25 juin 2018

Jean-Antoine Gros, à Issy, 25 juin 1835


J.-A. Gros (1771-1835), autorportrait.
Jean-Antoine Gros (ci-contre), né à Paris en 1771, est un célèbre peintre d’histoire. D’abord formé par ses parents, tous deux peintres, il entre ensuite dans l’atelier de David. Sous le Directoire, il est incorporé à l’armée et rencontre à Nice Joséphine Bonaparte, puis son mari à Milan. Devenu officier d’état-major, il suit la campagne d’Italie de Bonaparte en 1796/97 et assiste aux batailles. 

Ses tableaux

Ce témoin direct peint en 1801 Bonaparte au pont d’Arcole puis les Pestiférés de Jaffa en 1804 quelques années après la campagne d’Égypte. Son tableau le plus poignant est celui de la Bataille d’Eylau de 1807 (ci-dessous). L’œuvre, peinte surtout dans les tons de blanc et de gris, met en valeur l’empereur dans un paysage polaire sans négliger l’horreur du combat. Le tableau présenté au Salon en 1808 lui vaut d’y être décoré par Napoléon 1er. On peut l'admirer aujourd'hui au Musée du Louvre.

La Bataille d'Eylau,  Jean-Antoine Gros.  XDR

Sous la Restauration, Gros, membre de l’Institut et professeur aux Beaux-Arts reçoit des commandes prestigieuses. Il peint de 1821 à 1824 une fresque représentant Sainte-Geneviève en compagnie de Clovis et Henri IV dans la coupole du Panthéon. Ensuite, il décore le musée Charles X consacré aux antiquités égyptiennes au Louvre (aile Sully). Par ailleurs, la Grande galerie du musée expose certains de ses tableaux parmi les plus célèbres. 
Décoré de la Légion d’Honneur en 1823 sous Louis XVIII, Gros est fait baron par Charles X. Tous ces honneurs ne le consolent pas de la critique de ses tableaux peints après 1825 en plein essor de la peinture romantique. En 1835, son ultime travail, Hercule écrasant Diomède est fortement décrié.

Les dernières heures du peintre à Issy

Le 25 juin de la même année, il longe la Seine à Paris puis à Issy avant de se diriger vers Meudon. Dans les environs du Bas-Meudon, on retrouve son corps dans l’eau où il s’est noyé. Dans son chapeau, une lettre explique son geste désespéré : « las de la vie et trahi par les dernières facultés ». P. Maestracci

Merci à mon amie Jacqueline qui m’a prêté le livre fascinant de Jean-Paul Kauffmann, Outre-Terre, (Équateurs Littérature, 2016). Ce livre est en partie consacré à la bataille d’Eylau et donc, au baron Gros.

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