11 avril 2017

La rue Auguste Gervais à Issy-les-Moulineaux

Continuons notre balade - après l'île Saint-Germain et la rue du Fort, voici  la rue Auguste Gervais qui va du Centre-Ville vers les Hauts d'Issy.

Tombe d'Auguste Gervais.

La rue, anciennement appelée rue du Château, porte le nom d’Auguste Gervais qui fut maire de la commune de 1903 à 1908. Il est enterré au cimetière de l'Egalité. Ses titres et fonctions sont inscrits sur la stèle au-dessous d’un médaillon où il est représenté de profil à la manière antique (ci-contre). 
C'est l'un des neuf édiles auxquels la ville rend ainsi hommage. L’ancien nom de la rue tire son origine du château des Conti, princes du sang et propriétaires du château de 1699 à 1776.

Cette rue longue de 360 mètres décrit à mi-pente un zigzag. Elle relie deux places évoquant les deux Guerres mondiales : la place du Onze Novembre 1918 avec un monument aux Poilus, en haut ; et la place du maréchal de Lattre de Tassigny, en bas. La rue Auguste Gervais est également à l’intersection de la rue André Chénier, de celle du Général Leclerc et de l’avenue Victor Cresson. La circulation y est intense car c’est un axe transversal majeur entre les Hauts d’Issy et le quartier de l’Hôtel de Ville. Il est possible d’admirer en remontant la rue des bâtiments remarquables à différents titres. Alors, ouvrez l'œil !

L'immeuble des Colonnes.
Au premier numéro impair de la rue, un superbe immeuble d’angle dit des Colonnes (ci-dessus) fut construit par les architectes Delaire et Sage, SADG, en 1932. Il est caractéristique de l’architecture des années Trente. L’angle arrondi est mis en valeur par les trois colonnes de bow-windows sur les six étages d’où son nom. Chaque façade est mise en valeur par une partie saillante.

Vue de l'ancien château des Conti, qui abrite aujourd'hui
la Galerie d'histoire de la ville.
Au numéro 16, le Musée Français de la Carte à Jouer, construit en 1997, intègre l’ancienne entrée du château des Conti qui connut de nombreuses vicissitudes depuis la Révolution française. Démoli en 1910, il n’en reste qu’une petite partie de l’entrée monumentale (ci-dessus) ainsi que la fontaine aux Dauphins qui se trouve dans une propriété privée, rue Berthelot. 
Musée français de la carte à jouer.
Il a fallu veiller à l’étanchéité du sous-sol car toute cette zone en pente subit le ruissellement provenant de petites sources. Le musée se déploie sur deux bâtiments complémentaires. Le plus ancien, abrite les souvenirs de l’historie isséenne. Le plus récent expose une remarquable collection de cartes à jouer. La plus ancienne d’entre elles est un tarot de toute beauté : Le chariot de l’école de Ferrare, chef-d’œuvre de la moitié du XVe siècle. 
Une élégante passerelle métallique fait la jonction entre les deux parties du musée (ci-contre) ; elle est une forme contemporaine de marquise au-dessus de l’entrée du musée qui organise régulièrement des manifestations de qualité pour tous les publics. Il célèbre ses vingt ans d’existence cette année avec brio. Pour en savoir plus : www.museecarteajouer.com

De l’autre côté de la rue, en face du château, il y eut pendant longtemps une place ombragée où se tenait un bal populaire. Cette place disparut lors de la construction de logements sociaux. Une plate-forme accessible par un escalier l’a remplacée.

Un peu plus haut au 15 bis, une maison bourgeoise (ci-dessous) dans la courbe de la rue bénéficie d’un emplacement privilégié. Au XIXe siècle, ce fut la demeure estivale de la famille Foucher dont la fille Adèle fut courtisée en 1819 par son soupirant, un certain Victor Hugo ! Celui-ci venait à pied de Paris et empruntait donc la rue du Château. Textes et photos P. Maestracci.
Vue en contre-plongée de la rue Auguste Gervais, avec la maison
de la famille Foucher à gauche.


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