18 novembre 2013

Gévelot : incendie meurtrier à Issy, 11 juillet 1973. Acte 2


Dans la fournaise : le jet bâton d'une lance canon.
A la suite de l'appel à témoins lancé par Historim l'été dernier, pour une journaliste préparant un documentaire sur les pompiers, notamment leur action pendant l'incendie de l'usine Gévelot (à voir sur la chaîne Planète le 26 novembre à 20h45), plusieurs se sont fait connaître. L'un d'entre eux (blessé au cours de l'opération)  nous a fait parvenir un certain nombre de documents retraçant cette catastrophe.

Le feu se déclare à 0h18. Une minute plus tard, un ouvrier donne l'alerte à la caserne de Clamart.
Pour bien comprendre le déroulement de l'incendie, reprenons l'ordre du jour en date du 13 juillet, signé par le général Ferauge (ci-dessous), commandant de la Brigade, arrivé sur les lieux à 0h54..


Général Ferauge
Lisons la suite :
"Le feu de la cartoucherie d'Issy-les-Moulineaux, le plus grand qu'ait connu Paris depuis 1945, à lui seul, a nécessité l'engagement de 22 casernes et la mise en œuvre de 66 grosses lances.
Porte-lances
Pratiquement circonscrit à 1h 25, il prenait en quelques minutes des dimensions gigantesques à la suite de l'explosion qui faisait de nombreux blessés dans nos rangs et parmi le personnel de l'usine qui luttait à nos côtés.
"Une heure plus tard, aidée par le vent, la propagation aux immeubles d'habitation voisins paraissait  inévitable. Avec énergie et courage, les 400 officiers, sous-officiers et sapeurs ont pris tous les risques malgré 17 nouvelles explosions et d'autres blessés pour que le feu ne dévore pas le reste de l'usine et des immeubles contigus…"

Le numéro d'août-septembre 1973 d'Allo 18, le magazine des pompiers, d'où sont extraits tous ces documents, relate la suite des événements, après l'explosion : "Les locataires des immeubles d'habitation voisins, près de 600 personnes, quittent leur appartement sans panique malgré quelques blessés.…
"Au péril de leur vie, les rescapés et les blessés légers dégagent, ramassent et évacuent les blessés plus graves… Jusqu'à 3h30 se poursuit la course entre le feu et l'eau. Ce n'est qu'à 3h40 que le général peut passer le message "le feu diminue d'intensité, à 4h14 "feu circonscrit", et enfin à 4h51 "feu éteint"… " Cet incendie a fait 34 blessés militaires dont 16 hospitalisés.

Lucien Miard, journaliste au Figaro, fera ce commentaire : "Silhouette éclipsée dans les volutes de fumée noire. Flammes qui tentent soudain d'agripper l'homme. Il ne recule pas. L'éclat de son casque signale au contraire qu'il tient bon. La devise du régiment "Sauver ou périr". Angoissante attente, violent face à face… Le pompier sera vainqueur". Mais à quel prix ! PCB
A suivre le témoignage de l'un des pompiers blessés.

6 casques au sol, dans la caserne de Clamart : une tradition.
Au retour d'opération, lorsqu'il manque un homme, on met son casque à terre.
Dans le cas de l'incendie de l'usine Gévelot, 6 hommes ont été blessés.


3 commentaires:

  1. Le casque de mon père est à terre .il a ete blesse ( yeux ,oreilles)

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  2. Merci de ce témoignage. Pour les internautes, il s'agit de la dernière photo dans la caserne de Clamart.

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  3. que de souvenirs,j'etais servant aux GPD de Chaligny,un souvenir pour la vie,merci pour vos témoignages!

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