7 septembre 2013

Histoires de rue - la rue Guynemer

C'est à un périple à travers les rues d'Issy que nous convie notre Historimienne de choc, Pascale. 

La rue Guynemer, dans le quartier Val-de-Seine, relie en 800 mètres environ la rue parisienne d’Oradour-sur-Glane et le Rond-Point Victor Hugo. La rue du Gouverneur-Général Éboué se trouve dans son prolongement vers l’ouest.
Le tracé de la future rue est déjà visible sur des cartes du XVIIIe siècle ; il s’agit alors d’un chemin entre la plaine d’Issy et la limite des belles propriétés installées le long de la route entre Vaugirard et Issy (actuelle rue Renan). 


in Paris, ses monuments.
Les promenades aux Environs
.
Livret établi pour l’Exposition des Arts Décoratifs
collection privée. 
Plan de 1925 (ci-contre)

Le Champ de Manœuvre est aussi le terrain des débuts de l’aviation précédant l’actuel Héliport de Paris. La rue Jeanne d’Arc ne correspond en réalité qu’à une petite portion de la rue Guynemer dont le double virage a disparu sur ce plan. Il est vrai que les deux rues ont en commun de perpétuer le souvenir de deux héros, l’une sous Charles VII et l’autre sous la présidence de Raymond Poincaré. Le dessin représente les Petits-Ménages dont il ne reste de nos jours que quelques bâtiments.


Au début du XIXe siècle, une bifurcation apparaît (ci-dessous) pour mener, soit vers la Porte d’Issy (rue Jeanne d’Arc), soit pour aller vers la Croix-Nivert et, au-delà, vers le moulin de « Javelle » dont le nom fut ensuite donné à une eau… pas franchement buvable ! 
Vue prise vers Paris dont on distingue quelques immeubles au loin (pas encore de boulevard périphérique surélevé).
Cette « fourche » ancienne correspond au croisement de la rue Guynemer bifurquant sur la gauche vers la Porte de Sèvres, de la rue Jeanne d’Arc tout droit vers la Porte d’Issy et à droite, de la rue Foucher-Lepelletier (ancienne rue de Javelle). Le « Café-Cayzac-Tabac » au rez-de-chaussée de l’immeuble de deux étages au centre a changé de nom mais existe toujours. Le décor de briques polychromes a disparu lors d’un ravalement. En revanche, l’aspect de la rue Jeanne d’Arc a bien changé et les petits morceaux de jardin à droite ne sont plus qu’un souvenir.

La Fourche-rue Guynemer-rue Jeanne d'Arc. Carte postale, coll. privée

La rue Guynemer est d’abord appelée rue du Vivier en raison d’une pièce d’eau, réserve de poissons pour une propriété résidentielle proche. En 1863, les Petits-Ménages (hôpital Corentin Celton) sont installés dans cette rue en face du champ de manœuvre de l’armée, alors non construit . 


Rue Guynemer et les Petits-Ménages. Cartes postale, coll. privée.

Le cliché (ci-dessus) est pris en direction du centre-ville. À gauche, la maison de retraite doublée d’un hôpital : deux bâtiments sont reliés par des galeries vitrées au bâtiment central où se trouvent les bureaux administratifs et l’entrée sous un porche. Seuls ce bâtiment et les galeries adjacentes ont été conservés ; les autres ont été remplacés par des immeubles résidentiels. À droite, l’hôtel-restaurant au premier plan ainsi que tous les immeubles derrière ont été rasés et remplacés par une contre-allée devant un imposant ensemble de bureaux.

Guynemer.XDR/Wikipedia

Ensuite, la rue du Vivier prend le nom de rue Jean-Jacques Rousseau, à l’instar d’autres noms de philosophes des Lumières et de révolutionnaires attribués au quartier proche de l’Hôtel de Ville.
Enfin, son nom définitif, rue Guynemer perpétue la mémoire d’un célèbre aviateur de la Première Guerre mondiale qui remporta 53 victoires (à droite).                                                                
P. Maestracci

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