25 février 2026

Signalisation citadine Michelin

 Les panneaux de signalisation routière Michelin apparaissent au début du XXᵉ siècle, à une époque où la circulation automobile commence à se développer. Comme la signalisation est encore rare, l’entreprise Michelin décide d’installer gratuitement des panneaux sur les routes françaises afin d’aider les automobilistes à se repérer. Ces panneaux indiquent surtout les directions et les distances entre les villes. Fabriqués avec des matériaux résistants, béton armé et  lave émaillée (souvent) ou en métal, ils sont conçus pour être durables et faciles à lire. Leur objectif est d’améliorer la sécurité et de rendre les voyages plus simples. En facilitant les déplacements, Michelin contribue aussi au développement de l’automobile. Aujourd’hui, ces panneaux ne sont plus utilisés, mais ils font partie du patrimoine routier français et témoignent des débuts de la signalisation moderne. Nous pouvons en trouver encore dans la campagne mais dans les villes, ils se font de plus en plus rares.


A Issy, il n‘en reste qu’un seul et celui-ci commence à se détériorer. Il se situe à l’intersection de la rue du Professeur-Calmette et de l’avenue du Général-de-Gaulle qui se termine en cul-de-sac devant la gare de Clamart. Celle-ci est en correspondance avec la station de la ligne 15 sud du Grand Paris Express qui a changé de nom. Elle devait s’appeler Fort d’Issy-Vanves-Clamart mais elle a été rebaptisée Clamart.
L’on peut voir ces fameux panneaux dans les communes limitrophes. Vanves, fin de l’avenue du Général-de-Gaulle, en face Lidl mais au début de cette avenue, en 2010, on pouvait en apercevoir un en limite du boulevard Voltaire. Paris, quai d’Issy-les-Moulineaux, un peu avant le pont du Garigliano (mauvais état). Boulogne, au début de l’avenue Pierre-Grenier, en face du stade Pierre-de-Coubertin, limite Paris. Enfin, Clamart, au bout de la rue de l’Egalité, sur le mur de l’hôpital Percy (les plus visibles), en face, au coin de la rue, un panneau indiquant le fort d’Issy.


On peut retrouver cette signalisation sur certaines cartes postales d’Issy, regardez-les bien: A la Civette – Corentin-Celton, Carrefour de la Ferme et Tabac de l’Aviation – rond-point Victor-Hugo, sur celle-ci, on la devine.
Souhaitons-lui de continuer à remplir son rôle encore longtemps. Un gros emplâtre lui ferait du bien afin de cacher cette ferraille qui le mine et qui, à terme, aura raison du béton. Un petit coup de pouce du Conseil départemental des Hauts-de-Seine qui a la charge de cette voirie serait la bienvenue.
Il est permis d’espérer…
Michel Julien


21 février 2026

Educap City 2026



Pour la treizième année, Issy-les-Moulineaux organise une manifestation destinée aux jeunes âgés de 10 ans à 14 ans (CM1 à la 5e).
La participation pour l'année 2025 fut : 1080 jeunes .
De 10 heures à 16 heures, le jeu consiste à pointer le maximum des 81 étapes qui jalonneront notre 
ville. Celle-ci recueillera les équipes de 6 jeunes encadrées par un ou deux adultes et devront, sur des sujets divers, maximaliser le nombre de questions posées 
le long du parcours.
Historim sera un point contact sur l'itinéraire. Dix questions seront posées 
à chaque équipe.
A 16 heures précises, le jeu s'arrêtera. Le millier de jeunes participants se retrouvera sur l'esplanade Corentin Celton, et les résultats seront annoncés l'heure suivante.

Les inscriptions sont reçues (jeunes et adultes accompagnants) à partir 
du 9 mars 2026.
Une journée dynamique en perspective ce 11 avril !

 

20 février 2026

Victor Hugo, rue transformée

 Dans un article paru sur le site d’Historim en 2019, le CNET (Centre National d’Études des Télécommunications) y figure encore. De l’autre côté de la rue au numéro 19, des bâtiments de l’établissement scolaire Saint-Nicolas ont remplacés fin du XXe siècle ceux qui étaient rue du Général Leclerc



Devant l’entrée actuelle a été installée une sculpture de deux personnages  : 
Saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1711), séminariste à Saint-Sulpice en 1670 et fondateur en 1682 de l’Institut des Frères des Écoles Chrétiennes et un jeune garçon attentif. Les anciens locaux rue du Général Leclerc sont depuis 1998 remplacés par une résidence pour seniors, Les Hespérides


À l’autre extrémité de la rue au rond-point Victor Hugo, a été bâti un immeuble résidentiel.
Sur le trottoir d’en face aux numéros pairs, les bâtiments ont métamorphosé la rue depuis quelques années seulement. 

Le CNET a disparu au profit d’un nouvel écoquartier, le Cœur de Ville inauguré en 2022. Une promenade centrale est bordée de bureaux, d’immeubles résidentiels, des services municipaux et de multiples commerce. 

1° Bâtiments du CNET démolis depuis. Vue du Séminaire Saint-Sulpice.au loin dans l’axe de la rue.
2° Établissement scolaire Saint-Nicolas actuel avec la statue de son fondateur et l’entrée déplacée de la rue du Général Leclerc.


3° Vue vers le rond-point Victor Hugo. À droite, les Hespérides inaugurées en 1998 à l’emplacement d’une chapelle qui a disparu et de l’ancienne entrée des bâtiments scolaires.

Sur la gauche, de nouveaux immeubles résidentiels (2022) avec une résidence Nohée pour seniors, les écoles maternelle et primaire Françoise Giroud et après un passage piétonnier branche de la promenade un imposant immeuble de bureaux d’un établissement financier.
Texte : P. Maestracci
Photos : Michel Julien

16 février 2026

Bohin, une tréfilerie disparue


                         

Bohin est une entreprise créée en Normandie au milieu du XIXe siècle pour fabriquer des aiguilles et des épingles. C’est la période de la première Révolution industrielle permettant, entre autres, la fabrication de tissus en très grandes quantités et le transport de marchandises grâce à l’essor du train. Les aiguilles et les épingles sont fabriquées à partir d’un fil d’acier résistant.
L’entreprise Bohin existe toujours à Saint-Sulpice-sur-Risle (Orne) avec un musée ouvert en 2014 (site : bohin.com).


Bâtiments de l’usine. (Monique L.)


Mais au XXe siècle, l’adresse imprimée sur les porte-aiguilles est celle du siège social : Bohin, 9 rue du capitaine Ferber, Issy-les-Moulineaux, Seine. Le numéro de téléphone de l’époque est : michelet 19 39. De la Révolution française jusqu’à la loi de 1964 la ville est alors dans le département de la Seine.
Depuis plusieurs décennies, les bâtiments Bohin isséens ont été détruits lors de la métamorphose du quartier ; ils sont remplacés par des immeubles résidentiels juste à côté de la Résidence Ferber


Salle des machines (Monique L.)

Un grand merci à la sœur de Marie-Christine L. qui a visité le musée Bohin et m’a communiqué l’ancienne adresse isséenne.
Un grand merci également à Monique L. qui m’a généreusement transmis des photographies de l’actuel musée normand Bohin.
Texte : P. Maestracci

 

 

11 février 2026

Un lion menaçant

 Nez en l’air 

Ce décor d’une tête de lion en céramique  est encadré d’une frise de même nature. Il se trouve placé entre le 3e et le dernier étage d’un immeuble Belle Époque, 11 boulevard Voltaire.


Le lion rugissant est un symbole de puissance. Placé à l’axe vertical de l’entrée, il ne constitue pas pour autant une menace pour ceux qui fréquentent l’immeuble. Celui-ci a été construit après la création du boulevard Voltaire en 1867. Sa façade est reconnaissable à l’oriel ou bow-window au premier étage ; celui-ce ne fut autorisé qu’à partir de 1882. 

En effet, à cette date, la Troisième République abolit les contraintes architecturales haussmanniennes du Second Empire. La diversité des façades devint alors possible pour que chaque immeuble puisse se différencier de ses voisins.
1° Tête de lion en céramique.
2° Immeuble Belle Époque, 11 boulevard Voltaire.
Texte et photographies : P. Maestracci.

8 février 2026

Le nouvel an chinois à Issy


Le samedi 1er février, notre ville a célébré le nouvel an chinois par un marché. Des artisans ont eu l'occasion de présenter leurs savoir faire au public isséen qui, bravant les intempéries, a manifesté un grand enthousiasme.








 

6 février 2026

Jean Dubuffet et la Tour aux Figures

Visite de l’exposition, le 29 janvier 2026

Musée Français de la Carte à Jouer

 

Madame Charlotte Guinois, Conservatrice en chef du Patrimoine et co-commissaire de l’exposition nous fait l’honneur et le plaisir de nous la présenter avec un enthousiasme partagé.

La visite commence par la présentation de la Tour aux Figures « monument le plus important de l’artiste dans le monde » dans le cadre  de l’exposition célébrant les quarante ans des liens avec la Fondation Dubuffet. Il y eut déjà une exposition en 1988, organisée par Madame Agnès Barbier pour l’inauguration de la tour. Celle-ci, qui appartenait à l’État, fut cédée en 2015 au département des Hauts-de-Seine « à charge pour lui de l’entretenir. » Le travail des commissaires de l’actuelle exposition s’appuie sur de nombreuses archives publiques et celles bien documentées de la Fondation Dubuffet. Les œuvres de l’artiste « géant sacré du XXe » sont dans des collections du monde entier.


A-M Costa

La genèse du travail débute en 1962 avec l’Hourloupe (néologisme de Dubuffet) avec vingt-six dessins aux hachures bleues et rouges séparées de blanc sur un fond noir. On les retrouve sur des jeux de cartes dont l’un appartient au musée isséen.

L’artiste évolue au cours des années de la peinture à la sculpture et l’architecture. Dubuffet se sert du polystyrène expansé dès 1967 pour ses maquettes et d’un pantographe pour les agrandir. En 1968, il réalise plusieurs maquettes dont celle de la Tour aux Figures et en 1973 d’autres tours comme la Tour narrative.

L’exposition retrace les étapes du chantier sur l’île Saint-Germain, suite à une commande de l’État en 1983. Le conseil municipal du 28 février 1985 présidé par Monsieur André Santini, maire et ancien Ministre entérine l’emplacement choisi sur l’île. La maquette présentée dans l’exposition est l’originale avec le gastrovolve entouré des deux parties de l’extérieur 

(affiche de l’exposition). La tour sera en béton armé pour l’intérieur et l’extérieur recouvert de résine époxy.



Dubuffet meurt en 1985 mais le chantier se déroule de 1986 à 1988 sous la direction de son fidèle Richard-Dhoedt. François Mitterrand, Président de la République préside l’inauguration de cette tour haute de 24 mètres en compagnie de son ministre de la Culture Jack Lang ainsi que des élus locaux dont Monsieur André Santini. En 2019-2020, la tour a été entièrement restaurée tout en sauvegardant les peintures d’origine.



L’exposition s’achève par un film documentaire d’une vingtaine de minutes. Elle peut être complétée par le très intéressant catalogue de l’exposition sur Jean Dubuffet et sa tour (éditions LIENART, 2025. Merci à Françoise pour me l’avoir fait découvrir).

Un grand merci à Madame Charlotte Guinois pour nous avoir fait partager ses connaissances sur l’œuvre magistrale d’un grand artiste.

L’exposition s’arrête le 28 juin 2026 ; il serait dommage de ne pas venir l’admirer.

 

Texte : P. Maestracci

Photographie de la Tour sur l’île d’A-M Costa.

Photographies de l’exposition : Michel Julien.

  

2 février 2026

Les fortifications d'Issy-les-Moulineaux

Le musée de Montmartre propose actuellement une exposition sur « L'École de Paris » de grande qualité rassemblant les œuvres, pour la plupart inédites en France, d’une collection étrangère, la collection Marek Roefler, conservée à la Villa La Fleur près de Varsovie.
Or dans la dernière salle est accroché un tableau qui intéresse tout particulièrement les Isséens amateurs d’histoire et d’art : il est intitulé LES FORTIFICATIONS - ISSY-LES-MOULINEAUX, daté de 1915 et signé. "Kikoïne »



Michel Kikoïne, Les Fortifications, Issy-les-Moulineaux, vers 1915-1920, huile sur toile, coll. Marek Roefler
 

Il attire l’œil dès le premier regard par sa palette de couleurs vives, manifestement influencées par le fauvisme ; à l’évidence elles visent à produire un effet, à transcrire et amplifier la sensation curieuse que suscite l’œuvre en général. De manière accessoire, mais non moins significative, le sujet soulève une première interrogation : le titre semble évoquer l’enceinte militaire qui entourait Paris ; or celle-ci n’apparaît clairement nulle part sur la toile ! Car ce qui en fait a intéressé l’auteur, c’est plutôt de représenter un coin de banlieue, sans autre connotation. Au centre de ce paysage à l’horizon lointain, il a placé deux petites silhouettes, rapidement esquissées, de promeneurs, une femme et un homme. Peut-être occupées à lire (ou peindre ?), elles ont l’air presque incongrues dans cet environnement guère hospitalier, sauf à illustrer de façon elliptique un thème récurrent à l’époque, celui de l’homme confronté à des mutations qui le dépassent - et le cas échéant qui l’agressent, ce qui explique l’éclat provocant des coloris. De fait, sur la droite se détache un groupe de bâtiments industriels austères et rébarbatifs dominés par une haute cheminée, à laquelle répondent deux autres cheminées sur la gauche. A l’avant enfin, sur plus de la moitié inférieure du tableau, un terrain vague bosselé et pentu s’étend, envahissant, autour d’un grand plan d’eau dans lequel il se reflète, en image parfaitement renversée, à côté d’un coin de ciel bleu plus lumineux. En ces lieux proches de la Porte de Versailles où le Sparnacien affleure sur le plateau, la zone des « Fortifs » a en effet été depuis longtemps accaparée par les briqueteries dites « de Vaugirard » qui y exploitent des carrières d’argile à ciel ouvert.




Hedwig Calmelet, Sortie des fortifications par les carrières de glaise d'Issy. 1er Novembre 1851 / Près de la porte de Versailles. 10 mai 1863, mine de plomb, aquarelle et rehauts de gouache sur papier, coll. Musée du Domaine départemental de Sceaux inv. 62.4.28.1/2/3

Ce paysage spectaculaire où se côtoient fragiles fragments de nature et témoins d’une industrialisation galopante dans une alternance toute désordonnée, a déjà occasionnellement retenu l’attention d’autres artistes depuis le milieu du XIXe siècle. Un discret et délicat paysagiste local, Hedwig Calmelet, compte parmi les premiers d’entre eux. Plus tard, en 1905, Constant Pape choisit à son tour ce sujet pour un de ses tableaux de très grand format : Vieille carrière à Issy-les-Moulineaux (aujourd’hui dans un salon de l’Hôtel de Ville). On y reconnaît bien la même carrière « composée d’une large cuvette et d’un monticule à la végétation arasée » quand elle était encore un lieu de travail : « Une légère fumée et la silhouette de quelques rares ouvriers évoquent discrètement l’activité qui faisait travailler une large main d’œuvre. » décrit Charlotte Guinois dans le catalogue de l’exposition « Constant Pape 1865 - 1920 / La banlieue postimpressionniste » (14 février – 13 juillet 2024, pl n°3)



Constant Pape, Vieille carrière à Issy-les-Moulineaux, 1905, huile sur toile, collection municipale d’Issy-les-Moulineaux.

Peu avant d’exécuter son œuvre, Michel Kikoïne, pour pouvoir peindre plus facilement et fidèlement la banlieue parisienne y avait, dit-on, loué temporairement une chambre, en l’occurrence à Clamart. 
Mais depuis son arrivée à Paris vers 1912, il avait son atelier et son logement dans la Cité de La Ruche (2 passage de Dantzig, 15earrondissement) - Cité d’ailleurs créée par le sculpteur Alfred Boucher (premier maître de Camille Claudel), un artiste en partie isséen puisqu’il s’était fait construire une maison dans l’Ile Saint-Germain. Cette résidence d’artistes était depuis une dizaine d’années devenue la terre d’accueil de nombreux jeunes créateurs désargentés venus pour la plupart d’Europe centrale ou des Balkans, fuyant les persécutions et attirés par la réputation de Paris. Parmi eux figuraient notamment le Roumain Constantin Brancusi (dès 1904), l’Ukrainien Alexander Archipenko (en 1908), les Biélorusses Ossip Zadkine (en 1909) et Marc Chagall (en 1912). Vivant et travaillant côte à côte dans une étonnante diversité de styles et de langages, ils pratiquaient en marge des avant-gardes définies un art totalement nouveau. Sa caractéristique essentielle résidait dans leur manière d’aborder la peinture, en lui donnant pour finalité ultime d’exprimer la fougue des sentiments et des passions directement, quasi-spontanément, par une exacerbation instinctive de la couleur. Les critiques les regrouperont bientôt sous l’appellation d’ « École de Paris ».
 


Amedeo Modigliani, Simon Mondzain assis à une table, 1917, crayon sur papier, coll. Marek Roefler 






Né le 31 mai 1892 à Gomel en Biélorussie (et naturalisé français 30 ans plus tard), Michel Kikoïne est un membre très représentatif de cette École. Il est ainsi reconnu et tout particulièrement apprécié par ses aînés et par ses pairs, dont Amadeo Modigliani qui, lui fait rencontrer des marchands. Dès l’âge de 27 ans (en 1919), il a sa première exposition particulière dans une galerie parisienne de renom, l’ancienne Galerie des Indépendants. Il avait du reste suivi un cursus de bon niveau, étudiant successivement à l’École des Beaux-arts de Minsk (en 1905), puis à l’Académie des arts de Vilnius en Lituanie (en 1908). Là, il avait fait la connaissance de Chaïm Soutine - qui le rejoindra très vite après son arrivée à Paris et avec qui il restera toujours lié. Au tout début des années 1920, c’est d’ailleurs Soutine qui l’emmène à Céret et Cagnes-sur-Mer et lui fait découvrir la lumière du Midi, dont il fera grand profit.


Moïse Kisling, Céret, vue sur le Canigou, 1913, huile sur toilecoll. Marek Roefler

Après s’être développée au contact des œuvres de maîtres contemporains tels que Camille Pissarro, Paul Cézanne et Pierre Bonnard, mais aussi du Greco et de Zurbaran découverts au Louvre, sa peinture à ses débuts témoigne d’une vitalité typiquement expressionniste. Elle y participe très concrètement par l'intensité des couleurs (de larges touches mauves, vermeilles, orangées) que s’approprie le courant figuratif de l’École de Paris. Elle est à l’évidence également influencée par le travail de son ami Soutine. Mais alors que celui-ci, triste et révolté, crie le désespoir, Kikoïne, d'un caractère plus heureux, a des accents moins crus et exaspérés. Il dédramatise de lui-même la transcription qu’il propose du monde qui l’entoure, en invoquant la grandeur d’une nature qui peut certes être malmenée, mais demeure aussi vibrante d’énergie.

Le tableau qui nous intéresse en témoigne avec une réussite indéniable. Pour être devenu rare aujourd’hui, il n’a cependant pas toujours été complètement inconnu. Il avait en effet déjà été reproduit dans diverses revues d’art. Et avant d’être acquis par son propriétaire actuel à la fin des années 2000, il avait également été exposé en plusieurs occasions pendant plus d’un demi-siècle (y compris à l’étranger : à Turin, Genève, Londres, et encore en Allemagne, Belgique, même au Japon).


L’exposition dure jusqu’au 15 février. Si l’envie vous en prend, allez-y ! Vous y ferez d’autres heureuses découvertes, parmi lesquelles des œuvres de Foujita, Moïse Kisling, Amedeo Modigliani, Jules Pascin, Ossip Zadkine..

 

Florian Goutagneux

1 février 2026

La Chandeleur

La chandeleur évoque naturellement des souvenirs d’enfance ; les crêpes que l’on fait tournoyer au-dessus de la poêle, une pièce dans la main (pour connaître la prospérité durant toute l’année), la famille réunie un mois après la fête des rois et le partage de la galette. La tradition veut que l’on range la crèche le 2 février, fin du cycle de Noël. 
L’Eglise consacre ce même jour à la présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa naissance.

En 492, le pape Gésale Ier organise à cette occasion une grande fête avec distribution de crêpes. Et c’est ainsi que serait née la tradition de consommer des crêpes le jour de la Chandeleur.
 
A. Bétry