23 juin 2018

Journée de l'archéologie à Issy - parcours des Monuments aux morts

Cette visite complète celle des tombes militaires de la Grande Guerre qui a eu lieu le 16 juin, toujours en parallèle avec les Journées Nationales de l’Archéologie.

Ce dimanche 17 juin 2018, le groupe a suivi avec le plus grand intérêt le guide, M. Florian Goutagneux du Musée Français de la Carte à Jouer qui en a conçu l’itinéraire et que nous remercions pour son travail. Le rendez-vous était fixé place du 11 novembre 1918, place qui porte ce nom depuis 1966.


Place du 11 novembre 1918.

Stèle place
du 11 Novembre 1918
© A. Bétry
La date du 11 novembre 1918 a été choisie par le général Foch pour signer l’armistice à Rethondes. C’est aussi le jour de la Saint-Martin, évêque de Tours au IVe siècle et apôtre des Gaules. Sa chape conservée à Tours est à l’origine du mot « chapelle ».

Le monument de la place (ci-contre) fut érigé en 2008 pour le 90e anniversaire de la fin de la guerre. Il est très sobre avec une stèle polie de granit sombre. Le portrait d’un soldat portant un casque Adrian sans indication de son arme symbolise tous les soldats. Il surmonte l’inscription : 
« Honneur aux Poilus 1914-1918 ». Ce terme de Poilu passe d’un registre familier à une symbolique élogieuse. Il est surtout utilisé après la guerre. Devant la stèle, l’environnement végétal reflète un nouveau souci de décor proche de la nature. Et tous les 11 novembre, une gerbe y est déposée.


Église Saint-Étienne

Un vitrail rarissime par son thème se situe dans le bas-côté gauche de l’église. L’artiste Chanterelle l’a dessiné pour le maître verrier Houille. Son financement fut assuré par souscription auprès des paroissiens ; les sommes versées s’échelonnent de 2 à 500 francs. L’inauguration officielle eut lieu en décembre 1920, soit un an après le traité de paix signé à Versailles en 1919. Elle se place dans un contexte de reconquête de la banlieue par l’Église après la Grande Guerre. L’église isséenne Sainte-Lucie en est un autre exemple.

Vitrail de l'église Saint-Etienne
© P. Maestracci
En bas du vitrail (ci-contre), une inscription latine Pro Deo, Pro Patria. 1914-1918 (Pour Dieu, pour la Patrie) est placée sous un soldat mort. Il porte un uniforme bleu horizon avec son arme posée le long du corps. Un aumônier militaire et un infirmier viennent de l’assister dans son agonie.
Au deuxième plan, on distingue des survivants dans une tranchée et à gauche, le support d’une grosse gamelle pour la soupe.
En arrière-plan, on distingue la cathédrale de Reims en train de brûler après avoir été bombardée par l’armée allemande.
Tout en haut, l’archange Saint Michel apporte la palme du martyre ainsi qu’une couronne de laurier. Cela symbolise le soldat mort en chrétien et en héros.


Monument aux Séminaristes morts

Il se trouve un peu à l’écart dans la parc Saint Jean-Paul II qui appartient au Séminaire Saint-Sulpice. Ce parc est loué par bail emphytéotique à la commune. C’est une œuvre taillée dans du calcaire en forme d’exèdre sur un modèle antique (ci-dessous). Le sculpteur est Henri Léon Gréber. 

Monument aux Séminaristes dans le Parc Saint-Jean-Paul II.
© P. Maestracci
Les références religieuses sont nombreuses comme la forme arrondie du chœur d’une église. Au centre, se dresse un modèle de calvaire breton avec le Christ au centre et les deux Larrons placés en oblique de part et d’autre. « C’est la problématique affective de la douleur ». La croix est surmontée d’un arc ogival, caractéristique du gothique flamboyant. La base de la colonne christique représente la Vierge, Saint Jean et Marie-Madeleine. Elle domine une citation latine : Quorum nomina scripta sunt in coelio Ceux dont les noms sont écrits sont au Ciel).
Sur la dalle du sol, on peut lire une autre inscription latine : Deciderunt Fortes in praelio ( Courageux, ils sont morts au combat).
Les noms des séminaristes sont gravés sur toute la partie concave avec quelques ajouts ultérieurs après identification des corps. Les noms des donateurs sont gravés sur la partie convexe. La phrase Donavit Amicus noster (Notre ami a donné) surmonte le nom de Mgr Chebli, archevêque de Beyrouth.

Monument aux Morts, square de la République

Monument aux Morts, Square de la République. © A. Bétry

Situé square de la République, le principal monument aux Morts de la commune (ci-dessus) représente une dimension mythologique du combat entre Hercule et l’hydre de Lerne, le Bien contre le Mal. Il fut érigé "à la mémoire des combattants et de toutes victimes des guerres". 

C'est ainsi que se terminent ces deux journées-hommages consacrées aux Poilus de la Grande Guerre à Issy. P. Maestracci

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