8 novembre 2018

Issy-les-Moulineaux : les hôpitaux temporaires de la Grande Guerre

Quels sont donc ces cinq hôpitaux temporaires d'Issy-les-Moulineaux, 
évoqués précédemment ?

Le plus important (ci-dessous) est l’Hôpital temporaire ou complémentaire de Versailles Saint-Nicolas (HT 61 ou HCVR61, selon la numérotation du Service de santé). Il ouvre le 21 septembre 1914 dans l'école Saint-Nicolas, met à disposition 760 lits et fonctionnera durant toute la guerre et même jusqu’en 1920. Il accueille de nombreux blessés venant de tout le front et, particulièrement, les brûlés et les victimes des gaz asphyxiants.

Hôpital temporaire Saint-Nicolas. Carte postale.

Le soin aux grands brûlés
C'est dans cet hôpital, dirigé par le docteur Contremoulins, un précurseur de la radiologie, qu'est appliqué sur les brûlés le traitement du docteur Barthe de Sandfort. Médecin de Marine, il mit au point et expérimenta, lors d’une mission en Chine, un produit combinant des paraffines et de l’ambre (résine fossile provenant de certains conifères) qu’il dénomma Ambrine. Appliquée sur les parties brûlées, l’Ambrine non seulement calmait les douleurs mais favorisait la régénération des tissus.

Blessé à l'hôpital Saint-Nicolas. © XDR
En août 1914, de retour en France, le docteur Barthe de Sandfort est nommé par le général Galliéni médecin major à l’hôpital de Versailles, puis détaché à l‘hôpital Saint-Nicolas d’Issy. 90 lits de l’hôpital sont réservés aux brûlés (ci-dessus). 

La visite du président de la République
Au cours de l’année 1916, le sous-secrétaire d’Etat chargé de la Santé militaire, M. Julien Godard, ordonne que les brûlés provenant du front soient évacués sur l’hôpital Saint-Nicolas d’Issy. Le 3 novembre 1916, le président Raymond Poincaré fait une visite à l’hôpital temporaire Saint-Nicolas (ci-dessous).

3 novembre 1916, le président Poincaré à  l'hôpital Saint-Nicolas. © XDR
Nombreux sont les soldats qui mourront à Saint-Nicolas, suite à leurs blessures. 507 seront enterrés dans le cimetière communal. Quelques infirmières les rejoindront. Ils reposent aujourd'hui dans le carré militaire du cimetière (ci-dessous).  Dans la cour d'honneur de l'école Saint-Nicolas, se dressait jusqu'en 1997 un Monument aux morts, détruit avec tous les anciens bâtiments. A suivre.
Denis Hussenot

11 novembre 2017, dans le carré militaire du cimetière d'Issy-les-Moulineaux. © A. Bétry


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