1 mars 2014

3 mars 1942 - Issy est bombardé par les Alliés

Alors que les commémorations se préparent en Normandie pour célébrer les 70 ans du débarquement et, donc, la libération de la France, revenons quelques années auparavant. Les raids alliés contre les usines et productions d'armement aux mains de l'occupant ne se firent malheureusement pas sans dégâts collatéraux. En ce qui concerne notre commune, les drames commencent le 3 mars 1942.

Les bombardiers de la British Air Force dans le ciel d'Ile-de-France,
en mars 1942. Ph. XDR

Le 1er mars, la Royal Air Force britannique lâche des milliers de tracts sur Boulogne-Billancourt et ses environs proches pour prévenir la population d’une attaque prochaine sur les usines Renault de l’île Seguin. 

Et le mercredi 3 mars, en début de soirée, 235 avions larguent à haute altitude 475 tonnes sur les usines. Si les dégâts sont importants, ce n’est rien comparé aux destructions et aux pertes civiles : rues soufflées, immeubles éventrés, quartiers rasés… à Boulogne, comme à Issy où le bilan est catastrophique : 28 morts, dont quatre personnes de la même famille, les Azadian (à gauche).
L’année suivante, c’est en plein après-midi, le dimanche 4 avril 1943 que les Américains attaquent à leur tour. Une minute seulement après le déclenchement des alertes, 250 tonnes de bombes tombent sur les usines Renault, à Boulogne-Billancourt, déjà touchées à plusieurs reprises. Sont également visés le campement militaire de l'île Saint-Germain (ci-dessous) et les usines des bords de Seine, passées sous contrôle allemand après l'arrivée des troupes d'occupation en juin 1940. Quelques entreprises avaient déménagé comme la Manufacture des tabacs, partie s’installer à Riom en 1941.


Les campements militaires de l'île Saint-Germain.
Une jeune Isséenne se souvient : « Nous habitions Issy-les-Moulineaux. L’alerte était chaque fois terrible. Nous savions que les usines de Boulogne étaient visées. Que là-bas, à quelques kilomètres, des gens allaient mourir. C’était horrible. Nous savions aussi qu’à chaque fois des bombes tombaient à côté. Près de chez nous, la rue Auguste Gervais en souffrit particulièrement. Je revois ma mère en pleurs racontant la disparition de plusieurs familles ensevelies sous les décombres de leur immeuble ». L'actuel Palais des arts et des congrès d'Issy (Paci), avenue Victor-Cresson, est sévèrement endommagé. Et quatre nouveaux Isséens – trois hommes et une femme – y perdent la vie.

Le 25 juillet 1944, Issy est bombardé pour la dernière fois. On ne relèvera qu’un seul mort : Léon-Pierre Monnet, 28 ans. Certains d'entre vous nous ont déjà laissé leurs témoignages : barricades, règlements de compte, etc. D'autres sont à venir. PCB.

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