25 janvier 2026

Historia, il y a un an


Disparition de Patricia Crété, ancienne rédactrice en chef d'Historia

Éric Pincas, rédacteur en chef d'Historia, réagit à la disparition de celle qui l'a précédé à la tête du magazine et dont nous avons eu la douleur d'apprendre le décès le 25 janvier 2025

Par ÉRIC PINCAS Publié le 27 janv. 2025 à 16:09

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition de Patricia Crété-Bétry qui fut rédactrice en chef d’Historia, magazine auquel elle s’est dédiée sans compter pendant quarante-deux ans. Patricia est entrée aux éditions Tallandier en 1972, groupe auquel appartenait alors Historia, développant une expertise dans l’art de l’édition et de la vulgarisation historique. Au fil des années, elle a su tisser un lien privilégié avec les auteurs, proposant aux lecteurs d’Historia des numéros éclairés, pédagogiques, parfois-même ludiques. Car apprendre sans jamais trop se prendre au sérieux était l’une de ses règles. Elle fuyait d’ailleurs les cercles élitistes et l’entre-soi parisien. L’important était ailleurs, loin des égos et des sirènes du carriérisme. Les clés de sa réussite tenaient sans doute à cette forme d’indépendance et d’espièglerie qui la caractérisaient. En 1999, avec Pierre Baron, directeur de la rédaction et Anne-Marie Finkelstein, directrice générale de l’époque, elle participa à la grande transformation d’Historia : le passage au grand format que vous affectionnez tant.


Nous sommes quelques-uns à Historia à lui devoir énormément. C’est elle qui en 1998, alors que je sortais tout juste de l’Institut français de presse, m’a ouvert les portes de ce prestigieux magazine. Auprès d’elle, j’ai observé, écouté, travaillé d’arrache-pied pour me montrer à la hauteur de la confiance qu’elle m’accorda. Auprès de Pierre Baron, ancien directeur de la rédaction, nous avons fini par constituer un trio complémentaire, bientôt transformé en quatuor avec Victor Battaggion, le rédacteur en chef adjoint qui a beaucoup travaillé avec elle. Pour le centième anniversaire d’Historia, en décembre 2009, nous nous tenions en haut des marches de l’escalier d’honneur du musée Carnavalet pour accueillir nos invités. J’ai alors découvert le métier de « physionomiste » qui n’était pas son fort et auquel je palliais en toute discrétion. Car sans vouloir faire offense à qui que ce soit, elle avait cette particularité de moins retenir les visages que les voix et les talents d’écriture des auteurs dont elle savait s’entourer. Ce qui nous valut des éclats de rire mémorables !

Ce soir-là, les plus grands historiens ne manquèrent pas de lui rappeler, à raison, combien le succès d’Historia était le sien.

En septembre 2014, il y a une dizaine d’années, elle nous passa le relais pour une retraite méritée mais hyperactive. Elle présidait notamment l’association historique d’Issy-les Moulineaux (Historim), sa ville de cœur, et participait au succès de la collection Quelle Histoire (Bayard) à destination du jeune public. Toujours ce souci de la médiation chevillé au corps.

Avec Franck Ferrand, toute la rédaction d’Historia exprime ses plus sincères condoléances à son époux Alain et à sa fille Aurélie. Patsy, vous allez nous manquer.

21 janvier 2026

Valérie André

Pour un ultime vol, Madame le Général Valérie André nous a quittés  le 21 janvier 2025. 

Pilote, parachutiste, résistante, Valérie André, dont l'héliport d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) porte le nom, a aussi été la première femme au monde à piloter des hélicoptères en mission de guerre. Son neveu, André Santini, ancien ministre et maire d’Issy-les-Moulineaux, lui rend hommage en ces termes : « Elle a démontré que les femmes sont capables des plus grands exploits et peuvent accomplir des destins extraordinaires. »  Portrait d’une femme exceptionnelle et d’une véritable héroïne.

 




Le parachutisme, dit-elle « est un sport qui fait appel aux ressources les plus profondes de l'être pour l'exécution d'un acte considéré comme antinaturel : le saut dans le vide. Parce qu'il développe des qualités de calme, de sang-froid, de maîtrise de soi ; qu'il fait appel à l'esprit de camaraderie et développe l'esprit d'équipe, car si le saut est un acte purement individuel, la préparation à ce saut est un acte collectif ; enfin, que chaque saut est pour le parachutiste une victoire remportée sur lui-même ».

16 janvier 2026

Raoul Follereau 1903-1977

Une esplanade de notre ville porte le nom de Raoul Follereau. Située proche du centre commercial des Trois Moulins, elle voisine la rue du Docteur Lombard et la place de la Résistance. Grand lieu de passage, on ne peut y apporter qu’une modeste attention.






Mais qui est ce personnage qui, chaque année fin janvier, est sollicité par une quête publique au bénéfice de la fondation qui porte son nom.

Raoul Follereau, écrivain, journaliste et avocat français, originaire de Nevers a consacré sa vie à lutter contre l’exclusion, la pauvreté et un mal terrible, la lèpre.

D’origine bactérienne, cette maladie fait partie des maladies tropicales négligées.

De nombreux cas sont recensés chaque année et dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. D’après l’Organisation Mondiale de la santé, 2,8 millions de personnes sont atteintes par la lèpre dans le monde et chaque année 750 000 nouveaux cas sont enregistrés dans le monde, selon les chiffres officiels de 161 pays.




Les symptômes sont variés : lésions cutanées et nerveuses. Sans traitement ces lésions progressent et deviennent permanentes, touchant la peau, les membres et les yeux.

Pour atteindre un monde exempt de la lèpre, une stratégie mondiale est lancée chaque année. Aussi, quand nous verrons la campagne d’affichage dans les lieux publics le 25 janvier, nous saurons qu’un homme, Raoul Follereau, est à l’origine de cet appel. 

Un serviteur de l’humanité ! 


A.Bétry





Raoul Follereau et son épouse Madeleine





14 janvier 2026

Une tourelle vraiment ?

Un immeuble de bureaux, appelé Victor Hugo parce qu’il est situé sur le rond-point du même nom, semble être en travaux. En effet, une grue de chantier est en train de construire une petite tour.

En réalité, c’est une illusion d’optique en raison de l’axe de la perspective. La tour en cours de finition n’a rien d’une tourelle puisqu’il s’agit de la fameuse tour Triangle porte de Versailles. Les derniers étages sont en cours de finition : 44 sont prévus pour atteindre une hauteur des 180 mètres. La tour Triangle, dont on n’aperçoit ici que le côté est visible de loin, qu’il s’agisse de Paris, en particulier de la rue de Vaugirard, ou d’Issy-les-Moulineaux… Un point commun avec l’immeuble isséen : y sont prévus des bureaux…

Texte et photo : P. Maestracci

8 janvier 2026

L'Epiphanie


Le 6 janvier, près de deux semaines après la naissance de Jésus, les rois mages arrivent dans la crèche. Ils ont été alertés par l’apparition d’une étoile nouvelle et particulièrement brillante. Alors, sans hésiter, Melchior, Gaspard et Balthazar ont pris la route dans la direction qu’indiquait l’astre. En occident, la célébration de l’Epiphanie se traduit par la dégustation d’une fameuse galette, dans laquelle se cache une fève. Quel est le lien entre cette habitude culinaire et l’histoire des rois mages ?

L’épisode est rapporté par saint Matthieu. Les mages étaient des astrologues venus d’Orient, il n’est donc pas surprenant qu’ils aient immédiatement repéré cet astre nouveau. Il pourrait en réalité s’agir la conjonction des planètes Mercure, Jupiter et Saturne, phénomène rare qui eut lieu en 6 avant J.C. Traversant le désert, ils apportèrent à l’Enfant-Jésus des présents de leurs pays : de l’or, de la myrrhe et de l’encens. Le récit de l’évangéliste ne précise pas leur nombre, mais la tradition populaire, influencée par la description des trois cadeaux, a rapidement conclut à l’existence de trois personnages. Leurs prénoms n’apparaissent d’ailleurs qu’au VIe siècle.

 

Au Moyen-âge, le chroniqueur italien Jacques de Voragine renforce le culte des rois mages en détaillant l’épisode dans sa Légende Dorée, une grande fresque biblique écrite entre 1261 et 1266. Dès lors, en France, on fête l’Epiphanie en dégustant une galette dorée avec une fève cachée à l’intérieur. Un enfant désigne à l’aveugle l’attribution de chaque part. Celui qui trouve la fève est appelé « roi ». Il gardera cet attribut toute la journée.

 

Si elle fait évidemment référence aux rois mages, l’élection d’un roi avec inversion de rang est fréquente dans les festivités médiévales. On la retrouve à l’occasion du carnaval ou de la fête des fous. Quant à la fève, elle vient d’une coutume préchrétienne. Cette légumineuse poussant au printemps est considérée comme un aliment magique, symbole de vie et de fécondité, elle est aussi le premier présent offert aux vivants par les morts de l’année passée.
 
Au XIXe siècle, il était d’usage, lorsqu’on « tombait sur la fève », d’offrir à boire à toute l’assemblée. Pour éviter que quelques pingres ne choisissent de l’avaler plutôt que de payer leur tournée, les fèves sont progressivement remplacées par des figurines en porcelaine, moins digestes ! Elles prennent alors la forme de l’enfant Jésus emmailloté, puis de personnages divers, aujourd’hui prisé des collectionneurs, les « fabophiles ».
 
À cause de ses références à la monarchie, la galette des Rois faillit être interdite pendant la Révolution. Elle garde finalement sa place à table, mais est renommée « galette de l’Égalité ». De nos jours, la galette dégustée chaque année par le président de la République ne comporte pas de fève… il serait malvenu qu’il devienne roi !

A. Bétry