24 juin 2017

1342 - Vaugirard fait sécession

Il y a 675 ans, Issy perdit une grande partie de son territoire, ce qui correspond à l’actuel 15e arrondissement de Paris.

La plaine de Vaugirard, traversée par une antique voie romaine comme Issy, s’est d’abord appelée
Valboistron ou Vauboitron du latin vallis bostroniae, soit la « vallée aux étables ». Les terres depuis l'an 558 relèvent du fief d’Issy, lui-même sous domination de l’abbaye de Saint-Germain des Prés, qui fut aussi la nécropole mérovingienne.

En 1256, l’abbé Gérard ou Girard de Moret (mort en 1278) fait construire une maison de convalescence pour ses moines. Elle se trouvait entre les rues de Vaugirard, Dombasle et Olivier de Serres. Ce fut le siège de la seigneurie ecclésiastique de Vaugirard ou Val de Girard/Gérard en hommage à l’abbé du XIIIe siècle. En 1336, Jean de Précy fait entourer le clos de Vaugirard d’un haut mur d’enceinte et y incorpore un moulin.

En 1341, un seigneur laïque, le parlementaire Simon de Bucy mort en 1356, avait offert aux villageois une église dédiée à Saint-Lambert. Le village comptait environ 300 âmes. Auparavant, les paroissiens devaient parcourir un peu plus de deux kilomètres pour aller à l’église Saint-Étienne sur la hauteur d’Issy en empruntant les rues de Vaugirad et Renan, avant de grimper le long de la rue Minard. En 1342, la paroisse de Vaugirard ne dépend plus d’Issy.

Carte postale ancienne.

Alain Chartier, (1385-1435), dont une rue du quartier porte le nom, est un poète pas très connu (poème ci-dessous). Descendant de Simon de Bucy, il  fut le secrétaire du roi Charles VII. 

Riche d'espoir et povre d'autre bien

Riche d'espoir et povre d'autre bien, 
Comblé de dueil et vuidé de liesse, 
Je vous supply, ma loyalle maistresse, 
Ne me tollez ce que je tiens pour mien.

Si je le pers, je n'auray jamais bien :
C'est l'espargne de toute ma richesse, 
Riche d'espoir et povre d'autre bien.

Souffrir pour vous, hélas, je le vueil bien 
Je n'ay rien mieulx que le mal qui me blesse ; 
J'ayme trop mieulx l'endurer qu'il me laisse, 
Mais que Pitié me retiengne pour sien, 
Riche d'espoir et povre d'autre bien.


Il est à noter que la plaine de Grenelle qui dépendait de Vaugirard n’était pas encore habitée ; il y avait des champs et des pâtures pour les bovins. Le cahier de doléances d’Issy en 1789 y fait d’ailleurs référence pour s’en plaindre.
La maison de convalescence de Vaugirard fut démolie en 1704 et l’actuelle rue de la Convention passe à son emplacement.
Il faut compléter cette histoire de perte de territoire isséen au profit du 15e arrondissement avec celle du Champ de manœuvre en 1925 ! C’est l’actuel Héliport de Paris. P. Maestracci

Carte postale ancienne.

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