28 septembre 2013

L'abbé Breuil, pape de la préhistoire, au Grand-Séminaire d'Issy

Henri Breuil est né en 1877, à Mortains dans la Manche. Très tôt, il s'intéresse aux sciences naturelles, à l'Afrique. Et il se sent déjà attiré vers le monde ecclésiastique - ce qui est a priori incompatible ! Souvenons-nous de Galilée en juin 1633, condamné par l'Église pour avoir déclaré que la Terre tourne autour du Soleil.

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L'abbé Breuil, vers 1900. © XDR
En octobre 1895, il entre pour deux ans au Séminaire Saint-Sulpice d'Issy. Il y suit avec avidité les cours de sciences naturelles de l'abbé Guilbert qui l'encourage : "Il y a beaucoup à faire en Préhistoire, vous devriez vous y attacher". C'est lui qui déclare aussi "L'Homme ne doit pas être séparé des autres espèces vivantes et doit être appréhendé dans une perspective évolutionniste" - on est bien loin de la création d'Adam et d'Eve au paradis ! Il y fait connaissance de son camarade de chambrée, Jean Bouyssonnie, futur chanoine, avec qui il découvrira les restes de l'homme de Néandertal de la Chapelle-aux-Saints, en Corrèze. Sa double vocation s'épanouit dans le cloître et le parc des Sulpiciens isséens.

Celui que l'on surnommera le pape de la Préhistoire, participe à ses premières fouilles alors qu'il est encore étudiant à Issy : en 1876, on le trouve sur le site de Campigny en Seine-Maritime, une cabane où sont retrouvés des grattoirs, des pics et des burins. On lui doit les relevés des grottes ornées de Font-de-Gaume et des Combarelles. On le trouve en 1902, en Espagne, sur le site d'Altamira et, en 1940, il est le premier à pénétrer dans les grottes de Lascaux (ci-dessous) qu'il baptise "la Chapelle Sixtine de la Préhistoire".
Professeur à l'Institut de Paléontologie humaine en 1910,  il obtient, en 1929, la première chaire de préhistoire au Collège de France, puis en 1938 il devient membre de l'Institut de France. Il parcourt le monde entier de l'Afrique du Sud à la Chine.

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L'abbé Breuil et les jeunes découvreurs de Lascaux, 1940. © AFP
Lors de la cérémonie organisée pour ses quatre vingts ans, au Musée de l'Homme, le  25 juin 1957, le premier qu'il remercie est bien ce professeur de sciences naturelles : "Mon orientation vers la Préhistoire est l'œuvre propre de l'abbé Jean Guilbert, prêtre de Saint-Sulpice, qui fut mon professeur de sciences au Séminaire de Philosophie d'Issy ; il remarqua et encouragea alors (1895-1897), et durant les années suivantes (1897-1903), mes dispositions natives de naturaliste à la recherche instinctive d'une spécialité qui faillit bien être l'entomologie".

On lui doit Quatre cents siècles d'art pariétal, un ouvrage paru en 1952, dressant un panorama complet de l'art préhistorique. Il meurt le 14 août 1961, dans sa maison de L'Isle-Adam (Val d'Oise).
Issy peut être fier de ce personnage haut en couleurs, qui aura droit à son timbre, émis le 17 octobre 1977 (ci-dessus). PCB.



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