13 juin 2011

Guimard, maître de l'Art nouveau, à Issy

Né à Lyon en 1867, Hector Guimard arrive à Paris en 1882 lorsque son père vient y travailler. L’année suivante, il est admis à l’École nationale des Arts-décoratifs : il est hébergé alors chez une parente qui réside dans le quartier d’Auteuil (XVIe arrondissement). C’est là qu’il noue des relations amicales et professionnelles avec des gens fortunés tels les Jassedé. En 1885, il est admis à l’École nationale des Beaux-Arts.  
L’Art nouveau émerge en France vers 1890 ; ce courant artistique prend de multiples formes selon les pays et les artistes. Tous ont cependant en commun le désir de renouveler profondément les beaux-arts et les arts décoratifs ; ils s’inspirent de la nature, changent les perspectives, utilisent des aplats de couleur. Professeur à l’École des Arts décoratifs, architecte, Hector Guimard s’inscrit pleinement dans ce nouveau mouvement,  Il obtient la commande de l’hôtel particulier Roszé, rue Boileau à Auteuil, qu’il habite.  Puis, en 1893, celle de l’hôtel particulier des Jassedé, rue Chardon-Lagache, toujours dans le XVIe arrondissement. Il leur dessine également une maison de campagne, avenue du Général de Gaulle, à Issy-les-Moulineaux dans un style caractéristique qui reprend, sous une forme plus modeste celui de la demeure parisienne : absence de symétrie et mélange de matériaux (photo ci-dessous).
 
Façade latréale : l'angle est souligné
d'une frise verte, avec des grès orange
Muller, inscrits dans des carrés.
La dissymétrie se manifeste surtout sur les ruptures du toit et le retrait du côté droit. Pas deux fenêtres identiques afin d’animer la façade. Les matériaux utilisés sont moins onéreux car il s’agit d’une maison à la campagne. La pierre meulière prédomine mais les lignes horizontales sont soulignées par des briques ainsi que par des cabochons turquoise sur la façade principale ou des formes carrées orange et vertes sur l’angle de la façade latérale. Ces céramiques, dessinées par Guimard, sont réalisées par Émile Muller. Celui-ci dirige une manufacture à Ivry-sur-Seine et est connu pour ses « grès Muller » Art nouveau.


Tombe Jassedé, au cimetière d'Issy.
L'ornement en bronze, dont on ne voit que la trace
sur le socle, a été mis à l'abri.
En 1895, Guimard conçoit la tombe de la famille Obry-Jassedé toujours visible dans le cimetière isséen. Eugénie Jassedé meurt en 1921, Louis en 1928.
 Guimard gagne en notoriété et peut créer, en 1895-98, son premier projet d’importance : le Castel Béranger, rue La Fontaine, toujours dans le même arrondissement parisien. Et, en 1899, la construction, à Sèvres, du Castel Henriette.


 
C’est en 1900 qu’Hector Guimard crée une œuvre emblématique de Paris : ses décors de stations du métro. Les verrières sont soutenues par une armature métallique de lignes végétales ; les balustrades vertes sont décorées d’un motif évoquant une feuille. Deux stations complètes existent encore à Paris dont celle d'Abbesses (ci-dessous), sur la ligne 12, celle de Mairie d'Issy.


 
En 1910 , Guimard crée sa propre entreprise alors que commence une certaine désaffection pour l’Art nouveau ; la Première Guerre mondiale renforce cette évolution. 
En 1920, il dessine le Monuments aux morts du lycée Michelet, à Vanves. Le décor en est sobre et relativement symétrique. Il s’agit d’une stèle en marbre sur laquelle sont gravées les noms des victimes de la guerre, encadrées par des lignes sinueuses ; au centre, une gerbe en bronze est l’ornement majeur. Ce monument a été payé par souscription de l’Association amicale des anciens élèves de Michelet (adresse : 5 rue Jullien 92170 Vanves).
Guimard part en 1938 avec sa femme à New York où il meurt en 1942. Après la guerre, sa veuve défend  l’œuvre de son mari.

Pourtant, au même titre que la Tour Eiffel , le métro dessiné par Guimard  est l’un des symboles de Paris aux yeux des touristes du monde entier. Issy-les-Moulineaux peut s’enorgueillir de compter dans sa ville les œuvres de cet artiste-architecte.
Texte et photos P. Maestracci.

 
Mes remerciements les plus vifs vont à Mme Barthélémy (voir Témoignages) qui m’a parlé avec enthousiasme d’Hector Guimard à Issy-les –Moulineaux, à M. Gandolfo, conservateur passionné d’histoire du cimetière d’Issy-les-Moulineaux, et aux sympathiques propriétaires de la maison Jassedé dont la maison est photographiée.

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