12 février 2018

Issy-les-Moulineaux - un HLM inspiré par Le Corbusier

Dans le quartier Centre-Ville /Corentin Celton/Les Varennes, un groupe d’immeubles HLM est construit, dans les années 1950, entre les rues Parmentier, Foucher Lepelletier, Guynemer et Séverine, celle-ci donnant son nom à l’ensemble.  La France de l’époque est en plein essor économique et démographique que l’on a qualifié de Trente Glorieuses et de baby boom. Il y a nécessité absolue de reconstruire après la Seconde Guerre mondiale et d’assurer un toit à tous les habitants, y compris ceux dont les ressources sont limitées.

Construction de l'ensemble Séverine II, en 1954, à l'angle des
rues Guynemer et Foucher Lepelletier.
Deux architectes : Jacques Delaire et Le Corbusier
La commande en est passée par la municipalité à Jacques Delaire (1901-1975), deuxième d’une dynastie d’architectes après son père Émile. La première tranche Séverine I se caractérise par deux immeubles, l’un de 4 étages le long de la rue Parmentier, et l’autre, Séverine II (ci-dessus), en forme de compas largement ouvert, visiblement inspiré par l’œuvre de Le Corbusier.
Charles-Édouard Jeanneret (1887-1965) qui prend le pseudonyme de Le Corbusier en 1920 est un architecte célèbre mais pas toujours compris ainsi qu’un théoricien, un designer et un peintre. Il a rédigé « La promenade architecturale » qui repose sur cinq règles : des pilotis, un toit-terrasse, fenêtres en longueur, plan libre et façade libre. 

Les immeubles Séverine
Certains de ces principes ont inspiré clairement cet imposant immeuble isséen. Il est composé de deux ailes : celle le long de la rue Foucher Lepelletier a 6 étages et l’autre longue de plus de 50 mètres en compte 9. Elle s’étire jusqu’à la rue Séverine. 


L’immeuble Séverine I (ci-dessus) est construit sur pilotis comme, pour la première fois en 1923, la Villa Savoye de Le Corbusier à Poissy. D’autre part, il évoque dans une certaine mesure l’Unité d’Habitation (1946-1952) à Marseille connue sous la double appellation de « Cité radieuse » ou « La maison du fada » ! Il illustre la notion d’immeuble-villa avec ossature en béton armé et des appartements à deux niveaux.  On y retrouve trois des cinq règles du Corbusier telle la construction sur pilotis pour une partie du bâtiment. Cet espace de circulation en rez-de-chaussée entre deux jardins est de nos jours réduit à deux passages seulement de part et d’autre d’une loge de gardien et d’espaces pour les ordures ménagères avec tri sélectif. 


Le toit est bien plat mais n’a pas de terrasse. En revanche, les fenêtres sur toute la longueur du bâtiment sont celles d’un long couloir desservant les appartements donnant sur l’autre côté. Il n’y a pas de plan libre ni vraiment de façade libre avec plein et déliés.
Le bâtiment de 9 étages (ci-dessus) entre deux rues mesure plus de 50 mètres de long. Sa façade est rythmée par des balcons accolés et encadrés par des fenêtres groupées elles aussi par deux. La partie centrale de la tour, visible sur la droite, est vitrée, ce qui offre une grande luminosité aux paliers ainsi qu’à la cage d’escalier. Le bâtiment de 6 étages à droite est un peu moins long.



L’articulation entre les deux se fait par une tour largement vitrée sur les deux façades (à gauche). Elle abrite les cages d’ascenseurs qui ne desservent qu’un étage sur deux. Cela rappelle dans une certaine mesure les appartements à deux niveaux de la Cité radieuse à Marseille. Cette forme arrondie évoque celle qui se trouve à l’intérieur de la villa La Roche-Jeanneret (1928-1931) à Paris, elle aussi dessinée par Le Corbusier.




Un immeuble de 4 étages est construit le long de la rue Parmentier lors de cette première tranche de travaux. Un bureau de Poste en occupait l’extrémité avant d’être démoli pour être remplacé par la Résidence Guynemer. L’autre partie arrondie a été conservée et abrite un local commercial jouxtant un local de la Croix-Rouge.
Lors de l’hiver 1954, l’abbé Pierre lance un cri d’alarme sur les mal-logés pendant que la construction de HLM continue avec l’ensemble Séverine II. C’est plus classique avec des immeubles de 4 étages, donc sans ascenseur, alignés les uns par rapport aux autres.

A gauche, la ligne qui s'arrondit entre Séverine I
et Séverine II. Au fond, l'ancien hôtel Sofitel remplacé depuis
par le siège social de l'entreprise SMA.
Les bâtiments de Séverine I et Séverine II sont répartis sur un terrain de plus d’un hectare. Tous ont été rénovés par une isolation extérieure à la fin du XXe siècle.

Texte et photographies récentes P. Maestracci

1 commentaire:

  1. je suis arrivée a l age de 4 ans rue severine porte nr 20 un appart avec escalier intérieur super un extrait de film a ete tourné dehors en plein chantier "le dossier noir" ds ces année la j etais dans ce film que je n ai jamais vu

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