26 décembre 2025

Une maison très vitrée

Le nez en l'air


Ce mur pignon composé d’une structure métallique et de nombreuses vitres est visible  rue du Gouverneur Général
Éboué. C’est un élément  d’un vaste bâtiment en forme de maison géante entre les rues Kléber et Horace Vernet. Les façades et le toit à double pente sont largement vitrés.
La construction vient de s’achever avec le retrait des échafaudages et des palissades de la zone de chantier. Les locaux, éclairés en journée, ne sont pas encore occupés. Il s’agit de l’un des derniers immeubles de bureaux construits en 2025
Texte et photo: P. Maestracci

22 décembre 2025

Jésus

 Jésus n’est pas né en décembre, c’est très probable. Au début de l’ère chrétienne, les églises d’Orient et d’Occident célébraient à différentes dates (de décembre à mai) la naissance du Christ puis, progressivement la célébration a été fixée au 6 janvier (date conservée encore aujourd’hui par l’unique Eglise apostolique arménienne). 

Les rites chrétiens ne parvenant pas à s’imposer face aux nombreuses fêtes paÏennes célébrées au moment du solstice d’hiver (Saturnales romaines du 17 au 24 décembre) et culte de Mithra, dieu de la lumière (le 25 décembre). l’Eglise par son pape Libère, en 354, décida d’avancer la date de la naissance du Christ du 6 janvier au 25 décembre, fête la plus importante du calendrier mithraïen, jour de la renaissance du sol (sol invictus). S’il s’avère impossible de déterminer avec précision le jour de la naissance du Christ, il n’est pas moins difficile de déterminer l’année. Au vu des éléments historiques et de ce que nous en disent les évangiles de l’an 5 av. J-C  à l’an 5 ap. J-C. semble être la fourchette la plus plausible.

Almanach BiblioMonde 2013


On en sait peu sur le lieu de la naissance de Jésus. On en sait encore moins sur la date où il vit le jour. Saint Luc évoque l'ange et l’annonce aux bergers (2,8-20) ; saint Matthieu, Hérode, l’étoile et la visite des Mages (2,8-12), mais ils sont les seuls. Les deux autres évangélistes, Jean et Marc, ne disent absolument rien de la naissance du Christ.

Emmanuel de Waresquiel, Historia décembre 2025-janvier 2026.






21 décembre 2025

Architecture isséenne et meulière

 

Après les nombreuses destructions dans la commune en 1870/1871 lors de la guerre franco-prussienne et surtout lors des combats sanglants lors de la Commune au printemps, il fallut reconstruire la plupart des bâtiments.


Collège Victor-Hugo qui a remplacé une école de garçons ouverte en 1904. Ancienne entrée sur le pan coupé à l’angle des rues Aristide Briand et Paul Bert.

L’un des matériaux privilégiés à l'époque est la pierre meulière. Celle-ci tire son nom des meules pour moudre les grains dans les moulins. Certains pensent même que Molière s’en serait inspiré pour son nom de scène… La meulière est une variété de silex caverneux rouge ou gris extrait de carrières du Bassin Parisien. Pierre solide mais légère, elle est résistante à l'humidité et est un efficace isolateur thermique. Elle est taillée sous forme  de moellons dont les trous en surface sont remplis de mortier ou de ciment, ce qui rend l’ensemble très résistant


En architecture, la meulière est d’abord utilisée pour les fondations d’usines ou de bâtiments. Le premier à en faire usage pour une maison est Hector Guimard. Pour la famille Jassedé (41 rue Chardon-Lagache Paris XVIe). Il en crée une autre à Issy-les-Moulineaux pour la même famille, 96 avenue du Général-De-Gaulle.        
                                                                                                                                                           
Arches du RER boulevard Garibaldi. Le tracé est celui de la première ligne ferroviaire électrifiée en France pour l’Exposition universelle de Paris en 1900. Les espaces sous les arches ont été aménagés en ateliers d’artistes et de salles de sport. 

Cet exemple inspire d’autres architectes dans la ville essentiellement au début du XXe siècle. Deux maisons familiales datent ainsi de la Belle Epoque. Il s’agit de la maison Tariel (19 rue Kléber) et la maison Puijalon (24 avenue Victor-Cresson). E. Puijalon est alors l’un des principaux architectes dans la ville comme E. Delaire. D’autres maisons en meulière sont dispersées dans la ville comme la villa datant de 1900 au 6 de l'avenue Victor-Cresson ou ce pavillon, 12 rue de la Galerie, original en raison d’une tourelle d’angle pour un escalier.



Maison Jassedé dessinée par Hector Guimard en 1893. 63 avenue du Général-de-Gaulle.





Les immeubles en meulière sont plus rares dans la ville ; on peut citer celui à l'angle des rues Georges-Marie, ou ceux des rues Danton et d'Alembert. Plus rares sont ceux avec une façade composite comme celui au numéro 52 de la rue du Gouverneur-Général-Éboué. Les murs du rez-de-chaussée et du 1er étage sont en meulière, surmontés de quatre étages  en briques.
Un certain nombre d'équipements collectifs sont construits en meulière comme les casemates du Fort d'Issy construites entre 1840 et 1845, les arches du RER vers la place Léon-Blum ou des bâtiments municipaux : les écoles Jules-Ferry dans la rue du même nom, le collège Victor-Hugo dans sa partie ancienne, la résidence Lasserre de 1900 la crèche de la Manufacture des Tabacs 4 rue Michelet ou l'espace Simone-Veil, 27 avenue Victor-Cresson.



Maison de la famille Tariel à l'angle des rues Kléber et Hoche.


Par ailleurs, la pierre meulière sert souvent de soubassement pour permettre l’aération des caves que ce soit pour des pavillons ou des immeubles tel la Résidence Séverine dans les années-cinquante. 
Texte et photographies : 
P. Maestracci



 


18 décembre 2025

Doisneau Robert, un regard sur Issy

Qui ne connaît pas Robert Doisneau. Un photographe de talent qui nous a quittés en 1994. Dernièrement, une expo Instants Donnés lui était consacrée au musée Maillol. Un échantillon de son parcours de vie avec 400 photos.

© Robert Doisneau

Un article lui a déjà été consacré concernant son séjour à Issy (https://tinyurl.com/2cmaecdd).

Ses photos d’enfants sont les plus connues. Gamins des banlieues, principalement ceux de son entourage, Gentilly, Montrouge, Ivry et Vanves. Capturés sur le vif, dans leurs jeux, sur la « zone » et à l’école.

Ce que l’on sait moins, Doisneau est venu faire quelques photos à Issy. L’une d’entre elles est  principalement connue mais aucune n’a été faite lors de son séjour isséen.

© Robert Doisneau


Celle-ci, de 1949, non légendée a été prise rue Rouget-de-Lisle au croisement avec  la rue Camille-Desmoulin dont on voit l'amorce à gauche. L'on aperçoit au fond les deux viaducs d'Issy-Plaine (Val-de-Seine). La station n'est pas visible.


La photo de tête, légendée La ceinture verte, date de 1949 et nous donne une idéde la ville industrielle.


La dernière photo faite à Issy date de 1973, elle a été prise lors de la grève des ouvriers de Bohin, rue du Capitaine-Ferber. Usine et siège de l’entreprise qui ont disparu du paysage isséen en 1997. Celle-ci existe toujours mais sur le site d’origine dans l’Orne.

Ces photos évoquent un Issy disparu à jamais, pas si lointain pourtant mais que certains ou certaines ont connu.

Michel Jullien

15 décembre 2025

Noms isséens et mails

Un mail en anglais signifie un courrier et de plus en plus, un message envoyé par internet. Mais en français, un mail est une sorte d’allée. Mot d’origine latine, malleus (petit maillet), le mail était un maillet servant à pousser une boule en bois sur une promenade publique recouverte de sable ou de terre battue.

                     Mail Raymond Menand. Le conservatoire Niedermeyer se trouve là où le mail se dirige vers la gauche.

Quelques allées isséennes sont qualifiées de mails. Trois concernent des personnalités. Tout d’abord, le mail Alfred Boucher dans l’île Saint-Germain entre l’avenue du Bas-Meudon et la rue Pierre Poli ; il fait référence à un sculpteur (1850-1935) qui vécut un temps sur l’île. Le mail Félix Amiot est en lien avec l’aviation, non loin de l’Héliport d’Issy-Valérie André et longeant la ligne du tram T2 dans la quartier Val-de-Seine. Félix Amiot (1894-1974) fut un pionnier de l’aviation mais également un constructeur et un réparateur d’avions. Il finança un réseau de Résistance pendant la guerre avant de se reconvertir dans la construction de bateaux pour la Marine de guerre. Le 3e mail entre les rues Hoche et Danton  porte le nom d’un maire. Il s’agit de Raymond Menand, maire de la ville de 1973 à 1980. son successeur est M. André Santini.
Un très court mail est celui de l’Islette (petite île) entre le quai de la Bataille de Stalingrad et le petit bras de la Seine. Il rappelle qu’autrefois plusieurs îlots ont existé autour de l’île Saint-Germain comme l’îlot du Grand Dauphin ou l’îlot Chabanne. Celui-ci rattaché par un comblement en deux temps après-guerre correspond à la promenade Constant Pape ;


                       
Mail Alfred Boucher. Au fond, le stade de l'île.

Pascale Maestracci

 

  

14 décembre 2025

Des fenêtres hors du commun

Nez en l’air  Ces fenêtres rénovées sont en façade d’un bâtiment donnant sur une rue passante. Elles sont surmontées d’un arc de décharge souligné par un décor de briques rouges avec une touche de vert émeraude. En-dessous, un dessin géométrique est fait de briques rouges avec là encore, un peu de vert ; mais surtout de petites ouvertures inscrites dans un cercle entre les briques laissent passer l’air. Ce genre d’aération était plus fréquent sous les fenêtres de cuisine des immeubles de la Belle Epoque. De plus, des agrafes métalliques en forme de monogrammes I et M décorent certaines travées. Cet immeuble, appelé de nos jours Espace Savary, au 4 de la rue du Général Leclerc fut dessiné par l’architecte É. Delaire à la Belle Epoque pour la ville. Les lettres I et M (Issy et Moulineaux) indiquent que c’est un bâtiment municipal. Toujours occupé de nos jours après avoir été une école à l’origine, il est le siège de l’Inspection de l’Éducation Nationale mais aussi de certaines associations comme les Anciens Combattants ou l’ALC (Accueil, Loisirs, Culture). 
Texte P. Maestracci 
 photo Michel Julien


11 décembre 2025

Sainte Lucie

Nous approchons du 13 décembre, fête de Sainte Lucie. C’est le vocable d’une église d’Issy-les-Moulineaux sise rue de Verdun et de sa paroisse, et l’appellation d’une allée et d’un mémorial adjacents, tous décrits par des articles précédents d’Historim. Mais que sait-on du personnage lui-même, méconnu en France et pourtant vénéré dans de nombreux pays.
Précisons d’abord qu’il existe une bonne dizaine de Saintes Lucie (on compte à ce jour quelque 10 000 saints dans l’Eglise catholique, soit beaucoup plus que de prénoms dans le calendrier). Renseignement pris auprès de la paroisse, c’est sous la protection de la plus fameuse d’entre elles, Lucie de Syracuse, que se place l’église de notre ville, la sainte justement célébré le 13 décembre.





Elle serait née vers 285 après J.-C. à Syracuse en Sicile, donc dans l’empire romain. Issue d’un milieu aisé, mais perdant jeune son père, elle est principalement élevée par sa mère, Eutichia. A l’époque, Constantin n’a pas encore publié son décret de tolérance de Milan (ce ne sera qu’un demi-siècle plus tard). Le paganisme s’impose donc aux citoyens romains. Mais pas à Lucie. Comme d’autres, elle s’est secrètement convertie au christianisme. Elle voudrait même consacrer sa vie à Dieu. Mais elle n’en dit prudemment rien.
Or sa mère tombe malade. Elle souffre d’hémorragies qui la consument. Les médecins sont impuissants. Que faire ? Catane, autre grande cité de la côte orientale de Sicile, est à deux jours de marche. Elle abrite les reliques de Sainte Agathe, la grande sainte régionale, martyrisée un demi-siècle plus tôt et réputée pour sa bienveillance. Désormais sainte patronne de Catane, ne pourrait-elle intervenir en faveur de la malade, pour autant que des prières intenses et sincères lui soient adressées ? Mère et fille se mettent donc en route, prient sur la tombe de la sainte, et c’est en effet le miracle : Eutichia est guérie ! Mieux, Sainte Agathe apparaît en songe à Lucie. Elle lui désigne la pureté de son cœur comme la vraie raison du prodige.
La vision convainc définitivement la jeune fille. Revenue à Syracuse, elle révèle son vœu, désormais irréversible. Elle donnera sa dot aux pauvres et vouera sa virginité à Dieu (les couvents n’existent pas encore). Or elle était bien sûr promise à un futur époux. Celui-ci le prend très mal. Furieux et visiblement non chrétien, il se venge. Il dénonce le crypto-christianisme de Lucie au préfet. C’est l’époque des persécutions de Dioclétien. Appliquant la loi, le préfet ordonne un crescendo de punitions. De façon inexplicable, elles s’avèrent inopérantes. Pire, au cours de son procès, un juge tombe amoureux des beaux yeux de Lucie ! Ce qui est très inconvenant : par mépris, la jeune fille se les arrache, apparemment sans plus de dégâts, et les fait remettre à l’importun[i]. Agacé par ces sortilèges à répétition, le préfet finit par exiger le châtiment suprême : la mort par décapitation. Cette fois, l’ordre paye. Lucie tombe sous l’épée le 13 décembre 304 (ou 305 ou 310 selon les sources). Elle deviendra la sainte patronne de Syracuse et même, de façon informelle, de toute la Sicile. Sans surprise, elle protège aussi les ophtalmologistes et oculistes … et leurs patients.
On n’a bien sûr aucune preuve historique des faits. « Lucie » vient du latin lux/lucis qui signifie « lumière », symbole de Dieu et de notre foi en Lui. A une époque où le bon peuple ne mesurait pas le temps à beaucoup mieux qu’une heure près, le 13 décembre pouvait passer pour le jour le plus court de l’année[ii], et donc celui à partir duquel la lumière renaît ensuite, autre image divine (comme il en a été pour le choix des 25 décembre et 6 janvier pour Noël et Epiphanie).
Vénérée par l’Italie méridionale, chantée par Dante, la sainte est aussi de façon plus surprenante objet de dévotion dans les pays scandinaves, pourtant protestants. Qui a été au Danemark et surtout en Suède un 13 décembre n’a pu être que frappé par les ferventes et étonnantes célébrations à base de couronnes de bougies en son honneur. Mais pourquoi dans ces deux extrêmes nord et sud de l’Europe, et non dans les pays situés entre les deux ? On ne sait. La Sicile était une étape fréquente sur la route de la Terre sainte. Des pèlerins scandinaves passés par l’île ont peut-être transplanté la tradition à cette occasion. Lucie est aussi très populaire dans certaines communautés américaines et a donné son nom à une île des Caraïbes.
Sauf oubli de l’auteur, Sainte Lucie, Garibaldi et Verdi sont enfin les trois seuls Italiens (au sens d’avoir vécu et agi en Italie) dont des voies d’Issy portent le nom.

Illustration : Sainte Lucie par Gandolfino d’Asti, vers 1500   
Pierre Baland, 07/12/2025

[i] Il existe plusieurs variantes de cet épisode essentiel de son hagiographie.

[ii] D’autant qu’il s’agissait du calendrier julien, aujourd’hui notre 26 décembre, mais dont on gardé le chiffre nominal 13 pour la fête

8 décembre 2025

Le CNET et l’âge d’or de l’espace

Conférence de Pierre Baland du 27 novembre 2025 
au Musée Français de la Carte à Jouer 

L’objet de la conférence était de présenter l’implication du CNET dans les programmes spatiaux pendant l’âge d’or de l’astronautique. Cet âge est conventionnellement défini comme les douze années allant de Spoutnik au premier homme sur la Lune, 1957-69, époque de progrès fulgurants sur fond de rivalité politique USA-URSS. En France, le général de Gaulle revenu au pouvoir mi-1958 juge immédiatement qu’il faut que la France participe à cette course si elle ne veut pas tomber en dépendance des deux Grands pour les futures applications de l’espace. Il crée à cette fin le Comité de la Recherche Spatiale, plus tard remplacé par le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), pour le conseiller et conduire au nom de l’Etat les programmes spatiaux de la France. Or espace et télécommunications sont liés. 
Au CNET installé depuis 1951 rue du Général Leclerc à Issy-les-Moulineaux, son directeur Pierre Marzin comprend qu’une importante partie se joue et qu’il faut que le CNET s’y implique de tout son poids. Il ne part pas de zéro : il fournissait déjà les télétransmissions de (petites) fusées-sondes qu’expérimentait le gouvernement français depuis une dizaine d’années. Il était même maître d’œuvre du dernier programme de ce type. Alors que de Gaulle s’apprête à lancer le programme de lanceur orbital Diamant, une circonstance va aider la France et le CNET à s’engager dans l’espace : de Spoutnik à Gagarine (et au-delà), l’URSS ne cesse de damer le pion aux Etats-Unis. Ceux-ci se cherchent donc des alliés – par exemple des coopérants étrangers. 




De Gaulle et Marzin saisissent immédiatement l’occasion. A leur initiative sont lancés dès 1959 trois programmes successifs conjoints avec les Américains. Ils conduisent, en 1960 sur une antenne CNET installée au Fort d’Issy, à la première réception au monde d’ondes hertziennes transocéaniques, en 1962 au centre CNET de Pleumeur-Bodou (Côtes-du-Nord) aux premières réceptions d’émissions TV venant des Etats-Unis (dont l’impact médiatique sera considérable), et en 1965, au lancement du premier satellite scientifique français FR-1, réalisé sous co-maîtrise d’œuvre CNET. Suit dans les années 1960 la réalisation du radiotélescope CNET dit de « St-Santin » d’observation de l’espace proche qui conduira quelques années plus tard à la création de l’Organisation spatiale internationale EISCAT. 



De Gaulle se rapprochant de l’URSS à partir de 1966, le CNET participe enfin aux premiers satellites occidentaux jamais lancés par cette dernière, « Roseau » (abandonné pour raisons budgétaires) puis « SRET ». 
1969, année de l’arrivée de l’homme sur la Lune et aussi du départ du général de Gaulle, marque la fin d’une époque. Les avancées en télécommunications spatiales auxquelles a puissamment contribué le CNET transpirent désormais vers l’industrie. Devenue mature, elle a désormais moins besoin de ses services. 
Dans les années 1970-80, le CNET reste néanmoins équipementier de plusieurs programmes de satellites européens de télécommunications. Il est aussi l’interlocuteur technique français des opérateurs étrangers de satellites comme Intelsat et participe à la création de l’opérateur français EUTELSAT, initialement abrité dans ses locaux et toujours présent à Issy, boulevard Gallieni. Puis son rôle spatial se réduit. 
En 2005, le CNET est intégré à France Telecom R&D puis à Orange Labs en 2007. Son siège isséen a depuis disparu et est remplacé depuis 2022 par l’écoquartier Cœur de Ville. La conférence était agrémentée de nombreuses photos d’époque et s’est conclu sur un échange fructueux avec l’auditoire dont d’anciens cadres du CNET. 
Un grand merci à l’équipe du Musée Français de la Carte à Jouer qui nous accueille chaque fois avec enthousiasme et efficacité.
Pascale Maestracci
Photos Michel Julien


5 décembre 2025

Noms Isséens et Révolution française

La Révolution française qui mit fin à la monarchie absolue en 1789 et créa la République en l’an I (1792) est à l’honneur dans le nom des rues isséennes.

Les noms des rues de la Liberté et de l’Égalité sont les deux premiers cités dans la devise de la France. Ils se réfèrent à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’août 1789. La rue de la Fraternité évoque le serment de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. La devise « Liberté,  Égalité, Fraternité » devient officielle en 1848 et est citée dans l’article 2 de la constitution de la 5e République en 1958. A noter que des trois, c’est la rue de l’Égalité dans le quartier des  Épinettes qui est la plus importante.



Rue Camille Desmoulins dans une zone de bureaux avec au fond la tour Accor.

 


La rue Robespierre qui longe le parc Barbusse rend hommage à Maximilien de Robespierre qui dirigea le Comité de Salut Public pendant la Terreur ; il finit guillotiné le 10 thermidor an II (juillet 1794) . C’est le sort qu’il avait fait subir à ses opposants comme Danton, Desmoulins tous deux Cordeliers et André Chénier. Les rues Danton et André Chénier sont proches de l’Hôtel de Ville ; la rue Camille Desmoulins, nettement plus longue est dans le quartier Val-de-Seine. Une autre victime connue est guillotinée également sous la Terreur ; il s’agit d’Olympe de Gouges, féministe dont le nom est donné à une allée qui donne sur l’avenue de Verdun. 

L’abbé Grégoire dont la rue est proche de l’église Saint-Étienne, fut un prêtre acquis à la Révolution ; conventionnel, il fit adopter l’abolition de l’esclavage. Il poursuivit une carrière politique sous le Consulat et mourut en 1831 sous Louis-Philippe.

Outre les politiques, quatre noms de rues rendent hommage à l’Armée. Lazare Carnot, ingénieur militaire, membre du Comité de Salut Public, il fut surnommé « l’Organisateur de la Victoire » pour avoir réorganisé brillamment les armées confrontées à de nombreux ennemis européens. Comme il avait voté la mort de Louis XVI, il finit sa vie en exil.


Plaque de la rue Marceau.



La rue Hoche est proche de l’Hôtel de Ville. Lazare Hoche combattit les Autrichiens et mourut de maladie en Prusse en 1797. La rue Marceau qui débouche sur la rue Hoche, évoque François Marceau, commandant de l’Armée de l’Ouest contre les Vendéens. Il mourut de ses blessures lors de la retraite de Wiesbaden (Hesse, Allemagne) en 1796. Panthéonisé en 1889 pour le centenaire de la Révolution. Quant à Rouget de Lisle dont la rue est dans le quartier Val-de-Seine, il était officier mais est connu comme compositeur. Il chanta en 1792 chez le maire de Strasbourg Le chant de guerre de l’Armée du Rhin dont le nom changea pour La Marseillaise.

Texte et photographies : P.Maestracci