11 décembre 2012

Les Arméniens d'Issy : conférence et visite

Robert  Fermanian
© A. Bétry.
Nous sommes réunis en ce jeudi 6 décembre à la Résidence du Parc pour écouter Robert Fermanian, arrivé d'Algérie en 1956 à Paris pour faire une carrière de footballeur avant de tenir un magasin de bottier [Robert F.] avenue Victor Cresson.
Il commence son exposé par une présentation de l’Arménie : 29 000 km carrés dans la région du Caucase et 3,5 millions d’habitants. Son nom lui fut donné par les Perses au VIIe siècle avant Jésus-Christ. Les Arméniens ont une langue indo-européenne et un alphabet spécifique de 36 lettres. Leurs noms de famille finissent le plus souvent par « -ian », ce qui signifie « fils de … ». Les Arméniens constituent la première nation chrétienne de l’histoire, religion reconnue par leur roi Tridate IV (298-330). Le siège de leur Catholicos se trouve à Etchmiadzine (nom signifiant : « Où le fils de Dieu est descendu »), à 60 km d’Erevan, la capitale.

Le génocide de 1915 provoque la mort de plus de 1 million d'Arméniens. Les rescapés fuient vers l'étranger. En 1923, un groupe important vient s’installer à Issy-les-Moulineaux pour y travailler dans les entreprises Gévelot, Renault, Blanchisseries de Grenelle ou la Manufacture des Tabacs. Ils habitent la rue de la Défense ou l’Île Saint Germain. Certains se lancent dans le tissage ou le tricotage, avec des machines fonctionnant jour et nuit. La communauté arménienne d’Issy-les-Moulineaux compte aujourd'hui près de 3 000 membres. La vie associative est importante : la Croix-Bleue, l’AS arménienne, l’UMAF (Union des Médecins arméniens de France). Les Arméniens sont très attachés à leur langue, leur culture. On compte deux églises à Issy-les-Moulineaux : l’église apostolique et l’église évangélique.
En 1988, un séisme d'une rare violence dévaste l’Arménie et fait 50 000 morts. Les Arméniens d’Issy se mobilisent pour venir en aide à leur patrie d’origine. En 1989, une rencontre de footballeurs avec des jeunes Isséens et des Marseillais est organisée dans le pays au profit des sinistrés. La même année est signé le jumelage entre Etchmiadzine et Issy-les-Moulineaux (voir Villes jumelées).

© XDR.
C'est ensuite au tour d'Alain Vernon, journaliste à France Télévisions (à gauche), de prendre la parole. Il rappelle la carrière sportive prometteuse de Robert Fermanian au Stade de Reims, avec Kopa, au Stade Français et au Red Star. Pour lui, le football est « un ciment entre la France et l’Arménie ». C’est dans ce contexte sportif qu’il découvre l’Arménie en 1996 avec l’association Foot du monde. Deux souvenirs l'ont profondément marqué : la baignade dans le lac Sevan, le plus grand lac d'altitude au monde, et à Etchmiadzine la visite de la crypte contenant un morceau de bois de l’Arche de Noé, retrouvé sur le mont Ararat, tout proche. Un tableau représentant ce fameux mont Ararat (ci-dessous) est offert à Historim avec un texte arménien du poète Raffi (1835-1888) : « Comme un rêve, est-ce qu’on aura l’occasion de monter sur le Mont Ararat ? »



© XDR
Le Pasteur René Léonian (à gauche), secrétaire général de l'Alliance biblique française, relate son histoire familiale. Ses grands-parents arrivent à Marseille en 1924. Il a exercé son ministère à Issy-les-Moulineaux de 1983 à 1993. Son frère lui a succédé. Il rappelle les manifestations violentes qui se sont déroulé en Arménie en 1988/89 à propos du conflit du [Haut] Karabakh, suivies par  l’indépendance en 1991.
Ce fut une période difficile sur le plan économique et politique. En 1993, le pasteur est nommé chef de la chancellerie de l'ambassade d'Arménie en France, a la fierté d'accueillir à Paris le président de la toute récente république. Il est nommé en Arménie pour créer une faculté de théologie et plusieurs dizaines de lieux socio-culturels. Il y reste dix-sept ans. Il est de retour depuis 2011 à Issy-les-Moulineaux « où c’est un privilège d’habiter ». Pour finir, il cite Charles Aznavour qui affirme : « Je me sens 100% français et 100% arménien ! ».

Père Avedis Balekian © A. Bétry
Quatrième intervenant : le père Avédis Balekian (à gauche), qui nous reçoit, le samedi 8 décembre, dans son église apostolique Sainte Marie-Mère de Dieu, 6 avenue Bourgain. Arménien du Liban, il étudie au séminaire d’ Etchmiadzine puis à l’Alliance française. Après avoir servi à la paroisse parisienne de la rue Jean Goujon, il vient à Issy-les-Moulineaux où «  la vie communautaire et paroissiale est très chaleureuse ».

© A. Bétry




Grâce à lui, l'on découvre son église inaugurée en 1975, et les rites de l'église Apostolique, les trois fêtes qui ponctuent le calendrier (6 janvier : Noël ; février : le génocide arménien ; mai : la bataille de Vartanantz en 451 apr. J.-C.), les 12 bougies sur l'autel qui correspondent aux douze apôtres, la colombe qui contient le saint chrême utilisé à trois occasions (baptême, ordination d'un prêtre, consécration d'une église), et les rideaux (rouge et bleu), brodés de la croix arménienne en Arménie, derrière lesquels l'officiant se recueille trois fois au cours de la messe.

© A. Bétry
Derrière l'autel, une Vierge à l'enfant du peintre arménien Jean Jansem (de son vrai nom Jean-Hovanes Semerdjian) 
domine de sa présence.
Un véritable concert de musique religieuse arménienne nous a été réservé. Un moment inoubliable. Merci à l'organiste et à la chanteuse à la voix cristalline !  Pascale Maestracci et PCB.

Pour en savoir plus sur Jean Jansem, rendez-vous sur son site :
http://www.jansem.net/ .

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