9 janvier 2013

Yves Legrand, un vigneron à Issy-les-Moulineaux

Yves Legrand est plus que cela. Il est aussi philosophe et grand sportif !


Yves Legrand dans ses vignes isséennes. © P. Maestracci
Vigneron. Avec ses enfants, il dirige de main de maître Le Chemin des Vignes. Issu d’une famille isséenne depuis précisément un siècle (il a fêté ce centenaire comme il se doit - voir rubrique Actualités), il y travaille depuis 1974, date de la transformation de carrières en « lieu de vie » où Bacchus est dignement célébré. Son travail le passionne car il privilégie « telle action à un moment donné ». Pour lui, « on est des acteurs de sa propre vie ». Il insiste sur l’importance du « ressenti dans un milieu vivant » et explique la symbolique du vin, de la vigne : le végétal a besoin du minéral et de l’eau pour une formidable transformation. Il rend hommage à René Le Bacon, archiviste talentueux de la confrérie Saint-Vincent (voir Histoire des associations).
En dehors de ses caves, sa vue préférée  est la perspective de l’église Saint-Étienne, vue de la rue de l’Abbé Grégoire.

Philosophe. Si on l’interroge sur son vin préféré, la réponse fuse : « je ne l’ai pas encore goûté ! ». Il concède pourtant qu’un vin peut se révéler extraordinaire quand il est lié à un moment extatique. Autre souvenir gustatif à propos d’une boisson hors du commun : du lait caillé conservé dans une peau de chèvre offert par des Touaregs lors d’une randonnée dans le Sahara.

Sportif. Yves Legrand considère qu’il faut « enrichir le don de la vie » et qu’il vaudrait mieux se consacrer au travail et à l’effort. C’est ainsi qu’il a participé avec des copains plusieurs fois à l’UTMB (Ultra Trail du Mont-Blanc). Il ne s’agit rien de moins que d’une course de 166 kilomètres avec 9000 mètres de dénivelée ! En juin dernier, pour varier, il a été concurrent de l’Iron Man, épreuve inhumaine qui se compose de 3,8 kilomètres en natation, 180 kilomètres en vélo et un marathon (42,195km) final. Il arrive au bout « sans être abîmé car on va chercher au fond de soi-même ». [Sans commentaire !]. 

Un restaurant, dans un cadre bucolique. © P. Maestracci
Issy-Guinguette, 113 bis avenue de Verdun, le restaurant de Yves Legrand, où le vin coule à flots.
Sur l’enseigne (ci-dessus), on distingue au premier plan une belle serveuse et à l’arrière-plan des clients attablés et un violoniste perché sur un tonneau. Cela illustre ce qu’est une guinguette qui est forcément en banlieue : un cabaret où l’on boit et l’on danse. Le vin, le guinguet, non soumis à l’octroi, est moins cher pour les consommateurs.
L’origine du mot guinguette n’est pas limpide. Si le mot apparaît dès 1697, c’est pour désigner un quartier de Paris, donc cela ne concerne pas la banlieue. Pour Yves Legrand, le terme provient du guinguet, vin « sautillant » et par extension, aigrelet ; cela serait lié au verbe « guinguer » (sauter) et à une danse ancienne, la gigue. Notons que le vieil adjectif guinguet signifie aussi étroit (comme un débit de boissons). En tout cas, une guinguette est un lieu festif.
N. Rousset et P. Maestracci.

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