est repérable à sa façade verte. Au 26, c’est le bureau de Poste principal. De part et d’autre de l’avenue, se font face les bureaux de deux anciennes dynasties d’architectes exerçant depuis le début du XXe siècle dans la commune. Au 27, le cabinet Delaire occupe le rez-de-chaussée d’un immeuble moderne alors qu’au 24 la grande maison en meulière est l’ancienne résidence des architectes Puijalon. C’est de nos jours le cabinet NCG, administrateur de biens. 
Non loin au 27 bis, le dispensaire est installé dans un élégant bâtiment en meulière décoré de médaillons allégoriques sculptés ; il date des années Trente. C’est l’actuel Centre Municipal de Santé ainsi que le siège régional de l’association Étincelle. Le long du trottoir depuis 1993, le sommet d’un muret est décoré d’empreintes des mains des présentateurs de la météorologie ; il est surnommé le boulevard du Temps.

Un certain nombre de bâtiments ont été démolis ces dernières années, une poissonnerie (ci-dessous à gauche- la dernière de la ville - à l'angle de l'avenue et de la rue Danton ; et le CEAP - Centre d'études et d'Arts plastiques, au n°41 (ci-dessous à droite) remplacé par le tout récent "Cœur de ville", un ensemble de logements mixtes.










Au-delà de la place de Weiden, s’alignent surtout des immeubles résidentiels dont au 49, un superbe exemple en pierre de taille de la Belle Époque (Montannet et Randanne, 1905). Au 55, c’est l’un des accès de l’église évangélique arménienne. Au 73, un pavillon en brique à 2 étages évoque le style anglo-normand avec des décors émaillés turquoise sous forme d’une grande plaque décorative et de listels. Au 80, un vieil immeuble de deux étages est un ancien hôtel comme en témoignent deux plaques gravées aux caractères peu lisibles : Mado hôtel. Électricité. Chauffage central.


L’avenue Victor Cresson débouche sur la place Léon Blum où les premiers travaux pour la future station de la ligne 15 ont déjà commencé. P. Maestracci (texte et photos)

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