7 avril 2018

Issy - histoire de la rue Minard

Rue Minard, vue de la place de la Fontaine, zone piétonnière.
On aperçoit sur la droite, en arrière plan, une partie de l'abside
de la chapelle du Séminaire.
Antérieurement, la rue Minard s’appelait rue de la Glaisière en référence à l’argile pour les « briques de Vaugirard » exploitée à l’emplacement du Parc des Expositions (Paris XVe). Elle porte désormais le nom de Georges-Christ Minard qui fut maire d’Issy sous Louis-Philippe de 1846 à 1848 puis en 1870-1871, lors des débuts difficiles de la Troisième République. Le village originel se trouvait sur la hauteur. C’était le chemin obligatoire pour les paroissiens de Vaugirard qui fréquentaient l’église Saint-Étienne jusqu’à la création de leur propre paroisse en 1342.
Aux Temps Modernes, de grandes propriétés comme celles des de La Haye et de Marguerite de Valois furent créées en contrebas et sur la pente. Au XIXe siècle, le centre de la ville se situe entre les deux intersections de la rue Renan (Général Leclerc de nos jours) avec la rue de Vanves et les boulevards Voltaire et Gambetta. La première mairie en 1857 se trouvait place Vaillant-Couturier. La rue Minard reliait ainsi les deux quartiers.

A mi-pente. A droite, la nouvelle aile de l'Hôpital suisse,
inaugurée en 2017. A gauche, la grille du parc Saint Jean-Paul II.
Cette rue part de la place de La Fontaine et monte sur 450 mètres vers le parvis de l’église Saint-Étienne. Son parcours sinueux dessine un S très étiré afin d’avoir une pente pas trop abrupte. Elle croise en bas la rue Vaudétard (du nom des possesseurs d’un fief médiéval) et ensuite elle coupe en deux une belle propriété qui appartint au début du XVIIe siècle à la reine Marguerite de Valois, dite la reine Margot, puis revint définitivement à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice. Un tunnel à mi-pente passe d’ailleurs encore sous la rue Minard pour relier les jardins du Grand Séminaire au parc de l’autre côté de la rue. La portion supérieure du parc est louée par bail emphytéotique à la commune qui y a aménagé le parc Saint Jean-Paul II.

Vue sur Paris. A gauche, l'aile de l'Hôpital Suisse. Au loin,
la Tour Eiffel et la tour arrondie du ministère des Armées.
Deux immeubles d’habitation se trouvent aux angles avec une façade sur la rue et l’autre place de la Fontaine. D’autres bâtiments leur font suite jusqu’à la rue Vaudétard. Ensuite, la montée se fait entre deux hauts murs de pierre protégeant les deux parties de la propriété sulpicienne. On longe à droite la chapelle du Séminaire reconstruite après les ravages datant de la Guerre de 1870/71 et de la Commune. 
Plus haut à droite, l’Hôpital Suisse de Paris s’est agrandi en 2017. 

Mur latéral de la Solitude.
En face à gauche, le parc Saint Jean-Paul II précède l’ensemble de la Solitude dont le mur latéral épouse la sinuosité de la rue (ci-contre). Cela correspond à l’achat au XVIIIe siècle de ce terrain par la Compagnie des prêtres de Saint- Sulpice. Jusqu’alors, les futurs professeurs de l’Ordre devaient, lors de leur formation, faire une retraite dans la propriété isséenne dont l’entrée est toujours rue du Général Leclerc. Celle-ci est occupée sans discontinuer depuis par le Séminaire de Paris. Le nouveau bâtiment en haut de la rue Minard permit aux futurs enseignants d’accomplir leur retraite dans un lieu judicieusement nommé : La Solitude. 
Le bâtiment (ci-dessous) fut construit au XVIIIe siècle pour les futurs professeurs de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice.

Façade sur jardin du bâtiment de la Solitude.
Cet endroit servit ensuite jusqu’à une période très récente de maison de retraite pour les prêtres les plus âgés. En 2016, grâce à la signature d’un nouveau bail emphytéotique, l’ensemble doit être métamorphosé en hôtel de luxe et annexe de la prestigieuse École Ferrandi. L’opération est menée par le groupe Accor Hôtels et le grand architecte Jean-Michel Wilmotte. Le palace va s’appeler "Le domaine de la Reine Margot", en hommage à la reine Marguerite première épouse de Henri IV et propriétaire du domaine sis en contrebas.
statue d'ange.

Tout en haut de la rue, sur ce côté les bâtiments rénovés de la paroisse Saint-Étienne précèdent l’église du XVIIe siècle. De l’autre, ce sont différentes ailes de la Maison de Retraite Repotel dont l’entrée est avenue Jean Jaurès. Cette maison existait dès les années 1930. Elle était tenue par les Dames de la congrégation de Saint-Thomas de Villeneuve. Sur ce cliché des années 1950 (ci-dessous), on voit les jardins disposés en terrasse pour des convalescentes. Ensuite, la maison fut transformée en Maison Suisse de retraite puis, de nos jours, c'est la Maison de Retraite Repotel. Au n°16 de la rue, une petite statue d'ange (à droite) marque l'une des entrées de l'ancienne maison de Repos.

P. Maestracci (texte et photographies). Merci à Éliane Marchand dont le témoignage m’a permis de compléter l'explication sur la Maison de Retraite Repotel.

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