1 janvier 2021

Thierry Gandolfo, gardien de la mémoire

Thierry Gandolfo (ci-dessous), ancien militaire, conservateur du cimetière d'Issy-les-Moulineaux, vient de nous quitter, à 59 ans seulement, le 29 décembre 2020. Ses obsèques auront lieu à l'église Saint-Étienne le jeudi 7 janvier à 14h 30.

© A. Bétry

Il était un précieux appui pour notre association. 
Les Historimiens se souviennent certainement de la visite privée qu'il avait organisée le 31 mars 2012 dans le carré militaire de "son" cimetière. 
Et de sa conférence tenue le 20 novembre 2014 sur le thème des "étrangers dans la Grande Guerre". 


Chaque année, à l'occasion du 11 novembre, il apportait le plus grand soin à fleurir le Monument aux morts du cimetière et le carré militaire, comme ici en 2017 (ci-dessous).

 11 novembre 2017. © A. Bétry

Collectionneur et passionné d'histoire, Thierry avait participé au numéro hors série de Paris Match sur Verdun, en février 2016. Il m'avait fourni plusieurs cartes postales et documents sortis de ses collections privées pour célébrer le centenaire de cette bataille. 

La Grande Guerre. © Coll. Thierry Gandolfo

©XDR


Olivier Royant
, le directeur de la rédaction de Paris Match (ci-contre) qui, dans l'éditorial de ce même numéro sur Verdun, insistait sur l'importance des livres et des numéros spéciaux qui "forment une nouvelle voie sacrée vers le souvenir", est lui aussi décédé ce même 30 décembre 2020… à l'âge de 58 ans ! PCB





30 décembre 2020

Les traditions de Noël à Issy - Au gui l'an neuf !

Le gui est une plante parasite, c'est-à-dire qu'elle pousse sur d'autres arbres parmi lesquels les chênes bien sûr, mais aussi les peupliers et, tout particulièrement, le peuplier noir… cet "arbre remarquable" (ci-dessous) que certains d'entre vous ont pu découvrir cette année sur l'île Saint-Germain, lors des Journées du patrimoine.

Le peuplier noir
de l'île Saint-Germain. © PCB

Et qui dit forêt dit druide… qui dit druide dit gui ! Jules César ne s'y est pas trompé, lui qui dans ses Commentaires sur la guerre des  Gaules, consacre un paragraphe aux druides cueilleurs de gui : "La cérémonie de cueillir le gui est la plus solennelle de toutes celles que pratiquaient les druides". Parmi ses vertus miraculeuses : guérir certaines maladies ; protéger contre le poison ; garantir la fertilité ; se prémunir contre le mauvais sort…

 

Et à Issy, des druides il devait y en avoir. Le site fut occupé très tôt. Des sépultures du Ve siècle ont été retrouvées, près de l'église Saint-Benoît ; la charte de Childebert mentionne le fief d'Issy au VIe siècle… Et, parmi les hypothèses sur l'origine du nom "Issy" … celle  du mot gaulois signifiant "sous le bois" est fort probable ! Tout le sud-ouest de l'Île de France est alors couverte de forêts. 

Si le houx est lié à la fête de Noël, le gui est la plante du Nouvel An, sous laquelle on s'embrasse - difficile avec le masque ! -  à minuit pour se porter bonheur. Ce que l'on vous souhaite pour 2021 ! PCB

26 décembre 2020

Jeu - des oisillons affamés

 Après toutes ces agapes de Noël et avant le prochain repas de fête du Nouvel An, partons, comme souvent pendant les vacances, à la découverte de notre ville… le nez en l'air.

Où peut-on découvrir ces charmants oisillons au nid ?

© P. Maestracci

Réponse le 3 janvier 18h.

23 décembre 2020

Les traditions de Noël à Issy - d'une bûche à l'autre


 La bûche de Noël… une gourmandise dans les assiettes du réveillon de Noël ! Mais, à l'origine, il s'agit bien d'une bûche de bois qui, placée dans l'âtre le 24 décembre, devait brûler jusqu'au Nouvel an … ou, dans une moindre limite, trois jours durant.

Cette tradition médiévale est beaucoup plus ancienne puisqu'elle provient de rituels païens, liés au solstice d'hiver. Les flammes possèdent des vertus protectrices : si les étincelles sont nombreuses, la moisson sera bonne ; si des ombres bizarres sont projetées par la lueur du brasier sur le mur, un décès dans la famille est à prévoir ; les cendres protègent des maladies… 

La bûche de bois. © XDR

Les bûches doivent provenir de préférence d'un chêne - les hommes se nourrissaient de ses glands - ou d'arbres fruitiers tels le prunier et l'olivier dans le sud de la France, ou du cerisier, très présent dans la commune d'Issy. En effet, au XVIIe siècle, dans les Hauts d'Issy, il existe le lieu-dit "le Champ Cerisier", qui donnera son nom, vers 1910, à la rue des Cerisiers. Il faut savoir aussi que dans plusieurs propriétés des alentours, il existe encore des cerisiers qui auraient près de 100-150 ans !

La bûche comestible. ©XDR

Mais quand sommes-nous passés de la bûche de bois à la bûche comestible ? 

Dans le courant du XIXe siècle, lorsqu'un certain pâtissier parisien, M. Quillet, invente, dans les années 1870, la crème au beurre utilisée dans cette recette de bûche au chocolat :


"Mélangez deux œufs à 150 g de sucre en poudre dans une casserole sur feu doux. Faites fondre 50 g de chocolat noir au bain-marie. Coupez en morceaux 250 g de beurre et battez-le au fouet pour le réduire en crème. Incorporez le mélange œufs-sucre tout en continuant à fouetter et, enfin, le chocolat fondu. Fouettez encore." La crème est prête et la bûche aussi !

Et pour accompagner ce délicieux dessert, pourquoi ne pas servir un vin rouge doux - jeune ou vieux… et toujours avec modération. Ce n'est pas Auguste Hude, maire d'Issy de 1884 à 1888 et député de la Seine, qui aurait dit le contraire : il était négociant en vins !                                                           PCB


20 décembre 2020

Les traditions de Noël à Issy - La messe de minuit à Saint-Étienne


L'église Saint-Étienne, située entre les Hauts d'Issy et le Centre-Ville, fut construite au XVIIe siècle, 1618 pour être plus précis. L'édifice actuel fut édifié à l'emplacement d'un bâtiment religieux datant du VIIe siècle - deux chapiteaux de cette époque sont conservés dans la crypte ; le tympan date du XIIe siècle, tout comme la cloche. 

Alors il ne fait pas de doute que la traditionnelle messe de minuit, célébrée pour la première fois en 590 par le pape Grégoire 1er le Grand, rassembla pendant des siècles les fidèles isséens.

Saint François d'Assise, 24 décembre 1223. ©XDR

Mais c'est au Moyen Âge que se généralise la messe de minuit, entourée de toute sa symbolique, inventée par Saint François d'Assise. En effet, en 1223, il célèbre la messe de minuit dans le petit village de Greccio, près de Rome, reconstituant la crèche de Bethléem où serait né Jésus, avec un âne, un bœuf, une mangeoire pleine de foin (ci-dessus). Il demande aux habitants de se joindre à lui… c'est bien la première crèche de Noël de l'Histoire.

Crèche dans l'église Saint-Étienne. © XDR

Santons de Provence. ©XDR

Puis des tableaux vivants évoquant la naissance de Jésus prennent place à l'entrée des églises - comme devant l'église Saint-Étienne -  et, parfois, dans le chœur. Au fil des siècles, les santons remplacent les personnages vivants. Les plus anciens datent du XVe siècle. Quant au sapin décoré de guirlandes et de boules, il fait son apparition dans les maisons et dans les communes,  à la toute fin du XIXe siècle.

Sapin décoré. © XDR

Pendant que les fidèles sont à la messe de minuit, la dinde est au four et le Père Noël fait sa tournée. Il sera temps en rentrant de mettre la bûche dans la cheminée… une autre tradition. PCB

16 décembre 2020

Les traditions de Noël à Issy - La dinde de la reine Margot

 "Fêtons Noël comme il viendra, et ne ronchonnons pas. L'essentiel est de le fêter… ", écrivait Colette dans son livre les Quatre saisons, publié à partir de 1929  : "La fête est un état d'esprit plutôt qu'une frairie". 

Christophe Colomb. © XDR
Et quoi de mieux pour fêter Noël en ces jours moroses que la traditionnelle dinde, appelée à son arrivée en Europe dans les cales des caravelles de Christophe Colomb (ci-contre) : la poule d'Inde. Il la décrit comme "une grosse poule avec des plumes comme une sorte de laine" (ci-dessous). Rappelons que le navigateur espagnol pensait avoir débarqué, en 1492, en Inde !

La dinde devient vite un mets recherché par les nobles. Marguerite de Navarre (1492-1549) en élève dans son château d'Alençon ; au cours d'un banquet organisé par Catherine de Médicis (1519-1589), 70 dindes sont servies. 

Au siècle suivant, la dinde est au menu de toutes les grandes tables… dont celle de la reine Margot,  sans aucun doute, Isséenne de 1606 à 1615. Comme elle le sera certainement d'ici quelques mois à la table gastronomique du Domaine de la Reine Margot, cet hôtel 5 étoiles installé à l'emplacement de la propriété de la reine Margot. A cette époque, on sert la dinde, farcie de pigeonneaux, de palais de bœufs ou de truffes…


Au XIXe siècle, la dinde devient le plat traditionnel de la nuit de Noël… Le marquis de Cussy (ci-dessous), préfet du palais de l'empereur Napoléon Ier, auteur de l'Art culinaire, nous donne cette recette de dinde qu'il surnomme "dinde des artistes" :

"Faites un hachis de veau, de poulet, de perdrix, si vous en avez, ajoutez-y un quart de chair à saucisses ; faites cuire dans une eau bien salée, où vous avez introduit une feuille de céleri, quinze ou vingt beaux marrons de Lyon que vous pilerez et récurez en bouillie avec votre hachis. Joignez-y un bon boudin de table, que vous hacherez avec le reste. Mettez un bouquet de persil au centre de cette farce, que vous introduirez dans le ventre de votre dinde ; rétrécissez autant que possible l'orifice intérieur, dans lequel vous fourrerez un morceau de beurre salé et poivré ; mettez votre dinde à la broche, et ne l'en retirez que lorsque jailliront de son corps, comme d'un volcan, de petits jets de fumée qui indiqueront qu'elle est cuite à point”.

Une bonne idée pour ce réveillon 2020… autorisé. Voici quelques autres possibilité d'accompagnement  : du riz sous forme de risotto à la truffe ou aux morilles, et une purée à base de courge, de panais ou de céleri. Bon souper ! PCB

12 décembre 2020

Les traditions de Noël à Issy - Saint Nicolas et le Père Noël

La Corrida d'Issy-les-Moulineaux a toujours réuni de nombreux Pères Noël… plus beaux les uns que les autres.

Saint Nicolas. © XDR

Mais d'où vient donc cette tradition ? A l'origine, le 6 décembre, jour de sa fête, c'est le bon Saint Nicolas (ci-contre) qui portait - et apporte toujours, notamment en Alsace et en Lorraine -  des cadeaux aux enfants… mais uniquement les sages ! car pour les petits désobéissants, le Père Fouettard est là pour les punir. Parmi les cadeaux, des pains d'épices et des oranges. 

Et puis, au XIXe siècle, les Américains transforment Saint Nicolas en Père Noël. Il arrive en Europe peu après avec ses traditions. Il habite le Pôle Nord, voyage en traîneau tiré par des rennes. Le soir venu, avant d'aller se coucher, les enfants, qui lui ont écrit de longues lettres, déposent leurs chaussures au pied de la cheminée ou du sapin… le Père Noël y distribuera les jouets, sortis de ses usines tenus par de gentils lutins… 

Une tradition qu'évoque, en 1862, Victor Hugo dans les Misérables : "Cosette, avec cette touchante confiance des enfants qui peut être trompée toujours sans se décourager jamais, avait mis elle aussi son sabot dans la cheminée” (ci-dessous).


Cosette, son sabot et sa poupée devant la cheminée. © F. Batet

Vous vous souvenez, Victor Hugo, le jeune homme qui venait pendant les week-ends voir sa bien aimée Adèle Foucher dans une jolie maison d'Issy, rue Auguste Gervais. C'était en 1819 !

Mais qui lui a donné au Père Noël ces drôles de vêtements et ses couleurs traditionnelles : le rouge et le blanc. Tout vient de la firme américaine Coca Cola qui, en 1931, imagine un personnage rondouillard en train de boire un soda… habillé aux couleurs de l'entreprise : le rouge et le blanc ! PCB

9 décembre 2020

Les traditions de Noël à Issy - Corrida 2020 mode d'emploi

 La traditionnelle corrida est annulée pour cause de Covid mais la Ville a organisé une corrida connectée, le première de l'histoire !

Du 1er au 24 décembre, marchez, courez à l'heure que vous souhaitez, sur l'un des 5 parcours prévus : Centre-Ville, Corentin-Celton, Bords de Seine, Le Fort,  La Ferme (carte ci-dessous).



L'inscription coûte 10 euros pour les adultes, 5 euros pour les enfants… dont 2 euros sont reversés à des Associations. De nombreux challenges sont prévus, des médailles digitales vous seront remises à la fin de l'événement. Vous saurez tout en vous inscrivant sur le site https://www.corrida-noel-issy.com/les-inscriptions/

Alors, pas une minute à perdre ! PCB